Incendies est un film dramatique québécois réalisé par Denis Villeneuve, qui a écrit le scénario avec Valérie Beaugrand-Champagne et sorti en 2010. Le film est inspiré de la pièce de théâtre Incendies de Wajdi Mouawad, elle-même inspirée de la vie de Souha Bechara..

Il est présenté en première mondiale lors de la Mostra de Venise et sélectionné dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère en vue de la des Oscars. Le film remporte neuf prix à la des Jutra le , dont celui du meilleur film et du meilleur scénario. Incendies est considéré comme l'un des 10 meilleurs films de 2011 par The New York Times..

Le film évoque les jumeaux Jeanne et Simon qui, à la suite du décès de leur mère Nawal Marwan, se voient remettre deux lettres par le notaire Jean Lebel. L'une qu'ils doivent donner à leur père qu'ils n'ont jamais connu et qu'ils croyaient mort, et l'autre à leur frère dont ils ignoraient l'existence. Commence alors pour les jumeaux une longue quête vers leurs origines, et le dévoilement de la vie secrète et tragique de leur mère.

Synopsis L'intrigue repose sur le conflit entre musulmans et chrétiens durant une guerre civile dans un pays imaginaire, aux toponymes inventés. On pense au Liban, bien que le mot ne soit jamais prononcé dans le film, mais le réalisateur a voulu ..

L'histoire commence dans la partie chrétienne, au nord d'une contrée fictive du Moyen-Orient. Nawal Marwan, de confession chrétienne, est forcée d'abandonner son premier fils, Nihad, à sa naissance car il était le fruit d'une relation avec un musulman. La grand-mère de Nawal le marque toutefois au talon droit de trois points alignés verticalement à titre de signe distinctif, après quoi l'enfant est placé dans un orphelinat à Daresh , où sa mère se promet de venir le rechercher, une fois qu'elle aura terminé ses études.

Mais les tensions éclatent dans le pays et, voulant retrouver son enfant, Nawal se rapproche de la zone de conflits. Quand elle arrive à l'orphelinat, il est trop tard : le bâtiment a été détruit par des milices musulmanes qui ont emmené les enfants avec eux, du côté des camps de réfugiés de Deressa. Elle prend donc un bus à destination de ce camp. Mais le bus est attaqué par des chrétiens à la solde d'un chef politique, qui massacrent les passagers musulmans, et Nawal ne doit son salut qu'à la croix qu'elle porte autour du cou. Quand elle arrive enfin à Deressa, elle découvre les ruines du camp de réfugiés, entièrement détruit par les chrétiens. Dans ces conditions, avec son fils avalé par la guerre, le père de son fils assassiné, elle n'a plus rien à perdre et rejoint un groupe radical musulman. Elle infiltre le camp adverse en tant que professeur de français et réussit à assassiner un dirigeant politique chrétien (le chef de la milice chrétienne).

Pour ce meurtre, elle est condamnée sans procès et enfermée pendant 15 ans à la prison secrète de Kfar Ryat, dans le sud, qui évoque la prison de Al-Khiam, à l'époque sous contrôle israélien. Elle y est régulièrement torturée et violée par Abou Tarek, un ancien tireur d'élite recyclé en bourreau. Elle chante souvent pour ne pas sombrer dans le désespoir et la folie. Durant sa détention, elle tombe enceinte de son bourreau et accouche de jumeaux, ceux-là mêmes qui rechercheront leurs origines.

C'est que son fils, Nihad de Mai (surnom provenant de la date de son inscription dans les registres de l'orphelinat de Daresh), avait entretemps été recruté et formé par les milices musulmanes. Tireur d'élite hors pair, il veut s'enrôler dans les rangs des combattants martyrs et mourir afin que ses photos soient largement médiatisées et que sa mère puisse ainsi voir son visage ; toutefois, son chef, Chamsedinne, s'y oppose. Sans famille, sans attache, Nihad devient possédé par la guerre. Devenu franc-tireur, il est désormais « soldat de la mort » qui « tire sur tout ce qui bouge », dira de lui Chamseddine dans le film. Mais Nihad finit par être capturé par le camp chrétien qui en fait un gardien de prison. Et c'est là que Nihad Harmanni, qui va prendre le nom d'Abou Tarek, devient le bourreau de sa propre mère — dont il ignore tout, et à la fois le frère et le père des jumeaux.

