Sarah Kofman est une philosophe et essayiste française, née le à Paris où elle est morte le .

Spécialiste de Platon, de Friedrich Nietzsche et de Sigmund Freud, elle est également l'autrice de nombreux essais d'esthétique et d'écrits autobiographiques originaux.

Biographie Née à Paris, le jour de Roch HachanaC'est ce que Sarah Kofman rapporte dans Rue Ordener, Rue Labat, p. 20. Mais en réalité sa naissance se situe cette année-là entre Roch Hachana et Yom Kippour, comme l'explique Isabelle Ullern dans Sarah Kofman et Jacques Derrida. Croisement, écarts, différences, Paris, 2018, p. 318., le , elle est la fille du rabbin hassidique Bereck Kofman, ayant émigré avec sa femme depuis la Pologne à Paris dans l'entre-deux-guerres, raflé chez lui le par la police française, déporté et assassiné à AuschwitzVoir Dictionnaire des femmes juives en France. Présences féminines juives en France (), « KOFMAN Sarah 1934-1944 Philosophe »..

Sarah Kofman commence sa carrière d'enseignante en philosophie à Toulouse en 1960 tout en poursuivant sa formation à la recherche. Elle travaille successivement sous la direction de Jean Hyppolite (en projet, l'étude de quelques mythes platoniciens et "Freud et l'art"), Mikel Dufrenne (sur l'esthétique de Freud, pour sa thèse de troisième cycle, publiée sous le titre L'enfance de l'art), puis Gilles Deleuze (pour son doctorat d’État sur travaux). En 1968-1969, S. Kofman rencontre Jacques Derrida dont elle fréquentera les séminaires à l'École normale supérieure. À partir de 1970, elle devient Maître de conférences puis, en 1991, professeur de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Avec Jean-Luc Nancy, Philippe Lacoue-Labarthe et Jacques Derrida, elle dirige la collection « La philosophie en effet » aux Éditions GaliléeD'après sa notice biographique aux Éditions du Cerf.. Elle collaborait à de nombreuses revues telles Poétique, Critique, Littérature ou la Revue française de psychanalyse. À part ses nombreux travaux sur Freud et Nietzsche, Sarah Kofman s'intéresse également à Gérard de Nerval, Auguste Comte, Shakespeare et à la place occupée par la femme chez ces différents auteurs.

En 1994, elle publie un récit autobiographique, Rue Ordener, rue Labat, évoquant son enfance juive avant puis sous l'Occupation allemande, la déportation de son père et son terrible sort d'enfant caché. Après avoir participé à des émissions sur France Culture consacrées à Nietzsche l'été 1994, elle se suicide 150 ans jour pour jour après la naissance du célèbre philosophe allemand. Les hommages et nécrologies attestent du choc que cela produisit dans son entourageYves MichaudRoger-Pol Droit, « Sarah Kofman », notice biographique, Encyclopædia Universalis, accès en ligne avec abonnement. Il ne s'agirait pas selon lui d'un hasard..

