L'histoire économique des États-Unis trouve ses origines à l'époque coloniale, lorsque les Européens s'installèrent en Amérique du Nord à partir du . Les treize colonies anglaises de la côte orientale virent leur économie se développer et la révolution américaine contre la métropole eut des causes économiques. Elle entraîna l'indépendance des États-Unis en 1783 et la formation d'une nation ainsi que d'un marché prospère. L'histoire économique du fut marquée par l'ascension du pays comme puissance productive et commerciale. Les États-Unis s'industrialisèrent rapidement grâce à une main d'œuvre abondante, à des ressources naturelles importantes et variées. La liberté d'entreprendre et le capitalisme américain ont été des facteurs déterminants de l'accession du pays aux premières places de l'économie mondiale. Ces succès alimentèrent une immigration importante. Au , l'économie américaine fut renforcée par les conséquences de la Première Guerre mondiale puis ébranlée par la crise de 1929. En dépit du New Deal mis en place par l'administration Roosevelt, le pays ne sortit du marasme qu'avec la Seconde Guerre mondiale dont il sort grand vainqueur. La domination économique américaine est alors à son apogée. Dès la deuxième moitié du , cette hégémonie est contestée par de nouvelles puissances telles que le Japon et l'Union européenne. À partir des années 1970, l'économie américaine profite mais aussi subit la mondialisation : de nouveaux concurrents apparaissent au début du (Chine, Inde, Russie).
Période précolombienne
L'histoire économique des Amérindiens peut être retracée grâce aux apports de l'archéologie et des sciences auxiliaires de l'Histoire. L'actuel territoire des États-Unis fut peuplé dès l'époque glaciaire par des peuples nomades qui pratiquaient la chasse, la pêche et la cueillette. Les premières civilisations apparaissent dans la première moitié du millénaire : les Mound Builders, les Adenas, les Hopewells et des civilisations du Mississippi, les Mogollons, les Hohokams et les Anasazis pratiquent l'agriculture et l'élevage, produisent des objets artisanaux, sans pour autant maîtriser les techniques de la métallurgie. Ils échangent diverses marchandises sur de longues distances en utilisant des pistes reconnues ou en empruntant les cours d'eau. Ils ignorent l'usage du cheval et de la roue. Les productions agricoles sont adaptées au climat et les Amérindiens transforment leur milieu naturel (brûlis, déforestation).
Époque coloniale thumb|left|Salem, Massachusetts, dans les années 1770. Les premiers contacts entre Européens et Amérindiens remontent au . C'est la recherche d'un passage maritime vers l'Asie qui motive l'exploration européenne de l'Amérique du Nord. Le continent devient un enjeu économique et politique entre les puissances du Vieux Continent. Les rêves de fortune rapide poussent les Espagnols à chercher les légendaires cités d'or au nord du Mexique.
L'arrivée des Blancs sur le continent bouleverse les économies amérindiennes avec l'introduction de nouvelles plantes (blé) et de nouveaux animaux (notamment le cheval). Les coureurs des bois et les premiers explorateurs mettent en place la traite des fourrures. Le choc microbien fait chuter de manière spectaculaire et rapide le nombre d'Amérindiens.
Les Espagnols fondent des missions qui développent l'agriculture et l'élevage dans le Sud-Ouest des États-Unis. Les Français prennent possessions de la Louisiane à la fin du et échangent des produits avec les Amérindiens. Sur la côte orientale, les compagnies maritimes fondent des colonies et assurent le commerce entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Au , la population se concentre sur la côte orientale des États-Unis. L'économie des Treize colonies est marquée par la diversité : les colonies du Sud pratiquent une agriculture de plantation dont les productions (tabac, indigo, riz) sont exportés vers la métropole. Les champs sont cultivés par des esclaves d'origine africaine qui travaillent pour des aristocrates. Au centre, l'économie repose sur l'agriculture, l'élevage et l'artisanat. La Nouvelle-Angleterre doit sa prospérité au commerce maritime, à la pêche, aux chantiers navals et aux manufactures. Elle voit l'émergence d'une petite bourgeoisie.
Les colons dépendant de la Grande-Bretagne pour leur approvisionnement, même si la contrebande existe. Ils réclament l'assouplissement du mercantilisme et du système de l'exclusif, se plaignent de la pénurie de monnaie et de l'augmentation de la fiscalité. Ces raisons économiques, conjuguées à des motivations d'ordres politique, social et philosophique, aboutissent à la Révolution américaine.
vignette|Droits de douane (France, UK, USA, 1830-2010). L'industrialisation transforme les États-Unis au cours du . L'agriculture et les manufactures se mécanisent alors que les services connaissent une standardisation précoce. Les innovations technologiques et l'emploi de machines-outils y sont donc plus importants qu'ailleurs. Le téléphone, inventé par Alexander Bell est diffusé à un million d'exemplaires en 1900. Les industriels du Nord ont fait adopter par le congrès des droits de douane exorbitants : 47 % en moyenne sur les importations. Entre 1860 et 1900, d'immigrants arrivent aux États-Unis qui représentent une main-d'œuvre peu exigeante pour l'industrie en plein essor.
Construction d'une économie nationale vignette|Les États-Unis en 1820. La constitution américaine de 1787 fonde une nation et un marché unifié. Le Secrétaire au Trésor Alexander Hamilton établit des douanes sur les produits importés ainsi que la première banque des États-Unis en 1791. Une deuxième banque est créée en 1816 en remplacement de la première.
La vente de la Louisiane par le Premier Empire permit au jeune État de doubler sa superficie.
