La vie après la mort, aussi appelée laprès-vie, lexistence post-mortem, loutre-mort, la vie dans l'au-delà, la vie éternellePierre A. Riffard, Nouveau dictionnaire de l'ésotérisme, Payot, 2008, p. 298. est l'hypothèse de la survivance de l'esprit, de l'âme ou de la conscience d'un être vivant après la mort. Les concepts d'esprit et de conscience font l'objet de controverses et la position scientifique majoritaire est qu'il n'existe pas de preuve de l'existence d'une vie après la mort.

L'étude religieuse du destin de l'âme après la mort s'appelle (du / Eschatos, en français « dernier » et logos « parole »). L'eschatologie est donc la doctrine qui concerne les fins dernières, les temps ultimes, soit de l'individu après sa mort soit de l'humanité à son extinction (eschatologie humaine), soit du monde à sa disparition (eschatologie cosmique).

Historique Il existe une documentation volumineuse sur cette question depuis des siècles, principalement de source religieuse. Il existe cependant quelques études ethnologiquestome II de l'Ethnologie régionale de Jean Poirier (1921-2009), collection et des thèses philosophiques. Divers traditions et courants de pensées s'intéressent à cette question, comme le chamanisme, le lamaïsme, le spiritisme, la théosophie, le rosicrucianisme (les Rose-Croix) ou l'anthroposophie. Il existe aussi des témoignages populaires concernant les manifestations de défunts ou des expériences de mort imminente.

Questions sur la mort et l'immortalité Toutes les civilisations, depuis la préhistoire, ont laissé des traces de croyances en une existence après la mort, chacune avec sa propre perception de l'immortalité, de l'esprit, de la rétribution des âmes et du sens de la vie. Ainsi, la croyance en la survie de l'âme, autant que le respect des défunts, sont à l'origine des divers rites funérairesComme celui de la nourriture aux morts. Il s'agissait d'apporter des nourritures symboliques censées aider le mort dans sa traversée vers l'au-delà. Mais il peut être aussi question de subvenir à ses besoins terrestres post-mortem (voir, entre autres, le Livre des morts des Anciens Égyptiens).Certains rites étaient supposés mettre en contact avec le monde des morts, l'Au-Delà. Il en est ainsi du « Jour des morts » ou de la consultation de certains personnages de l'Hadès. En Béotie, dès le s. av. J.-C., ceux qui allaient consulter le héros Trophonios étaient habillés de bandelles comme des victimes sacrificielles, ils étaient aspirés, pieds en avant, par une étroite ouverture à flanc de montagne, ils recevaient un coup sur la tête, puis ils regagnaient l'air libre par la même ouverture. Ils avaient eu une sorte de contact avec l'Autre Monde, ils avaient un moment été considérés comme morts. Source : Pausanias, Description de la Grèce, IX, 37 ; Plutarque, Du démon de Socrate, XII. Robert Graves, "Les mythes grecs" (1958), trad., Pluriel, t. I, p. 195-196..

Quantité de philosophes et de théologiens ont développé des raisonnements pour prouver l'existence de l'âme et son immortalité ou sa survivance. Platon, dans le Phédon, a avancé cinq preuves ou raisonnements : vignette|268x268px|Lyon 1er - Musée des Beaux-Art - Le Poème de l'âme - Cycle 1 - 16 Le Vol de l'âme (Louis Janmot) par les opposés (69-72 : , donc l'âme existe après la mort), par la réminiscence (72-78 : , elle a appris dans un temps antérieur, alors qu'elle n'était pas dans une forme humaine, et elle peut s'en souvenir), par l'affinité (78-84 : , or ce qui est divin est immortel ; d'autre part, après la mort, l'âme va à son semblable, le divin, l'immortel, le sensé), par l'harmonie (84-86 : un corps n'est vivant que par le mélange bien composé de propriétés opposées, c'est-à-dire la vie, c'est-à-dire l'âme), par l'essence (102-107 : il est de la nature de l'âme d'être immortelle, indestructible, incorruptible).

Le raisonnement intellectuel envisage aussi des analogies avec certains phénomènes naturels. Ainsi, la mort serait comme le sommeil (suivi du réveil), comme l'hiver (suivi du printemps). Le principe de l'enfouissement des corps n'est pas sans rappeler non plus celui des graines en agriculture.

Témoignages De tout temps, des contacts sont allégués avec les défunts. Pline le Jeune a laissé une célèbre histoire de fantôme.. Victor Hugo a décrit exhaustivement - et même horodaté - ses dialogues avec l'au-delà dans Le livre des tables qu'il a écrit à Jersey. Bertrand Russell lui-même, dont le scepticisme entendait examiner toute hypothèse, prend acte de ces allégations, mais préciseScience et religion, Bertrand Russell, Folio : « ces témoignages pourraient établir que nous survivons, mais ne prouveraient pas pour autant que nous survivons éternellement ». Les expériences vécues peuvent être classées en plusieurs catégories :

Les expériences spirites

vignette|Le jardin d'Eden peinture de Jérôme Bosch. Depuis sa naissance au 19e siècle, le spiritisme a eu de nombreux adeptes. Cette doctrine affirme possible la communication avec les esprits des morts. La méthode expliquée par les ouvrages spiritesVoir notamment Le livre des Esprits et Le livre des médiums nécessite généralement la participation d'un ou plusieurs médiums, la pratique du spiritisme est actuellement très populaire au BrésilVoir sur Internet : espiritismo no Brasil (le spiritisme au Brésil).