À sa sortie de prison, « la femme qui chante » apprend que ses jumeaux sont encore vivants. Elle les retrouve, et son ancien chef de milice les exfiltre tous les trois au Canada, une récompense pour « services rendus ». Là-bas, bien des années plus tard, alors qu'elle se baigne dans une piscine publique, elle voit un homme au bord du bassin, qui lui tourne le dos. Elle aperçoit alors le tatouage que l'homme porte au talon, et reconnaît les trois points qui avaient été tatoués à son fils, quarante ans auparavant, la dernière fois qu'elle a vu son fils nouveau-né avant qu'elle n'ait dû l'abandonner. Cet homme n'est donc autre que Nihad. Mais très vite l'horreur saisit Nawal quand l'homme se retourne et qu'elle reconnaît en lui son bourreau, Abou Tarek. Le choc est alors si grand que Nawal en mourra peu de temps après, confiant seulement son secret au notaire Lebel, son patron, que ce dernier restituera par écrit sous forme de trois lettres : Lettre au père, Lettre au fils et Lettre aux jumeaux. Les derniers vœux de Nawal sont de remettre chacune des trois lettres à leurs destinataires respectifs ; que celle destinée aux jumeaux leur soit remise seulement après qu'ils auront appris la vérité et auront remis au destinataire les deux autres lettres ; que ce ne soit qu'après que les trois lettres soient remises à leurs destinataires respectifs que le corps de Nawal puisse être enterré dignement.

En apprenant la vérité, les jumeaux sont, naturellement, bouleversés au plus haut point. Ils sont conduits par Lebel à Nihad Harmanni, à qui ils remettent les deux premières lettres de Nawal. La Lettre au père est pleine de colère, tandis que la Lettre au fils est pleine d'amour. Les deux premiers vœux de Nawal étant exaucés, les jumeaux se voient remettre par Lebel la troisième et dernière lettre qui parle de l'importance du pardon. Nawal a enfin droit à sa pierre tombale, « tournée vers le soleil », et une épitaphe : . La scène finale du film montre Nihad Harmanni se recueillant sur la tombe de sa mère.

Fiche technique

Titre original : Incendies Réalisation : Denis Villeneuve Scénario : Denis Villeneuve et Valérie Beaugrand-Champagne, adapté de la pièce Incendies de Wajdi Mouawad Musique : Grégoire Hetzel Supervision musicale : Pascal Mayer Conception visuelle : André-Line Beauparlant Décors : Diane Gauthier Costumes : Sophie Lefebvre Maquillage : Kathryn Casault Coiffure : André Duval Photographie : André Turpin Son : Jean Umansky, Sylvain Bellemare, Jean-Pierre Laforce Montage : Monique Dartonne Production : Kim McCraw, Luc Déry Coproduction : Miléna Poylo, Gilles Sacuto, Anthony Doncque Production associée : Phoebe Greenberg, Penny Mancuso Production déléguée : Stephan Traynor, Sylvie Trudelle Sociétés de production : micro scope, TS Productions (coproduction), Phi Group (en association) Sociétés de distribution : Sony Pictures Classics (États-Unis), Happiness Distribution (France), Christal Films, Les Films Séville (Québec), Microscope International Budget : . Pays d’origine : Langue : français, arabe, anglais Format : couleur (Technicolor) — 35 mm — 1,85:1 — son Dolby Digital Genre : drame Durée : Dates de sortie : Italie : (première mondiale lors de la de la Mostra de Venise). Belgique : (Festival international du film francophone de Namur (FIFF)) États-Unis : ( du Festival du film de Telluride). Canada : (première canadienne lors de la du Festival international du film de Toronto (TIFF)) Canada : (sortie en salle au Québec) Canada : (DVD et Blu-ray) Belgique : France : Italie : États-Unis : Classification : États-Unis : R France : Tous publics avec avertissement (visa d'exploitation délivré le ) Québec : 13 ans et plus.

