Louis Bocquillon, dit Wilhem ou Bocquillon-Wilhem (, Paris – , Chaillot), est un compositeur de musique et pédagogue français.
Il est considéré comme un des restaurateurs en France du chant choral. Il a réintroduit dans des établissements d'enseignement la pratique musicale chorale. Il va initier le mouvement choral populaire des orphéons grâce à une méthode d'enseignement mutuel qui porte son nom..
Eugène Delaporte a poursuivi son œuvre orphéonique..
Biographie vignette|Monument élevé à Wilhem et Delaporte à Paris en 1924.
vignette|Plaque souvenir de la création de l'Orphéon le à Paris, 7 rue Pecquay, qui s'appelait alors impasse Pecquay.
vignette|upright=1.5|Extrait du catalogue de la Librairie Garnier frères, Paris 1877.En 1817, il publie la méthode Wilhelm.
En 1820, il est nommé professeur titulaire de chant pour la ville de Paris..
La même année, il est chargé de la direction générale du chant dans les écoles élémentaires de Paris.. Joseph Hubert, son élève, est son répétiteur.
La « Société pour l'instruction élémentaire » lui décerne deux récompenses : en 1821, une médaille d'argent, en 1826, la grande médaille d'or.
En 1835, le conseil municipal de Paris lui accorde la croix de la Légion d'honneur, et le titre de directeur-inspecteur, au traitement annuel de francs.
Il reçoit, le , le titre de délégué général pour l'inspection de l'enseignement universitaire du chant.
En 1840, il est nommé inspecteur délégué du chant pour l'École normale de Versailles.
En 1841, Béranger lui dédie sa chanson : L’Orphéon.
Wilhem meurt d'une flexion de poitrine le , à Chaillot. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.
Hommages Le comité central pour l'instruction primaire arrête, dans sa séance du , qu'en raison des services rendus par Bocquillon Wilhem à l'enseignement primaire, une députation de sept membres accompagnera le corps du défunt jusqu'à sa dernière demeure. Les comités locaux et spéciaux d'instruction primaire de la ville de Paris sont priés d'envoyer une députation.
Aux obsèques, le conseil royal de l'instruction publique est représenté par Orfila ; le conseil municipal de Paris, par Boulay de la Meurthe et Périer ; l'Académie française, par Rousselle ; la Société pour l'instruction élémentaire, par Francœur, Jomard, Demoyencourt, Auguste Bessas-Lamégie, Trélat, Lebeuf, etc.
Alexis Wilhem suivait le corps de son père, avec ses amis Eugène Delaporte, Charles Malo, Béranger, Antier et Lebrun. Les orphéonistes des écoles communales viennent ensuite, sous la conduite des instituteurs et des institutrices.
Le service funèbre est célébré à l'église Saint-Sulpice ; trois discours sont prononcés au cimetière du Père-Lachaise : le premier, par Périer, au nom de la ville de Paris ; le deuxième, par , au nom de la société d'enseignement élémentaire ; le troisième, par Joseph Hubert, au nom des élèves. Un auditoire fourni entoure les orateurs et le cercueil.
Les débuts de l'Orphéon Le , il fait chanter 100 enfants lors de la troisième exposition publique d'horticulture qui se déroulait à l'Orangerie des Tuileries..
Le , dans une école située 7, impasse Pecquay, à Paris, il tient la première réunion mensuelle d'une société chorale. Il la baptise en hommage à Orphée : l'Orphéon.
Wilhem organise la première audition publique de l'Orphéon de Paris, salle Saint-Jean, à l'Hôtel de Ville. Il convie Cherubini, qui se plaint d'être dérangé . À la fin du concert, il dit à Wilhem. :
Béranger lui écrit vers la même époque :
Les sociétés chorales vont se multiplierLe chant choral avait quasiment disparu depuis la Révolution française et la fermeture des chapitres ecclésiastiques en 1790 puis 1793.. « Orphéon » devient un nom commun. Il s'exporte même dans la péninsule ibériqueTraduit en catalan il donne orfeó, orfeón en espagnol et galicien, et orfeon en portugais..
La consécration La Société pour l'instruction élémentaire donne le son entière approbation à la méthode dont Wilhem est l'auteur.
Dix écoles ont en 1826 des cours spéciaux de chant ; douze autres se préparent à en ouvrir ; de toute la France, comme de l'étranger, des visiteurs viennent étudier la méthode Wilhem.
Le , le ministre de l’Instruction publique, sur le rapport d’Orfila, fait distribuer deux cents exemplaires des tableaux Wilhem dans les écoles primaires de France, aux frais de l’Université.
En 1835, le conseil municipal de Paris introduit des cours de chant dans trente écoles nouvelles.
Wilhem, secondé par ses élèves Joseph Hubert et Pauraux, ouvre des cours gratuits pour les adultes dans trois arrondissements. Il est nommé examinateur à la délivrance des brevets de capacité.
La même année, Hullah, membre délégué du conseil d'éducation de la Grande-Bretagne, visite à Paris les écoles d'adultes. Dès 1841, il fait imprimer, à Londres, la traduction des tableaux et du corps de la méthode Wilhem.. Une classe est, dans le même temps, ouverte à Exeter Hall, qui compte élèves.
De 1841 à 1842, le chant est introduit, à Paris, d'après la méthode Wilhem et sous sa direction, dans les écoles privées. Durant l'année 1842, à Paris, plus de enfants et environ adultes pratiquent du chant choral.
