Roger Louis Faulques, alias René, né le à Coblence et décédé le à Nice, est un militaire puis mercenaire français, chef de bataillon issu de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, officier parachutiste de la Légion étrangère.

Biographie Roger Louis Faulques, fils d'officier français en service en Allemagne, est maquisard en 1944 et prend part aux derniers combats de la Seconde Guerre mondiale au sein de la armée. Alors caporal, il est cité et reçoit la Croix de guerre à l'âge de 20 ans. Remarqué pour son ardeur au combat et son sens du commandement, il est désigné pour l'École spéciale militaire de Saint-Cyr qui facilite largement ses conditions de recrutement pour pallier le manque d'officiers dans l'armée française à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1946, il est promu sous-lieutenant et est affecté, sur sa demande, à la Légion étrangère au REI ( régiment étranger d'infanterie).

Le , commandant un groupe de légionnaires en Indochine française, il tombe dans une embuscade sur la route coloniale . Ayant perdu la moitié de ses légionnaires, il mène un combat au corps à corps lorsque ses deux pieds sont ouverts par une balle de mitrailleuse. Ses légionnaires le récupèrent alors in extremis et l'éloignent de l'avant de la ligne de feu. Rapatrié vers la métropole pour graves blessures de guerre, il se trouve alors à 23 ans, chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de cinq citations.

Rétabli et promu au grade de lieutenant, il revient en Indochine au BEP (bataillon étranger de parachutistes). À la tête du peloton des élèves gradés du bataillon, il participe aux combats sur la RC4 (Route Coloniale ), lors de l'opération d'évacuation de Cao Bang en septembre et . Grièvement blessé à quatre reprises lors de cette bataille, dans laquelle le BEP perd 80 % de ses effectifs, il gît sur le terrain et est laissé pour mort durant trois jours. Ayant survécu, il est fait prisonnier par les troupes du Việt Minh qui, le jugeant condamné, décident de le rendre, avec d'autres blessés graves, aux autorités françaises. Un colonel du Việt Minh le félicite alors pour son courage. Cité à l'ordre de l'armée, il est fait officier de la Légion d'honneur pour services exceptionnels de guerre et est de nouveau rapatrié en France. Ses blessures lui imposent de séjourner durant deux années à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce pour se rétablir.

Terminant la guerre d'Indochine avec six blessures et huit citations, Roger Faulques sert ensuite durant la guerre d'Algérie au sein du 1er REP, en particulier comme officier de renseignement de ce régiment, lors de la bataille d'Alger. Il se vante d'avoir notamment obtenu des informations permettant l'arrestation de membres du Parti communiste algérien, et ce après avoir fait subir un unique interrogatoire à Henri Alleg. Celui-ci sera plus tard l'auteur de La Question, ouvrage autobiographique traitant de sa détention et des tortures qu'il y subit.

Mis en disponibilité de 1960 à 1963 pour apporter un soutien à la rébellion katangaise dans l'ancien Congo belge, il ne participe pas au putsch d'avril 1961Le Bulletin Quotidien de Renseignement (BQR), rédigé par les services de sécurité katangais, signale l'arrivée de Faulques à Elisabethville, capitale provinciale du Katanga, le 28 février 1961. Cité dans l'ouvrage de Frédéric Vandewalle "Une ténébreuse affaire, ou Roger Trinquier au Katanga", Tam Tam Ommegang, Bruxelles, 1979. Information recoupée par le diplomate français Robert Massé, 24 mars 1961, carton Congo RDC 1960-1963, Archives du Ministère des Affaires étrangères à La Courneuve (AN AL/44QO/63). Massé y confirme "la présence depuis un mois de six officiers français", dont le commandant Faulques. . Agissant officiellement en qualité de mercenaire, il est en réalité en service commandé pour le pouvoir gaulliste. Lié aux réseaux Foccart, il combat les mouvements jugés hostiles à l'influence française, assimilés à une menace communiste globale. La France, qui convoite les richesses minières de la région, cherche à encourager l'indépendance du Katanga pour concurrencer les intérêts anglo-saxons et belges. Entre septembre et , Roger Faulques commande les troupes katangaises, encadrées par des mercenaires, et supervise le siège de Jadotville mené par deux de ses subordonnés, les capitaines Henri-Maurice Lasimone et Michel de Clary, contre une compagnie de Casques bleus irlandais de la mission ONUC des Nations unies. Coordonnant de petits groupes mobiles chargés de harceler les colonnes onusiennes dans Elisabethville depuis son PC clandestin, Roger Faulques s'implique dans les combats, à l'occasion : une photo de Philippe Le Tellier prise le le montre émergeant d'une haie, grenade en main, prêt à la lancer contre un retranchement de Casques bleus indiens. Cet épisode est décrit par le reporter de Paris-Match Jacques Le Bailly dans son livre, "Une poignée de mercenaires".

