Jean-Georges Wille, né le à Gießen et mort le à Paris, est un graveur français de naissance hessoise, qui exerça essentiellement son art en France.
Biographie Un graveur de renom C'est dès l'enfance que Jean-Georges Wille a de fortes dispositions pour le dessin et qu'il a pour premier maître un peintre nommé Luhn Nouvelle biographie générale, Éditions Ambroise Firmin Didot, 1866, tome 46, page 747.. Ayant appris le métier d’armurier dans sa ville natale, Wille fréquenta le graveur sur cuivre Georg Friedrich Schmidt à Strasbourg et se rendit, avec lui, en 1736, à Paris où il fut, par moments, le voisin de Denis Diderot, rue de l’Observance. Jean-Georges Wille fut reçu chez Nicolas de Largillierre dont il peignit plusieurs copies de tableaux, avant de travailler chez un orfèvre nommé Lelièvre, puis chez le marchand d'estampes Michel Odieuvre.
Le peintre Hyacinthe Rigaud l’ayant incité à se mettre à la gravure sur cuivre, il réalisa sa première estampe, le portrait du maréchal de Belle-Isle. Bientôt, les plus célèbres peintres français lui confièrent leurs ouvrages à graver, mais il effectua également des gravures d’après des tableaux de maitres anciens, parmi lesquels Gerard ter Borch, Gabriel Metsu, Jan van Mieris ou Caspar Netscher, dont beaucoup appartiennent aux plus remarquables créations de la gravure sur cuivre.
Wille fut graveur de la cour des rois Frédéric II, Frédéric V de Danemark et, surtout, de Louis XV. Naturalisé français en 1758Archives alsaciennes d’histoire de l’art, , 1967, lire en ligne., il fut élu à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1761Charlotte Guichard, « Les Circulations artistiques en Europe (années 1680-années 1780) », Les Circulations internationales en Europe, années 1680-années 1780, Pierre-Yves Beaurepaire et Pierrick Pourchasse (dir), Presses universitaires de Rennes, 2010, ..
Napoléon Bonaparte le nomma chevalier de la Légion d’honneur et l’Institut de France l’admit au nombre de ses membres. Pour Émile Dacier, Émile Dacier, La Gravure française, Larousse, 1944, page 175..
Il entretient une longue correspondance avec le graveur Johann Friedrich Bause qu'il admirait mais qu'il ne rencontra jamais« Johann Friedrich Bause », sur le catalogue général de la BNF..
Un homme de réseaux et de transferts culturels vignette|Joseph Parrocel, gravé par Wille d'après Hyacinthe Rigaud, 1744. Wille est qualifié par les historiens d'. En effet, membre de la loge des Amis réunis, il fut au centre d'une sociabilité maçonnique pour les artistes originaires de l'espace germanique Pierre-Yves Beaurepaire, L'autre et le frère - L'étranger et la Franc-Maçonnerie en France au , Éditions Honoré Champion, 1998, pages 320-322. et entretint avec de nombreux personnages une correspondance intense à l'échelle de l'Europe, notamment avec ses compatriotes allemands qu'il se chargea de guider à Paris quand ils passaient par la capitale du royaume de France, notamment pour visiter les collections d'arts privées qui s'y développèrent au .
Par exemple, lorsque le philosophe kantien Herder se rendit en France en , Wille lui servit de guide et lui fit découvrir la société parisienne. Jean-Georges Wille, ainsi, au siècle des Lumières, d'autant qu'il se chargea par ailleurs de traduire et publier les ouvrages de langue allemande qu'il jugeait dignes d'intérêt, tout en les recensant dans le Journal étranger.
Le Dictionnaire Bénézit étend le travail de graveur de Wille jusqu'à l'année 1790, soit sur plus d'un demi-siècle. Après que ses biens (son activité de graveur se dédoublant de celles d'éditeur et de marchand d'estampes, il était également collectionneur de peintures et dessins) lui aient été confisqués par la Révolution française, il termina sa vie ruiné et aveugle Dictionnaire Bénézit, Grûnd, 1999, tome 14, page 618..
