Cruguel est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.
En 2007, la commune a obtenu le label « Communes du Patrimoine Rural de Bretagne » pour la richesse de son patrimoine architectural et paysager.
Géographie
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Sédon, le ruisseau de la Chênaie et divers autres petits cours d'eau..
Le Sédon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plumelec et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Saint-Servant, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Cruguel est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (83,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (34,4 %), terres arables (31,1 %), prairies (18,3 %), forêts (16,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Kreugel en 1258., Cleuguell en 1330, Creuguell en 1387, Creuguel en 1427, Cruguel en 1446, en 1516, en 1536, en 1815 et vers 1850.
D'après ce relevé, la forme Cruguel apparaît au milieu du .
Le nom provient du nom commun breton ., de qui désigne une butte, un tertre, affublé du suffixe diminutif -ell. Le nom signifie donc le « petit tertre »...
Une prononciation du nom de la localité en gallo a été rapportée sous la forme « Cruyeu » en 1954 par Henri-François Buffet..
En breton, la forme normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est , identique au nom commun qui est à l'origine du toponyme.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 34,6 % des toponymes de la commune sont bretons..
Histoire
Du Néolithique au Moyen Âge L'occupation humaine remonte probablement au Néolithique. puisqu'un menhir a été découvert à La Ville-au-LauHistoire de Cruguel, texte de 1976 écrit par de l'abbé Rouxel, ancien curé de Cruguel modifié par Pascal Le Breton.. On sait que les hauteurs étaient aussi des lieux de culte pour les Celtes. Vient ensuite l'occupation romaine, dont témoigne une pièce de monnaie à l'effigie de Néron, trouvée à Cruguel et se trouvant actuellement au musée archéologique de Vannes. La colline de Cruguel était aussi un lieu stratégique d'où on pouvait surveiller les environs. Au sud de Billio, commune limitrophe, non loin du presbytère et sur un mamelon, se trouve un retranchement de forme rectangulaire bordé de parapets et entouré de douves.
À la fin du et au début du , Bretons et Celtes d'Armorique finissent par cohabiter pacifiquement mais les Vikings menacent l’intérieur de la Bretagne en remontant les rivières. Une bande de Vikings se hasarde même jusqu'aux frontières de Cruguel et Plumelec, du côté de Bel-Air - Locmaria. Elle trouve devant elle les Bretons qui engagèrent la bataille toute une nuit aux environs du village de Locmaria. Battus, ils finissent par quitter l'intérieur de la région. En souvenir de cette bataille et en action de grâce pour la victoire, un monastère de religieuses est édifié dans ce village de Locmaria. En 1146, ce monastère est mentionné comme dépendant de Saint-Sulpice de Rennes.
C'est à cette époque, qu'on commence à parler des « paroisses ». Elles ont vu le jour vers la fin du . Aucun document ne permet de préciser quand Cruguel devient une paroisse. Ce qui est sûr, c'est qu'entre les Cruguel et Guéhenno (et sans doute Bilio) ne font qu'une seule et même paroisse, très étendue. Le centre de cette paroisse était situé à La Ville-au-Lau, en Cruguel à mi-chemin de Guéhenno. C'est là que se trouvait l'église, la résidence des prêtres et le cimetière bien qu'aucun document ne l'atteste. Pourtant des indices permettent de conclure à l'existence de l'église à cet endroit et de ces dépendances. Très longtemps d'ailleurs, une croix de granit, édifiée à l'entrée de la ferme Mahieux a témoigné de l'existence de cette église. Les archives font mention de cette croix et de sa signification en cet endroit. Pour des raisons de construction cette croix a été déplacée. Elle se trouve devant une autre maison. Autrefois cette croix reposait sur un socle de granit comportant des inscriptions aujourd'hui disparues. Le cimetière ne se trouve pas autour de l'église comme d'habitude à cette époque. Il est situé au vieux village de la ville au Lau actuelle, derrière la première maison à droite en allant vers Guéhenno. Quand on a creusé la terre pour planter des pommiers, on y a découvert un tibia, preuve de l'existence d'un cimetière à cet endroit. Le presbytère quant à lui est plus difficile à localiser. Dans le vieux village, il existe bien une maison en granit sculpté qu'on appelle le presbytère depuis très longtemps mais cette maison ne remonte pas au . Une poutre de l'intérieur porte la date de 1614 (Maison de la ville au Feu, 1622, celle de la ville Audrain, 1610). Cette maison a pu, par la suite, abriter un prêtre ou elle a pu être reconstruite à l'emplacement de l'ancien presbytère.
