La Chartreuse Notre-Dame des Écouges, en , ou Notre-Dame-des-SurveillantsDevaux, Augustin; Van Dijck, Gabriel, Nouvelle Bibliographie Cartusienne, Cartusiana, 2e ed., dl. 3: Maisons de l'Ordre, Grande Chartreuse, 2005, 785 p. est un ancien monastère de l'ordre des Chartreux qui a été fondé en 1116 (ou en 1114Selon l'affiche apposée par le Conseil départemental à l'entrée du site) en Dauphiné de Viennois, aujourd'hui en Isère, dans le massif du Vercors, sur le territoire de la commune de Saint-Gervais à quelques kilomètres au nord du col de Romeyère.

Cette maison a été fondée trente-deux ans après la maison-mère de cette congrégation de moines-ermites installée, non loin de Grenoble, dans le monastère de la Grande Chartreuse.

Les ruines de l'ancien monastère ou prieuré car les chartreuses furent, en fait, dès l'origine, placées sous l'autorité d'un prieur, notamment son église conventuelle située, historiquement, à proximité de l'ancienne Maison-Haute, sont encore visibles dans le secteur de la haute vallée de la Drevenne dominée par le Banc de l'Ours et les rochers de Cumacle aux limites des communes de Saint-Gervais, de Rovon et d'Autrans-Méaudre en Vercors.

Cet établissement religieux fut, avec celle du val Sainte-Marie à Bouvante, dans la Drôme une des deux seules chartreuses avoir été installée dans le périmètre massif du Vercors. La maison des Écouges reste cependant la seule de l'ordre à avoir été construite en altitude dans ce massif préalpin, rendant son accès très difficile en hiver.

L'emplacement malaisé de ce monastère cartusien finira, d'ailleurs, par entraîner son abandon par les moines en 1391, soit moins de trois siècles après son ouverture.

Les ruines de cet ancien ensemble religieux (protégé depuis 2007 par un immense abri de 80 mètres de côté) et le territoire de l'ancien domaine des Écouges, reclassé en zone naturelle sensible, appartiennent au conseil départemental de l'Isère depuis 2003Site Isère Patrimoine, page "la chartreuse des Écouges à l'abri. Localisation et accès

Localisation Les ruines de la chartreuse des Écouges sont situées à environ d'altitude à proximité du canyon des Écouges qui marque le rebord occidental d'un haut plateau dépendant du territoire de la commune de Saint-Gervais et dont le bourg central est situé, en contrebas, dans la vallée de l'Isère. La Drevenne, petit torrent du massif du Vercors s'écoule au pied des anciens bâtiments et marque la limite communale avec RovonFiche thématique sur la chartreuse des Écouges.

Le domaine dans lequel se situe l'ancienne chartreuse est situé depuis 2002 dans l'Espace naturel sensible des ÉcougesAcadémie de Grenoble, page sur l'ENS des Écouges. Celui-ci s'étend sur , entièrement situé dans une zone de moyenne montagne.

Accès routier La route départementale 35 (RD 35) est la seule route carrossable qui permette de rejoindre le secteur de la chartreuse des Écouges (parking), à partir des communes de Saint-Gervais (par le nord) et de Rencurel (par le sud).

Le site n'est desservi par aucune ligne de transport en commun au niveau local ou départemental. La gare ferroviaire la plus proche est celle de Vinay, située à environ 15 kilomètres.

L'autoroute la plus proche du site est l'A 49 et la sortie de cette voie autoroutière desservant le secteur est l'échangeur: de l'autoroute A49.

Par la vallée de l'Isère (Grenoble et Saint-Gervais) Les ruines de l'ancien monastère cartusien sont accessibles par le bourg de Saint-Gervais, traversée par la route départementale 532. Au carrefour de cette route et de la RD 35 en venant de Valence et de la RD 35C en venant de Grenoble, un panneau routier indique la direction du Col de Romeyère et des Coulmes. En parvenant dans le bourg, un nouveau panneau indique la même direction avec l'ajout du nom de la commune de Rencurel. Il s'agit d'une route très étroite, difficile d'accès aux gros véhicules et présentant de nombreux viragesSite Isère tourisme, page sur la route du canyon des Écouges. Au bout de quelques kilomètres, après avoir traversé un tunnel, la route parvient au parking du canyon des Écouges.