Wille a laissé des Mémoires, et publiées par Duplessis en 1857Old and sold, Les mémoires et le journal de Jean-George Wille, 1914, dans lesquels il donne entre autres la première évocation connue de Denis Diderot.
Œuvre Compositions (scènes d'histoire et de genre) Compositions (scènes d'histoire et de genre) Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de M. de Wlassoff, chambellan de Sa Majesté l'Empereur de toutes les Russies, suivi d'une description sommaire de ses gravures, tableaux, pierres gravées et bronzes, Imprimerie Auguste Semen, Moscou, 1821. : D'après Pompeo Batoni : La mort de Marc AntoineAlte Drucke, La mort de Marc Antoine, présentation de l'estampe. D'après Christian Wilhelm Ernst Dietrich : Les musiciens ambulants ; Les offres réciproques, 1771; D'après Gérard Dou : La dévideuse, 1755 ; La ménagère hollandaise ; La liseuse, 1761; D'après Charles Le Brun, l'Ordre rétabli dans les Finances; D'après Gabriel Metsu : Cuisinière hollandaise; D'après Frans van Mieris l'Ancien : L'observateur distrait ; Tricoteuse hollandaise; D'après Caspar Netscher : La mort de Cléopâtre, 1754 ; Le petit physicien; D'après Adriaen van Ostade : Bons amis : Deux paysans fumant; D'après Charles Parrocel, Soldat conversant avec une femme, 1753; D'après Godfried Schalken : Le concert de famille, 1767PubHist, Le concert de famille, présentation de l'estampe ; Jeune joueur d'instrument; D'après Johann Eleazar Schenau, La petite écolière, 1771; D'après Pierre-Alexandre Wille, fils de l'artiste : Maîtresse d'école ; Philosophe du temps passé ; Bonne femme de Normandie (un tirage moderne de ce burin porte la mention "Dédié à Monsieur Jean Valentin Meyer, négociant à Hambourg" et ses armes) ; Sœur de la bonne femme de Normandie;Les soins maternels ; Louis Gillet délivre une fille des mains de deux brigands; D'après ses propres dessins : Le fumeur, 1741Art of the print, Le fumeur, présentation de l'estampe ; L’Instruction paternelle, 1758Utpictura 18, L'Instruction paternelle, présentation de l'œuvre;
Portraits D'après Pompeo Batoni, Prospero Colonna di Sciarra, 1764; D'après Antoine Boizot : Portraits de dix-sept Rois de France des premières races : Childéric Ier ; Thierry Ier ; Clovis III ; Dagobert II ; Childéric II ; Thierry II ; Childéric III ; Charlemagne ; Louis ; Louis II le Bègue ; Charles III le Simple ; Charles IV le Bel ; Lothaire Ier ; Hugues Capet ; Henri ; Philippe II Auguste, 1738 (commande de Michel Odieuvre); D'après Philippe de Champaigne, Antoine Singlin, 1745; D'après Élisabeth-Sophie Chéron, Madeleine de Scudéry; D'après Jean Chevalier, Louis François Anne de Neufville de Villeroy, 1744 ; Henri Liébaux, 1747 ; François Quesnay, 1747; D'après Jacques-François Delyen, Nicolas-René Berryer; D'après Daniel Klein, Louis, Dauphin de France, 1745-1746; D'après Nicolas de Largilliere, Marguerite-Élisabeth de Largilliere; D'après Charles André van Loo : Le Roi d'Espagne Philippe V; D'après Charles Parrocel : Louis XV, le Bien-aimé, à cheval suivi de deux cavaliers, pour l'ouvrage dirigé par Jean-Martin Weis, graveur de la ville de Strasbourg, Représentation des fêtes données par la ville de Strasbourg pour la convalescence du Roi, à l'arrivée et pendant le séjour de Sa Majesté en cette ville, imprimé par Laurent Aubert, Paris, 1747; D'après Antoine Pesne : Frédéric II de Prusse ; Léopold II d'Anhalt-Dessau, 1745; D'après Maurice Quentin de La Tour : Woldemar de Lowendal; D'après Hyacinthe Rigaud : Jean de Boullongne, 1735 ; Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, Duc de Gisors, 1743 ; Élisabeth Gouy, épouse de Hyacinthe Rigaud, 1743 ; Joseph Parrocel, 1744 ; Le Maréchal de Saxe, 1745; D'après , ; D'après Thomiers, Claude-Nicolas Le Cat; D'après Louis Tocqué : Comte de Saint-Florentin ; Marquis de Marigny, 1755Utpictura 18, Abel-François Poisson, Marquis de Marigny, présentation de l'estampe ; Tycho de Hofman, 1743 ; Charles, Prince de Wallis, en cuirasse, 1748 ; Charles Édouard Stuart, 1749 ; Jean-Baptiste Massé, 1755; D'après Louis Vigée, Bernard Forest de Belidor, 1750; D'après Robert Walker, Olivier Cromwell; D'après Johann Georg Ziesenis : Charles Théodore, Comte Palatin du Rhin; Henri Benoît Stuart, entre 1736 et 1750.
