Ferdinand Marie Léon Delagrange, né le Acte de naissance du à Orléans (Loiret) et mort le à Croix d'Hins (Gironde), est un pionnier de l'aviation et sculpteur français.

Biographie Léon Delagrange est le fils d'Henri M. Ferdinand Delagrange (né en 1845) et d'Aimé Lucie Gaucheron (née en 1852) son épouse, manufacturiers de couvertures. Il commence ses études au petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans. Passionné par la mécanique il entre en apprentissage de 1891 à 1893, puis d'octobre 1893 à septembre 1894, il fait son service militaire au régiment d'artillerie d'Orléans.

Le sculpteur vignette|Léon Delagrange dans son atelier de sculpture (1908), photographie de l'agence Rol. Il étudie la sculpture de 1894 à 1899 à l'École des beaux-arts de Paris dans les ateliers de Louis-Ernest Barrias (1841-1905) et Charles Vital-Cornu (1851-1927). Il expose au Salon des artistes français et en devient sociétaire en 1900. Il a son atelier au 14, rue Fontaine à ParisAndré Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions Roussard, 1999, ., ainsi que rue Boissonade à Montparnasse. Le milieu artistique qu'il fréquente lui permet d'approcher celui encore balbutiant de l'aviation, qui devient pour lui une seconde passion.

L'aviateur En juin 1905, il assiste sur la Seine aux essais de l'aéroplane d'Ernest Archdeacon, un planeur Voisin, piloté par Gabriel Voisin, avion équipé de deux flotteurs et tracté par un bateau à moteur. À la fin de l'année 1906, son ami Henry Kapférer lui présente les frères Voisin.

En 1906, après une tentative malheureuse de collaboration avec Louis Blériot, il crée le Delagrange , construit dans les ateliers de Voisin frères, rue de la Ferme à Billancourt et réussit un premier vol le en s'élevant à une hauteur de quatre mètres sur une distance de . Commandé le à ses propres frais aux ateliers des frères Voisin, l'aéroplane, sur lequel il effectue son premier vol le , est un biplan d'une surface alaire de carrés, à moteur V8 à injection directe Antoinette de , pour une longueur de et une envergure de à empennage cellulaire de direction à l'arrière, plus un plan élévateur à l'avant, qui effectue son premier vol le avec aux commandes Gabriel Voisin, pour un vol d'essai au Polygone du bois de Vincennes, et qui s'avère un échec. La mise au point de l'appareil nécessitera plusieurs essais avant la livraison définitive au sculpteur... Le résultat est identique le , mais le Charles Voisin est aux commandes de l'appareil sur la pelouse de Bagatelle, effectuant un vol de en six secondes. Cela le place juste derrière Santos-Dumont qui effectua en . Il va tenter, sans succès de battre ce record les 6 et .

Son ami Ernest Archdeacon lui propose d'équiper son avion de flotteurs : le Delagrange devient le Delagrange-Archdeacon ; des essais seront effectués au-dessus du lac d'Enghien, puis sur terre, mais les deux hommes cesseront leur collaboration. Souhaitant se perfectionner sur son appareil il réussit le à faire une cinquantaine de mètres, et le , alors qu'il s'engage dans un essai de virage, l'avion s'écrase au sol. Delagrange sort indemne, mais son avion est irréparable, seul le moteur Antoinette est récupérable. Il réalise aussitôt dans les ateliers Voisin frères la construction d'un autre avion : le Delagrange avec lequel il prendra l'air en pour un vol d'une centaine de mètres sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux. Il y rencontrera son ami Henri Farman avec son Farman Ibis, construit également par les frères Voisin, avec lequel il va compétitionner pour faire tomber les records.

Le temps des records Le , il remporte le prix des 200 mètres, organisé par la Commission d'aviation de l'Aéro-Club de France avec . Le , la même commission organise le concours de distance que gagne Farman. Delagrange franchit les .

Le , il bat les records de distance () et de temps de vol (6 minutes et 30 secondes) sur l'appareil le Delagrange que les frères Voisin construisirent en modifiant le moteur Antoinette. Il devient ainsi le troisième vainqueur de la Coupe Archdeacon avec sept tours d'un circuit de dont cinq tours sans que les roues ne touchent le sol.

Un peu plus d'un mois plus tard, le , il établit le nouveau record mondial de durée en Italie avec cette fois-ci quelque parcourus en 15 minutes et 26 secondes de vol, dans le cadre d'une démonstration de vol, faisant dix fois le tour de la place d’ArmesLe 30 mai 1908 dans le ciel : Delagrange décroche le record du monde de durée.

Le il concourt au prix Armengaud jeune, consistant à tenir plus d'un quart d'heure en vol, et perd le contrôle de son appareil qui s'écrase sur la piste cavalière. L'avion est détruit, mais il sort indemne de l'accident.