Publications principales L'Enfance de l'art. Une interprétation de l'esthétique freudienne, Paris, Payot, « Bibliothèque scientifique. Science de l'homme », 1970 ; rééd. « Petite bibliothèque Payot. Collection Science de l'homme », 1975 ; Galilée, coll. « Débats », 1985 Nietzsche et la métaphore, Paris, Payot, « Bibliothèque scientifique », 1972. Ouvrage composé des textes remaniés de trois articles de l'auteur extraits de Critique, - et de Poétique, 5 ; éd. revue et corrigée, Galilée, « Débats », 1983. ; éd. revue, corrigée et augmentée, 1985. Camera obscura. De l'idéologie, Paris, Galilée, « La Philosophie en effet », 1973. En appendice : « Usage de la Chambre obscure », par Willem Jacob 's Gravesande. Quatre romans analytiques, Paris, Galilée, « La Philosophie en effet », 1974. Autobiogriffures, Paris, Christian Bourgois, 1976. ; éd. revue et corrigée sous le titre: Autobiogriffures du « Chat Murr » d'Hoffmann, Paris, Galilée, « Débats », 1984. . Sur E.T.A. Hoffman, Lebens-ansichten des Katers Murr. Aberrations. Le devenir-femme d'Auguste Comte, Paris, Aubier/Flammarion, « La Philosophie en effet », 1978. Nerval : le charme de la répétition. Lecture de « Sylvie », Lausanne-Paris, L'âge d'homme, « Cistre essais », 1979. Nietzsche et la scène philosophique, Paris, Union générale d'éditions, « 10/18 », 1979. ; éd. revue et corrigée, Galilée, « Débats », 1986. L'Énigme de la femme : la femme dans les textes de Freud, Paris, Galilée, 1980. ; éd. revue et corrigée, 1983 ; rééd. Paris, Librairie générale française, 1994. Le Respect des femmes : Kant et Rousseau, Paris, Galilée, « Débats », 1982. Comment s'en sortir ?, Paris, Galilée, « Débats », 1983. Un Métier impossible. Lecture de « Constructions en analyse », Paris, Galilée, « Débats », 1983. Lectures de Derrida, Paris, Galilée, « Débats », 1984. Mélancolie de l'art, Paris, Galilée, « Débats », 1985. Pourquoi rit-on ? : Freud et le mot d'esprit, Paris, Galilée, « Débats », 1985. Paroles suffoquées, Paris, Galilée, « Débats », 1986. . Sur Maurice Blanchot et Robert Antelme. Conversions. « Le Marchand de Venise » sous le signe de Saturne, Paris, Galilée, « Débats » 1987. Socrate(s), Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1989. Séductions. De Sartre à Héraclite, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1990. avec Jean-Yves Masson, Don Juan ou le Refus de la dette, Paris, Galilée, « Débats », 1991. « Il n'y a que le premier pas qui coûte » : Freud et la spéculation, Paris, Galilée, « Débats », 1991. Explosion I. De l'Ecce homo de Nietzsche, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1992. Explosion II. Les enfants de Nietzsche, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1993. Le mépris des juifs. Nietzsche, les juifs, l'antisémitisme, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1994. Rue Ordener, rue Labat, Paris, Galilée, 1994. L'Imposture de la beauté et autres textes, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1995. . Posthume, recueil d'articles parus dans les années 1980. Lettres de Sarah Kofman à Jacques Derrida, édition posthume, établie, annotée et présentée par Ginette Michaud et Isabelle Ullern, dans leur ouvrage : Sarah Kofman et Jacques Derrida. Croisements, écarts, différences, Paris, Hermann, coll. « Le Bel Aujourd'hui », 2018, p. 131-300 "La connaissance selon Platon" conférence inédite de c.1962, dans G. Michaud, I. Ullern (dir.), Sarah Kofman : philosopher autrement, Paris, Hermann, 2021, pp. 49-55 ; note éditoriale de I. Ullern, p. 45s). "La mort conjurée (Remarques sur le Leçon d'anatomie du Dr Nicolas Tulp, 1632)", réédition corrigée du texte de 1994, dans G. Michaud, Is. Ullern (dir.), Sarah Kofman : philosopher autrement, ibid., p. 57-67. "Le respect des femmes : Kant et Rousseau (entretien de S. Kofman avec Claude Levesque)", inédit de 1985, dans G. Michaud, Is. Ullern (dir.), Sarah Kofman : philosopher autrement, ibid., p. 71-82. Rue Ordener, rue Labat suivi de Autobiogravures, édition augmentée d'inédits et annotée par Is. Ullern, Paris, Verdier , 2024, Bibliographie secondaire Par ordre chronologique : François Laruelle, Le déclin de l'écriture suivi d'entretiens avec Jean-Luc Nancy, Sarah Kofman, Jacques Derrida, Philippe Lacoue-Labarthe, Aubier-Flammarion, Coll. La Philosophie en effet, 1977 Entrevue avec Sarah Kofman dans Horizons philosophiques (1989). (Parmi bien d'autres entretiens de la philosophe avec différents interlocuteurs, dans différents types de médias (revues, journaux, radios, etc., en France et à l'étranger, relevant en réalité de sa bibliographie primaire.) Françoise Collin, numéro spécial "Sarah Kofman", Les cahiers du Grif, 1997, Hors série n°3 (comprend plusieurs hommages d'amis et collègues, dont Françoise Collin, Jacques Derrida, Jean-Luc Nancy, Françoise Proust, Monique Schneider, ainsi qu'une notice biographique et sa bibliographie 1963-1994, établie par son traducteur Duncan Large en 1993 (in S. Kofman, Nietzsche and Metaphor, London, Athlone Press, ). Penelope Deutscher & Kelly Oliver (ed.), Enigmas : essays on Sarah Kofman, Cornell University Press, 1999, 284 p. Boutibonnes, Philippe, In absentia. À propos des dessins de Sarah Kofman, Lyon, éditions Galerie Librairie L’Ollave, 2003. Tina Chanter - Pleshette DeArmitt (ed.), Sarah Kofman's Corpus, New York, Suny Press, 2008 Philippe Boutibonnes - Alexandre Kyristsos (dit), dossier "Sarah Kofman", revue Fusées 2009/16, contient des textes et des dessins de Sarah Kofman, ainsi que d'autres hommages de ses amis, tels Françoise Armengaud, Philippe Boutibonnes, Philippe Lacoue-Labarthe) Philippe Boutibonnes - Jean-Luc Nancy, revue Fusées 2010/17, contient une étude de chacun d'eux ("En ce commun effroi" et "Sarah dessine") et des dessins de Sarah Kofman Mathieu Frackowiak, Sarah Kofman et le devenir-femme des philosophes, Paris, Hermann, 2012, 212 p. Karoline Feyertag, Sarah Kofman. Eine Biographie, Wien-Berlin, Turia+Kant Verlag, 2014, 336 p. (comporte une notice biographique et une bibliographie primaire actualisées (1963-2014), ainsi que des éléments de bibliographie secondaire internationale) Isabelle Ullern - Pierre Gisel (dir.), Penser en commun ? Un rapport sans rapport. Jean-Luc Nancy et Sarah Kofman lecteurs de Blanchot, avec trois lettres de Maurice Blanchot à Sarah Kofman, Paris, Beauchesne, 2015, contient nombre d'interventions en dialogue de Jean-Luc Nancy sur Sarah Kofman, ainsi que les études spécifiques suivantes : Michaud Ginette, “Traiter de l’intraitable’. Remarques sur la pensée de l’esthétique de Sarah Kofman dans Mélancolie de l’art”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., Ullern, Isabelle, “Penser en commun ? une scène polymorphe selon S. Kofman”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., Ullern, Isabelle, “La voix oubliée de Sarah Kofman sur la scène des lectures de Blanchot”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., Ullern, Isabelle, “Dire sous la contrainte/Lire vers la liberté ? La difficile leçon sur le sublime de Sarah Kofman”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., Isabelle Ullern, "Acquiers-toi un compagnon d’études“ L’amitié qu’écrivit Sarah Kofman pour Jacques Derrida", in: dossier dirigé par Judith Kasper et Katja Schubert „Apostrophe – Konflikt – Dialog. Zu einer Poetik der Freundschaft. Un chassé-croisé franco-allemand“, revue Lendemains 1/2017 (Études comparées sur la France/Vergleichende Frankreichforschung), Federica Negri, L'arte dell'ascolto. Sarah Kofman e la filosofia, Roma, Aracne, 2018 Patrice Bougon, "Sartre, Sarah Kofman et Jacques Derrida La déconstruction et son héritage", Sens public, 2007. Ginette Michaud et Isabelle Ullern, Sarah Kofman et Jacques Derrida. Croisements, écarts, différences, Suivi de Sarah Kofman, Lettres à Jacques Derrida, Paris, Hermann, coll. « Le Bel Aujourd'hui » dirigée par D. Cohen-Levinas, 2018, 378 p. . Comprend (outre les présentations, reproductions et la correspondance de S. Kofman): G. Michaud, "Jacques Derrida lecteur de Sarah Kofman" (pp. 11 à 63) I. Ullern, "Kofman lit Derrida: écarts philosophiques et d'amitié" (pp. 64 à 130) I. Ullern, "Sarah Kofman : souvenirs d'archives" (pp. 301-355; donne accès à de nombreux renseignements biographiques et comprend deux cartes inédites de André Green et de Emmanuel Levinas à S. Kofman) R. Rosenblum, Mourir d’écrire ? Shoah, traumas extrêmes et psychanalyse des survivants, Paris, Puf, "Le fil rouge", 2019, , un chapitre est consacré à Sarah Kofman. Isabelle Ullern, "La philosophie « biographée » selon Sarah Kofman", in Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 21 | 2019, mis en ligne le , URL : http://journals.openedition.org/acrh/9933 ; DOI : https://doi.org/10.4000/acrh.9933