Sidi Bel Abbès (prononcé : , en , en tamazight : ), appelée aussi Bel Abbès ou SBA, est une commune de la wilaya de Sidi Bel Abbès, en Algérie, dont elle est le chef-lieu. Centre commercial et industriel dynamique situé à d'Oran, la ville compte . On désigne les habitants de la ville de Sidi-Bel-Abbès sous le gentilé de « Bel-Abbésiens ».
Toponymie
La ville de Sidi Bel Abbès doit son nom à un saint personnage musulman : Sidi Bel Abbès El Bouzidi qui aurait vécu au , dont la qoubba se trouve sur des coteaux de la rive gauche de la rivière Mekerra, la ville du même nom fut fondée plus tard, au , sur sa rive droiteBencheneb, H., “Sīdī Bū l-ʿAbbās”, Encyclopédie de l'Islam. Première publication en ligne: 2010. Géographie Situation Sidi Bel Abbès est située à d'altitude, à au sud d'Oran, à au nord-est de Tlemcen, à au sud-est d'Aïn Témouchent, à au sud-ouest de Mascara et à au nord-ouest de Saïda.
Relief, géologie, hydrographie La ville se déploie sur les rives de la Mekerra (en , ancien nom local du Sig), et de l'oued Sarno. Elle se situe au centre d'une vaste plaine ondulée de d'altitude moyenne, entre les monts du Tessala au nord et les monts de Daya au sud. La chaîne du Tessala la sépare des plaines de la Mleta et du Tlélat. À l'est, une suite de hauteurs s'étendent jusqu'aux monts qui soutiennent les hauts plateaux alors qu'à l'ouest se trouvent les massifs de Tlemcen (Monts de Tlemcen) et d'Aïn-Témouchent (Djebel Seba Chioukh).
Bien que le site de Sidi Bel Abbès soit stratégique puisqu'il permet le contrôle des nomades du sud venant dans le Tell et la route entre Mascara et Tlemcen, il n'y est érigé qu'une forteresse à partir de 1835 par les militaires français.
Climat Le climat est très chaud en été. En hiver, un peu froid avec de la neige rarement.
Urbanisme et territoire
Les quartiers
100 log 1500 log 328 log 232 log 400 log 120 log 80 log 366 log 144 log Rocher Sidi Amr Village negre Village américain El djaouhara Adda Boudjellal El Badr El daya La Macta Mimosa Sidi yacine Gambetta Les palmiers Ennacer Amir Abdel kader El houria
Histoire
Antiquité La petite région de Sidi Bel Abbès est depuis très longtemps le creuset d'une population aux mœurs sédentaires préoccupée d'agriculture et d'irrigationsLes archéologues ont prouvé cette activité millénaire utilisant la richesse du sol et le grand nombre de cours d'eau aménageable que compte la région.. Les terres berbères de la contrée du Tessala, dénommées Astasilis à l'époque romaine, puis judicieusement terres du blé par les Arabes pour qualifier leur fertilité, sont couvertes de ruines antiques.
Période médiévale islamique Au , la région enregistre des mouvements de population considérables nés de la poussée des tribus Beni Hillal et de la domination des Almoravides.
Époque ottomane Au , les Espagnols qui veulent s'implanter dans le pays sont repoussés à plusieurs reprises, après avoir été tenus en échec par de multiples attaques dans la région de Sidi Bel Abbès qui leur coûtent plus de . Leur refuge Oran est pris d'assaut.
Sidi Bel Abbes el Bouzidi, le saint patron de la ville décédé vers 1780, est enterré sous la coupole d’une humble chapelle mortuaire (qoubba)Georges Bensadou, Sidi Bel Abbès, naissance d'une ville, revue L'Algérianiste , septembre 1996 Lire en ligne.
À la création du centre de colonisation, près d'un modeste village, il est baptisé Sidi Bel Abbes, avec quelques indigènes autour de la place forte, l’implantation de nombreux Européens, motivée par la richesse des terres, draine rapidement la main d’œuvre locale et constitue la future cité.