Distribution Pour ce film, le réalisateur a travaillé avec de nombreux amateurs en Jordanie, pays du tournage Denis Villeneuve, scénariste et réalisateur d’Incendies, Defoy, S. (2010). Ciné-Bulles,28(4),42–47..

Lubna Azabal : Nawal Marwan Mélissa Désormeaux-Poulin : Jeanne Marwan Maxim Gaudette : Simon Marwan Rémy Girard : le notaire Jean Lebel Abdelghafour Elaaziz : Abou Tarek / Nihad de Mai / Nihad Harmanni Allen Altman : le notaire Maddad Mohamed Majd : Wallat Chamseddine John Dunn-Hill : le professeur Said Haidar Nabil Sawalha : Fahim Harrsa Baya Belal : Maika, infirmière de la prison Bader Alami : Nicolas Marwan Majida Hussein : la grand-mère de Nawal Karim Babin : le garde du corps de Chamseddine Yousef Shweihat : Sharif, guide de Deressa

Production

Le film a été tourné au Canada et en Jordanie. Irakiens, Palestiniens et Libanais ont participé au tournage.

Musique La bande originale du film est composée par Grégoire Hetzel. Dans le morceau principal au titre éponyme, le compositeur cite le début du quatrième mouvement de la troisième symphonie de Gustav Mahler : « O Mensch! ».

Réception Aux États-Unis, le film Incendies connaît un très bon départ pour la première semaine, gagnant par écran. En comparaison du film Revenge de Susanne Bier (qui a le même distributeur américain que le film Incendies, à savoir Sony Pictures Classics), la gagnante de l'Oscar du meilleur film étranger avait une moyenne d'environ par écran à sa sortie américaine..

Les critiques américaines positives pour un film québécois sont très rares. Selon le baromètre de « fraîcheur » de Rotten Tomatoes, si la cote du film Incendies atteint 93 %, Les Invasions barbares de Denys Arcand, lauréat de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, a cumulé une cote aussi très enviable de 82 % depuis 2003. Avec 93 %, Incendies est, en 2011, le deuxième film le mieux coté par la critique aux États-Unis, après la comédie satirique américaine Les Winners et devant le film français Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois.

Box-office Pays Box-office Date de sortie. Box-office international US Box-office Box-office Box-office Box-office Box-office Box-office

Québec Au début d', après dix-sept jours d'exploitation, le film franchit le cap du million de dollars canadiens au box office. Présenté sur trente-six écrans dans la province de Québec, le film se classe en deuxième position derrière Le réseau social lors de sa troisième fin de semaine en salles.. Après neuf semaines, le film occupe le huitième rang au box-office avec des recettes totalisant environ de dollars.. À la fin de l'année 2010, le film a engrangé environ , ce qui en fait le deuxième film ayant engendré le plus de recettes cette année-là après Piché, entre ciel et terre.. Après cinq mois à l'affiche au Québec, ce film dépasse les trois millions de dollars. Avec la nomination du meilleur film étranger aux Oscars récemment, le film a connu un regain d'intérêt au Québec. Pour répondre aux demandes des spectateurs, depuis le , ce film est à l'affiche de trente-trois salles partout au Québec, soit vingt salles supplémentaires en plus des treize salles déjà disponibles depuis une semaine.. À la vingt-quatrième semaine, les recettes québécoises ont dépassé les trois millions et demi de dollars. Le film est toujours à l'affiche depuis six mois, du rarement vu.. Même si le DVD est disponible dans les vidéoclubs, le film est toujours projeté en douze salles de cinéma, et surpasse même le film le plus populaire de 2010, Piché, entre ciel et terre avec 3,7 millions de dollars..

Quinze ans après sa sortie, le film sera de retour à l'affiche dans plusieurs salles du Québec, dans une version restaurée en 4K..

Canada Pour la recette totale, y compris le Canada anglais, depuis la sortie, Incendies a rapporté , dont au Québec..

France Incendies sort sur soixante-six écrans en France en . Après une semaine, on dénombre environ ..