L'économie de la Libye dépend principalement des revenus du secteur pétrolier, qui composent la presque totalité des exportations. L'industrie et l'agriculture sont limitées, l'activité agricole pâtissant surtout de la nature des sols du pays, désertiques à 94 %.

Les revenus pétroliers couplés à une faible population ont permis à la Libye d'avoir le PIB le plus élevé par habitant sur le continent africain. À partir de l'an 2000, on assiste à une envolée des cours du Brent., ce qui tire la croissance libyenne vers le haut (sur la période 2003-2008, le PIB est multiplié par 3).. En 2009, avec la chute des cours du pétrole en lien avec la récession qui frappe le monde entier., le PIB libyen chute de à de US$, il remonte légèrement l’année suivante mais le printemps arabe et les deux guerres civiles successives en 2011 ont totalement désorganisé l'économie du pays, dont les différentes factions rivales se disputent les ressources pétrolières. Cette même année, le PIB tombe à de US$. De nos jours, le pays est encore bien loin d'avoir retrouvé son économie d'avant-crise, en effet le PIB s’élève en 2025 à de US$.

Avant le vignette|gauche|Routes du commerce transsaharien au Moyen Âge. Après la fin de l'Empire romain, les populations de l'actuelle Libye passent progressivement à un mode de vie nomade, principalement agricole et pastoral. Sous le haut Moyen Âge, après la conquête arabe du pays, la vie rurale demeure principalement le fait de communautés vivant en autarcie. Les conflits internes portent le coup de grâce à la sédentarité et à l'agriculture en Libye, à l'exception des grandes villes. Au , Tripoli se développe et devient une place forte du commerce maritime et de la piraterie. En 1551, le territoire tombe aux mains de l'Empire ottoman, qui y établit la régence de Tripoli. Les villes de Tripoli, Benghazi, Misrata et Derna sont des étapes importantes pour le commerce en Méditerranée. En dehors des grandes villes, cependant, l'autorité ottomane demeure surtout nominale : le mode de vie à l'intérieur du pays demeure surtout rural et nomade.

Les ports de Tripolitaine et de Cyrénaïque sont en même temps des destinations importantes du commerce transsaharien avec le Ouaddaï et le Kanem-Bornou ; leur importance s'accroît même jusqu'au milieu du sous l'effet de la politique d'isolement du Maroc et de la guerre entre la France et les grandes tribus d'Algérie ; après 1840, l'Empire ottoman rétablit son autorité sur les régences côtières et les oasis du Fezzan.

La colonisation italienne vignette|gauche|Souk al-Mushir à Tripoli, vers 1930. vignette|gauche|Colons italiens en Libye, v. 1926-1939. En 1911, l'Italie, désirant étendre ses territoires coloniaux, envahit le territoire de la régence. Ce n'est qu'en 1931 que le territoire de la Libye italienne est réellement pacifié, et les dernières résistances écrasées : la Libye est alors économiquement ruinée, la guerre ayant détruit l'équilibre agro-pastoral du pays. Les colons italiens ne se sont installés que dans des proportions très modestes. Nommé gouverneur général de la Libye en 1934, Italo Balbo développe la colonie en faisant construire un réseau routier et rénover les villes; il développe en outre la colonisation par la fondation de nouveaux villages de colons, auxquels sont attribués des lopins agricoles. Des nombreux paysans italiens font reverdir des terrains semi-désertiques, en particulier dans la région de Cyrène. La colonisation s'accélère nettement à partir de 1938 : chaque colon reçoit alors de terre, accompagnés d'une maison d'habitation, d'un groupe électrogène, et d'un puits. Au total, environ hectares sont répartis, dont en Tripolitaine (avec et ) et en Cyrénaïque (avec et ). Dans les années précédant immédiatement la Seconde Guerre mondiale, la Libye devient une nouvelle terre privilégiée pour l'émigration italienne. De nombreux villages coloniaux sont créés; les Libyens, quant à eux, reçoivent également des terres de colonisation, mais dans des proportions infimes : sont distribués à des agriculteurs dans de nouveaux seulement.

Après 1945 En décembre 1951, après plusieurs années de transition, la monarchie libyenne accède au rang d'État unifié et indépendant. Le pays est alors l'un des plus pauvres de la planète : 94 % des sujets du royaume sont analphabètes. Les États-Unis et le Royaume-Uni fournissent une aide financière au royaume, en échange de la jouissance de bases militaires. L'Italie accorde des dommages de guerre à son ancienne colonie, mais obtient la reconnaissance des terres accordées à ses ressortissants : dans les années 1960, environ 27000 Italiens, pour beaucoup propriétaires terriens, continuent de vivre en Libye et d'y détenir une partie des surfaces agricoles.

En 1956, l'économie de la Libye est bouleversée par la première découverte d'un gisement de pétrole. D'autres gisements sont découverts dans les années suivantes et en 1965, la Libye devient le premier producteur de pétrole d'Afrique. Dans les années suivantes, la rente pétrolière fait augmenter de manière très substantielle le revenu national mais la hausse des revenus et la hausse des prix suscite également une forte inflation et des tensions sociales, qui aboutissent à une grève générale en septembre 1961. Le développement urbain, qui ne s'est pas accompagné de logements suffisants, suscite l'apparition de bidonvilles : pour y remédier, l'État lance une politique de grands travaux et de logement social.

