Johannes (Hans) Gerhardus Strijdom (né le dans la ferme de Klipfontein près de Willowmore dans la colonie du Cap - mort le au Cap dans la province du Cap), le « lion du Transvaal » est un avocat et un homme d'État sud-africain, membre du Parti national, député du Waterberg (1929-1958), ministre des Terres et de l'Irrigation (1948-1954) et Premier ministre d'Afrique du Sud (1954-1958).
Origines L'origine des Strijdom d'Afrique du Sud remonte à Joost Strijdom, arrivé au Cap en 1686 au service de la compagnie des Indes néerlandaises en tant que cordonnier. Les descendants de son fils, Matthys Stephen Strijdom, sont des trekboers qui migrent dans le centre de l'actuelle Afrique du Sud. Johannes Strijdom, issu de cette branche familiale, nait à Klipfontein dans la colonie du Cap. Il est le deuxième fils des dix enfants (cinq garçons et cinq filles) de Peter Gerhardus Strijdom (1867-1932) et de son épouse, Ellen Elizabeth Nortier (1871-1938).
Études Après l'école primaire dans une école rurale de Willowmore, J.G. Strijdom (Strydom en afrikaans) effectue ses études secondaires au lycée de Franschhoek. Diplômé en 1909, il poursuit des études de lettres au Victoria College de Stellenbosh où il est un membre actif des cercles de débat littéraire et excelle également sur les terrains de sport, notamment de rugby et sur les courts de tennis. Strijdom s'implique notamment dans le mouvement de promotion de l'afrikaans contre l'anglicisation de la société sud-africaine et manifeste fréquemment un patriotisme sud-africain teinté de nationalisme afrikaner.
Activités professionnelles Diplômé d'un Baccalauréat universitaire ès lettres en 1912, il décide d'entrer immédiatement dans la vie active et, étonnant alors toutes ses connaissances, se tourne vers l'agriculture. En 1913, avec son père et son frère aîné, Matthys, il se lance dans l'élevage d'autruches sur sa terre natale mais doit abandonner un an plus tard à la suite de l'effondrement du marché de la plume d'autruche, victime collatérale du déclenchement en Europe de la Première Guerre mondiale.
J.G. Strijdom se rend alors à Pretoria où il a trouvé un emploi dans la fonction publique, au ministère de la Défense. Bien qu'en tant que conservateur calviniste afrikaner, Strijdom devrait sympathiser avec la rébellion Maritz, ses fonctions professionnelles l'oblige à un devoir de réserve. Il est d'ailleurs réquisitionné en et à sa demande, incorporé au service des ambulances et envoyé au Sud-Ouest africain allemand.
À son retour à Pretoria en 1916, il décide de changer d'orientation professionnelle et de devenir juriste. Il travaille comme commis dans un cabinet d'avocats de Pretoria tout en suivant des études de droit au collège universitaire du Transvaal.
Diplômé d'un LLB, il est admis en au barreau du Cap mais il décide finalement d'ouvrir son propre cabinet, non pas dans une grande ville mais en zone rurale. Il va d'abord prospecter du côté de Dullstroom avant de s'établir à Nylstroom dans le nord de la province du Transvaal, sans doute parce que la région lui rappelait le district de Willowmore et la région du Langeberg où il avait grandi. En , il y ouvre son cabinet d'avocat. Les premiers temps sont difficiles d'autant plus qu'il tombe gravement malade au cours d'une épidémie de grippe, qui lui laissent un cœur et des poumons fragiles.
Parallèlement, il rachète une ferme, Elsjeskraal et se lance dans l'élevage de chevaux avec son frère Raymond. En 1923, il est élu président de la Société agricole du Waterberg, fonction qu'il occupera jusqu'en 1929.
L'ascension politique
Réticent tout d'abord à s'engager politiquement, bien qu'il soit sympathisant du Parti national de James Barry Hertzog, il s'engage localement dans le district de Waterberg sous l'influence de P.W. Le Roux van Niekerk, le député de la circonscription. Au côté de ce dernier, Strijdom se familiarise à la vie politique, aux campagnes électorales et organise le parti national au niveau local. Bon orateur, il exprime dès le début un fort sentiment républicain et écrit des articles publiés dans Ons Vaderland où il décrit sa république idéale. Parallèlement, il s'engage dans la lutte pour la pleine reconnaissance de l'afrikaans par l'administration locale du Waterberg à une époque où les seules langues officielles sont l'anglais et le néerlandais.
Quand P.W. Le R. van Niekerk est élu sénateur, Strijdom est nommé à l'unanimité du caucus local du Parti national pour être le nouveau candidat du parti pour la circonscription de Waterberg. Lors des élections générales sud-africaines de 1929, il est élu député avec contre 573 à F. P. van Deventer, le candidat du parti sud-africain. Il est réélu sans opposition lors des élections de 1933.
Si la première intervention de Strijdom au parlement le est consacrée à l'irrigation, à la conservation et aux ressources en eau de l'Afrique du Sud, ses discours ultérieurs sont beaucoup plus clivants et politiques, qu'il s'agisse d'interventions sur des sujets économiques ou constitutionnels. Passionné et emporté, il affirme ses convictions républicaines et nationalistes et devient l'une des figures de proue de l'aile républicaine du parti national au côté du N.J. van der Merwe. Dans son premier discours majeur consacré à la politique, le , Strijdom se fait l'avocat d'une république indépendante de la couronne britannique et participe activement aux débats qui suivent la conférence impériale de Londres sur le nouveau statut de Westminster.