Par le Vercors (Villard-de-Lans et Rencurel) Une autre route permet de rejoindre le site. À partir de Villard-de-Lans et du centre du massif du Vercors, il s'agit de la route départementale 531. Au carrefour de la route de la RD 35 en venant de Villard ou de Pont-en-Royans, un panneau routier indique la direction de Rencurel. La route monte ensuite vers le col de Romeyère puis continue vers le parking du canyon des Écouges.

Accès piétonnier Les ruines de la Maison-Haute et de son église sont accessibles depuis un parking réservé aux véhicules à moteur situé au lieu-dit Pont Chabert, situé au bord du torrent de la Drevenne, en amont du canyon des Écouges et du tunnel éponyme. Il n'y a pas de possibilité d'accéder au site pour les personnes à mobilité réduite (sauf portage).

Deux moyens d'accès (uniquement à pied) Au niveau du parking, un panneau situé au débouché d'un petit escalier forestier indique un passage plus direct vers l'ancienne chartreuse. Au bout de 800 mètres de montée, un modeste sentier balisé, d'accès assez difficile, permet d'accéder à un chantier de fouille (site soumis à restriction) qui a permis de mettre au jour les fondations de l'église médiévale de la chartreuse et de son autel, rares vestiges encore visibles et protégés des intempéries par un grand abri installé par le propriétaire des lieux, le département de l'Isère Site ulyne, page sur la ballade de la Chartreuse des Écouges. À l'entrée de ce même parking, un grand chemin forestier, lui aussi piétonnier, mais utilisé par les véhicules autorisés (ONF) débute face à une cabane forestière construite en rondins et s'élève en direction de la ferme du Rivet. Au bout d'un kilomètre, un panneau indique, sur la droite, la direction de la chartreuse et permet d'emprunter un sentier plus modeste. Après avoir longé une cascade dite des tufs, ce sentier balisé serpentant dans les bois permet d'accéder au site au même niveau que le sentier décrit précédemment.

Étymologie Chartreuse des Écouges : en .

Selon la revue linguistique suisse dénommée les Cahiers Ferdinand de Saussure, le mot écouges est une évolution du terme Excubiae ou Excubia, signifiant « poste de veilleur ». Cette revue fait d'ailleurs référence, de façon explicite, au site des Écouges et dont le principal est extrait, ci-dessousBooks Google, "Cahier Ferdinand de Saussure", Tome 51, page 279 :

Histoire Origine des Chartreux vignette|Bruno et ses six compagnons devant l'évêque saint Hugues de Grenoble (manuscrit du ). L'histoire de l'ordre des Chartreux commence en 1084, soit trente-deux ans avant la fondation de la maison des Écouges, avec la fondation du premier monastère dans le massif montagneux de Chartreuse, au-dessus de Grenoble en Dauphiné, par saint Bruno dit Bruno le Chartreux, écolâtre de Reims et Allemand originaire de Cologne et six compagnons (Lanuin, Hugues le Chapelain, Étienne et Étienne, ainsi que deux laïcs : André et Guérin) qui fondèrent ensemble la communauté de la Grande Chartreuse, maison-mère de l'ordre cartusien.

La première communauté cartusienne était majoritairement composée de clercs séculiers et de chanoines réguliers dont deux chanoines réguliers de ordre de Saint-Ruf. Aucun des premiers compagnons de saint Bruno n'était donc moine et l'esprit de la première communauté, comme sa liturgie, fut inspirée de la Règle de saint Augustin, adaptée aux besoins et à la vie semi-érémitique de la nouvelle fondation.

