Tour 89 est la première tournée de Mylène Farmer. Auréolée du triomphe de son deuxième album, Ainsi soit je..., sorti en , la chanteuse décide de créer son premier spectacle, qu'elle envisage comme un véritable « à l'américaine ».
Dans un décor inspiré de Stonehenge et entourée de musiciens de renom et d'une troupe de huit danseurs, la chanteuse se produit notamment durant sept soirs du 18 au au Palais des sports de Paris (qui affichent complet en cinq semaines). Elle part ensuite en tournée à l' pour une trentaine de dates en France, en Belgique et en Suisse, et termine par deux soirs à guichets fermés à Bercy les 7 et , attirant au total plus de spectateurs.
Le spectacle est enregistré lors des concerts du 20 et au Forest National de Bruxelles : un album Live, Mylène Farmer en concert, paraît le . Le montage ayant duré près d'un an, la vidéo du concert ne paraît, quant à elle, que le . Les ventes totales de Mylène Farmer en concert sont estimées à près de exemplaires.
Histoire Genèse Après le succès de Libertine (1986) et Tristana (1987), extraits de son premier album Cendres de lune, Mylène Farmer sort en l'album Ainsi soit je..., porté par les titres Sans contrefaçon et Ainsi soit je..., et envisage de se produire sur scène pour la première foisInterview de Mylène Farmer dans l'émission Top 50 sur Canal+ le 26 mai 1988.. Elle rencontre les plus grands producteurs français, dont Jean-Claude Camus et Gilbert Coullier qui lui proposent de se produire à l'Olympia ou au Casino de Paris, mais choisit Thierry Suc, un jeune producteur lyonnais qui partage avec elle ses envies de démesure et de grand spectacle..
Début , trois semaines après la sortie du single Pourvu qu'elles soient douces, elle annonce avoir réservé la date du au Palais des Sports de Paris, une des plus grandes salles de la capitale : ..
vignette|redresse|left|Le Palais des Sports de Paris. Alors que Pourvu qu'elles soient douces connaît un énorme succès (n°1 du Top 50 pendant cinq semaines), la chanteuse est élue « Artiste de l’année 1988 » aux Victoires de la musique et atteint la première place des ventes avec l'album Ainsi soit je.... Face à la demande, ce sont finalement sept concerts qui sont programmés du 18 au au Palais des Sports de Paris : l'intégralité des places est vendue en cinq semaines.. Une grande tournée est prévue à partir de , et deux soirs sont ajoutés à Bercy en décembre.
Sans logique, le dernier extrait de l'album, paraît en et connaît à son tour un grand succès, devenant des diffusions radio. L'album Ainsi soit je... reçoit un disque de diamant : c'est la première fois qu'une chanteuse écoule un album à plus d'un million d'exemplaires en France.
Toutefois, Mylène Farmer sait qu'elle n'a pas le droit à l'erreur : .. .. Dès lors, elle se soumet à un rythme de travail draconien : ..
Conception Le spectacle est conçu par Mylène Farmer, Laurent Boutonnat et Gilles Laurent (qui avait déjà participé au scénario du clip de Pourvu qu'elles soient douces). Ensemble, ils décident d'écrire une trame comme un scénario de filmInterview de Mylène Farmer sur France Inter le 2 décembre 1989., basée sur l'inexorable écoulement du temps et rappelant ainsi L'Horloge de Charles Baudelaire, un poème que la chanteuse reprend sur son album Ainsi soit je....
vignette|redresse|Le décor du Tour 89 est inspiré par Stonehenge. Concocté par Hubert Monloup, le décor est inspiré de Stonehenge. Gilles Laurent déclarera : .
La direction musicale est confiée à Bruno Fontaine, qui s'entoure de musiciens de renom (Slim Pezin, Philippe Draï, Jean-Philippe Audin, Christian Padovan et Yves Sanna) et des choristes Carole Fredericks (qui avait déjà travaillé avec Mylène Farmer sur l'album Cendres de lune) et Beckie Bell. Les jeux de lumières sont, quant à eux, confiés à l'éclairagiste réputé Jacques Rouveyrollis.
