Lhistoire de Caraquet, dans la province canadienne du Nouveau-Brunswick, commence il y a environ six mille ans, lorsque des Paléoaméricains auraient commencé à utiliser les lieux comme campement. Après avoir été visitée à partir du par divers pêcheurs et marchands européens, le Breton Gabriel Giraud dit Saint-Jean fonda la ville vers 1731.

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thumb|Carte topographique de Caraquet.

Toponymie

vignette|La confluence de la rivière Caraquet (à gauche) et de la rivière du Nord (à droite).

Au , l'établissement s'appelait l'Habitation Pichiguy (Habitaçion Pichiguy), un toponyme provenant soit de la langue basque, soit du pidgin basco-algonquin utilisé à l'époque pour les échanges entre les Basques et les Micmacs. Sa signification est toutefois incertaine.

Le toponyme Caraquet est mentionné pour la première fois le lors d'un procès en France opposant deux groupes de pêcheurs se disputant l'utilisation du port. Le gouverneur Nicolas Denys mentionne le toponyme Caraquet, en 1672, dans son livre Description géographique et historique des côtes de l'Amérique septentrionale, avec l'histoire naturelle de ce pays. Il y fait une courte description de deux îles, identifiées par erreur dans son texte comme les îles de Tousquet mais sur sa carte comme les îles de Caraquet – l'île de Caraquet et l'île de Pokesudie. Les différentes orthographes utilisées au fil des années incluent Karaquet, Quaraqu, Carraquet et CaraquetteUn restaurant porte aujourd'hui le nom Caraquette..

Quatre théories tentent d'expliquer l'origine du nom Caraquet. La première veut que le nom provienne d'un mot de la langue micmaque, Kalaket ou Pkalge selon les sources, qui signifie , en référence à la confluence de la rivière du Nord et de la rivière Caraquet à l'ouest de la ville.. Il faut noter que de nos jours les Micmacs nomment la ville Kalaket. Selon la deuxième théorie, le nom ferait référence à un type de bateau, la caraque. Selon l'historien Fidèle Thériault, cette théorie est la plus plausible, car la langue micmaque ne possède par le son « r ». La troisième théorie, aussi introduite par Fidèle Thériault, le rapproche du nom de la baie de Caráquez, en Équateur. Cette origine espagnole s'expliquerait par la présence basque et proviendrait de la déformation du nom qu'ils donnèrent à l'île de Caraquet. La quatrième théorie, moins répandue, tente d'expliquer l'origine du nom par le fait que deux lieux-dits de France, l'un à Boursin et l'autre à Desvres, portent le nom de Caraquet.

Le nom se prononce en français.

Préhistoire

vignette|Le retrait des glaciers en Amérique du Nord. Retrait des glaciers et peuplement

Tout le Canada et une partie des États-Unis subissent la glaciation du Wisconsin, qui atteint les provinces de l'Atlantique il y a environ ans et son maximum il y a environ ans ; l'inlandsis atteint plusieurs kilomètres d'épaisseur au centre du Nouveau-Brunswick, alors que le niveau de la mer baisse de plus de à certains endroits. Lorsque les glaces reculent finalement, entre et ans passés, le niveau de l'eau reste bas, formant une vaste terre appelée la Northumbrie. Le climat est plus chaud, comparable au sud des États-Unis, et la faune est donc différente. Le niveau de l'eau finit par augmenter il y a environ ans à cause du rebond post-glaciaire ; ce rebond est toujours en cours.

Paléoaméricains

Les premiers humains arrivent en Amérique du Nord il y a au moins ans et il se peut qu'ils habitent au sud des glaciers à la même époque. Lors du retrait des glaciers, les peuples chasseurs-cueilleurs paléoaméricains sont attirés par la richesse de la faune et de la flore des provinces maritimes il y a environ ans. Les Paléoaméricains fabriquent des outils de pierre taillée. Aucun site n'est encore connu à Caraquet mais ils étaient présents aussi près qu'à la rivière Pokemouche. Les archéologues ne savent pas non plus si les Paléoaméricains se sont déplacés où s'ils sont les ancêtres des peuples amérindiens actuels. Il existe toutefois des similitudes entre certains de leurs outils.

Grand hiatus (-8000 à -3000) La période du est méconnue, comme c'est le cas pour plusieurs régions de l'est du Canada. Les archéologues savent que les Paléoaméricains y habitaient toujours, des pointes de flèches semblables aux leurs ayant été découvertes en plusieurs endroits, mais il n'existe aucune preuve d'établissements permanents. Ce manque apparent de présence humaine serait la conséquence d'une forêt de pins dense ayant poussé durant cette période, réduisant fortement la quantité de gibier et de ressources. D'autres archéologues s'opposent à cette théorie, s'appuyant notamment sur l'absence de preuves concluantes de l'existence de cette forêt et sur l'affirmation qu'elle n'aurait pas occupé tout le territoire, permettant à certains groupes de survivre. Toutefois, la population exploitait les ressources halieutiques depuis le et peut-être même plus tôt. Selon James A. Tuck, les Paléoaméricains aurait donc vécu sur le rivage des Maritimes durant toute cette période et se seraient même aventurés dans les terres. L'augmentation constante du niveau de la mer aurait toutefois depuis effacé toute trace de présence humaine.

