Visé (en néerlandais Wezet, en allemand Weset ou Wesent, en wallon Vizé) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège.
Située en bord de Meuse, à la frontière avec les Pays-Bas, à mi-chemin entre Liège et la ville néerlandaise de Maastricht, Visé est également surnommée la « Cité de l'Oie ». Peuplée par plus de habitants. Elle fait partie de la région de la Basse-Meuse.
Dans l'église, la châsse de saint Hadelin est la plus ancienne de l'art mosan ().
Toponymie
Géographie
Sections de commune
# Nom Superf.(km²) Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Visé 8,13 8.127 1.000 62108A 2 Richelle 1,91 1.641 860 62108B 3 Argenteau 3,53 1.265 359 62108C 4 Cheratte 3,19 4.660 1.463 62108D 5 Lixhe 6,65 1.658 249 62108E 6 Lanaye 4,33 757 175 62108F
La commune compte aussi quelques hameaux comme Loën, Mons, Petit-Lanaye et Wixhou.
Communes limitrophes
Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,3199499,1199598,9199697,9199797,4199897,3199997,0200097,6200198,5200298,6200399,1200499,1200599,1200698,8200799,0200899,3200999,8201099,92011100,52012101,82013102,52014103,52015103,22016104,32017104,32018104,42019104,62020105,32021104,92022105,62023106,12024106,62025106,42026106,3
Histoire
Avant
Les plus anciens documents, des outils en silex taillés sur les deux faces, attestent une présence humaine à Visé dès la fin du paléolithique moyen ( A.C.N.). Bien plus tard, à l'aube de l'ère chrétienne, les légions romaines imposent leur tutelle sur la région, massacrant ou chassant les Éburons. Ils implantèrent à la place les Tongres, peuple originaire de la rive droite du Rhin. C'est à partir du que Visé connaît son essor et devient le centre d'un commerce très actif. Très vite, s'y tiennent au printemps des foires internationales très fréquentées grâce à un privilège spécial de l'Empereur Charlemagne qui les affranchit de toute espèce de droits.
Les diplômes médiévaux les plus importants sont : 814 et 841 (« Wasitico ») identifiés avec Wasseiges. 870 (« Veosatum ») et 942 (« Wegesata ») identifiés avec Visé. 983 (« Viesato ») identifié avec Visé (Regesta Imperii I., 1480 + II., 909, commentaires des éditeurs).
Selon ces commentaires, Visé est mentionné pour la première fois 870 dans le Traité de Meerssen.
Bonne Ville de la Principauté de Liège, Visé est fortifiée en 1330 par le Prince-Évêque Adolphe de La Marck mais est aussi saccagée en 1467 par le duc de Bourgogne Charles le Téméraire.
En 1672 et en 1675 lors de la guerre de Hollande, le roi de France Louis XIV séjourne à Visé sur la rive gauche dans la maison Houbart. L'illustre mousquetaire d'Artagnan qui meurt en 1673 au siège de Maastricht, qui est alors gouverneur militaire de Lille, n'accompagne pas le roi. Deux ans après la prise de celle-ci, Louis XIV fait abattre les fortifications visétoises et ses fossés au frais des habitants.
Les Templiers et les Hospitaliers
vignette|gauche|Ferme du Temple (Visé).
Demeure privée, cette ancienne possession de l'ordre du Temple construite au fut une des huit commanderies belges de cet ordre religieux et militaire. Le premier commandeur templier attesté est le frère Inguerrand en 1231 et le dernier commandeur, à la suite de la suppression de l'ordre le .
La dévolution de ce « manoir » aux Hospitaliers n'intervient qu'en 1318 mais il fut immédiatement baillé à un laïc. Il faisait alors partie des possessions de la commanderie de Chantraine, appelée également baillie d'Avalterre puis fut rattaché ensuite à celle de Villers-le-Temple. . Rebâti, les Hospitaliers le conservèrent jusqu'à la révolution française puisqu'en 1783, ils en obtenaient un revenu de 2200 florins pour l'année.
