RWE AG est un conglomérat allemand basé à Essen œuvrant dans le secteur de l'énergie, et en particulier dans la production et fourniture d'électricité, gaz, eau et services environnementaux.
RWE est le deuxième producteur d'électricité en Allemagne. Malgré son engagement à fermer ses centrales au lignite d'ici 2030, RWE poursuit son projet de développement de la mine de Garzweiler, considérée nécessaire pour la sécurité d'approvisionnement du pays. Grâce à l'acquisition en de Clean Energy Businesses, il devient aux États-Unis la quatrième entreprise d'énergies renouvelables et le deuxième opérateur solaire. Le Groupe est actif en Europe, en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique et emploie environ .
En , l’entreprise a confié ses activités liées à la production d’énergies renouvelables ainsi que ses activités de réseau à une entité distincte, Innogy, qu'il a vendue à E.ON en , en conservant les actifs dans les énergies renouvelables.
Plus tard, en , à la suite d'un accord d’échanges d’actifs, le portefeuille international de production d’énergie renouvelable des entreprises E.ON et Innogy a été transféré à RWE.
RWE s'est engagé en à atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2040, puis en à fermer ses centrales à charbon en 2030.
Histoire thumb|gauche|Action de la Rheinisch-Westfälische Elektrizitätswerk AG en date du 16 février 1900. La compagnie est fondée en 1898 à Essen sous le nom de Rheinisch-Westfälisches Elektrizitätswerk Aktiengesellschaft (RWE AG - Société par actions des centrales électriques de Rhénanie-Westphalie). Sa première centrale électrique est mise en fonctionnement en 1900, elle est alors détenue en majorité par des collectivités locales. En 1903, le magnat du charbon Hugo Stinnes s'impose à la tête du directoire de la société, et conserve la présidence jusqu'à sa mort en 1924.
En 2001, RWE rachète l'entreprise britannique Thames Water, spécialisée dans la gestion des réseaux d'eau. En , RWE rachète pour 3 milliards de livres le groupe Innogy spécialisé dans la production d'électricité et de gaz au Royaume-Uni. En 2006, les activités de Thames Water sont revendues, RWE gardant les opérations internationales (Hors UK).
Le , Hitachi annonce le rachat de l'entreprise appartenant aux entreprises énergétiques E.ON et RWE, pour de livres ( d'euros), bouclé le Henning Gloystein, Mari Saito, Japan's Hitachi buys UK's Horizon nuclear project, Reuters, le 30 octobre 2012Nucléaire: Hitachi rachète Horizon pour bâtir des centrales en Grande-Bretagne, AFP sur Google News, le 26 novembre 2012. Horizon Nuclear Power est une entreprise travaillant sur plusieurs projets de centrales nucléaires au Royaume-Uni, sur le site de la centrale nucléaire d'Oldbury et sur celui de la centrale nucléaire de Wylfa.
En , RWE annonce la vente de 2 unités de production de sa filiale RWE Npower à Telecom Plus pour 218 millions de livresTelecom Plus to buy two energy units from RWE Npower for $351 million, Reuters, 20 novembre 2013.
En , pour la première fois en soixante ans, RWE affiche une perte de l'ordre de 2,8 milliards d'euros. D'ici à la fin 2016, l'entreprise annonce son intention de supprimer 1 emploi sur 10, soit 6 700 postes au total, dont 4 700 en Allemagne. À la même date, RWE annonce la vente de sa filiale DEA, spécialisée dans la production et l'exploration de champs pétroliers et gaziers employant et possédant 190 licences ou concessions en Europe, à un ensemble d'investisseur conduit par Mikhail Fridman, le tout pour 5,1 milliards d'eurosRWE to sell DEA to Russian-led investors for $7.1 billion, Christoph Steitz, Reuters, 17 mars 2014.
Un an après son rival E.ON, RWE annonce le sa décision de scinder à son tour ses activités « de croissance » (énergies renouvelables, réseaux et commercialisation) ; la nouvelle structure héritera de des employés du groupe et sera mise en Bourse en 2016, RWE conservant 51 à 90 % du capital ; E.ON va au contraire conserver ses activités de croissance et placer ses activités traditionnelles (centrales à gaz et charbon) dans une filiale cotée en Bourse. La décision de RWE intervient quelques jours après l'annonce de l'assureur Allianz, qui a décidé de ne plus investir dans des sociétés réalisant plus de 30 % de leur chiffre d'affaires avec du charbon ; or RWE génère 60 % de sa production électrique à base de ce combustible sous forme de houille ou lignite.
En , RWE vend sa centrale au charbon de Lynemouth de , située au Royaume-Uni, au fonds d'investissement EPH.
En , E.ON annonce vouloir acquérir les activités de réseau et de distribution d'Innogy en transférant en échange ses activités de production d'électricité d'origine renouvelables à RWE, qui possédait avant cette annonce 76,8 % d'Innogy.
En , RWE s'engage à atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2040.
En , RWE augmente son capital de près de 10 % via un placement privé accéléré qui lui a permis de collecter près de 2 milliards d'euros, afin , selon le PDG Rolf Martin Schmitz. RWE veut investir 5 milliards d'euros pour porter sa capacité installée en énergies renouvelables de à plus de d'ici à la fin de 2022. Une partie sera utilisée pour financer l'acquisition de de projets de parcs éoliens du fabricant Nordex.