La ville est bâtie par les légionnaires en 1843 sur les rives de la Mekkera, dans un lieu stratégique et bien irrigué, d'après les plans du capitaine du génie Prudon. Comme toutes les villes dessinées par le génie militaire, Sidi-Bel-Abbès est construite sur un plan en damier avec des fortifications et des portes à chaque coin. La création est officialisée par un décret de l'Etat daté du signé par Louis Napoléon Bonaparte : "Bel-Abbès-Napoléon", "Sidi-Bel-Abbès", "Biscuit-ville".
La colonisation française
En 1830 a lieu le débarquement des troupes du maréchal de Bourmont, et très vite, les opérations de conquête ne cessent de se développer. En 1835, le maréchal Bertrand Clauzel se lance dans une grande expédition ayant pour but de détruire Mascara, capitale établie par l'émir Abd el-Kader. Cette expédition débute le à Oran et se termine comme convenu à Mascara le . Tout au long de ce trajet, le général ne manque pas d'établir des relais fortifiés dans de multiples lieux stratégiques. Parmi ces endroits stratégiques, le plateau de Sidi Bel Abbès qui permet de surveiller et ainsi de contrôler tous les déplacements des autochtones entre Mascara et Tlemcen mais également entre Oran et les Hauts plateaux. Ce poste de surveillance est érigé sur la rive droite de la Mekerra, face au mausolée de Sidi Bel Abbès.
vignette|219x219px|Blason de Sidi-Bel-Abbès pendant la colonisation française. Vers 1840, le gîte d'étape est transformé en campement provisoire puis en poste permanent deux ans plus tard afin de mieux surveiller les tribus. Puis en 1843, le général Bugeaud y installe un camp retranché derrière un fossé et des remparts construits par les chasseurs d'Afrique et la Légion étrangère. Cependant, les légionnaires vivent dans l'isolement et sont constamment confrontés à des difficultés de ravitaillement. Pour améliorer leurs conditions de vie dans cette région, ils s'investissent dans des travaux de drainage des marais et de débroussaillage du sol, le débarrassant ainsi des palmiers-nains (doums), des genêts épineux, des jujubiers sauvages.
Dès 1843, l'émir Abd el-Kader, opposant à la colonisation française, dirige plusieurs opérations contre les troupes du général Bedeau qui installe une redoute tenue par la Légion étrangère à proximité du modeste mausolée du marabout Sidi Bel Abbès, sur la rive droite de la rivière Mekerra. La ville de Sidi Bel Abbès, embryonnaire en 1843, est véritablement créée après les années 1850 par les Français. Elle est une ville-garnison de la Légion étrangère dès 1843 et en sera la maison-mère jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962.
En 1847, le général Lamoricière, commandant de la division d'Oran, a eu l'idée de concevoir une ville fortifiée pour encore mieux surveiller les tribus indigènes, mais aussi faciliter la libre circulation entre Mascara et Tlemcen et entre Oran et les hauts plateaux. La proposition du général est très bien accueillie par la commission, et le , le gouverneur général propose la création de la ville en se basant sur les plans qu'avait dessinés le capitaine Prudon. Et c'est ainsi que par décret du , le président de la République le prince Louis-Napoléon Bonaparte décide : " il est créé à Sidi Bel Abbès… un centre de population européenne de à auquel on attribuera le nom de Sidi Bel AbbèsDécret présidentiel du 5 janvier 1849 : "Art.1-Il est créé à Sidi Bel Abbès, dans la position indiquée sur le plan ci-annexé, un centre de population européenne de à , qui prendra le nom de ville de Sidi Bel Abbès. Art.2-La circonscription territoriale sera fixée par un arrêté ultérieur." (fixée à par décret du 26 mars 1852) - source : Dictionnaire de la législation algérienne 1830-1860, de M.P. de Ménerville, Alger/Paris 1867 - page 668 - Lire en ligne.
