Charles de Vion d'Alibray ou Dalibray, né à Paris vers 1590 et mort le Ce sont les dates les plus communément indiquées dans les études récentes : voir http://bibdramatique.paris-sorbonne.fr/dalibray_soliman/front-1. La date du décès est donnée dans ce quatrain imprimé en 1652 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54788449/f2.image, est un poète et traducteur français.
Biographie La vie de Charles de Vion d'Alibray est mal connue, en dehors de ce qu'il dit de lui-même dans ses poèmes. Son nom même n’est pas fixé : Charles de VionNotice d’autorité de la Bibliothèque nationale de France., Charles de Vion d’Alibray ou Charles Vion d’Alibray Il est désigné comme « Charles Vion, sieur d’Alibray » en juillet 1782 dans la revue littéraire L’Esprit des journaux, . (les deux formes les plus couramment utilisées par les spécialistes de son œuvre) ou Charles Vion Dalibray : dans les œuvres parues de son vivant, il se désigne comme « sr [sieur] Dalibray »Dalibray est aujourd’hui un hameau qui fait partie avec Gaillonnet de la commune de Seraincourt en Île-de-France..
Il appartient à la famille noble de Vion : il est le fils de Pierre de Vion seigneur d’Oinville et de Gaillonnet, mort après 1634, et de Marguerite Le Mazurier ; le père de Pierre de Vion, Jean de Vion, auditeur à la chambre des comptes, est le fils naturel légitimé d’un fils cadet de Jean de Vion, fils lui-même du fondateur de la lignée, Pierre de Vion, mort en 1492 et originaire de BourgogneLouis Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, Paris, 1839, tome VI, « De Vion ».. Il a deux frères : Jean de Vion, seigneur d'Oinville, et Pierre de Vion, sieur de Gaillonnet, et une sœur, Marguerite, qui épouse en 1622 Pierre de Saintôt ou Sainctot, trésorier de France à Tours, et qui sera une des maîtresses du poète Vincent VoitureSophie Rollin, Le style de Vincent Voiture : une esthétique galante, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2006, ..
Charles de Vion a vraisemblablement suivi d’abord la carrière des armes, d’après un de ses propres poèmes. Mais dans un de ses sonnets les plus connus, il assume son refus de la vie militaire et fait l'éloge d'une vie consacrée aux plaisirs« Je ne vais point aux coups exposer ma bedaine / Moi qui ne suis connu ni d'Armand [Richelieu] ni du roi [Louis XIII] ; /… Je veux mourir entier, et sans gloire, et sans nom, / Et crois moi, cher Clindor, si je meurs par la bouche / Que ce ne sera pas par celle du canon. » (Vers bachiques dans les Œuvres poétiques de 1653).. Il fréquente assidûment dans son âge mûr les cabarets de Paris (le Riche laboureur, le Bel-Air, le Bon-Puis)Luc Bihl-Willette, Des tavernes aux bistrots : histoire des cafés, L'Âge d'homme, Paris, 1997, , chapitre II : La naissance des cafés, ., avec de joyeux compagnons tels que Saint-Amant (qui semble l'avoir encouragé à écrire« Cher et parfait ami qui vis naître ma muse / Et qui de tes conseils daigna la secourir /… / Nul ne montra jamais d'affection si prompte, / Jamais nul plus à gré n'y prodigua son temps. »), Benserade, Guillaume Colletet ou Nicolas Faret. Son œuvre poétique le montre lié à plusieurs hommes célèbres de son époque, qu'il s'agisse de Corneille à qui il adresse un sonnet où il qualifie Polyeucte de chef-d'œuvre, ou de GrotiusDans ses « Vers bachiques », il évoque Grotius comme « l'honneur des Hollandois » avec qui il a « beu à la ronde » chez les Suédois : Grotius depuis sa fuite de Hollande est résident de Suède à Paris.. Un de ses sonnets : « Je ne vous quitte point pour quelqu'amour nouvelle » est mis en musique par Michel Lambert qui retrouvait Vion d’Alibray et d’autres amis poètes et musiciens au cabaret du Bel-Air, et a été publié en 1661 dans le Recueil des plus beaux airs qui ont esté mis en chantBertrand de Bacilly, Recueil des plus beaux airs qui ont esté mis en chant, Paris, Charles de Cercy, 1662, , texte en ligne. Il fréquente le cercle lettré réuni auprès de Marie de La Noue, maréchale de Thémines, à laquelle il dédiera quarante sonnets « Sur le Mouvement de la Terre » en 1653Francis Wilde, Épopée et mémoire nationale au , éd. Presses universitaires de Caen, 2011, .
