vignette|La faillite de l'emblématique banque d'affaires Lehman Brothers en septembre 2008, point de départ de la crise financière (la banque présentait un bilan maquilléStéphanie Fontenoy, Lehman Brothers trichait sur son bilan financier, La Croix du 17/03/2010. grâce à une astuce comptable, le Repo 105 ; son auditeur financier, Ernst & Young, chargé de vérifier ses comptes, était au courant de l'usage du Repo 105 mais n'en a rien révélé).

La crise bancaire et financière de la fin de l'été 2008, aussi connue comme la crise estivale de 2008, est la seconde phase de la crise financière mondiale de 2007-2008, après la crise des subprimes de l'été 2007Un journaliste a parlé de : Guillaume Duval, "La crise jusqu'où?, Alternatives économiques de décembre 20089 et le temps fort de la crise économique mondiale des années 2007-2012. Notons pourtant que des signes avant-coureurs s'étaient déjà manifestés dès (donc avant l'été) puisque la banque HSBC avait lancé dès le un "profit warning" qu'elle justifiait par l'accroissement sensible de ses provisions pour créances douteuses sur le marché immobilier nord-américain.

Cette seconde phaseOpinion de Michel Aglietta cité dans : , marquée par un accroissement de la crise de liquidité et de la crise de confiance et un renchérissement supplémentaire du crédit par une augmentation du taux interbancaire, touche tous les pays du monde. Elle s'est rapidement répercutée sur les marchés boursiers par une chute des cours (certains parlent du « krach de l'automne 2008 »)Voir article d'Olivier Pastré "La crise des subprimes et ses conséquences" Questions internationales , novembre-décembre 2008, , tandis que le resserrement du crédit pour les entreprises et les ménages pèse sur l'activité économique mondiale. Ce qui résulte de l'accroissement des nouveaux produits.

Cette seconde phase est fortement marquée par une crise bancaire qui commence durant la semaine du lorsque plusieurs établissements financiers américains entrent en cessation de paiement, et sont soit sauvés in extremis par la Réserve fédérale américaine (Fed) – comme la compagnie d'assurance AIG –, soit rachetés par des concurrents en meilleure situation, soit mis en liquidation – comme Lehman Brothers. D'autres marquent rétrospectivement le début de cette phase avec la nationalisation de Freddie Mac et Fannie Mae le . En Europe, plusieurs institutions financières sont sauvées par l'intervention des États et des banques centrales (Banque centrale européenne dans la zone euro) : l'assureur Internationale Nederlanden Groep est ainsi recapitalisé par l'État à hauteur de d'eurosDutch ING Receives 10 Billion Euros in State Aid, Deutsche Welle, 19 octobre 2008Manuel Riesco, Séisme sur les retraites en Argentine et au Chili, Le Monde diplomatique, décembre 2008.

Les gouvernements et banques centrales ont réagi de manière plus ou moins concertée à un début de crise systémique, avec l'objectif à très court terme de maintenir la continuité du système de paiements et du marché interbancaire qui auraient été très affectés par la faillite de plusieurs grandes banques. À cette fin, les banques centrales ont abaissé leurs taux directeurs et la Fed a élargi sa prise en pension de titres à des actifs risqués ; le gouvernement des États-Unis a repris via une structure de défaisance une partie des « actifs toxiques » détenus par les banques (première phase du Plan Paulson) ; des États ont élargi leur garantie des dépôts des particuliers et ont partiellement nationalisé des institutions bancaires en faillite ou proches de l'être (en particulier au Royaume-Uni, où huit banques ont été concernées). Les pays les plus exposés à la crise, en particulier parce qu'ils sont endettés en monnaie étrangère comme l'Islande et l'Ukraine, ont connu une forte dévaluation de leur monnaie et sont entrés dans une situation de cessation de paiement, qu'une aide financière du FMI a résolue.

Cette aggravation de la crise financière a fortement accentué la récession entamée début 2008, visible par la dégradation rapide des prévisions économiques d'activité pour 2009, poussant les gouvernements à engager des plans de relance financés par la dette. Les discussions concernant la régulation des activités financières se sont accentuées, notamment au cours du sommet du G20 de novembre 2008.