Ayant quitté l'armée, il continue sa carrière de mercenaire au Yémen d’ à la fin 1964, pour le compte du MI6 (services secrets britanniques). Il reste à Paris, s'occupant de la logistique de l'opération.. Il part ensuite fin 1967 au Biafra avec 53 mercenaires pour encadrer l'armée d'Ojukwu. Il quitte le pays après l'échec d'une attaque non autorisée sur Calabar.

Faulques a servi de modèle à certains personnages des romans de Jean Lartéguy, Les Centurions, Les Prétoriens et Les Chimères noires.

Il se marie avec Marcelle Eugenie Juliette Rigail, née à Castelnaudary le , auxiliaire du personnel féminin de l’armée de terre Bullettin officiel des decorations, médailles et ricompenses du 1963 et décédée à Nice le ..

Ruban

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Décorations Grand Officier de la Légion d'honneur (Décret du ; était Commandeur depuis le Décret du 16 avril 2004, texte officiel) Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation (une étoile de bronze) Croix de guerre des TOE avec 8 citations (5 palmes de bronze-2 étoiles d'argent-une étoile de bronze) (Indochine) Croix de la Valeur militaire avec 3 citations (2 étoiles de vermeil et une étoile d'argent) (Algérie) Croix du combattant Médaille Coloniale avec agrafe « EXTREME-ORIENT » (Indochine) Médaille commémorative 1939-1945 Médaille commémorative de la guerre d'Indochine Médaille commémorative des opérations de Suez Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en AFN (Algérie) Médaille des blessés de guerre avec 6 blessures (6 étoiles rouges)

Décorations étrangères Officier de l'ordre du Million d'Éléphants (Laos) Officier du Mérite Civil Taï Mérite Militaire Taï Croix de la Vaillance avec 1 citation (une étoile de bronze) (Indochine)

Dans la culture populaire Représentations dans la fiction Le personnage de Roger Faulques est joué par Guillaume Canet dans le film Jadotville (2016) de Richie Smyth.

Voir aussi Jean Hallo Liste de personnalités ayant servi à la Légion étrangère Philippe Erulin

Sources Les Mercenaires 1960-1980 Historia numéro spécial 406 bis (1980). Pierre Lunel, Bob Denard, le roi de fortune, Édition , 1991. En ce qui concerne le Yémen, la part belle est donnée aux Français tandis que le rôle essentiel des Britanniques, qui sont les organisateurs et les maîtres d’œuvre sur le terrain de cette intervention, est occulté. Ainsi le colonel du SAS « Johnny » Cooper apparaît-il comme un simple « radio anglais » et le colonel David Smiley n’est-il cité qu’une seule fois (page 244). Cahier de photographies. Colonel David Smiley, , écrit en collaboration avec Peter Kemp. Écrit par un officier qui participa, sur le terrain, aux interventions britanniques, pour le compte du MI6, à Oman (1958-1961) et au Yémen (1963-67). Avec cahier de photographies. Colonel David Smiley Au cœur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6, L’Esprit du Livre Éditions, 2008 , avec un cahier de photographies. Traduction de Irregular Regular, Michael Russell, Norwich, 1994 . MI6: Inside the Covert World of Her Majesty's Secret Intelligence Service - The Free Press - New York - 2000 . Toutes le opérations du MI6 sont détaillées. Le chapitre 19 est consacré à l'Albanie (projet Valuable), le chapitre 30 traite d'Oman et Mascate et le chapitre 31 du Yémen. Index en ligne Nécrologie dans le Daily Telegraph du colonel Jim Johnson (1924-2008, OBE), officier du SAS qui recruta les mercenaires français pour l'opération du Yémen

Références

Liens externes

« Roger Faulques : L'homme aux mille vies, 1924-2011 », sur anai-asso.org

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