300px|vignette|droite|Affiche promotionnelle du film Mars & Avril de Martin Villeneuve créée en 2013 lors de la vente aux États-Unis et de la sortie en ligne sur amazon et itunes.

Mars et Avril (ou Mars & Avril) est un film québécois de science-fiction écrit, produit et réalisé par Martin Villeneuve et paru en 2012. Il met en vedette Jacques Languirand, Caroline Dhavernas, Paul Ahmarani et Robert Lepage. Il s'agit de l’adaptation des et 2 du photo-roman éponyme publiés aux Éditions de la Pastèque« Alignement des planètes » | Stéphane Defoy | Magazine Ciné-Bulles | Automne 2012 | pages 44 à 49.

Majoritairement tourné sur écran vert avec un modeste budget de , Mars et Avril comporte de nombreux effets visuels. La conception visuelle est signée par le bédéiste belge François Schuiten, les effets visuels ont été supervisés par Carlos Monzon de Vision Globale et la musique a été composée par Benoît Charest. Le film a été financé par Téléfilm Canada, la SODEC, Les Productions du et le Fonds Harold Greenberg, et est distribué au Canada par Alliance Vivafilm (maintenant propriété de eOne), et aux États-Unis par Gaiam.

Il s'agit du premier long métrage du réalisateur Martin Villeneuve et le premier film de science-fiction moderne fait au Québec.

Synopsis Photo-roman en deux tomes transposé au grand écran, Mars et Avril se déroule dans un Montréal futuriste, alors que l’Homme s’apprête à marcher sur Mars. Jacob Obus (Jacques Languirand), un septuagénaire bien en vue, tire une musique envoûtante d’instruments aux formes féminines, conçus par son ami Arthur (Paul Ahmarani). Les deux hommes tomberont sous le charme de la même femme, une jeune photographe nommée Avril (Caroline Dhavernas). La vraie nature du vieux musicien sera révélée par son premier amour, qu’il sera prêt à suivre jusque sur la Planète rouge. Eugène Spaak (Robert Lepage), père d’Arthur, inventeur et cosmologue, viendra en aide à Jacob pour qu’il retrouve sa muse.

Fiche technique Sources : IMDb et Films du QuébecFilms du Québec Titre original : Mars et Avril Réalisation et scénario : Martin Villeneuve Musique originale : Benoît Charest Direction artistique : Martin Tessier, Patrick Sioui et Elisabeth Williams Conception visuelle : François Schuiten Conception des instruments : Dominique Engel Costumes : Mariane Carter Maquillage : Sophie Lebeau Coiffure : Richard Hansen Photographie : Benoît Beaulieu Son : Pascal Beaudin, Olivier Calvert et Montage : Mathieu Demers Effets visuels : Vision Globale Supervision des effets visuels : Carlos Monzon Production : Martin Villeneuve, Anne-Marie Gélinas et Benoît Beaulieu pour Mars et Avril Inc. Production exécutive : Robert Lepage et Lynda Beaulieu pour Les Productions du Art / Pierre Even et Marie-Claude Poulin pour Item 7 Sociétés de production : Mars et Avril Inc., EMAfilms, Les Productions du Art Société de distribution : Les Films Séville, Alliance Vivafilm Budget : $ CA Pays de production : Tournage : Montréal et Verdun Distribution des rôles : Lucie Robitaille Genre : Science-fiction Format : Couleur – 2,35:1 – Cinéma numérique RED — son Dolby numérique Durée : Dates de sortie : Tchéquie : (première mondiale à la du Festival international du film de Karlovy Vary) Canada : (première montréalaise en ouverture de la section «Focus» du Festival du nouveau cinéma de Montréal au cinéma Impérial) (sortie en salle au Québec) (DVD) Classification : Québec : Visa général