Calendrier Automne 2008, phase aiguë de la crise financière de 2007-2008

La crise financière a débuté au cours de l'été 2007 avec la crise des subprimesDominique Doise, associé du cabinet d'avocats Alérion, in Subprime : le prix des transgressions/ Subprime: Price of infringments, Revue de droit des Affaires internationales (RDAI) / International Business Law Journal (IBLJ), , 2008 . Bien que quelques faillites aient été provoquées en 2007 et début 2008, dont celle de , du subprimeLaurent Thevenin, « L'ampleur de la crise financière bouleverse le paysage bancaire international », Les Échos du 1/10/2008, ou celle de la banque de Wall StreetBear Stearns devrait être racheté par JPMorgan Chase, Les Échos, 14 mars 2008, Bear Stearns, rachetée le par JPMorgan Chase avec l'aide de la Fed, la situation s'est aggravée très rapidement au début du mois de . Fannie Mae et Freddie Mac, deux organismes semi-étatiques chargés du refinancement des prêts immobiliers aux ménages, vont commencer à connaître de graves difficultés. Les évènements vont alors se précipiter et la faillite de Lehman Brothers aggravera grandement la situation. Le paysage bancaire sera profondément modifié, tandis que les places boursières connaîtront de fortes variations (du 01/01/2008 au 24/10/2008, le CAC 40 baisse de 43,11 %, le Dax (Allemagne) de 46,75 %, le FTSE 100 (Royaume-Uni) de 39,86 %, le Nikkei (Japon) de 50,03 % et le Dow Jones (États-Unis) de 36,83 %Le Monde du 27/10/2008, ).

Septembre 2008 thumb|Niveau moyen du Dow Jones Industrial, entre janvier 2006 et novembre 2008World-Crisis.net -- Global Financial Crisis - Dow Jones Industrial.

Le , Freddie Mac et Fanny Mae sont mises sous tutelle. Ces deux institutions, , sont considérées comme Chiffres et citation voir Les Échos, , vendredi 3 et samedi 4 octobre 2008. Le Trésor américain envisage d'y investir USD pour les sauver. Le , Lehman Brothers se déclare en faillite après que Bank of America et la Barclays, qui étaient intéressées par son rachat, se furent retirées du dossier, faute de garanties données par les autorités fédérales. Bank of America rachète alors Merril Lynch de dollars. Cette dernière est en effet à court de liquidités après avoir perdu de dollars depuis l'été 2007. La faillite de Lehman Brothers Les informations précédentes et la citation viennent de l'article de Sylvain Cypel, Le Monde du 16/09/2008. Cette faillite qui constituerait Sylvain Cypel, Ibid, provoque un affolement des bourses mondiales où les actions du secteur bancaire plongent de plus de 7 % (à Londres la Barclays perd 8,20 % et à Paris la Société générale 7,63 %). Pour apaiser les tensions, la Banque centrale européenne annonce un appel d'offres rapideLa source des chiffres est l'article de Claire Gatinois, Les bourses mondiales s'affolent, Le Monde du 16/09/2008. La Fed et le département du Trésor des États-Unis seront par la suite accusésVoir interview de Joseph Perrella PDG de Perella Weinberg Partners "Laisser Lehman Brothers faire faillite a été une erreur majeure" Les Échos du 29 octobre 2008 d'avoir aggravé la crise en ne sauvant pas Lehman Brothers dont la faillite a provoqué un début de crise systémique. Le , AIG, premier assureur américain, est sauvé par l'État au prix d'un prêt de de dollars accordé par la Fed et d'une nationalisation du capital à hauteur de près de 80 %Oddo Securities, Morning Credit du 17 septembre 2008, . En effet, la Fed le considère comme (« trop risqué pour faire faillite ») c'est-à-dire que sa faillite aurait fait courir de grand risque aux marchés et à l'économiePierre de Gesquet, AIG au bord du gouffre, Les Échos du vendredi 3 et du samedi 4 octobre 2008. À partir du , la britannique Barclays et la japonaise Nomura rachètent les actifs de Lehman Brothers qui s'est déclaré en faillite le week-end des 13-. Morgan Stanley voit fin septembre l'entrée à son capital (21 % des actions pour de dollars) de la plus grande banque japonaise, Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG). Le , la banque britannique Halifax-Bank of Scotland (HBOS) est rachetée pour de dollars par la Lloyds TSBFusion catastrophe entre HBOS et sa rivale, la Lloyds Libération. Le , Washington Mutual, l'une des premières caisses d'épargne américaines, a été saisie et l'essentiel des actifs seront revendus à JPMorgan Chase, pour 1,9 milliard de dollars, qui devient alors la première banque américaine par l'actif sous gestion. Le , la banque du Benelux Fortis, est nationalisée partiellement, les trois États du Benelux apportant d'euros de capitaux propres pour 49 % du capitalDe Fortis à Bradford, la finance européenne touchée à son tour par la crise. Le également, la banque britannique Bradford & Bingley, spécialisée en crédit immobilier, est nationalisée. Son réseau bancaire est racheté par l'espagnol Banco Santander pour d'euros (déjà propriétaire d'Abbey et d'Alliance & Leicester acheté fin 2007 pour un prix qui s'avère, en , de 1,6 milliard d'euros)Les Échos, 30 septembre 2008, p. 33. Le toujours, la banque allemande Hypo Real Estate, spécialisée dans le financement de l'immobilier, est sauvée par un plan d'urgence de d'euros qui doit permettre « une liquidation dans l'ordre et non en catastrophe »Les Échos, 30 septembre 2008, . Le , la première banque mondiale pour le financement des collectivités locales, la franco-belge Dexia, lève d'euros auprès des gouvernements belges, français et luxembourgeois ainsi qu'auprès des actionnaires existants.