Postérité Joseph Hubert lui succède à la présidence de l'Orphéon et au poste de délégué général du chant des institutions élémentaires de Paris. Eugène Delaporte se charge du développement des orphéons en province..
En 1843, à Paris, la méthode Wilhem est chantée journellement par enfants dans les écoles, et par adultes aux cours du soir. Le même enseignement est donné dans trois écoles supérieures, cinquante-trois écoles mutuelles, vingt-sept écoles de frères, trois écoles de sœurs, et douze classes d'adultes. Il est introduit dans le gymnase musical militaire dirigé par Carafa, et recommandé à toutes les écoles régimentaires par le Ministre de la guerre. L'Orphéon devient une pépinière de jeunes professeurs qui répandront sa méthode.
Deux chants funèbres sont composés : l'un par Joseph Hubert, sur des paroles de Charles Malo, l'autre par Sigismond von Neukomm, sur des paroles de Lefèvre.
En 1890, une rue du de Paris est baptisée rue Wilhem. Elle donne son nom à une station de métro, qui sera rebaptisée Église d'Auteuil en 1921. L'anti-germanisme suivant la Première Guerre mondiale a justifié le changement de nom.
En 1924, un monument à l'Orphéon, Wilhem, et son continuateur Eugène Delaporte est créé par le sculpteur Henri-Louis Richou ; il est érigé dans une courette de la rue de Bretagne près de la mairie du de Paris. Il est déplacé en 1990, pour être maintenant dans le square du TempleMonument à Wilhem, ou Guillaume-Louis Bocquillon – Paris, 3e arr..
Aperçu de la méthode Wilhem Les écoliers forment un hémicycle, le moniteur tient un diapason.
Le premier rang trace sur le sable la figure des notes, le second rang écrit, sur l'ardoise, huit mesures à intervalles de secondes. Le troisième rang écrit huit mesures de tierces ; le quatrième, huit mesures de quartes, ainsi de suite ; le huitième rang chante, tandis que les autres s'occupent de la théorie appelée dictée parlée. Dans cette étude, les élèves nomment la note sans intonation, suivant un tableau dont les notes et les clefs mobiles obéissent à la baguette du moniteur.
Pour la pratique, les mêmes rangs, dans le même ordre, chantent pendant cinq minutes chacun. Lorsque les quatre premier se sont ainsi exercés, les rang deux à sept chantent, simultanément ; un sextuor accompagné par le huitième rang. Chaque degré rencontre les difficultés qu'il peut connaître.
Par ce mode d'enseignement, la récompense est le prix de l'application ; chaque élève, à son tour, peut devenir maître ; car toujours un degré supérieur conduit un degré inférieur. Écrire d'abord, chanter ensuite en chœur ce qu'on a écrit séparément, c'est la méthode Wilhem.
Sebald Heyden, dès l'an 1537, a eu le premier l'idée d'une portée sans notes ; Pierre Galin., de Bordeaux, a fait aussi usage, avant 1818 (date de la publication de la méthode), d'un tableau appelé méloplaste ; deux baguettes promenées sur ou entre les lignes d'une portée musicale, figuraient, par leur bout arrondi, la note qu'on voulait désigner ; les accidents se marquaient par l'inclinaison de ces mêmes baguettes. La publication par Wilhem semble antérieure d'un an à la méthode de Galin. Un rapport établi le , par M. Francœur, au nom d'une commission d'examen, dit :
Par sa simplicité, cette méthode s'est généralisée.
Œuvres vignette|Plaque de la rue Wilhem dans le de Paris. 1821. — Méthode élémentaire de chant, conforme aux principes et aux procédés de l'enseignement mutuel. 1821. — Guide de la méthode élémentaire analytique de musique et de chant, en deux parties. 1832 et 1834. — Tableau de lecture musicale et d'exécution vocale. 1835. — Manuel musical, à l'usage des collèges, des institutions et des cours de chant, comprenant, pour tous les modes d'enseignement, le texte et la musique en partition, des tableaux de la méthode de lecture musicale et de chant élémentaire. Premier et deuxième cours. 1835. — Méthode graduée, divisée en deux cours, renfermant ensemble 73 tableaux. 1838. — Réimpression du même ouvrage, contenant, en deux parties, le Guide de la Méthode. Distribution des prix. Invocation suivie de chœur et canon à trois parties, seules ou avec accompagnement d'instruments. Douze leçons hebdomadaires de musique vocale, à l'usage des jeunes élèves et des adultes qui suivent le cours de chant sacré institué par le consistoire de l'Église réformée de Paris. Choix de mélodies des psaumes, arrangées à trois voix égales ou inégales, à l'usage des élèves déjà nommés. 1839. — Guide complet, ou instruction pour l'emploi simultané des tableaux de lecture musicale et de chant élémentaire. Orphéon, répertoire de musique vocale sans accompagnement, à l'usage des élèves adultes. 1840. — Réimpression du Manuel musical, à l'usage des collèges, etc. Le Départ du conscrit, quelques Hymnes religieuses, un Chant guerrier et plusieurs romances.
Notes et références Notes
Références
Pour approfondir
Bibliographie .
Liens externes
Catégorie:Orphéon Catégorie:Pseudonyme Catégorie:Élève des Arts et Métiers ParisTech Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1835 Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Naissance en décembre 1781 Catégorie:Décès en avril 1842 Catégorie:Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 60 ans Catégorie:Mort d'une maladie Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 11)