En 1820, les États-Unis ont une PIB/PPA de de dollars internationaux soit 1,8 % du PNB mondial, soit plus que l'ensemble de l'Amérique Latine.
Développement de l'agriculture
thumb|Une égraineuse à coton (1869). La production du coton augmente fortement lorsque l'égraineuse se diffuse dans les plantations du Sud des États-Unis. Elle utilise la main d'œuvre esclave et repose sur la domination de grands propriétaires fonciers. La première moitié du voit l'afflux de migrants vers les terres fertiles du Midwest. Le gouvernement fédéral développe le réseau des transports (Cumberland Pike en 1818, Canal Érié en 1825). La Panique bancaire de 1837 se produisit lorsque la bulle spéculative éclata à New York, lorsque les banques cessèrent tout paiement en espèce (monnaie or ou argent). La panique fut suivie d'une dépression longue de trois années, accompagnée de faillites bancaires et d'un taux record de chômage.
Industrialisation thumb|Évolution de la croissance économique aux États-Unis (1700–1850). thumb|Le canal Érié, d'après W. H. Bartlett (1839).
L'industrialisation transforme les États-Unis au cours du . L'agriculture et les manufactures se mécanisent alors que les services connaissent une standardisation précoce. Les innovations technologiques et l'emploi de machines-outils y sont donc plus importants qu'ailleurs. Le téléphone, inventé par Alexander Bell est diffusé à un million d'exemplaires en 1900. Les industriels du Nord ont fait adopter par le congrès des droits de douane exorbitants : 47 % en moyenne sur les importations. Entre 1860 et 1900, d'immigrants arrivent aux États-Unis qui représentent une main-d'œuvre peu exigeante pour l'industrie en plein essor. Vers 1860, l'industrie emploie un tiers de la population active.
Entre 1860 et 1890, la production industrielle est multipliée par 11. Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de charbon. L'industrialisation profite surtout à la Manufacturing Belt, dans le nord-est des États-Unis. Le Sud a développé des industries de transformation mais reste sous la dépendance économique du Nord.
En 1873, le produit par tête aux États-Unis a dépassé le produit par tête au Royaume-Uni, alors la première puissance économique mondiale.
Ruée vers l'or
La ruée vers l'or attira en Californie plus de , américains et étrangers entre 1848 et 1856. On estime que la valeur des quantités d'or découvert pendant cette période s'élève à plusieurs milliards de dollars actuels. La ruée vers l'or eut des conséquences mondiales et transforma profondément la Californie. Alors petit hameau constitué de tentes, San Francisco se développa sous la pression de la croissance démographique. Un système de loi et un gouvernement furent créés, gouvernement qui mènera à l'admission de la Californie en tant qu'État américain en 1850. De nouveaux modes de transport se développèrent : le bateau à vapeur, qui devient un moyen de transport régulier, et les chemins de fer. L'agriculture, futur pan majeur de l'économie californienne, commença à se développer à travers tout l'État.
Révolution des transports
thumb|Les nouveaux chemins de fer américains, photographie anonyme de 1860.
Les années qui suivent la guerre de Sécession sont celles où le chemin de fer est roi. Des milliers de kilomètres de voies ferrées sont construits jusqu'à la fin du . En 1900, de lignes de chemin de fer couvrent le territoire américain dont cinq transcontinentaux. La production sidérurgique et le commerce se trouvent ainsi stimulés.
Il existe une concurrence sauvage entre les entreprises. Dans les chemins de fer la guerre des tarifs fragilisent les compagnies. En effet dans les lignes soumises à la concurrence, les compagnies baissent leurs tarifs et vont jusqu'à vendre à perte pour capter la clientèle, quitte à se rattraper sur les lignes où elles n'ont pas de concurrence. Lors de la crise économique de 1873, beaucoup sont acculées à la faillite et sont rachetées à bas prix. Les autres préfèrent signer des accords secrets pour se partager le marché, mais ces accords ne fonctionnent vraiment qu'en période de prospérité.
Concentration
La période se caractérise en outre par une tendance à la concentration des entreprises qu'il est possible d'attribuer au désir de contrôler le marché, de faire des économies d'échelle et aux capitaux de plus en plus importants que nécessitent le développement industriel. Le cas le plus connu est celui de Rockefeller qui rachète les droits de vote des actionnaires d'une quarantaine de compagnies pétrolières pour les contrôler. Ces dernières forment un trust sous sa direction.
À la fin des années 1880, une quinzaine de trusts se sont ainsi constitués. En 1890, la loi Sherman interdit les trusts. Les capitaines d'industrie choisissent alors la holding comme forme de concentration. La compagnie Carnegie fournit 25 à 30 % de l'acier américain. Elle possède aussi ses mines de charbon et de fer, ses bateaux et ses trains. La compagnie Carnegie est ainsi un remarquable exemple des mouvements de concentration horizontale et verticale du capitalisme américain.
Guerre civile et reconstruction
Au milieu du , le Sud des États-Unis reste rural et dépendant des États du Nord pour les capitaux et les biens manufacturés. Les intérêts économiques des planteurs sont préservés tant que le Sud contrôle le gouvernement fédéral. Le Parti républicain est fondé en 1856 et défend les intérêts du Nord industriel. Il porte au pouvoir Abraham Lincoln qui met en place un tarif protectionniste. Le premier chemin de fer du Pacifique est décidé en 1862, et l'année suivante, un système bancaire national est établi pour financer la guerre de Sécession. La supériorité économique du Nord lui permet de remporter la guerre civile (1861 - 1865).