Il est également lié à la famille de Blaise Pascal par l'intermédiaire de Jacques Le Pailleur, proche de madame de La Noue et ami du père de Pascal. Le Pailleur a pris la relève de l'« académie » parisienne du père Mersenne et anime l'« académie Lepailleur » jusqu'à sa mort en 1654, où se débattent problèmes mathématiques, physiques et philosophiquesà ce sujet, voir Jean Mesnard , « Pascal à l'Académie Le Pailleur », in L'œuvre scientifique de Pascal, éd. Centre international de synthèse, 1964. Deux des poèmes de Vion d'Alibray sont ainsi adressés « A monsieur Pascal le fils » : le premier est un sonnet « sur son instrument pour l'arithmétique » (la machine à calculer, construite en 1642) ; le second est un poème en stances « Au mesme, sur le vuide », consacré à l'expérience sur le vide et qui célèbre la méthode expérimentale et le « secours des sens » contre la traditionLe poème a sans doute été écrit en 1648 après l'expérience du puy de Dôme qui confirme la réalité du vide et de la pression atmosphérique, et qui établit la théorie générale de l’équilibre des liquides : G. Michaud, « Un poète ami de Pascal », Revue latine, 1906, . ; Philippe Chométy, "Charles de Vion d'Alibray", dans Luc Foisneau (dir.), Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2014, p. 663-665..
Œuvre Charles de Vion d’Alibray est l’auteur de poèmes bachiques et érotiques, notamment le poème « Ainsi que l'arc en ciel » où s’exprime un épicurisme insouciant et badin, qui seront réunis dans un recueil publié en 1653. Il célèbre avec humour les joies du vin et de la bonne chère, les plaisirs amoureux et la vie facile : un genre qu'on appelle la « poésie de cabaret »Claire Lynn Gaudiani, The cabaret poetry of Théophile de Viau : texts and traditions, Gunter Narr, Tübingen, Paris, Jean-Michel Place, 1981 Lire en ligne.. Il est proche des poètes libertins de son époque, sans en faire partie. Il a aussi écrit des vers satiriques, où il s’attaque notamment au satiriste Pierre de Montmaur, devenu - par ses excès - un genre littéraire à part entière et la cible des pamphlets et des poèmes de ses confrères dont Jean-François Sarrasin, Ménage, Scarron ou Charles SorelAlain Génetiot, Les Genres lyriques mondains, 1630-1660 : Étude Des Poésies de Voiture, Vion D'Alibray, Sarasin Et Scarron, éd. Droz, 1990, ..
Certains de ses poèmes traduisent une inspiration plus profonde, attentive au caractère éphémère de la vie, typique de l’âge baroque :
Il a traduit de l’italien plusieurs pièces de théâtre, notamment du Tasse, ainsi qu’une pièce de Cremonini : dans la préface de cette dernière, il indique avec humour qu’il aurait pu comme certains traducteurs de son temps s’en faire passer pour l’auteurMais « nous sommes encore plus obligez de rendre la justice en ce qui touche les biens de l’esprit, qu’en ce qui regarde ceux de la fortune ; c’est pourquoy, lecteur, je te veux déclarer l’autheur de cette pastorale, bien qu’elle soit si rare que je pouvois par mon silence recevoir la gloire de son invention, sans craindre d’être descouvert ». ; il traduit aussi des textes espagnols, notamment l’Examen de ingenios para las sciencias de Juan Huarte : sa traduction est éditée plusieurs fois (dans l’« Avis au lecteur » de cette œuvre, il considère la traduction comme « un travail ingrat où il y a tant de déshonneur à faillir [se tromper] et si peu de gloire à réussir »Cité par Christian Péligry, « L'accueil réservé au livre espagnol par les traducteurs parisiens dans la première moitié du XVII° s. (1598-1661) », Mélanges de la Casa de Velázquez, 1975, 11, p. .), ainsi que deux ouvrages d’Antonio Pérez.
Œuvres Poésie
Traductions de l’italien : . . .
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de l’espagnol : .
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Notes et références
Notes
Références
Annexes Bibliographie Sources
Charles Weiss, article « Dalibray », in Louis-Gabriel Michaud (dir.), Biographie universelle ancienne et moderne , vol. 10, 1855, , article en ligne sur Gallica Études
Daniela Maury, « Vion d'Alibray, tra Arcadia e tragedia », in Elio Mosele (dir.), Dalla tragedia rinascimentale alla tragicommedia barocca : esperienze teatrali a confronto in Italia e in Francia, atti del Convegno internazionale di studio, Verona-Mantova, 9-12 ottobre 1991, éd. Shena, 1993, Daniela Maury, « L’Aminta du Tasse traduite par Charles Vion d'Alibray », in Daniela dalla Valle (dir.), Pastorale italiana, pastorale francese, atti del Seminario Interuniversitario, Fribourg-Chambéry-Turin, 1994-1995, éd. Dell'Orso, 1996, Laurence Giavarini, La distance pastorale : usages politiques de la représentation des bergers (), éd. Vrin, 2010, Marie-Pauline Martin, présentation à l'édition critique de Le Soliman, article en ligne ici: http://bibdramatique.paris-sorbonne.fr/dalibray_soliman/front-1 .
Liens externes 9 poèmes de Charles de Vion d’Alibray sur le site Poésie française
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