Distribution Jacques Languirand : Jacob Obus Caroline Dhavernas : Avril Paul Ahmarani : Arthur Spaak, concepteur d'instruments de musique pour Jacob Obus Robert Lepage : Eugène Spaak (tête), père d'Arthur Jean Marchand : le pneumatologue Stéphane Demers : Bernard Brel Jean Asselin : Eugène Spaak (corps) / serveur automate Kathleen Fortin : Modèle d'Arthur Marcel Sabourin : Capucin, musicien André Montmorency : Pierrot, musicien Gabriel Gascon : Arlequin, musicien Emanuel Hoss-Desmarais : marsonaute 1 Pierre Leblanc : marsonaute 2 Richard Robitaille : marsonaute 3 Khanh Hua : serveur automate Michèle Deslauriers : standardiste (voix) Denis Gravereaux : cosmologue 1 Charles Papasoff : cosmologue 2 Émilie Blake : secrétaire du pneumatologue

Production Développement En 2005, le maître du théâtre québécois Robert Lepage acquiert une option sur les droits d’adaptation des et 2 du photo-roman Mars et Avril, par le biais de sa société de production Films Ex æquo établie à Québec (qui avait produit le film La Face cachée de la lune en 2003), avec l’intention de les porter au grand écran sous la forme d’un long métrage de science-fiction. Alors que l’auteur des livres, Martin Villeneuve, amorce l'écriture du scénario, Lepage confirme son implication en tant qu'acteur et producteur.

Un an plus tard, Lepage ferme les portes de Films Ex æquo, déclarant à l'époque qu'il ne réaliserait plus de films au Québec. Il encourage néanmoins l'auteur du photo-roman à réaliser lui-même l'adaptation cinématographique. Villeneuve prend le relais de la production, tandis que Lepage demeure impliqué en tant qu'acteur et consultant artistique.

En 2007, Martin Villeneuve contacte le célèbre bédéiste belge François Schuiten (Les Cités obscures), qui accepte de travailler sur le film à titre de concepteur visuel. Schuiten avait déjà collaboré au cinéma sur des films tels Toto le héros, The Golden Compass et . Le jeune cinéaste parvient aussi à convaincre Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, de financer la création des instruments de musique imaginaires nécessaires au tournage de son film, et qui seront fabriqués par l'artiste sculpteur Dominique Engel.. En 2008, la SODEC, Téléfilm Canada, le Fonds Harold Greenberg et Alliance Vivafilm décident de financer la production. Puisque le tournage doit comporter de nombreux effets visuels, une année complète est consacrée à la préproduction« Mars et Avril : Aucune improvisation en amont » | Alexis Gagnon | Magazine Convergence | Octobre 2012 | Couverture + pages 8 à 11. De plus, afin d'accommoder l'agenda très chargé de Robert Lepage, le tournage a lieu à Montréal en deux parties : la première en , et la seconde en . Puisque Lepage n'a que quelques jours de disponibles, Villeneuve tourne son personnage comme un hologramme et demande à un autre acteur portant une cagoule verte de le remplacer lors du tournage principal. Le film est majoritairement tourné sur écran vert, sur une période de , en cinéma numérique RED.

Conception visuelle Mars et Avril bénéficie de la collaboration du bédéiste belge François Schuiten — célèbre pour sa série-culte Les Cités obscures publiée chez Casterman — qui signe la conception visuelle.

Les influences de Martin Villeneuve provenaient surtout de la bande dessinée, en particulier des Cités obscures de Benoît Peeters et François Schuiten — il a approché ce dernier comme concepteur visuel en 2007François Schuiten, L’Horloger du Rêve, Thierry Bellefroid, Casterman, pages 372 à 379. Plutôt que de faire ‘à la manière de’, il voulait impliquer directement la source de ses influences principales dans la création. En préproduction, Schuiten a réalisé des esquisses de décors et, en postproduction, il a veillé à la cohérence visuelle de l'ensemble du film tout en agissant comme conseiller au plan de la direction artistique. Comme la majorité du tournage devait avoir lieu sur écran vert, en seulement et avec un budget très serré de , la clé résidait beaucoup dans la préparation. Les du film furent donc esquissés à la main sous forme de storyboards puis assemblés avec les dialogues en un montage préliminaire appelé “cinématique”, afin de le prévisualiser avant de le tourner. Villeneuve s'est rendu à Bruxelles en pour travailler avec Schuiten, puis ce dernier est venu à Montréal à deux reprises pour assurer le suivi : en puis en . Tout au long du tournage et de la postproduction, les deux hommes dialoguèrent aussi souvent qu'ils le pouvaient par le biais de Skype.