Le , à Rome, il réalise un vol de , mais le public n'est pas content et la police doit protéger le pilote et son avion. Le , dans la même ville et devant le roi Victor-Emmanuel III, il franchit les . Le , la Società Aeronautica Italiana de Rome homologue ses en 15 minutes et 26 secondes.

Le , Delagrange remporte une médaille d'or pour avoir effectué un vol de 16 kilomètres 500. Une performance réalisée en plus de 16 minutes en ItalieLE 22 JUIN 1908 DANS LE CIEL : DE L’OR POUR DELAGRANGE.

Le , à Turin, il emmène à bord de son aéroplane le Delagrange , sa compagne Thérèse Peltier , ce qui en fait la première femme à quitter le sol en avion. Elle effectuera quelques semaines plus tard un vol solo, devenant ainsi la première femme pilote. Léon Delagrange crée cette même année sa propre compagnie d'aviation.

Le , il bat encore tous les records de distance et de durée de vols à bord du biplan Voisin , faisant 15 fois et demie le tour du terrain d'Issy-les-Moulineaux, soit parcourus en 29 minutes et 54 secondes.

Le ., il fait partie des huit premiers pilotes brevetés par l'Aéro-Club de France, sans examen et rétroactivement au . La liste est portée à 16 noms en octobre et classée, pour ne pas établir de hiérarchie, par ordre alphabétique, c'est pourquoi Delagrange reçoit le , après Louis Blériot et Glenn Curtiss, tandis que Wilbur Wright reçoit le (le 5 et le 10 ont un bis et le 13 n'est pas attribué). La même année, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur avec, entre autres , qu'il a battu les records des frères Wright en et qu'il est .

Mort accidentelle thumb|Le dernier vol de Delagrange. Carte postale (vers 1910). thumb|Croix d'Hins, l'accident mortel de Delagrange (), carte postale. Photographies prises avant le décollage du Blériot XI et après l'accident. Le , dans l'après-midi, Léon Delagrange est victime, sur l'aérodrome de Croix d'Hins près de Bordeaux, de la rupture d'une aile de son Blériot XI. On évoqua alors l'hypothèse d'une fatigue excessive de la structure de l'avion par le moteur Gnome de , qui commençait à remplacer, sur le XI, le moteur Anzani de la traversée de la Manche, deux fois moins puissant.. Des accidents ultérieurs, dont celui de Geo Chávez en , firent découvrir à Blériot que les tensions auxquelles pouvaient être soumis les haubans supérieurs du monoplan avaient été sous-estimées.. Il chute et s'écrase sous les yeux de ses mécaniciens et de sa compagne et amie d'enfance Thérèse Peltier.

Distinctions Médaille d'or de la Société d'encouragement à l'aviationParmi les trois autres récipiendaires : Blériot, Farman et Wright. en 1908. 50px Médaille de l'Aéronautique (vermeil), décernée par l'Académie des sciences en .. 50px Chevalier de la Légion d'honneur par décret du , remise à titre posthume à son frère Robert Delagrange par Louis Paul Cailletet (1832-1913), membre de l'Institut.

Avions Ces trois appareils furent construits par Voisin frères : le Delagrange : carrés de surface alaire, à moteur V8 à injection directe Antoinette de 50 chevaux, pour une longueur de et une envergure de à empennage cellulaire de direction à l'arrière, plus un plan élévateur à l'avant, qui effectue son premier vol le avec aux commandes Gabriel Voisin, pour un vol d'essai au Polygone du bois de Vincennes ; le Delagrange-Archdeacon, muni de flotteurs ; le Delagrange ; le Delagrange .

Œuvres

Buste d'Edouard Dehan, 1898, Cimetière du Père Lachaise, Paris Le Livre d'heures, 1903Le Bulletin des Ailes, janvier 2016, , .. Portrait de femme, Salon de 1904, statuette. Le Page royal, 1905. Le Templier, 1905. La Danseuse Loïe Fuller, 1906.

Hommages Le nom de Delagrange a été donné à une rue du de Paris, située à quelques centaines de mètres du terrain d'Issy-les-Moulineaux où il battit des records. Ce quartier restera profondément lié à l'aviation puisqu'il verra s'installer l'état-major de l'Armée de l'air, la direction générale de l'Aviation civile et l'héliport de Paris.

Son nom a aussi été donné au collège de Neuville-aux-Bois, à une rue d'Orléans, sa ville natale, à des rues de Tours et de Viry-Châtillon, ainsi qu'à des avenues à Marcheprime, Mios et Audenge. Montfermeil a une avenue de l'Aviateur-Delagrange.

Un timbre postal français à son effigie a été émis en .

Notes et références

Annexes

Bibliographie . . .

Liens externes

Notice biographique et photographies sur ctie.monash.edu.au. Léon Delagrange dans son atelier de sculpture, 1908, photographies de l'agence Rol : , , , , sur Gallica.

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