Leïla Hagondokoff ou Gali Hagondokoff (Le Gras du Luart, comtesse Ladislas), née le à Saint-Pétersbourg en Russie et morte le à Neuilly-sur-Seine en France, est une personnalité féminine devenue marraine de la Légion étrangère puis ayant reçu les décorations de commandeur de la Légion d'honneur et de grand officier de l'ordre national du Mérite.

Nom Son nom de naissance en tcherkesse est Elmeskhan Hagundokue (), russifié en Elmeskhan Hagundokova (). De la forme russe dérive la forme française Hagondokoff (transcription selon les usages de l’époque). Elle porte tour à tour les prénoms de Gali puis, après sa naturalisation, d'Irène et enfin de Leïla.

Biographie Ses débuts d'infirmière Elle est issue d'une famille princière tcherkesse de la Circassie ; son père, le général (1871-1958) est gouverneur militaire et commandant en chef des forces impériales en Extrême-Orient, ataman des cosaques du fleuve Amour. La jeune Gali est un temps élève du prestigieux institut Smolny, à Saint-PétersbourgMagazine Zélie Gali Hagondokoff.

À Kislovodsk (où les surprend la Première Guerre mondiale), ville balnéaire du Caucase où les Hagondokoff se sont installés, Gali avec sa sœur aînée Nina s’emploient à l’hôpital où on leur confie de petites tâches, avant de servir comme infirmières. Fin 1916, un jeune officier de la garde gravement blessé à la tête, Nicolas Petrovitch Bajenoff, vient se faire soigner. Puis Gali suit Nicolas à Petrograd où il reprend sa vie avec son régiment malgré l'invalidité consécutive à sa blessure.

En 1917 toujours, elle est infirmière bénévole à bord des trains militaires russes, puis à l’hôpital militaire de Circassie à . Elle épouse le capitaine Nicolas Petrovitch Bajenoff, de la Garde impériale, grièvement blessé, le jour de la révolution d'Octobre, ce qui les oblige à fuir en Chine par le Transsibérien. Le ménage s’installe à Shanghai et a un fils. Elle fréquente les cercles français de la ville et s'engage comme mannequin chez Paris Couture qui présente les modèles de Chanel.. Elle divorce en 1922 et quitte la Chine avec son fils.

Rejoignant les États-Unis puis la France et munie d'un passeport Nansen, elle devient mannequin chez Chanel et ouvre une parfumerie Paul Poiret à Deauville et à ParisMichèle Cointet, Les Françaises dans la guerre et l'Occupation, Fayard 2018 (sans pagination). En 1934, se prétendant veuve et se convertissant au catholicisme, elle épouse le , à la mairie du de Paris, le jeune comte Ladislas du LuartLadislas du Luart (1900-1980), sénateur de la Sarthe de 1968 à 1977., un passionné d'automobile qui l'encourage à passer son permisancien Sénateur de la . Elle prend le prénom d'Irène, vite remplacé par celui de Leïlaacte de mariage établi à Paris le (, vue 13/18).

Son innovation médicale dans les guerres Pendant la guerre d'Espagne où elle soutient le camp nationaliste du général Franco,elle conçoit, crée, finance, mais surtout anime et dirigeJean Bernard, Jean Dausset, La Mosaïque humaine : Entretiens sur les révolutions de la médecine et le devenir de l'homme, ed. Calmann-Lévy, 2000, une antenne chirurgicale mobile afin de porter assistance aux blessés. Cette antenne est constituée de médecins et chirurgiens militaires, aidés d’infirmières. Avec une quarantaine de véhicules aménagés qui permettent une grande rapidité de mise en place, elle participe à la bataille de France de mai à , la campagne de Tunisie de 1943, la campagne d’ItalieJacques Duprey, L'Ambulance Hadfield spears ou la drôle d'équipe, , ed. Nouvelles Éditions Latines, 1953 auprès du maréchal Juin, puis avec le maréchal de Lattre de Tassigny et la qu’elle suit jusqu’en Autriche. Ses installations de tentes-hôpital sont d'importants centres opératoires équipés qui permettent de réaliser des transfusions sanguines et de la chirurgie, d'administrer de la pénicilline et de procurer un accompagnement psychologique, soit un équipement de soins alors inégalé dans le monde qui aidera à sauver des milliers de vies.

Elle participe de la même manière aux conflits de la Seconde Guerre mondiale en première ligne, au plus près des blessés. Elle intervient notamment lors de l'épidémie de typhus en Algérie en prenant les chantiers de la voie ferrée Méditerranée-Niger.

En , près de Rabat au Maroc, la comtesse Ladislas du Luart accepte, à la demande du lieutenant-colonel Miquel, de devenir la marraine du RECEmilio Condado Madera, Histoires de l'Histoire de la légion, , ed. Publibook, 2010 . Ses actions militaires lui valent plusieurs citations et l’honorariat du dans lequel elle est nommée légionnaire d’honneur de , le , brigadier d’honneur, le et brigadier-chef d’honneur, le . Le soir de Noël 1943, elle offre aux légionnaires du , rassemblés dans la clairière de la Mamora, leur premier cadeau de Noël.

Après 1945 Plus tard, elle crée un centre militaire de détente au camp de Chenoua pour les légionnaires et soldats du d’armée qui séjournent à Alger. Depuis le retour en France du en 1967, elle honore de sa présence tous les grands moments de la vie du régiment : Noël, Saint-Georges, Camerone, passations de commandementOfpra Gali Hagondokoff. Commandeur de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite, elle totalise six citations, dont trois à l’ordre de l’armée.

Elle meurt le à l’hôpital américain de Neuilly, âgée de .

Honneurs droite|vignette|300px|Chapelle du cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois dans laquelle repose la comtesse du Luart. Les honneurs militaires sont rendus à sa dépouille, les obsèques se déroulent en l'église Saint-Louis-des-Invalides, puis elle est inhumée dans le carré de la Légion dans une chapelle du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-BoisAmicale des Anciens de la Légion Étrangère de Paris« La Légion étrangère célèbre sa princesse » Le Parisien, 25 janvier 2013. Une stèle à sa mémoire est inaugurée le , au sein du quartier Labouche, à OrangeGodmother of the first REC..

Le , le colonel Yakovleff, chef de corps du étranger de cavalerie, inaugure au sein du quartier Labouche la nouvelle salle de souvenirs des brigadiers-chefs, dédiée à la comtesse du Luart.

Distinctions

par décret du ; par décret du ; par décret du ; par décret du .

Références

Voir aussi Bibliographie Guillemette de Sairigné, La Circassienne, Robert Laffont, 2011 Lire (extraits partiels) en ligne Frédéric Pineau, Les femmes au service de la France, 1919-1940, vol. 1, , ed. Histoire et Collections, 2006, Volontaire Légion étrangère, les collections du citoyen / défense. Nane éditions

Liens externes

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