Après avoir auditionné des centaines de danseursInterview d'Edwige Chandelier dans IAO de février 2006., Mylène Farmer en sélectionne sept et crée elle-même les chorégraphies, que Sophie Tellier se charge de coordonner. La chanteuse demande également à Thierry Mugler (qu'elle connaît depuis le Cours Florent) de concevoir tous les costumes de scène..
Affiche L'affiche de la tournée, dont la photo est signée par Marianne Rosensthiel, présente Mylène Farmer fixant l'objectif et tenant les portes d'une grille, devant un nuage de fumée. Gilles Laurent déclareraInterview de Gilles Laurent dans IAO de février 2006. :
Description du spectacle Composé de 18 titres, ce spectacle comprend : huit titres issus de l'album Ainsi soit je... : les quatre singles (Sans contrefaçon, Ainsi soit je..., Pourvu qu'elles soient douces et Sans logique), mais également L'Horloge, Allan, Jardin de Vienne et Déshabillez-moi ; les quatre singles extraits de l'album Cendres de lune : Maman a tort, Plus grandir, Libertine et Tristana ; le single inédit À quoi je sers..., sorti durant l' et intégré dans le spectacle à partir du mois de septembre ; le titre Puisque, qui était la face B du 45 tours de Pourvu qu'elles soient douces ; Je voudrais tant que tu comprennes, une reprise de Marie Laforêt datant de 1967 ; trois titres instrumentaux, servant d'introduction (Prologue), d'interlude et de conclusion (les deux parties de Mouvements de lune).
Dans le programme du spectacle, Mylène Farmer reprend deux citations de Luc Dietrich : Extrait de L'Apprentissage de la ville par Luc Dietrich. et Extrait de L'école des conquérants par Luc Dietrich.. Une citation de William Faulkner est également présente : Extrait de Les Palmiers sauvages de William Faulkner..
Liste des chansons
Résumé du spectacle thumb|150px|left|Un moine encapuchonné. Alors que la salle est plongée dans le noir, un projecteur illumine la scène depuis le côté, laissant apparaître sur l'avant-scène de grandes grilles rappelant l'affiche de la tournée, tandis qu'une musique angoissante faite de synthétiseurs, de cris de bébé et de divers bruitages se fait entendre. Un moine encapuchonné se dirige vers la porte des grilles, déverrouille la serrure et ouvre les deux battants.. thumb|150px|Charles Baudelaire. Les deux côtés de la grille s'écartent au moment où débute la musique de L'Horloge (un poème de Charles Baudelaire). Les projecteurs s'illuminent par à-coups au son de la batterie, avant que la chanteuse ne finisse par apparaître du fond de la scène, entraînant l'hystérie du public. Éclairée par un projecteur situé derrière elle, seule sa silhouette, vêtue de noir et de voiles en mouvement, est visible. À la fin du premier couplet, elle descend quelques marches et s'approche du public, permettant à son visage d'être éclairé (les musiciens et le décor restant, quant à eux, plongés dans le noir). Après avoir interprété la chanson, elle se retourne et descend un escalier menant sous la scène.
Vêtue d'un ensemble noir à col blanc rabattu et coiffée d'un catogan, Mylène Farmer interprète ensuite Plus grandir, chanson pour laquelle effectue une chorégraphie entourée de deux danseuses. Les musiciens sont alors éclairés, de même que le décor : un ensemble de stèles inspirées par Stonehenge pouvant évoquer un cimetière. Les autres danseurs les rejoignent pour le titre suivant, Sans logique, dont l'introduction est rallongée par une snare rappelant une marche militaire.
thumb|180px|left|Carole Fredericks. Carole Fredericks, l'une des choristes, s'avance ensuite face au public et entame avec lui un dialogue cocasse qui fait passer Mylène Farmer pour sa fille. Les premières notes de Maman a tort commencent à résonner, avant que la chanteuse ne surgisse du dessous la robe de la choriste, vêtue d'une grenouillère blanche. À la fin de la chanson, elles simulent une dispute mère-fille puis reprennent le morceau ensemble.
