Le ruisseau d'Ars est une petite rivière non visible, car canalisée pour maîtriser les inondations et collecter les eaux pluviales., située en Gironde entre Pessac et Bordeaux.

Géographie, orographie De de longueur, il passe d'ouest en est sous les communes de Pessac, Talence, Bègles et Bordeaux.

centré|alt=Ruisseaux d'Ars et du Serpent.|sans_cadre|499x499px

Il prend sa source près de la résidence la Châtaigneraie à Pessac Ladonne..

Ses anciennes sources devaient se situer vers le quartier France ou Cap de Bos à Pessac.. Le plan d’eau du parc de Jozereau. pourrait être l’une d’entre elles à l’amorce du plateau landais.. Mais le percement de la rocade a modifié son cours. Le ruisseau était non seulement alimenté par des fontaines naturelles, mais aussi par des fossés creusés (crastes) pour assécher les zones marécageuses. vignette|133x133px|alt=Bassin d'étalement au parc de Camponac.|Bassin d'étalement au parc de Camponac. Avant le percement de la rocade et la construction de la voie ferrée, il parcourait le domaine de Feuillas (actuellement Xavier Arnozan) puis l’emplacement de la cité Frugès. vignette|133x133px|Ruisseau le Lartigon

Il passe par le parc de Camponac dont il constitue les bassins., il est ensuite à ciel ouvert le long du parc du sentier du Lartigon avenue Roger Chaumet et avenue Georges Pompidou et borde ensuite le parc Razon.

Il reçoit les eaux du Serpent dans le quartier du Chiquet. en aval du lac de Fontaudin..

Entre sa source et la confluence avec le Serpent, le ruisseau d’Ars est aussi connu sous le nom de Lartigon.

Après le quartier de Brivazac, le ruisseau d'Ars longe le Domaine universitaire. Les croupes géologiques de graves du Haut-Brion sont bordées au nord par le Peugue et au sud par le ruisseau d’Ars..

On peut observer son vallon en contrebas d’une dizaine de mètres des vignes du château Haut-Brion à la hauteur de la clinique mutualiste et juste en amont de la Faculté des Sciences. Traversant cette dernière, il réapparaît au niveau d’un lac aménagé avant le grand portail forgé de l’Université. Il passe ensuite par le parc Peixotto en longeant au Sud le plan d’eau du Jardin botanique.

Il longe la rue Robespierre. La rue Lamartine à Talence, avec sa double pente, donne une idée de son vallon ou talweg. En effet, entre le haut de la rue au carrefour du chemin de Suzon et le bas au croisement de la rue Ambroise Paré il y a un dénivelé de .

On observe aussi sa dépression au parc Soureilh le long de la résidence Le Quadrige et en contrebas de la rue de Suzon et du parc de la résidence Voltaire.Le ruisseau d’Ars traverse ensuite la route de Toulouse et va jusqu’à la barrière de Bègles. Il sert de délimitation entre cette commune et Bordeaux, vestige du temps où il n’était pas canalisé.

Il rejoint un bras de l'Eau Bourde sous la rue Brascassat, près de la gare Saint-Jean formant au nord l’Estey de Sainte-Croix qui se jette dans la Garonne entre le quai Sainte-Croix et le quai de Paludate à la hauteur de l'abbatiale Sainte-Croix et un autre bras au sud formant l’estey Majou qui rejoint la Garonne au début du quai de Brienne.

De ses sources sur les contremarches du plateau landais à une hauteur entre 50 et jusqu’à la Garonne, le ruisseau d’Ars aura connu un dénivelé de 45 à .

Hydrographie Le bassin versant de l'Ars couvre répartis sur les communes de Pessac, Talence, Bègles et Bordeaux. À Pessac dans le quartier de Fontaudin Chiquet le ruisseau d'Ars reçoit les eaux du ruisseau le Serpent. Le Serpent prend sa source dans le quartier du Haut-Lévêque. Il est canalisé et souterrain sur une bonne partie de son cours, il reçoit entre autres les eaux de géothermie de Saige Formanoir. Il reste visible vers le lac de Fontaudin, un bassin de .

Une autre conception fait naître le ruisseau d’Ars de la confluence du Lartigon et du Serpent. On a d'ailleurs souvent, en aval de ce confluent, continué à appeler le ruisseau d'Ars, le Serpent.