Ainsi, c'est à la ville au Lau que les chrétiens de Cruguel, Guéhenno et probablement de Bilio se retrouvent. Parmi eux, les seigneurs de Timbrieux, de Beaulieu, de Château Merlet, du Pouldu et de Colédo.
Puis ces trois bourgs vont se séparer. Guéhenno et Cruguel deviennent des paroisses indépendantes. On ne peut situer parfaitement la date de cette séparation. Certaines archives parlent de "Cruguel" paroisse indépendante en 1422. Les archives de Guéhenno avancent la date de 1453. Pourquoi cette séparation ? Une tradition rapporte que le seigneur du Pouldu en Guéhenno se rendant à la messe à la Ville au Lau, trouva la rivière, le Pomin, débordée. Il se serait résolu à construire une église à Guéhenno. Une autre tradition explique qu'une demoiselle de Colédo se rendant, elle aussi, à la messe, se serait blessée au passage du Pomin. Après de nombreuses démarches et par l'intermédiaire de parents siégeant au Parlement de Bretagne, elle aurait obtenu qu'une église soit construite à Guéhenno. Bizarrement, le domaine des Trimbrieux enclavé dans le territoire de Cruguel continua de faire partie de la paroisse de Guéhenno et cela jusqu'à la Révolution française de 1789 et peut-être même jusqu'en 1837, date à laquelle il y a eu un échange de villages entre les paroisses de Guégon et de Cruguel.
Moyen-Âge
Les premiers recteurs connus de la paroisse de Cruguel-Billio furent Jean Duval en 1493 et Pierre Le Bigod en 1502 ou Laurent de la Bouëxière, Julien Saignard de Plumelec. Cruguel-Billio n'était pas une paroisse aussi grande qu'on pourrait le croire. Elle était sans doute assez étendue mais sa population était faible. La Frairie, par exemple, appartenait à la paroisse de Guéhenno. D'autres villages, comme Léraud, Les landes, la Bourdonnière, Berlan, Kernué, Rivaudo et quelques autres appartenaient à la paroisse de Guégon. Par contre, les villages de Pourmabon, de La Ville David, Es Caro, de La Ville au gentil et de la Ville Raffray étaient partie intégrante de Cruguel-Billio. Il faudra attendre 1832 pour voir un échange entre les deux communes.
Très vite, Cruguel et Billio ont des églises propres avec des offices dans chacun des centres assurés soit par le recteur lui-même, soit par un vicaire chapelain. Chacune des deux paroisses eut aussi très tôt son propre presbytère et le recteur de la paroisse habitait en alternance à Cruguel et à Billio. À chaque nomination d'un nouveau recteur, celui-ci prenait possession officiellement dans l'un et l'autre endroit.
Temps modernes
En 1610, il se trouve que les deux presbytères tombent en ruines et deviennent inhabitables. Les prêtres de Cruguel trouvent refuge au village de la Ville Audrain et l'habitent pendant plusieurs années. On peut avoir la chance de revoir cette demeure dans ce village habitée par la famille Gravier. Cette maison est l'une des plus anciennes maisons de Cruguel. Sur son fronton est gravée la date de 1610.
Une telle situation ne pouvait être que provisoire. Les prêtres ne pouvaient continuer à résider en un lieu aussi éloigné des deux bourgs. Le presbytère de Cruguel est rebâti à l'endroit même où s'élève le presbytère actuel aujourd'hui fermé. Le lieu est humide mais il a l'avantage d'être tout proche de la nouvelle église. Pourtant, tous les recteurs qui se sont succédé se plaignaient de l'humidité. Après 250 ans d'existence, il est démoli en 1896 et reconstruit en 1898 par Me Le Gallays des Timbrieux. Ce presbytère rénové en 1975-1976 est aujourd'hui l'un des plus beaux de la région.
Quant au presbytère de Billio, faute de ressources, il n'est pas reconstruit. À partir de ce moment, Billio perd de son importance et finit par n'être plus considéré que comme une simple trève de Cruguel.