Face à un micro sur pied pour interpréter Déshabillez-moi, Mylène Farmer se contorsionne dans une camisole de force en cuir noir, éclairée par des projecteurs dont les couleurs évoluent au fur et à mesure de la chanson. Celle-ci se termine par l'apparition soudaine de fumigènes devant les projecteurs placés au sol, donnant l'impression d'une irruption de flammes.
Alors qu'un bruit d'orage se fait entendre, la salle est plongée dans le noir, avant d'être illuminée par les briquets des spectateurs. La musique de Puisque démarre : éclairée par des lumières bleues, Mylène Farmer arrive lentement du côté de la scène, vêtue d'une robe noire, et interprète le titre sobrement, qui se termine par un nouveau bruit d'orage.
thumb|150px|Le violoncelliste Jean-Philippe Audin. Les premières notes de Pourvu qu'elles soient douces retentissent, dans une version assez proche du Remix Club. Mylène Farmer est juchée de dos sur un promontoire, tandis que la troupe de danseurs pénètre sur scène. La chanteuse se retourne face au public et rejoint les danseurs : l'un d'eux lui arrache le bas de sa robe, qui laisse apparaître des collants rouges en vinyle. Deux danseurs se mettent ensuite à la porter, couchée sur le dos. De retour au sol, elle interprète le titre avec tous les danseurs en effectuant une chorégraphie. Après avoir présenté ses musiciens, elle revient sur le devant de la scène où l'un des danseurs la soulève et l'emporte avec lui. Slim Pezin, Christian Padovan et Jean-Philippe Audin s'avancent alors pour un outro très rock. Le moine encapuchonné du début refait un passage sur scène et part en lançant des flammes entre les stèles.
thumb|150px|left|Edgar Allan Poe. Après une introduction jazzy, Mylène Farmer revient sur scène pour interpréter Allan, un titre en hommage à Edgar Allan Poe. Elle porte une veste grise avec un pantalon à carreaux noir et blanc, tenue qu'elle gardera pour À quoi je sers…, le titre suivant.
Mylène Farmer s'empare ensuite d'une casquette à carreaux : le public reconnaît immédiatement la casquette de Sans contrefaçon. Elle enlève sa veste grise pour retourner la doublure qui est également en carreaux noir et blanc (assortie à sa casquette et à son pantalon), et entame ensuite une chorégraphie seule sur scène avant d'aller chercher le reste des danseurs qui portent chacun un costume à carreaux noir et blanc. Ils interprètent le titre ensemble, mimant notamment des jeux d'enfants et une farandole, tandis que le refrain est repris plusieurs fois par le public.
L'ambiance se calme lorsqu'un cor de chasse se fait entendre, annonçant Jardin de Vienne dont l'introduction est un extrait de l'ouverture de l'opéra Tannhäuser de Richard Wagner. La mise en scène est très sobre, Mylène Farmer portant une chemise noire et une grand châle gris. Le titre se termine sur les chœurs de Carole Fredericks et Beckie Bell.
thumb|180px|Tristana est interprétée sous un clair de lune. Quelques notes de flûte de Pan laissent deviner le titre suivant : Tristana. La scène est entièrement recouverte de fumée, éclairée par un clair de lune. Deux danseurs vêtus comme des soviets pénètrent sur scène et effectuent une chorégraphie, avant d'être rejoints par les danseuses, elles-mêmes vêtues à la manière de paysannes russes. Mylène Farmer arrive ensuite, portant un lourd manteau rouge et des mitaines grises, et entame la chanson en effectuant une chorégraphie avec sa troupe.
Après une longue introduction au piano et à la guitare sèche, Mylène Farmer revient sur scène, vêtue d'une robe quasi transparente constituée de motifs noirs, pour interpréter Ainsi soit je..., titre pour lequel elle ne parvient pas à retenir ses larmes.
thumb|180px|left|L'éclairage à la bougie rappelle le clip de Libertine. Dans le noir le plus complet, des chandeliers allumés font leur apparition sur scène, rappelant l'éclairage à la bougie du clip de Libertine, tandis que la voix de l'acteur britannique Laurence Olivier se fait entendre (un extrait du film Hamlet, réalisé par lui-même et adapté de la pièce de William Shakespeare. Extrait du film Hamlet de Laurence Olivier, Acte I Scène V.).