Un petit affluent, le ruisseau des Palanquettes, venu des zones marécageuses de Monadey (CREPS), parcourant l’ancien parc du château Margaut et la rue du Professeur Arnozan vient rejoindre le ruisseau d’Ars tout près de la mairie de Talence.

Il reçoit le fossé de Thouars depuis le quartier Peylane à Talence lui aussi canalisé et souterrain comme tous les autres ruisseaux de Talence et de Pessac faisant partie du bassin versant de l’Ars. En 1883 ce fossé de Thouars alimentait encore les bassins du château Raba.

Tout le long de son cours, il reçoit l’eau de sources : Font de Pessac, Beoulaygues, Bonnefont, fontaine de Guillot.

L’estey Majou (c’est-à-dire le plus grand, le majeur) constitue l’ancienne embouchure du ruisseau d’Ars dans la Garonne.

Quand un bras de l’Eau Bourde fut détourné au Moyen Âge sur l’Estey de Sainte-Croix, le ruisseau d’Ars (Estey de Ladous) fut capté par la même occasion. Puis après l’acquisition des terrains par la compagnie des chemins de fer du Midi en 1851, l’Eau Bourde fut à nouveau détournée au profit de l’estey Majou en 1865. Un premier branchement de l’Eau Bourde, nommé autrefois ruisseau de la Moulinette, se jette dans la Garonne au niveau du quai Président Wilson. Plus loin, l'Eau Bourde forme confluent avec le ruisseau d'Ars sous la jonction des rues Brascassat et Carle Vernet et elle se divise alors encore en deux bras. Le premier s’écoulant au nord jusqu’au pied de l’abbaye de Sainte-Croix (autrefois appelé l'estey de Bègles puis de Sainte-Croix), qui se jette dans la Garonne au niveau de la rue Peyronnet. L’autre branche, nommée l'Estey-Majou, se jette dans la Garonne au sud du quai de Paludate au niveau de la rue des Maraîchers (ancienne partie est de la rue Carle Vernet).

Géologie Les affluents de la Garonne, Jalles, Devèze, Peugue et Ars, au niveau de Bordeaux, traversent un amphithéâtre de terrasses alluviales formant des marches en pente douce depuis leurs sources sur la limite du plateau landais jusqu’à leur confluence.

Ces terrasses fluviatiles sont le résultat de dépôts d’alluvions sur les rivages successifs du fleuve. L’alternance de périodes glaciaires (régression marine) et interglaciaires (transgression marine) à l’ère quaternaire a fait descendre et remonter le lit de la Garonne.

Pendant les glaciations, le niveau des mers étant bas, les fleuves creusent leur lit pour rejoindre l’océan. Lors de la fonte des glaciers, le niveau des eaux remonte et les fleuves déposent leurs alluvions sur une nouvelle terrasse.

Sous les terrasses fluviales du quaternaire se trouvent les strates déposées par l’océan à l’ère tertiaire: Sables coquilliers (faluns) du Miocène. Calcaires à astéries du Stampien (Rupélien) de l’Oligocène.

Des vents très forts d’Ouest pendant l’Holocène vont transporter de grandes quantités de sables sur le plateau landais que l’on retrouve jusqu’à Pessac Alouette.

La présence d’Alios (sable ferrugineux cimenté) et d’argile imperméabilise le sous-sol faisant affleurer l’eau dans ce secteur et naître le Peugue, le Serpent et l’Artigon (Ars).

La présence d’argile apparaît dans les lieux de Pessac comme la Tuileranne (fabrique de tuiles) et l’étang de Jozereau (anciennes carrières d’argile).

À la limite de Talence et de Gradignan près du château de Thouars affleurent des sables, graviers et galets d’une des terrasses de la Garonne. Les sources en étaient abondantes avant le creusement de la rocade alimentant entre autres le fossé de Thouars affluent du ruisseau d'Ars.

Les cours d’eau affluant à la Garonne ont déblayé les alluvions anciennes et mis à nu les formations calcaires de l’Oligocène et du Miocène. Ils transforment les terrasses en croupes graveleuses. Les marches des terrasses s’adoucissent en forme de bosses. Elles s’affaissent au nord vers la vallée du Peugue et au sud vers la vallée du ruisseau d’Ars.

Ces croupes graveleuses ou terres de Graves ont vu se développer depuis longtemps la culture de la vigne. Le terroir de Haut-Brion, formé par deux croupes de grosses graves qui n'ont pas leur équivalent dans les environs, s'élève de 12 à au-dessus des fonds des cours d'eau voisins Le Peugue et le Ruisseau d’Ars.