La redoute construite en 1843 près de la qoubba (chapelle) de Sidi Bel Abbès est le centre de la ville prévue par le plan de colonisation républicain après 1848. Des confiscations de vignette|Sidi Bel Abbes - Marabet en 1890 terres aux indigènes (comme a la famille Reguieg) sont organisées sans ménagement. Mais les premiers colons déportés politiques français sont décimés par les maladies et affaiblis par les brutalités de leurs geôliers. L'absence de sources dans la plaine rend les premières installations agricoles complexes et pénibles. Le sol peu compact se laisse facilement défricher, mais la régulation de l'eau est impossible : il y a trop puis plus du tout. La colonisation reste à l'état de projet.
Napoléon III, accueilli triomphalement par les militaires français et les chefs traditionnels algériens, accentue la politique de mise en valeur des terres afin de mettre en valeur le pays. L'appel à la colonisation est placardé dans les contrées rurales françaises, mais aussi dans les pays limitrophes de la France. Le voyage aller est, suivant les différents contrats passés avec le colon, souvent offert gracieusement ou offert à prix réduit, et une aide substantielle en nature ou équipement est promise à l'arrivée pour l'installation. thumb|Plan de la citadelle de Sidi-bel-Abbès en 1887. Les premières installations comme les remparts et les rues se réalisent lentement entre 1849 et 1857. Les casernes militaires et l'hôpital datent de la même époque. Les édifices publics et les constructions privées sont construits plus tardivement. Au tournant de 1860, des milliers de colons européens, hommes, femmes et enfants arrivent en chariot dans la contrée. La première année d'adaptation est difficile car aucun aménagement viable n'est réalisé. Mais qu'une sécheresse récurrente survienne ou une nuée de sauterelles ou criquets du désert dévaste les premières bonnes récoltes. Les colons épuisés, parfois malades, à force de construire leurs abris, de défricher sans expérience les sols et de lancer les premières cultures expérimentales, sont obligés de s'endetter. Les familles même paysannes subissent les privations inconnues dans leurs anciens terroirs.
La ville est entourée de murs de protections avec quatre portes qui permettent l'accès à la ville : au nord la porte d'Oran, au sud la porte de Daya, à l'ouest la porte de Tlemcen et enfin celle de Mascara à l'est. Elle est appelée parfois biscuitville par les voyageurs en raison de sa fonction de ville étape pour le ravitaillement pour les troupes descendant vers le sud. Tous les postes-magasins militaires s'appellent ainsi. C'était un nom commun et non pas un nom propre comme Daya, Frendah, etc.
Voyage de Napoléon III Napoléon III au cours d'un second voyage débarque à Sidi Bel Abbès le , il . On ne sait pourquoi le décret consacrant ce changement n'a jamais été rendu. En prenant le toponyme de la modeste qoubba ou tombeau près de la rive gauche de l'oued Mekerra proche de la redoute militaire protectrice, la ville reprend et porte à la postérité le nom du saint homme musulman "Sidi Bel Abbès Bouzidi".
Fin du XIXe siècle En 1881, Sidi Bel Abbès, est une commune chef-lieu de subdivision militaire de habitants, chef-lieu d'arrondissement du département d'Oran en pleine croissance ferroviaire. Une voie ferrée la relie à Sainte-Barbe-du-Tlélat, station de la grande ligne d'Alger à Oran. Ce carrefour ferroviaire à est le point de départ d'un embranchement vers Sidi Bel Abbès qui dessert successivement les stations de Saint-Lucien, Lauriers-Roses, Oued-Imbert, Trembles et Sidi-Brahim. La ligne de Sidi Bel Abbès à Ras El-Mâ est inaugurée en .
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Industrie vignette|Siege cma La ville est un centre commercial et industriel. L'activité de la ville est surtout axée sur les machines agricoles, le matériel électrique, les chaussures et les laiteries.
La ville accueille le siège de l'usine de l'ENIE fabrique des téléviseurs, panneaux photovoltaïques, systèmes de télésurveillance et d'autre produits électroniques à destination des ménages et des professionnels.
Entreprise de Construction de matériels agricoles (CMA), est un complexe de fabrication et commercialisation de matériels agricoles et de la sous-traitance Groupe des Sociétés Hasnaoui, industrie des Services et de la Distribution.