L'une des principales séances de brainstorming (remue-méninges) entre Villeneuve et Schuiten est disponible en guise de commentaire audio sur le DVD du film.

Tournage La plupart des acteurs ayant participé aux deux tomes sont de retour dans le film. Ainsi, Jacques Languirand, Paul Ahmarani et Robert Lepage reprennent respectivement les rôles de Jacob, Arthur et Eugène. Marie-Josée Croze, qui campe la muse Avril dans les livres, n’est cependant pas de l’aventure, faute de disponibilité. C’est à Caroline Dhavernas que le rôle est confié. De la distribution originale du photo-roman, on retrouve aussi Stéphane Demers sous les traits de Bernard Brel.

Robert Lepage interprète un cosmologue ayant expérimenté sur lui-même ses théories portant sur la réalité virtuelle. Ainsi, sa tête désincarnée prend la forme d’un hologramme où ses idées, sa mémoire et ses pensées sont stockées numériquement. Six caméras sont nécessaires pour filmer la tête de Lepage, alors qu’un autre acteur donne vie à son corps« Robert Lepage : L'homme-orchestre », Christelle Gérand, France-Amérique, octobre 2012.

Anecdotes de tournage Marie-Josée Croze devait à l’origine jouer le rôle d’Avril dans le film, mais fut contrainte d’abandonner le projet, faute de disponibilité. Elle campait la muse dans les photo-romans de Martin Villeneuve, et fut remplacée par Caroline Dhavernas dans l’adaptation cinématographique. Croze et Dhavernas ont toutes deux ont été les colocataires de Villeneuve durant ses études universitaires.

Jacques Languirand, qui était à la veille de ses au moment du tournage, portait une oreillette sans fil de sorte que sa femme, Nicole Dumais, puisse lui souffler ses répliques. Pour l’animateur de radio, il s’agissait d’une première expérience au cinéma dans un rôle-titre.

L’ouverture du film est basée sur le modèle cosmologique de l’astronome allemand Johannes Kepler datant du , Harmonices Mundi, selon lequel l’harmonie de l’univers est déterminée par le mouvement des corps célestes. Benoît Charest s’est également inspiré de cette théorie pour composer la trame sonore du film.

Martin Villeneuve ne pouvait se payer les instruments de musique imaginaires que l’on voit dans le film, alors il est parvenu à convaincre Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, de les acheter avant même qu’ils ne soient fabriqués. Quand Laliberté a vu la conférence TED de Villeneuve le , il a offert au jeune cinéaste le « Gravophone » que l’on peut apercevoir dans l’extrait du film qui fut diffusé à TED.

Lors de sa prestation sur la scène du Pub liquide, le groupe de vieux musiciens — formé des acteurs Jacques Languirand, Marcel Sabourin, André Montmorency et Gabriel Gascon, de véritables monuments au Québec — ont reçu une ovation debout de la part des cinquante figurants présents sur le plateau. Le premier assistant à la réalisation a même dû interrompre les applaudissements afin de ne pas cumuler de retard.

Un décor de La fièvre d’Urbicande (Schuiten & Peeters, Casterman, 1985), album-culte de la série des Cités obscures, se retrouve dans le film. En effet, François Schuiten a accepté que son auditorium futuriste soit modélisé en 3D pour les besoins de la scène se déroulant au Temple des Cosmologues. Martin Villeneuve avait cette image en tête en écrivant son histoire, et ce bien avant que Schuiten se joigne à l’équipe. Au moment du tournage, même les figurants ont été choisis pour ressembler aux personnages de la bande dessinée.

La correspondance graphique entre l’instrument de musique et la topographie martienne, telle qu’expliquée par Eugène Spaak durant sa conférence, est une véritable découverte effectuée par Martin Villeneuve au moment de l’écriture de ses livres.

Robert Lepage ne pouvant se libérer pour le tournage principal, il fut intégré virtuellement au film sous la forme d’un hologramme. Six caméras ont été nécessaires pour filmer la tête de Lepage, alors qu’un mime (Jean Asselin) donnait vie à son corps.