La Première Guerre mondiale Au , Visé connaît d'autres drames et notamment lors de la Première Guerre mondiale dont elle est la première ville martyre..
Les soldats du bataillon du 12e régiment de Ligne débarquèrent dès le afin de défendre la ville. Prenant position sur la rive gauche de la Meuse, leur mission consistait à défendre les ponts de Visé et d'Argenteau. Dans le but de ralentir l'avancée allemande, la décision de faire sauter le pont de Visé fut prise. Cependant, l'intervention du génie ne suffit pas et il fallut l'aide de civils pour que ce dernier soit détruit dans la nuit du 3 au . C'est à Visé que les premiers gendarmes. et fantassins belges du bataillon du 12e régiment de Lignefrancs-arquebusiers.be y tombèrent le . Malgré une première résistance, les soldats allemands arrivèrent à traverser la Meuse grâce à un pont de fortune.
La Quinzaine Tragique La Quinzaine Tragique fait référence aux atrocités allemandes survenues à Visé entre le 4 et le .
Après leur traversée de la Meuse, les soldats allemands humiliés par leurs précédents échecs, décidèrent de s'en prendre à la population. C'est ainsi que, sans motif, 26 civils furent arrêtés et emprisonnés. 16 d'entre deux trouveront la mort. Le , les Allemands mettent le feu à l'église. Le , prétextant des tirs de francs-tireurs (en réalité ce sont les Allemands eux-mêmes qui tirèrent), les Allemands décidèrent de mettre le feu à la ville. Les dégâts furent considérables et la ville quasiment détruite. Sur un total de 840 bâtiments, 545 furent anéantis. Parmi ces bâtiments, on peut citer des joyaux de son architecture comme l'Hôtel de ville, les anciens couvents des Sépulcrines et des Récollets ou les maisons des Gildes.
Face à l'adversité, la population visétoise y puise un regain d'énergie et en quelques années, la ville relève la tête et est entièrement reconstruite en préservant son originalité.
Maintenant
Depuis 1977 et la fusion des communes, l'entité comporte Visé, Argenteau, Cheratte, Lanaye, Lixhe-Loën et Richelle.
Le , la ville de Visé cède contre de territoire aux Pays-Bas afin de régulariser une zone de outre Meuse en présence du roi Philippe de Belgique. Les terres échangées se trouvent près du hameau de Petit-Lanaye, sur la .
Visé est jumelée avec Aiguillon.
Héraldique et logotypes
Logos de la Ville de Visé
Politique
Composition des Conseils communaux entre 1976 et aujourd'hui Composition des Conseils communaux entre 1976 et aujourd'hui :
alt=Conseil Communal Visé 1976|sans_cadrealt=Conseil Communal Visé 1982|sans_cadrealt=Conseil Communal Visé 1988|sans_cadrealt=Conseil Communal Visé 1994|sans_cadrealt=Conseil Communal Visé 2000|sans_cadrealt=Conseil Communal Visé 2006|sans_cadrealt=Conseil Communal Visé 2012|sans_cadrealt=Conseil Communal Visé 2018|sans_cadre
Résultats des élections locales à partir de 1976 +Résultats des élections locales à partir de 1976Parti10-10-197610-10-19829-10-19889-10-19948-10-20008-10-200614-10-201214-10-201813-10-2024Pourcentage/Sièges%25%25%25%25%25%25%25%25%25PCB11,462 - - - - - - - -PTB - - - - - - -10,052 -PS29,6827,39831,94932,23934,06936,271035,661024,24728,367ECOLO / Visons Demain -5,750606,9518,8919,2818,75110,0728,521PRL / PRL-MCC / MR19,26523,26622,27628,22742,021239,891137,651026,90736,7010OUI Visé - - - - - - - -00PSC/ cdH/ Ensemble!31,23931,5933,181030,82813,63314,56317,94416,024 -RW7,351 - - - - - - - -RD -10,942 - - - - - - -ICEO - - - - - - - - 26,427Autres1,0901,1606,6001,7801,40----Bulletins déposés9524991110274101111100111475114971167611500Participation %94,5392,3391,9192,3587,9787,8484,81Blancs & non-valables3,624,484,935,054,845,325,726,586,72
Collège communal 2024-2030
Collège communal Bourgmestre Viviane Dessart MR 1er Échevin Francis Theunissen PS 2e Échevin Xavier Malmendier MR 3e Échevin Julien Woolf MR 4e Échevin Ernur Colak PS 5e Échevin Louis Malmendier MR Présidente du CPAS Nadine Lach PS
Liste des bourgmestres depuis 1830
Pierrette Cahay-André, de 1983 à 1988, (PSC).
