vignette|250px|Citroën Type H ambulance de pompiers vignette|250px|Citroën Type HY Van de la police française de 1969 à 1983 vignette|250px|Citroën Type HY fabriqué aux Pays-Bas après 1968 avec portes ouvrant contre le vent vignette|250px|Un food truck Citroën HY aux abords de la plage du Prieuré à Dinard en mars 2024. Le Citroën Type H était un véhicule utilitaire léger de type fourgon automobile de 2,25 à Revue Citroën Planète groupe, juin 2006. de PTAC, produit entre 1948 et 1981 à ..
Chez Citroën, on parlait déjà avant la guerre d'un nouveau véhicule utilitaire qui remplacerait le TUBFabien Sabatès et Wouter Jansen, Le Citroën Type H de mon père, ETAI, 2000.. Certes on pouvait gagner du poids sur le TUB, mais il avait un défaut : s'il n'était pas chargé à l'arrière, il penchait vers l'avant et le train arrière pouvait se soulever au moindre freinage appuyé. Il avait vite vieilli et il était plus facile de créer un tout nouveau modèle, plus moderne.
Le cahier des charges voulu par Pierre Boulanger qui était à l'époque directeur de Citroën, nommé par la famille Michelin, propriétaire de la firme, depuis le départ forcé d'André Citroën en 1935, était le suivant : un véhicule monocoque à traction avant qui reprendrait des éléments de la Traction Avant à quatre cylindres développant avec une boîte de vitesses à , une bonne suspension arrière et surtout qui utiliserait un maximum de pièces existantes provenant d'autres modèles de la marque. Le tout avec un seul mot d'ordre : faire au moins cher !
Construit avec une coque autoporteuse en tôle ondulée plus rigide à épaisseur uniforme, similaire à celle, en aluminium, du célèbre avion Junkers Ju 52 et celles des trains Budd. Le Type H suit la conception très cubique du designer italien Flaminio Bertoni. Avec un volume utile de , sur le modèle initial, il peut être chargé de de marchandises avec un seuil de chargement bas et une hauteur intérieure permettant de se tenir debout. D'innombrables adaptations ont été ensuite proposées par des carrossiers indépendants. Certains ont même adapté la suspension oléopneumatique à l'arrière.
Ce véhicule a connu un très long succès malgré la consommation élevée de son moteur à essence et sa vitesse modeste. Il est resté célèbre en France comme le véhicule des commerçants ambulants et de la police, ce dernier connu sous le surnom de « panier à salade ». On l'appelle souvent à tort "TUB ou pire Tube Citroën, par confusion avec son prédécesseur le TUB.
Historique Pierre Franchiset, qui travaille alors chez Citroën à la conception et à la mise au point des carrosseries, est le père du Type H, qu'il a pensé et dont il a suivi la conception jusqu'à sa commercialisation. Il a reçu et étudié le projet, a déterminé l'ensemble du véhicule et a réalisé le premier prototype.
Les études du H ont été lancées pendant la deuxième guerre mondiale, en cachette des occupants allemands, qui avaient interdit l'étude de nouveaux modèles ; les conditions de travail n'étaient pas des meilleures : il n'y avait ni essence, ni matières premières. Une fois la guerre finie, le H a été terminé très rapidement. Il y a seulement eu deux prototypes sans passer par des maquettes réduites.
Le premier prototype dispose d'une porte latérale pivotante à gauche, qui encombre le trottoir lorsqu'elle est l'ouverte et n'est guère d'un accès pratique. Elle est remplacée par une porte coulissante sur le second prototype.