Octobre 2008 Le , Wachovia est rachetée, pour de $ par Wells Fargo, redonnant à ce dernier la première place mondialePresse Canadienne et AFP, 13 septembre 2008. Le , Unicrédit, première banque d'Italie, fait appel au marché pour d'eurosUnicredit: l'appel au marché fait chuter le cours. Le , BNP Paribas prend le contrôle de Fortis en Belgique et au Luxembourg pour d'euros, tandis que l'État belge devient le premier actionnaire du groupe françaisBNP Paribas reprend d'importants actifs de Fortis pour d'euros. Le , le gouvernement allemandHypo Real Estate : Berlin évite la faillite La Tribune a obtenu du secteur bancaire et de l'assurance qu'il accorde une ligne de crédit supplémentaire de d'euros à Hypo Real EstateLe communiqué Hypo Real Estate en anglais. Le , six banques britanniques (HBOS, Royal Bank of Scotland, Lloyds TSB, Standard Chartered, Nationwide et Abbey filiale de Santander) sont partiellement nationalisées, la banque HSBC refuse néanmoins l'aide du gouvernement anglais. Il faut entendre par là qu'en échange d'une entrée dans leur capital, et d'une garantie du Trésor sur les emprunts obligataires de de livres, le gouvernement britannique entend notamment peser sur la politique des dividendes, sur les rémunérations des dirigeants, ainsi que sur la distribution de crédit aux petites entreprises et aux acquéreurs immobiliersIsabelle Chaperon, « Gordon Brown décide de la nationalisation partielle de banques britanniques » Les Échos du jeudi 9 octobre 2008 Le , l'assureur japonais Yamato Life se déclare en failliteFaillite de l'assureur japonais Yamato Life.

Novembre 2008 Le , le journal Le Figaro titre que les actionnaires ont perdu de dollars entre la fin 2007 et le soit Hervé Rousseau, « Les actionnaires ont perdu de dollars », Le Figaro du 3/11/2008. Le Monde des 26- faisait état de de dollars évanouis et d'une perte de presque la moitié de la capitalisation boursière des grandes places financièresLe Monde, dimanche 26 et lundi 27 octobre 2008.