L'économie de la Libye sous Kadhafi

Mouammar Kadhafi prend le pouvoir le , abolissant la monarchie et proclamant la République arabe libyenne. Le nouveau dirigeant mène rapidement une politique volontariste en matière pétrolière, relevant les royalties et la fiscalité : les revenus du pétrole sont multipliés par huit entre 1969 et 1974. À l'occasion du premier choc pétrolier, le gouvernement prend le contrôle des compagnies pétrolières ; les majors sont, en novembre 1973 et contre de solides concessions financières, prises sous contrôle à concurrence de 51 %. La National Oil Corporation est créée en 1970, afin de coordonner l'industrie pétrolière tout en étant habilitée à signer des contrats avec des compagnies internationales, ces dernières supportant les risques de l'exploration. L'envolée du prix du pétrole provoque une montée en flèche des rentrées de la rente pétrolière. La rente pétrolière permet à Kadhafi de financer des plans d'équipement de grande ampleur, développant notamment le réseau routier du pays; elle finance également des politiques sociales généreuses - le salaire minimum est ainsi doublé - qui, dans les premières années, génèrent un certain consensus autour du nouveau régime. Le volontarisme économique de Kadhafi se traduit également sur le plan agricole : les propriétaires terriens italiens sont ainsi expulsés, et leurs biens confisqués en 1970. La livre libyenne est remplacée en 1971 par une nouvelle monnaie, le dinar libyen.

En 1969, l'industrie libyenne est encore embryonnaire et concentrée sur l'agriculture (avec la conserverie et la minoterie), le ciment et la peinture. Kadhafi s'emploie à développer l'infrastructure industrielle et énergétique, notamment dans les domaines de la pétrochimie (raffinerie, fibres synthétiques et caoutchouc), de la transformation métallurgique (tuyaux, écrous) et du textile (tissage, teinture, prêt-à-porter). Mais globalement, les performances industrielles libyennes demeurent assez médiocres, et ne parviennent pas à résoudre le problème de la dépendance au pétrole.

La Libye dispose d'énormes réserves d'eau fossile souterraine stockées dans une série d'aquifères situés dans les régions centrales et méridionales du pays. Pour remédier aux limites structurelles de l'agriculture libyenne, le gouvernement finance, grâce aux revenus pétrolier et aux ressources en eau fossile, des fondations d'oasis : des superficies de terre circulaires, irriguées en eau, sont mises en culture par des sociétés étrangères, avec des résultats satisfaisants. La recherche de l'autosuffisance alimentaire conduit également à la construction, à partir de 1988, d'un gigantesque aqueduc de de diamètre, la Grande Rivière Artificielle, destiné à combler le déficit en eau des régions habitées et des zones agricoles. La Grande Rivière relie les gisements d'eau profonde de la région de Taberzo (sud de la Cyrénaïque) aux rives de Benghazi et du golfe de Syrte : le projet, réalisé par un consortium sud-coréen avec l'aide technique de bureaux canadiens et américains, voit son troisième tronçon achevé en 2000.

Dans les premières années de la République arabe libyenne, le gouvernement de Kadhafi se distingue surtout par des nationalisations : à partir de 1977, le régime s'engage dans un changement radical en prenant le nom officiel de Jamahiriya arabe libyenne et en adoptant officiellement un mode de gouvernement fondé sur la . L'idéologie personnelle de Kadhafi, la , est dès lors appliquée progressivement au domaine économique.

Le régime s'applique à mettre en œuvre une . Le salariat est supprimé, sous la bannière du slogan : Kadhafi suit dans le domaine économique la même logique de suppression officielle des que dans le domaine politique. La maison doit revenir , la terre , les entreprises industrielles à l'État ou . Le secteur immobilier est partiellement nationalisé. Un programme de confiscation des propriétés supérieures à est progressivement mis en œuvre. Tout au long de l'année 1978, des comités élus prennent le contrôle des entreprises privées. En décembre, l'abolition du petit commerce est annoncée : à partir de 1981, les centaines de boutiques du bazar de Tripoli sont remplacées par des , soit de vastes unités publiques de distribution construites sur le modèle de la consommation de masse. Les professions libérales, jugées incompatibles avec le nouveau système économique, doivent se reconvertir. En 1985, Kadhafi annonce comme précepte la rotation des professions, tous les Libyens devant échanger leurs situations : les ouvriers sont censés devenir soldats, les soldats ouvriers, les étudiants employés et les employés ouvriers. Les conseils de prudence contre le gaspillage alternent avec des initiatives dont la logique échappe à la majeure partie de la population. vignette|305x305px|Le pétrole est la principale ressource de la Libye Les positions radicales du régime sur le plan de la politique internationale ne se traduisent pas forcément par une rupture des relations économiques avec les États antagonistes : malgré les relations exécrables entre la Libye et les États-Unis, des compagnies pétrolières à participation américaine demeurent actives en Libye au début des années 1980. Malgré l'épisode de l'expulsion des anciens colons en 1970, la Libye maintient des liens commerciaux forts avec l'Italie, qui demeure son principal partenaire, y compris au plus fort de l'isolement international du régime de KadhafiLa Libye, une ancienne colonie italienne toujours très liée à Rome , Le Nouvel observateur, 23 février 2011.