La camionnette est conçue rapidement car, selon son cahier des charges, de nombreux éléments proviennent d'autres véhicules de la marque : moteur et boîte de vitesses de la Traction, essieu avant avec voie élargie de la 15-Six, volant, compteur de vitesse, essuie-glaces, poignées de portes et serrures de la Traction Avant, phares et commande de clignotants de la
En 1945, l'État français tente de rationaliser la très faible production automobile nationale en imposant le Plan Pons qui avait décidé, entre autres, que le secteur des véhicules utilitaires légers soit réservé à Peugeot avec son futur D3, dérivé du Chenard & Walker CHV et à Renault avec le fourgon "1 000 kg" qui deviendra plus tard le Galion. Pierre-Jules Boulanger ne se décida pas pour autant à arrêter le "Projet H", mis au point durant la guerre, qui, selon lui, aurait la capacité de démoder toute concurrence qui pourrait lui être opposée. Au Salon de Paris d', il présente, en franc-tireur, le Citroën Type H.
Contrairement au TUB et à son principal concurrent national, le Renault 1 000 kg, qui ont tous deux un châssis séparé, le Type H est un véhicule monocoque autoporteur. L'ensemble moteur-boîte de vitesses de la Traction Avant à quatre cylindres de développant avec une boîte de vitesses à non synchronisés, est placé en position inversée, en porte-à-faux avant, la boîte de vitesse montée de façon à faire du Type H une traction.
Chaque composant est étudié afin d'obtenir le maximum au moindre coût. C'est seulement en que les panneaux latéraux hauts, en toile, sont remplacés par des panneaux en tôle plane soudés à la structure, plus pratiques pour y peindre éventuellement une enseigne commerciale, des projecteurs de petite taille semblables à ceux de la 2 CV sont adoptés et vissés sur un support, la retenue du capot ouvert se fait au moyen d'un câble accroché aux poignées avant extérieures et la peinture de la carrosserie gris métal est celle de la 2 CV. Le pare-brise, en deux parties sur les premiers modèles (si une partie était abîmée, on ne doit pas remplacer la totalité), moins cher, mais pénalisant la visibilité, n'est remplacé par un pare-brise toute largeur qu'en , et l'on s'aperçoit alors que son montage est moins onéreuxCitroën Type H, L'Automobile ancienne.. Le montant central est embouti, mis en forme et soudé avec l'avant de la carrosserie. En , la lunette arrière rectangulaire horizontale est remplacée par une lunette verticale aux coins supérieurs et inférieurs arrondis, commune celles les premières 2 CV Fourgonnettes. Elle est remplacée en par une lunette carrée.
L'accessibilité mécanique, souvent problématique sur les véhicules modernes, étudiés pour une compacité maximale, est très aisée sur le Type H. Si l'ouverture du capot extérieur avant ne donne accès qu'au radiateur et à quelques équipements périphériques (dynamo, pompe à eau), l'accès au moteur et à la mécanique est facile depuis l'intérieur de la cabine : outre le capot moteur amovible situé entre les sièges avant, les planchers entourant le moteur sont démontables en moins d'une minute, grâce à des fixations type aviation que l'on peut dégager avec une simple pièce de monnaie en guise de tournevis.
Les portières « suicide », le capot intérieur, le capot moteur et le volet d'accès latéral à la roue de secours placée à gauche en avant de l'essieu AR sont articulés par des charnières « Yoder » réalisées par simple pliage des tôles avec assemblage par emboîtement coulissant latéral comme pour les Tractions et les 2 CV.
La suspension fait appel à une technique relativement sophistiquée pour l'époque : les barres de torsion, longitudinales à l'avant et transversales à l'arrière (comme pour la Coccinelle VW et la Renault 4 et ses dérivés, confèrent au Type H une bonne capacité de charge et une tenue de route, au-dessus du standard habituel d'un utilitaire.
La boîte de vitesses est à trois rapports non synchronisés, imposant le double débrayage pour rétrograder), une constante sans exception du début à la fin de la production. Le couple important, à bas régime, du moteur de la Traction Avant gomme en partie ce défaut, mais les longs trajets sur route ou autoroute sont rendus pénibles par le bruit du moteur. La vitesse de pointe telle qu'indiquée sur la feuille des mines est de .