Période pré-céramique tardive (-3000 à -500)

La période pré-céramique tardive est la plus ancienne dont les archéologues ont été en mesure de trouver de nombreux artéfacts, du moins dans le reste des provinces maritimes. Elle commence au tournant des millénaire av. J.-C. et millénaire av. J.-C. et dure jusqu'au milieu du millénaire av. J.-C., correspondant à la période archaïque des Amériques ; à noter que l'adjectif « archaïque » s'applique mal aux Maritimes puisque l'agriculture n'y a jamais réellement existé durant la Préhistoire.

La culture archaïque maritime s'étend le long des côtes, de la Nouvelle-Angleterre au Labrador, impliquant vraisemblablement la présence d'un réseau de communication maritime. Le site le plus ancien, au sud du Labrador, date du millénaire av. J.-C., tandis que les sites plus au sud datent du milieu du millénaire av. J.-C. ; la montée du niveau de la mer a toutefois fait disparaître la plupart des sites archéologiques. Certains artéfacts découverts au Labrador sont en pierre taillée, laissant supposer une transition entre la culture paléoaméricaine et la culture archaïque maritime.. De plus, les artéfacts trouvés dans le tumulus de L'Anse Amour prouveraient un mode de vie lié à la mer.

La culture laurentienne, nommée ainsi puisqu'elle a été découverte sur les berges du fleuve Saint-Laurent, s'étend quant à elle dans les terres, principalement au centre du Nouveau-Brunswick et dans une moindre mesure en Nouvelle-Écosse, probablement parce qu'elle s'est répandue vers l'est à partir de la Nouvelle-Angleterre ; une forêt mixte, à laquelle ce peuple est adapté, se serait en effet formée à cette époque. Les sites laurentiens sont reconnaissables à trois critères : le manque de poterie, de pipes et de traces d'agriculture, la présence d'objets en pierre polie spécifiques et la présence d'objets en pierre taillée ; les sites des Maritimes, datant d'environ -3000 à -500, remplissent ces trois critères. Il semble que ce peuple était formé de petits groupes nomades. Ils portent vraisemblablement d'épais vêtements de cuir l'hiver et des vêtements très légers l'été. Leurs croyances impliquent le port d'amulettes faites de dents ou d'autres restes d'animaux ainsi qu'un soin particulier accordé aux funérailles, des armes, des outils et de l'ocre rouge étant enterrés avec le défunt.

Au moins deux autres peuples ont évolué dans les provinces maritimes, mais assez loin du site de Caraquet: la culture Susquehanna et possiblement la culture archaïque du Bouclier, à partir du millénaire av. J.-C..

Entre -2000 et -500, la culture archaïque maritime est délogée du Labrador par les Paléoesquimaux en provenance de l'Arctique ainsi que par la culture archaïque du Bouclier et par la culture laurentienne.

Période de la céramique (-500 à 1604)

Les Micmacs colonisèrent la région il y a au moins 2500 ans. Caraquet faisait partie du district de Gespegeoag, regroupant le littoral de la baie des Chaleurs. Les principaux villages micmacs étaient situés à Pokemouche, Tracadie et Tabusintac. Peu de choses sont connues sur leur présence à Caraquet et cela ressort surtout de la tradition orale, qui soutient qu'ils campaient à la pointe à Brideau, à l'Ouest du port. En fait, Caraquet est le premier port naturel à l'est de la rivière Népisiguit, ce qui devait en faire un lieu apprécié en cas de tempête.

Il semble y avoir deux peuples durant la période de la céramique : les Etchemins, présents à l'ouest ainsi qu'au sud-ouest du Nouveau-Brunswick et les Souriquois, présent dans le reste du territoire. Leur territoire est sensiblement le même que les Micmacs et les Malécites actuels et il est presque certain que les Souriquois soient en fait les Micmacs mais le lien entre les Etchemins et les Malécites est plus ténu. De nos jours, les Malécites et les Micmacs parlent des langues algonquiennes assez semblables, laissant supposer qu'ils dérivent du même peuple. Leur préhistoire est aussi semblable mais certaines différences laissent plutôt entrevoir une séparation ancienne, probablement même avant la période de la céramique. Quant aux Micmacs, leur tumulus Augustine, à Metepenagiag, est associé à la culture Adena de la vallée de la rivière Ohio, laissant supposer plusieurs influences culturelles. thumb|Micmacs, en 1873.

La céramique est introduite vers le milieu du . Les Micmacs l'auraient importée du Québec, via la Gaspésie. Bien que son introduction ait certainement amélioré le mode de vie, son encombrement et sa fragilité pour des populations semi-nomades poussera plusieurs tribus à abandonner cette technique par la suite. Cela expliquerait aussi l'empressement avec lequel les marmites en cuivre seront adoptées après l'arrivée des Européens. La céramique des Maritimes suit une évolution semblable à ce qui se passe ailleurs sur le continent. Les premiers pots micmacs sont les plus minces et les plus durs, leurs décoration est faite avec un outil dentelé alors que les pots plus récents sont plus épais et friables et leur décorations sont faites avec une palette enroulée d'une corde alors que l'argile est encore humide.