Fonctionnement et coutumes La vie, les coutumes et l'histoire de l'ordre sont indissociables de celles de sa maison-mère, le monastère de la Grande Chartreuse situé dans les environs de Saint-Pierre-de-Chartreuse dans le département de l'Isère en France. Le prieur, chef de l'ordre, et la communauté jouent un rôle fondamental dans la vie et l'évolution de l'ordre. Le Père général est son supérieur. Jusqu'à une période relativement récente, la communauté de Chartreuse ne faisait pas l'objet de visites canoniques.

Au moment de la fondation des premières chartreuses, à l'instar de celle des Écouges, l'Ordre proposait déjà une sorte de synthèse entre les deux principaux modes de vie monastique avec d'un côté, une maison dite (le monastère, proprement dit) des pères vivant essentiellement en ermites contemplatifs dans leurs cellules avec jardinets et de l'autre, une maison basse, dite gérée par des frères convers, organisés en communauté et chargés des tâches matérielles, recevant fournisseurs et visiteurs étrangers non autorisés à se rendre dans le prieuré.

Fondation du monastère

Selon l'ouvrage de Patrick Ollivier-Elliot dénommé Vercors safari-patrimoinePatrick Olivier Eliott, Vercors Safari-patrimoine, page 54, Édition la Fontaine de Siloé, Reynaud de Lans et son frère le chanoine Guigues offrirent les terres des Écouges au monastère de Sainte-Croix-de-Quint en 1104. L'acte de cession indique que ce lieu était déjà occupé et voué à la Vierge Marie.

En 1116, soit trente-deux ans après la Grande Chartreuse, le monastère de Sainte-Croix, desservi par les chanoines réguliers de l’Abbaye Saint-Ruf de Valence offrit le site des Écouges à « des frères ermites », sous l'autorité de l'évêque de Grenoble, l'acte de mentionnant pas le nom de l'ordre concerné. Pourtant, selon Patrick Ollivier-Elliot, c'est durant cette même année que ces frères ermites demandèrent à être rattachés à l'ordre religieux contemplatif à vœux solennels, de type semi-érémitique des Chartreux. Le monastère de la Grande Chartreuse, situé dans le massif de la Chartreuse envoya dès lors quelques moines de l'ordre, mené par Dom Soffred, premier prieur, rejoindre l'établissement des ÉcougesLa revue locale de la Communauté des Communes du Massif du Vercors dénommée Les cahiers du Peuil, dans son édition de 2008 (numéro 7), présente l'intégralité du texte de la charte de donation à l'origine de la érection de la Chartreuse des Écouges (page 18 à 25)..

En 1139, Dom Sofred fait consacrer l'autel de cette nouvelle chartreuse à la Vierge Marie et à saint Jean-Baptiste en présence de trois mille personnes, chiffre considérable quand on connaît le lieu, dont Hugues II, évêque de Grenoble et Ulric, évêque de Die, Actes et (lire en ligne)...

Le monastère proprement dit dénommé fut installé, dès cette époque sur un replat dominant la Drevenne. Le lieu comprenait une église, un cloître et ses cellules monacales se présentant sous la forme de petites maisons avec leur jardinet selon les règles de l'organisation cartusienneSite Chartreuse.org, page sur les cellules des pères chartreux. La , également dénommée correrie dans la dénomination cartusienne était logiquement située en contrebas des lieux où s'imposait le silence, à plus de 750 mètres.

Tentatives d'extension Au tournant du , les chartreux obtiennent le droit de conduire en hiver leurs troupeaux jusqu'à la paroisse de Sérézin-de-la-TourSite de Fabrice Mrugala, page sur les moines et chanoines des Quatre-Montagnes Cependant, le domaine alloué au monastère étant assez réduit, les moines tentèrent d'étendre celui-ci, notamment vers Rencurel, situé plus au sud, mais ils se heurtèrent à une forte opposition, notamment des paysans et du seigneur des lieuxEspaces monastiques en Rhône-Alpes. En 1193, à l'occasion de représailles, la grange de Touron, appartenant à l'ordre monastique et située entre les Écouges et le bourg de Rencurel fut brûlée.