Patrimoine et culture
Patrimoine architectural et sites La commune compte plusieurs monuments au patrimoine immobilier classé.
Les Arbalétriers et Arquebusiers de Visé
Visé compte dans ses murs trois gildes d'arbalétriers et d'arquebusiers qui sont reprises comme chefs-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Elles furent créées en 1310 pour les arbalétriers et en 1579 pour les arquebusiers.
Dissoutes lors de la disparition de l'Ancien Régime, elles se sont depuis le constituées en sociétés d'agréments et défilent dans les rues de la cité mosane deux fois par an. Chaque compagnie possède également un musée riche de souvenirs de l'histoire locale.
Les arbalétriers pour leur part ont fêté leur en 2010. C'est en effet une particularité de Visé ; alors que partout ailleurs dans le pays les gildes et corporations ont arrêté leurs activités à la Révolution française, à Visé elles se mirent parfois en sommeil mais ne disparurent jamais et continuent aujourd'hui encore à perpétuer leurs fêtesarbaletriers.be pour les Arbalétrierswww.arquebusiers.eu pour les Anciens Arquebusiersarquebusiers.be pour les Francs Arquebusiers.
L'église et ancienne collégiale Saint Martin-Saint Hadelin
Selon la tradition, la première église est érigée en 779 grâce à la bienveillance de la princesse Berthe, fille de l'Empereur Charlemagne. Un siècle plus tard, elle est ravagée lors d'un raid normand en 881.
L'église devenue collégiale à la suite de l'arrivée de chanoines de Celles en 1338, fait partie intégrante du système défensif de la ville. Elle repose sur le mur d'enceinte et sa grosse tour carrée est fortifiée. Elle ne survit pas au sac de la ville par les Bourguignons de Charles le Téméraire en 1467.
Reconstruite en plusieurs phases, l'église est à nouveau détruite le , incendiée par les Allemands. Seul le chœur gothique, datant de 1524 et classé en 1935, est conservé et les vitraux de l'abside sont miraculeusement épargnés. La reconstruction est réalisée sur les plans des architectes Edmond Jamar et Léon Habran en 1924 et c'est de cette époque que date la chapelle abritant les reliques de saint Hadelin, à ne pas confondre avec le saint patron de la paroisse, saint Martin.
La châsse de saint Hadelin
Hadelin, né au début du en Aquitaine, est un disciple du fondateur de l'abbaye de Stavelot, saint Remacle. Ses pérégrinations l’amènent à fonder lui-même un oratoire à Celles sur les bords de la Lesse. Il y meurt en 690 et un chapitre d'une douzaine de chanoines se consacre dans cette bourgade à vénérer sa mémoire.
En l'an 1046, l'évêque de Liège Wazon fait déposer les restes du saint dans une châsse ornée de reliefs en argent. Les longs côtés sont parachevés vers 1170 pour en faire ce trésor de l'art mosan que l'on peut encore admirer à l'heure actuelle en l'église Saint-Martin de ViséJ. Destrée, La châsse de Saint Hadelin, conservée à l'église de Visé, dans les Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, 1890, t. quatrième, pp.283 à 298.. D'abord conservée à Celles, la châsse est transférée à Visé en 1338 lorsque les chanoines doivent s'y réfugier.