Mehun-sur-Yèvre est une commune française du département du Cher et de la région Centre-Val de Loire.
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le canal de Berry, l'Yèvre, l'Annain et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé de quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Mehun-sur-Yèvre est une commune urbaine qui compte en . Elle est dans l'unité urbaine de Mehun-sur-Yèvre et fait partie de l'aire d'attraction de Bourges.
Le patrimoine architectural de la commune comprend cinq immeubles protégés au titre des monuments historiques. Le château, remontant au moins au puis remodelé entre 1367 et 1390 pour le duc Jean de Berry par l'architecte Guy de Dammartin pour en faire une résidence luxueuse, est classé en 1840. La porte de l'horloge, seule porte subsistante d'une enceinte fortifiée datant du qui s'ouvrait par deux portes, est classée en 1893. Une maison construite au , dont l'intérêt réside dans la lucarne qui aère et éclaire le comble, au niveau de la travée axiale, est inscrite partiellement en 1997. La collégiale Notre-Dame, édifice des remanié au et sinistré en 1910, est classée en 1840. La maison où logea Charles VII, surmontée d'un pignon percé de deux baies modernes, est inscrite en 1931.
Géographie Cette ville régionale est située entre Bourges et Vierzon.
Localisation
Voies de communication et transports vignette|gauche|alt=Photographie de la route départementale 2076|La RD 2076 traverse Mehun-sur-Yèvre.
La ville est traversée par la route départementale 2076 (ancienne route nationale 76).
D’autres routes traversent la commune : la route départementale 20, en direction d’Allogny (nord-est) et de Quincy, Reuilly et Issoudun (ouest) ; la route départementale 35, en direction de Sainte-Thorette (sud) ; la route départementale 60, en direction de Berry-Bouy et Marmagne (sud-est) ; la route départementale 68, en direction de Saint-Martin-d'Auxigny (est) ; la route départementale 79, en direction de Vouzeron (nord-est) ; l'autoroute A71, depuis la sortie 6 en venant de Paris ou la sortie 7 depuis le sud.
Par ailleurs, la ville est traversée, au sud, par la ligne ferroviaire de Vierzon à Saincaize, entre les gares ouvertes de Foecy et Marmagne. La gare de Mehun-sur-Yèvre est desservie par des trains ZTER ou AGC du réseau TER Centre Val de Loire, avec des trains reliant Orléans à Nevers. Les trains peuvent également être sous forme de navettes entre les gares de Vierzon et Bourges, avec l'utilisation de rames Z2 ou X72500.
Enfin, à partir du , la ville intégrant la communauté d'agglomération Bourges Plus, la ville sera desservie par les transports en commun de l'agglomération berruyère, Agglobus.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vierzon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Mehun-sur-Yèvre est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Mehun-sur-Yèvre, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bourges, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (77,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (55,5 %), zones urbanisées (20,8 %), prairies (11,7 %), forêts (5,9 %), zones agricoles hétérogènes (2,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,7 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Mehun-sur-Yèvre est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Yèvre, le canal de Berry et l'Annain. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1999, 2001 et 2016, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Mehun-sur-Yèvre. La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux, partie 1 - chapitre Mouvements de terrain.. Cet aléa est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 99,1 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 3159 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 83 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1991, 2002, 2011, 2018 et 2019 et par des mouvements de terrain en 1999.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Magdunense castrum en 1085.
Du gauloise magos, « marché » et du radical indo-européen *dhun-, associant un relief et un habitat défendu « dune », à l’origine d’une racine celtique *dhuno dont le premier sens aurait été « clôture, zone enclose », d’où le gaulois dūnum qui a pris le sens de « citadelle, enceinte fortifiée » et, par métonymie, celui de « colline, mont » puisque la plupart des citadelles étaient bâties sur des hauteurs. Donc un « marché fortifié ».
Histoire vignette|gauche|redresse=0.7|Château de Mehun, miniature des Très Riches Heures du duc de Berry.vers 1410-1416musée Condé, ChantillyMiniature du hâteau de Mehun au musée Condé : 65 cm, f.161v..
Moyen Âge vignette|alt=Porte médiévale de la ville|Porte médiévale de la ville. Mehun du au La cité est connue depuis le , tant par des sources écrites que par des sources archéologiques. Au Moyen Âge, la ville se développe autour de l'église et du château, passant par mariages de la famille de Mehun à celles de Vierzon, Courtenay-Champignelles et d'Artois. Un atelier monétaire battait une monnaie locale au Archives départementales de l’Indre, Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, catalogue d’exposition, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre, 2009, p. 12.
Mehun au
Au , les biens de Robert III d'Artois étant confisqués en 1332, Mehun passe à la Couronne des rois Valois.
La construction d'une nouvelle résidence par le duc Jean de Berry, à la fin du , contribue au développement des artsLe château du duc de Berry est représenté dans La Tentation du Christ qui illustre le début du Carême des Très riches heures.
Le château de Mehun, une résidence royale Au , la ville est dotée d'une troisième enceinte et ses privilèges de franchise sont confirmés. Le roi Charles VII et sa cour s'installent au château ce qui développe l'économie locale. On nomme parfois la ville « la cité de Charles VII. »
Jeanne d'Arc à Mehun
Jeanne d'Arc arrive à Mehun-sur-Yèvre vers la fin d’. Elle venait de faire couronner le roi Charles VII à Reims. Ce dernier ne désirait pas reprendre les combats contre les Anglais. Néanmoins, Jeanne d'Arc conduisit depuis Mehun quelques actions militaires : elle reprit aux Anglo-Bourguignons Saint-Pierre-le-Moûtier, mais ne parvint pas à leur reprendre La Charité-sur-Loire, défendue par le capitaine-corsaire Perinet Gressard.
À Mehun, Jeanne d'Arc logeait dans l’une des maisons de Renault Thierry, alors chirurgien du roi. La tradition orale fait de l'actuel hôtel Charles VII, nommé dans des textes anciens l’hôtel pucelle, la maison où elle logeait.
Dans la chapelle du château, le roi Charles VII remit à Jeanne d'Arc, le , ses lettres d’anoblissement. Cette charte anoblissait Jeanne et toute sa famille.
Au printemps 1430, Jeanne d'Arc quitta Mehun pour livrer d'autres combats.
L'activité de la ville décline progressivement après la mort de Charles VII, à Mehun, en .