En 1934, cet admirateur respectueux de J.B.M. Hertzog est toutefois aux côtés de Daniel François Malan, l'un des douze députés qui refusent la coalition nationale avec Jan Smuts. En , lors de la réunion de la branche transvaalienne du Parti national, Strijdom et une poignée de partisans s'opposent à la résolution demandant la dissolution du Parti national et sa fusion avec le Parti sud-africain de Smuts dans le Parti uni. Finalement ils ne sont que trente-huit délégués à refuser la fusion contre 281 qui l'approuvent. Immédiatement, Strijdom, avec L.J. du Plessis et Mabel Jansen, fonde dans un hôtel de Pretoria le Gehandhaafe Nasionale party (Parti national vigilant), une section prolongeant la vie du Parti national au Transvaal mais débarrassé de sa branche pro-Hertzog. Dans son manifeste, le Parti national vigilant dénonce une fusion qui ne sert que les capitalistes impérialistes et qui ne dispose d'aucun programme respectueux des principes chrétiens. Strijdom est toutefois le seul des trente-trois députés nationalistes du Transvaal à rompre politiquement avec Hertzog et à refuser de rejoindre le Parti uni. Avec ses partisans, il adhère au Parti national purifié de Daniel François Malan, regroupant tous ceux qui ont refusé nationalement la dissolution du Parti national et sa fusion dans le Parti uni. Strijdom est parallèlement recruté par le Broederbond avec plusieurs autres hommes politiques nationalistes après plusieurs attaques politiques lancées par Hertzog en 1935 contre la ligue des frères, décrites par ce dernier comme dangereuse pour la paix civile dans le pays.
Personnalité persévérante et intransigeante, Strijdom a désormais la charge de reconstruire le Parti national dans la province du Transvaal, largement acquise au nouveau Parti uni. Sa charge de travail l'oblige à abandonner son cabinet d'avocat, sa principale source de revenus, et à se consacrer entièrement à son activité politique sans percevoir de compensation financière de la part de son parti. Il s'applique notamment à collecter des fonds pour assurer la situation financière, contribue sur ses propres deniers pour sauver à plusieurs reprises le Parti national de la ruine financière. En 1937, il contribue également à la création de Die Transvaler, l'organe de presse officiel du NP appelé à devenir le principal journal en afrikaans du nord du pays. Il devient également directeur de la maison d'édition Voortrekker Press, dont il dont il présidera le conseil d'administration jusqu'à sa mort. Idéologiquement, Strijdom est un républicain intransigeant dont les convictions sur ce thème institutionnel se heurtent maintes fois avec celles de Malan beaucoup plus souple. Mais il obtient de Malan que le premier programme d'action du Parti national purifié mentionne explicitement comme objectif la constitution d'un État républicain en Afrique du Sud séparée de la Couronne britannique.
Lors des élections provinciales de 1936, Strijdom mène campagne aux côtés des vingt-quatre candidats que le Parti national présente dans le Transvaal. Au résultat, il remporte et deux sièges face au Parti uni qui totalise .
En 1937, sur fond de grande dépression affectant les classes populaires blanches et afrikaners et montée de la xénophobie envers les nouveaux immigrés européens, le Parti national au Transvaal, dirigé par Strijdom, manifeste son nationalisme afrikaner en adoptant une clause statutaire refusant la carte du parti aux citoyens sud-africains de confession juive. Si la clause est reprise ensuite par le Parti national de l'état libre d'Orange, elle n'est pas reprise par celui du Cap dirigé par Malan.
Lors des élections générales sud-africaines de 1938, Strijdom doit à la fois défendre son siège parlementaire du Waterberg mais aussi, en tant que chef provincial de parti, mener campagne pour les autres candidats du Parti national au Transvaal. Au soir des élections, le Parti national remporte au Transvaal mais un seul siège, celui de Strijdom, gagné néanmoins avec une marge plus étroite que lors des élections précédentes.
Au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Strijdom, comme le Parti national, n'est pas favorable à l'engagement de l'Afrique du Sud aux côtés du Royaume-Uni et prône la neutralité. Si le NP a une position claire et homogène, ce n'est pas le cas du Parti uni où s'affrontent les partisans de la neutralité, autour d'Hertzog, face à ceux de la participation à la guerre aux côtés des Britanniques, réunis autour de Smuts. L'affrontement interne aboutit à une scission et un vote au parlement qui sonne comme un désaveu pour Hertzog, contraint alors de démissionner de ses fonctions de premier ministre. Il ne tarde pas d'ailleurs à quitter le Parti uni avec ses partisans pour rejoindre le Parti national purifié de D.F. Malan désormais réorganisé en Parti national réunifié (Herenigde Nasionale Party ou HNP). Strijdom, qui était cependant opposé à cette réconciliation, doit désormais partager la direction du parti au Transvaal avec le général Jan Kemp, un partisan d'Hertzog. Néanmoins, en peu de temps Strijdom parvient à purger le parti de plusieurs de ses nouveaux adhérents, notamment en refusant les doubles affiliations du HNP avec d'autres mouvements socio-politiques. Ainsi, il s'oppose à Oswald Pirow et seize membres démissionnaires du Parti uni concernant le statut d'Ordre Nouveau et la possibilité d'en être membre en même temps que le HNP. Strijdom parvient à obtenir l'interdiction de cette double affiliation tout comme il parviendra ensuite à l'obtenir pour les membres de l'Ossewabrandwag, une organisation anti-britannique, favorable à la neutralité de l'Afrique du Sud dans le conflit mondial voire à la victoire de l'Allemagne nazie.
right|thumb|J.G. Strijdom.