Dans les années 1860, lors de communications spirites qui auraient été reçues par psychographie du médium, au centre spirite Parisien d'Allan Kardec, un médecin russe de Moscou décédé aurait fait cette description de l'au-delà :D. La mort a-t-elle été douloureuse ?

R. Non ; je n'ai ressenti qu'un craquement très court (...) et bientôt après j'ai eu le bonheur de voir une quantité d'amis venir à ma rencontre et me souhaiter la bienvenue, ceux notamment que j'ai eu la satisfaction d'aider.

D. Quelle région habitez-vous ? Etes-vous sur une planète ?

R. Tout ce qui n'est pas une planète est ce que vous nommez l'espace ; c'est là que je suis. Mais que de degrés dans cette immensité dont l'homme ne peut se faire une idée ! que d'échelons à cette échelle de Jacob (...) or puisque je suis sur un des échelons déjà élevés, il est certain que j'ai atteint ce bonheur par une continuité de combats où Dieu a permis que je remporte quelquefois la victoire.

D. En quoi consiste votre bonheur ?

R. Ceci est plus difficile à vous faire comprendre. Le bonheur dont je jouis est un contentement extrême de moi-même ; non de mes mérites, ce serait de l'orgueil et l'orgueil est le fait des Esprits de réprobation, mais un contentement noyé, pour ainsi dire dans l'amour de Dieu, dans la reconnaissance de sa bonté infinie ; c'est une joie profonde de voir le bon, le bien ; de se dire : peut-être ai-je contribué à l'amélioration de quelques-uns de ceux qui se sont élevés. On est comme identifié avec le bien-être; c'est une espèce de fusion de l'Esprit et de la bonté divine. On a le don de voir les Esprits plus épurés, de les comprendre dans leurs missions, et de savoir qu'on en arrivera là aussi ; on entrevoit, dans l'incommensurable infini, les régions si resplendissantes du feu divin, qu'on est ébloui même en les contemplant à travers le voile qui les couvre encore. mais que vous dis-je ? Comprenez-vous mes paroles ? Ce feu dont je parle, croyez-vous qu'il soit semblable au soleil, par exemple ? non, non ; c'est quelque chose d'indicible à l'homme, parce que les mots n'expriment que les objets, les choses physiques ou métaphysiques dont il a connaissance par la mémoire ou l'intuition de son âme, tandis que, ne pouvant avoir cette mémoire de l'inconnu absolu, il n'est pas de termes qui puissent lui en donner la perception. Mais sachez-le : c'est déjà une immensité de bonheur de penser que l'on peut s'élever infiniment.Autre témoignage de la même époque, qui aurait également été reçu par psychographie le 8 février 1865, celui de Mme Foulon, née Wollis :D. Veuillez maintenant nous décrire votre passage, votre réveil et vos premières impressions.

R. J'ai souffert, mais mon esprit a été plus fort que la souffrance matérielle que le dégagement lui faisait éprouver. Je me suis trouvée, après le suprême soupir, comme en syncope, n'ayant aucune conscience de mon état, ne songeant à rien et dans une vague somnolence (...) Je suis restée assez longtemps ainsi ; puis comme si je sortais d'un long évanouissement, je me suis réveillée peu à peu au milieu de frères que je ne connaissais pas ; ils me prodiguaient leurs soins et leurs caresses, me montraient un point dans l'espace qui ressemblait à une étoile brillante et m'ont dit : « C'est là que tu vas venir avec nous ; tu n'appartiens plus à la terre. » Alors je me suis souvenue ; je me suis appuyée sur eux et comme un groupe gracieux qui s'élance vers les sphères inconnues, mais avec la certitude d'y trouver le bonheur, nous sommes montés, montés et l'étoile grossissait. C'était un monde heureux, un monde supérieur, où votre bonne amie va enfin trouver le repos (...)

D. Est-ce que vous avez définitivement quitté la Terre ?

R. J'y laisse trop d'êtres qui me sont chers pour la quitter encore définitivement. J'y reviendrai donc en Esprit, car j'ai une mission à remplir auprès de mes petits-enfants. Vous savez bien d'ailleurs qu'aucun obstacle ne s'oppose à ce que les Esprits qui stationnent dans les mondes supérieurs à la Terre viennent la visiter.

D. La position où vous êtes semble devoir affaiblir vos rapports avec ceux que vous avez laissés ici-bas ?

R. Non, mon ami, l'amour rapproche les âmes. Croyez-moi, on peut être sur la Terre plus près de ceux qui ont atteint la perfection, que de ceux que l'infériorité et l'égoïsme font tourbillonner autour de la sphère terrestre. La charité et l'amour sont deux moteurs d'une attraction puissante. C'est le lien qui cimente l'union des âmes attachées l'une à l'autre et la continue malgré la distance et les lieux. Il n'y a de distance que pour les corps matériels ; il n'y en a pas pour les Esprits.

Littérature sur la vie après la mort

vignette|L'ascension du Bienheureux peinture de Jérôme Bosch. Raymond Moody (La Vie après la vie, 1975) a rapporté le témoignage de personnes ayant subi une mort apparente et qui, une fois réanimées, décrivent une expérience qui, d'un sujet à l'autre, offre des ressemblances. « L'expérience modèle », selon Moody, se présente ainsi :