Le château de la Tournelle, aujourd'hui disparu, était situé à Paris, en bord de Seine, rive gauche, sur le quai qui lui doit son nom, approximativement à l'emplacement occupé actuellement par le restaurant La Tour d'Argent. Il fut également appelé « prison des galériens ».

Historique La tour Saint-Bernard L'enceinte de Philippe Auguste, qui entourait Paris au début du , était arrêtée en bord de seine par quatre tours, deux en amont et deux en aval, qui verrouillaient les accès par le fleuve en cas d'invasion. À l'ouest, sur la rive droite la tour du coin, attenante au château du Louvre, avec en face, sur l'autre rive, la tour Philippe-HamelinQui devint par la suite la célèbre tour de Nesle. À l'est, sur la rive droite la tour Barbeau, avec en face, sur la rive gauche, la tour Saint-Bernard construite en 1185, ainsi nommée à cause de sa proximité avec le Collège des Bernardins L'enceinte de Philippe Auguste vers 1300 sur paris-atlas-historique.fr.

Sans qu'on en ait retrouvé de trace, un système défensif devait fermer l'île Saint-LouisAppelée à l'époque île Notre-Dame située entre ces deux tours, avec une tourelle au nord faisant face à la tour Barbeau, au centre la tour LoriauxÉgalement orthographiée Loriot ou Lauriot et au sud une troisième tourelle faisant face à la tour Saint-BernardNommée « tour Barbeel-sur-l'Yeaue » selon l'historien Alfred Bonnardot in Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris, Paris, 1851. Bien que de dimension considérable, cette tour était également appelée « tournelle des Bernardins »J-A Dulaure, Histoire de Paris, Gabriel Roux Ed., 1853, . Selon l'usage de l'époque, une chaîne pouvait être tirée entre les fortifications, de part et d'autre du fleuve, pour interdire le passage des embarcationsGuy le Hallé, Histoire des fortifications de Paris, Éditions Horvath, 1995:

Sous Charles VII on perça la muraille sur le flanc nord de cette tour pour y installer une porte fortifiée nommée porte Saint-Bernard.

Le château de la Tournelle La tour Saint-Bernard fut démolie, peut-être sous le règne de Charles VI, et remplacée par le château de la Tournelle, parfois appelé fort de la Tournelle, une petite bastide carrée flanquée de plusieurs tournelles. Tombé en ruine, il fut réparé en 1554 sous le règne d'Henri IIJacques Hillairet, Gibets, piloris et cachots du vieux Paris, Éditions de minuit, 1956, . Perdant au fil du temps tout intérêt défensif, le château était sans affectation lorsqu'il fut, à la demande de Vincent de Paul, transformé en dépôt pour les galériens. Du fait de cette destination, le château de la Tournelle était aussi appelé « tour des galériens » ou « prison des galériens ». Ces derniers devaient précédemment attendre à la Conciergerie le départ d'une « chaîne » de galériens pour le port de Marseille qui ne s'effectuait que deux fois par an, le et le Charles Lefeuve, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875 :

Les conditions de vie des condamnés y étaient épouvantablesCes conditions étant réputées meilleures, on imagine mal ce qu'elles devaient être à la Conciergerie !. Une des conséquences de la révocation de l'édit de Nantes fut l'envoi aux galères des protestants surpris à exercer leur culte ou tentant d'émigrerOn leur donnait le nom de « Forçats pour la foi ». Le témoignage de l'un d'eux, Jean Marteilhe, qui y séjourna en est édifiant :

Comme l'écrit Marc VigiéMarc Vigié, Les galériens du Roi, Fayard, 1985, :

Pendant la Révolution, dès 1790, les galériens furent transférés dans le ci-devant collège des Bernardins voisin. Le , sur la proposition de La Rochefoucauld, l'Assemblée nationale confirmait la décision de démolir conjointement le château de la Tournelle et la porte Saint-Bernard (qui était située juste à côté) pour la somme d'un million de francs. La démolition fut effective en 1792 et il ne reste plus aujourd'hui aucun vestige de ces constructions.

Galerie

Remarque Le château de la Tournelle, situé en bord de Seine, ne doit pas être confondu avec l'hôtel des Tournelles sur l'emplacement duquel a été construite l'actuelle place des Vosges.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Jean Marteilhe, Mémoires d'un protestant condamné aux galères, Amsterdam, 1757 Sigismond Lacroix, Actes de la commune de Paris pendant la révolution du 14/1/1791

J-A Dulaure, Histoire de Paris, Gabriel Roux Ed., 1853 Jacques Hillairet, Gibets, piloris et cachots du vieux Paris, Éditions de minuit, 1956 Marc Vigié, Les galériens du roi, Fayard, 1985 Guy le Hallé, Histoire des fortifications de Paris, Éditions Horvath, 1995

Articles connexes Pont de la Tournelle Quai de la Tournelle Galères (peine)

Catégorie:Ancien monument à Paris Catégorie:Rempart à Paris Catégorie:Prison détruite à Paris Tournelle