Le , alors que le gouvernement d’Olaf Scholz est contraint de prolonger l’activité de plusieurs centrales à charbon afin de faire face à la crise énergétique causée par l’invasion de l’Ukraine, , directeur général de RWE, annonce vouloir mettre fin à la production d'électricité au lignite en 2030. Trois centrales au lignite d'une capacité de chacune seront arrêtées d'ici à 2030 en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Selon le ministre écologiste de l'Économie, cela devrait permettre d'éviter l'émission de de . RWE investira plus de dans le développement des énergies renouvelables, dont en Allemagne ; des centrales à charbon devraient également être transformées en centrales électriques à gaz.
En , le fonds souverain du Qatar (QIA) acquiert 9,1 % du capital de RWE, devenant ainsi son premier actionnaire. L'opération s'effectue par conversion en actions d'une obligation de 2,4 milliards d'euros, émise en faveur du Qatar Investment Authority en , afin de finaliser l'acquisition de la branche Cleantech du groupe solaire américain Consolidated Edison pour 6,8 milliards de dollars, faisant de RWE le numéro deux du solaire aux États-Unis, et lui permettant d'y doubler son parc éolien, solaire et de stockageLe Qatar devient premier actionnaire de l' énergéticien allemand RWE, Les Échos, 2 mars 2023..
Principaux actionnaires thumb|Tour de la RWE à Essen. En , le fonds souverain du Qatar (QIA) acquiert 9,1 % du capital de RWE, devenant ainsi son premier actionnaire.
Principaux actionnaires détenant des parts soumises à déclaration au : Qatar Investment Authority9,09 %BlackRock 6,73 %Stadt Dortmund4,79 %Amundi3,10 %
Activités RWE est le deuxième producteur d'électricité en Allemagne. Grâce à l'acquisition en de Clean Energy Businesses, il devient la quatrième entreprise d'énergie renouvelable et le deuxième opérateur solaire aux États-Unis. Mais, malgré son engagement à fermer ses centrales au lignite d'ici 2030, RWE poursuit son projet de développement de la mine de Garzweiler nécessaire pour la sécurité d'approvisionnement du paysPourquoi RWE s’accroche à la mine de Garzweiler, qui menace le village de Lutzerath en Allemagne, L'Usine nouvelle, 19 janvier 2023..
Après avoir vendu en à E.ON AG sa filiale Innogy, RWE détient une participation minoritaire dans E.ON.
RWE est le deuxième acteur mondial dans l'éolien en mer.
Le Groupe est actif en Europe, en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique et emploie environ 20 000 personnes.
RWE possède en Angleterre l'entreprise et possède aussi d'autres filiales : RWE Power, RWE Energy et RWE Trading.
Aux États-Unis, il achète Consol Energy
Données financières + Données financières en millions d'eurosOpesC Années 2002 2003 2004 2005 2006 Chiffre d'affaires 46 633 43 875 42 137 41 189 44 256 Résultat d'exploitation 7 241 8 476 8 400 8 324 7 861 Résultat net part du groupe 1 050 953 2 137 2 231 3 847 Dettes financières 15 494 17 838 12 385 11 438 6 864 Effectifs 131 765 127 028 97 777 85 928 68 534 + Données financières en millions d'euros Années 2016 2017 2018 Chiffre d'affaires 45 833 44 585 47 606 Résultat net part du groupe - 5 700 1 900 335
Controverses
En 2015, un agriculteur péruvien demande un dédommagement au groupe allemand RWE face aux menaces du dérèglement climatique, les catastrophes climatiques étant générées essentiellement par les activités des grandes entreprises, parmi lesquelles RWE. En effet, à cause de l'exploitation du lignite, l'empreinte carbone de RWE était en 2016 la pire d'Europe. C'est la première fois que des dommages et intérêts liés à la crise climatique sont exigés par un particulier. En 2016, la plainte est rejetée par le tribunal d’Essen, jugeant la causalité trop complexe. En 2017, la Cour d’appel de Hamm estime au contraire que la responsabilité ne peut pas être exclue du seul fait qu’un grand nombre d’émetteurs contribuent au problème et que tous portent une part de responsabilitéÜmit Yoker, « Les pollueurs au tribunal », Horizons, magazine du Fonds national suisse et des Académies suisses des sciences, numéro 131, mars 2022, pages 40-42..
À cause de l'exploitation du lignite, l'empreinte carbone de RWE était la pire d'Europe en 2015.
+ Quelques exemples de contenus moyens par kWh produit et par producteur – Données 2016Intensité carbone des énergéticiens européens, PWC, 25 janvier 2018. (gCO2-eq/kWh) Producteur Émissions directes Production (TWh)Groupe RWE709208Statkraft1266Groupe E.ON3253Groupe EDF72608Groupe Vattenfall195119Groupe Engie299149Groupe ENEL395146Uniper9943823 groupes2752000
En , RWE a soumis ses objectifs concernant la réduction de ses émissions carbone à la validation de l’initiative Science Based Targets (ou SBTi). Le Groupe prévoit d’investir 50 milliards d’euros dans la transition énergétique et s’engage à fermer ses centrales à charbon dès que leur utilisation ne sera plus indispensable, dans le but d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040.
Notes et références
Bibliographie Christophe Defeuilley: La transition énergétique, École des Ponts ParisTech, revue FLUX, cahiers scientifiques internationaux Réseaux et Territoires, n° 95 (2014),PDF (p. 6–9). Dominique Lorrain : Portraits d'entreprise : RWE AG (Rheinisch Westfälisches Elektrizitätswerk AG)“, FLUX N° 39–40 (2000); S. 94-103 (online).
Voir aussi
Articles connexes Classement des entreprises leader de l'énergie Énergie en Allemagne
Liens externes
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