Le Citroën H sera en conséquence peu utilisé pour les trajets de ville à ville qu'effectuent facilement ses équivalents modernes. Il sera surtout utilisé pour les marchés de village et le commerce rural ambulant (boucherie, bibliobus, artisanat) voire, en version rallongée et vitrée pour du ramassage scolaire dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres tout au plus.
La porte latérale coulissante, peu fréquente à l'époque, est de série dès le début. Les rétroviseurs extérieurs, eux, sont montés sur le haut des portes pour compenser la lunette arrière centrale minimaliste. Celle-ci a pris trois formes, d'abord horizontale et rectangulaire en plastique puis, à partir de , en verre, en forme d'hippodrome vertical comme sur les 2CV Fourgonnettes de la même époque et enfin, à partir de , plus grande et carrée.
Le Type H fait montre d'un bon sens pratique. La boîte à gants en forme de tiroir est coulissante ; les portes « suicide », s'ouvrant vers l'arrière (sauf dans certains pays comme les Pays-Bas pour les modèles produits localement après 1968), (rendent possibles les descentes rapides lors des livraisons (??)) et les petits pare-chocs arrière en tube coudé permettent d'y accrocher un poulain de chargement ou un plan incliné crocheté, sur lequel on peut faire rouler un diable.
En 1969, le passage des roues arrière devient rectangulaire, remplaçant l'ancien profil semi-circulaire. En conclusion, le Type H bénéficie d'une robustesse, d'une simplicité et d'une bonne ergonomie identiques à celles de la 2 CV.
À une époque où l'on transforme en utilitaires des voitures d'avant-guerre ainsi que des anciens véhicules militaires américains pour pallier la pénurie, le Type H intéresse de nombreux visiteurs lors de sa présentation au Salon de Paris de 1947.
La production du Type H à l'usine du quai de Javel ne débute qu'en Fabien Sabatès et Wouter Jansen, Les camions Citroën, Massin éditeur, 1989. Les années défilent sans autre évolution. Ce sont les propriétaires qui assurent la publicité aux clients potentiels. La société Citroën ne s'en occupe pas beaucoup, ne faisant en général qu'un minimum de publicité jusqu'en 1974, et plus aucune ensuite.
Marchands ambulants : boulangers, bouchers, épiciers, artisans : menuisiers, plombiers, électriciens, brocanteurs, jardiniers, éleveurs : bétaillère (vans transformés par les carrossiers Heuliez et Théault), entrepreneurs de pompes funèbres sont nombreux à l'adopter. Il a été utilisé par des administrations : Les PTT, l'Armée, les hôpitaux (ambulance), la Police nationale, des vacanciers (transformé en camping-car), des voleurs
Sa plate-forme très rigide (une roue AR pouvait ne pas toucher le sol sur un terrain déformé) pouvant être rallongée entre les essieux avant et arrière ou sur le porte-à-faux arrière, ou les deux. Il est impossible de recenser tous les carrossiers qui, pendant les trente-trois ans de production du « Type H », l'ont adapté à la demande des clients.
En fonction de la charge et de sa carrosserie, l'appellation commerciale change : H - de charge utile, HZ - 850 puis de CU, HY - puis de CU, HP - plateau, HX - plateau frigorifique HW - plateau nu pour les carrossiers.
Il y a eu aussi des équipements spécifiques pour véhicules de secours d'urgence, de réanimation, et de chirurgie, avec une suspension oléopneumatique à l'arrière. Celle ci a subi ses premiers essais sur des prototype, puis a été montée en série dès sur les dernières berlines et familiales Traction 15/6H (« H » comme hydropneumatique) pour une mise au point accélérée en vue du nouveau modèle que préparait la marque : la DS.
Citroën a proposé 14 coloris différents, dont une partie réservée aux administrations. Le gris était la couleur la plus fréquente mais le client pouvait choisir le blanc, le rouge, le bleu, et également le vert métallisé, teinte destinée particulièrement à l'exportation.