André Amar, né le et mort le Notice biographique du SUDOC., est un banquier, homme de lettres d'origine juive, qui sera résistant pendant la guerre et déporté dans le dernier convoi, dont il réussit à s'évader. Après-guerre, il a également des activités d'enseignement.

Biographie

Jeunesse et études André Amar est issu d’une famille juive de banquiers originaire de Salonique. Son père est le banquier salonicien Saül Amar.

Il est reçu à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1929Notice Babelio de Jacqueline Mesnil-Amar.

Il épouse Jacqueline Mesnil-Amar le « Récit du mariage d'André et Jacqueline Amar » dans L'Univers israélite du 14 février 1930 à la Grande synagogue de Paris.

Parcours professionnel Il devient fondé de pouvoir de la banque familiale. Le père de Jacqueline, le financier Jules Perquel, est le propriétaire du journal Le Capital. Les deux époux ont une fille, Sylvie Jessua-Amar, en 1934, qui dirigera plus tard une édition de leurs textes.

En 1942, André Amar entre en résistance et rejoint l'Organisation juive de combat ; il est chef de la section parisienneSite de l'ajpn.

« , rue de Seine, 23 heures - André n'est pas rentré cette nuit. » Ainsi débute le Journal des temps tragiques écrit par Jacqueline entre ce et le . Ce journal constitue la première partie de son livre Ceux qui ne dormaient pas publié en 1957 et réédité en 2009. Ce , André est arrêté rue Erlanger dans le par la Gestapo de la rue de la Pompe avec certains de ses camarades, dont son ami César Chamay, Max Windmüller et d'autres membres importants de la résistance juive comme Henri Pohoryles, Ernest Appenzeller et Maurice Loebenberg, alors qu'ils attendaient des agents anglais. Il est torturé, incarcéré à Fresnes puis à Drancy et est déporté vers Buchenwald dans le dernier wagon qui part de France pour les camps le . Ce convoi (le ), organisé par l'officier SS Alois Brunner, comporte un wagon avec cinquante et un déportés, dont des cousins de la famille Rothschild et l'avionneur Marcel Bloch (Marcel Dassault). L'épisode est raconté par Jean-François Chaigneau dans son livre Le dernier wagon publié en 1982. La quatrième nuit entre minuit et une heure du matin, à Morcourt près de Saint-Quentin, il réussit à s'évader, en sciant les barreaux de la lucarne, avec treize autres personnesListe des évadés de MorcourtLes "Juifs résistants" déportés dans des transports de persécution, dont René Kapel et Jacques Lazarus, et avec son ami César regagne à pied et sous la pluie Paris tout juste libéré le .

La grand-mère et les parents d'André Amar sont déportés un et périssent à Auschwitz. Son frère cadet, Emmanuel, marié à Suzie, petite nièce du Capitaine Dreyfus, est arrêté à Lyon en lors d'une rafle, interné à Drancy puis déporté en haute Silésie où il meurt en .

Les évadés du groupe d'André Amar décident de créer le Service Central des Déportés Israélites (SCDI), afin de centraliser toutes les informations que l'on pourrait obtenir sur les déportés et leurs familles. Jacques Lazarus est secrétaire général du SCDI. Des bureaux de la banque Amar, boulevard Haussmann, sont mis à disposition par André AmarLe Service Central des Déportés Israélites (SCDI), site Lutetia.info. Un bulletin mensuel est édité sous la direction de Jacqueline Mesnil-Amar. Elle y publie des textes dont une sélection constitue la deuxième partie de son livre, partie intitulée Des temps tragiques aux temps difficiles, dans lesquelles elle évoque en particulier les témoignages des déportés de retour à Paris, accueillis à l'Hôtel Lutetia réquisitionné.

Après la guerre, André Amar est également professeur d'histoire des idées à l'Institut d'études politiques de Paris ainsi qu'à l'Institut d'études politiques de Grenoble (1945-1973).

Le livre de Laurence Varaut Marie Skobtsov, sainte orthodoxe victime du nazisme (Salvator 2014) est dédié "A la mémoire d'André Amar".

Pensée

Dans les années 1950, il publie deux articles dans la Revue française de psychanalyse. Dans son Essai psychanalytique sur l'argent, André Amar analyse « un phénomène humain : l'argent ».

Dans les années 1960, il publie abondamment dans la revue Planète.

En 1973, il publie le texte La croissance et le problème moral dans le numéro 52 des cahiers de la Nef intitulé « Les objecteurs de croissance - prospérité, oui... mais à quel prix ? », dans lequel sont également publiés Jacques Attali, Jean-Pierre Chevènement, René Dumont, Michel Rocard...

En 1977, il publie Moi͏̈se ou le Peuple séparé aux Éditions du Rocher. thumb|"Moïse ou le peuple séparé" (1977), dédicacé par l'auteur, André Amar.

Œuvres

"A propos de l'Ecole d'administration: les concours d'Etat et la culture", La Revue hebdomadaire, , , . André Amar, François Le Grix, "Lettres sur l'antisémitisme", La Revue hebdomadaire, , . "Introduction à la socio-analyse," Revue Française de Psychanalyse, vol. 14, , , 1950. "Alain, professeur," Les Cahiers de l'Alliance Israélite Universelle : paix et droit, , . "Essai psychanalytique sur l’argent," Revue Française de Psychanalyse, vol. 20, , 1956. La pensée planétaire, qu'est-ce que c'est ?, Planète , mai/. Les deux pôles de la science contemporaine, Science et l'enseignement des sciences , . Pourquoi la philosophie ?, Planète , 1966. L’Europe a fait le monde - Une histoire de la pensée européenne, Présence Planète, 1966. Machines, publicités, drogues… L’homme artificiel cède la place à l’homme naturel, Planète , novembre-, . Pour comprendre le structuralisme, Planète , 1967. Qu’est-ce que la politique-fiction ?, débat avec J. Bergier, R. Merle, H. Viard, B. Thomas, B. de Jouvenel, Planète , 1968. "La croissance et le problème moral," Les cahiers de la Nef, Les Objecteurs de croissance - prospérité, oui... mais à quel prix, 1973. Moi͏̈se ou le Peuple séparé, Editions du Rocher, 1977, . Jacqueline Mesnil-Amar, André Amar, Parcours d'écriture - deux figures du judaïsme français d'après-guerre, édité par Michèle Bitton et Sylvie Jessua-Amar, Alliance Israélite Universelle, 2005, .

Distinctions

(décret du )

Notes et références

Liens externes

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