Si on considère une coupe parallèle au ruisseau d’Ars de Pessac Alouette à la Garonne on peut déterminer la structure de ces terrasses: Situation CompositionGlaciationTemps géologiquesVictoire BordeauxAlluvions récentes

argiles des palusPostglaciaireHolocèneBarrière PessacBasses terrasses

sables, graviers et gros galetsWürmPléistocène supérieurMédoquineMoyennes terrasses

Graves dans une matrice argileuseRissPléistocène moyenPessac PoujeauHautes terrasses

Graves et argileMindelPléistocène moyenPessac MonteilHautes terrasses

Graves et argileGünzPléistocène inférieur et terminalPessac AlouetteTrès hautes nappes alluvialesPléistocène inférieur moyen et basal

Si on mesure la courbe du niveau du sol observé par rapport au niveau de la mer:

+ à Toctoucau

+ à l’Alouette

+ au bourg de Pessac

+ aux Échoppes

+ aux Boulevards

Hydronymie Le nom du ruisseau d'Ars, autrefois aussi appelé ruisseau des arcs, ou ruisseau du Moulin d’Ars dit aussi moulin des Arcs, proviendrait des arches de l'aqueduc romain de Bordeaux parallèle à la route de Toulouse qui enjambait son vallon et sous lequel coulait le ruisseau. En effet on retrouve dans les Rôles Gascons, documents d'archives de l'administration anglaise en Aquitaine pendant le Moyen Âge, le terme de «rivum de Arcubus» qui semble désigner notre ruisseauOn trouve en France d’autres noms de ruisseaux ou rivière d’Ars en Ariège, en Corrèze et en Moselle notamment. La racine pré-indo-européenne Ar Aa ou Aar signifie eau vive. Aar est ainsi un nom de rivière suisse. Généralement beaucoup de noms de fleuves, de rivières et de ruisseaux sont d’origine indo-européenne ou préindo-européenne.

On notera en occitan ariu ou arriou voire Arec pour désigner un petit ruisseau se décomposant du préfixe A ou AR et de RIU. On peut trouver aussi une influence basque ou vasconne dans le son final RS. Mais il semble que cela soit plus difficilement applicable à notre ruisseau d’Ars.

rèc et riu sont deux termes occitans courants pour désigner ruisseau et rivière, voir wikt:rèc#oc et wikt:riu#oc. Ce sont deux termes bien distincts, d’origine différente, il n’y a pas lieu de les rapprocher ici (le second vient du latin wikt:rivus#la, quant au second c’est obscur, voir wikt:rec#ca).

De nombreux parlers gascons ajoutent a- devant les mots commençant par r-, on a donc les variantes très fréquentes wikt:arriu, wikt:arrèc

Jacques Astor dans Dictionnaire des noms de familles et noms de lieux du Midi de la France ne traite pas de ce cours d’eau, mais de deux toponymes Ars, dans la Creuse et dans le Puy-de-Dôme, qu’il rapproche de Arques, Arche, Larche, etc. (toponymes et noms de famille) qui désigne un pont rudimentaire, « planches jetées en travers d’un cours d’eau », même origine que le français arc, du latin arcus. Une piste qui peut être plausible..

Un quartier à cheval sur Bordeaux et Talence perpétue le nom du Moulin d’Ars.

L’ancien hameau le Cournau d’Ars semble aussi garder trace de cet aqueduc entre Peylane et Peydavant. Cet aqueduc prenait les eaux de l’Eau Blanche et franchissait aussi la rivière de l’Eau Bourde à Villenave-d’Ornon. On peut voir un vestige de cet aqueduc dans le quartier de Sarcignan à Villenave-d’Ornon.

Aujourd’hui appelé simplement l’Ars, il était aussi appelé ruisseau des Malerettes ou des Malerets voire Maillerettes ou Mulerets (qui désigne un verger de pommiers), mais aussi ruisseau de Talence ou ruisseau du Moulin des Arcs ou des Ars ou simplement riu comunau. À Bègles il portera le nom d’Estey de Ladors, de Ladoys ou de Ladous. La racine ADOR ADOUR ADOUE est le nom générique des cours d’eau en Aquitaine.

Sur la carte départementale de 1886 il porte le nom de Serpent jusqu’à la limite de Pessac et Talence, puis ruisseau d’Ars à Talence et Estey de Ladaus à Bègles après la route de Toulouse et le moulin d’Ars.