Galerie de gravures
Expositions Salon de 1808, Paris Charles-Paul Landon, « Jean-Georges Wille » in Salon de 1808, édité par l'auteur, imprimerie des Annales du Musée, 1808.. The second exhibition of prints from the collection of T. Harrison Garrett - Works of Rembrandt and Wille, Institut Peabody, Baltimore, 1886. Zeichnungen alter Meister aus Deutschen Privatbesitz, Staatsgalerie, Stuttgart, 1965. - french drawings in the Metropolitan Museum of Art, Metropolitan Museum of Art, New York, 1986. Artists and amateurs - Etching in the nineteeth century France, Metropolitan Museum of Art, New York, - .
Réception critique - Denis Diderot, Le Salon de 1761
- Charles Le Blanc, de la Bibliothèque royale de Paris Charles Le Blanc, Catalogue de l'œuvre de Jean Georges Wille, graveur, Éditions Rudolphe Weigel, 1847. - Nouvelle Biographie générale - Madeleine Pinault-Sorensen Madeleine Pinault-Sorensen, Rousseau et l'art du paysage, in textes réunis et édités par Frédéric S. Eigeldinger, Jean-Jacques Rousseau et les arts visuels, Droz, 2003.
Musées et collections publiques vignette|Pierre-Alexandre Wille, Portrait de Jean-Georges Wille, dessin. France Musée Rolin, Autun, Louis Gillet délivre une fille des mains de deux brigands, d'après Pierre-Alexandre Wille. Musée des beaux-arts de Brest, La mort de Marc Antoine, d'après Pompeo Batoni. Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne, Portrait d'Antoine Singlin, d'après Philippe de Champaigne. Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys, Le château de Blandy-les-Tours, gravure à la sanguineArchives de Seine-et-Marne, Le château de Blandy-les-Tours par Jean-Georges Wille. Musée des beaux-arts de Dole, Les musiciens ambulants et Les offres réciproques, d'après Christian Wilhelm Ernst Dietrich. Musée des Tissus et des Arts décoratifs, Lyon, Couple de paysans dans un paysage, dessin. Musée des beaux-arts d'Orléans, La ménagère hollandaise d'après Gérard Dou ; La tricoteuse hollandaise d'après Frans van Mieris l'Ancien ; Le petit physicien d'après Caspar Netscher. École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, Portrait du Marquis de Marigny, d'après Louis TocquéÉcole nationale supérieure des beaux-arts, Jean-Georges Wille dans les collections. Département des arts graphiques du musée du Louvre, importante collection de dessins. Musée national de la marine, Paris, Portrait du marquis de Marigny, d'après Louis Tocqué. Petit Palais, Paris. Musée des beaux-arts de Rennes, Charles Frédéric, Roi de Prusse, d'après Antoine Pesne. Musée des beaux-arts de Rouen, Ruines du château de la Bretonnière, dessin. Musée national de l'Éducation, Rouen, La petite écolière, 1771Musée national de l'Éducation, Jean-Georges Wille dans les collections. Musée Alphonse-Georges-Poulain, Vernon, Portrait de Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, d'après Hyacinthe Rigaud. Château de Versailles, portraits : Nicolas-René Berryer, d'après de LyenChâteau de Versailles, Portrait de Nicolas-René Berryer ; François Quesnay, d'après Jean Chevalier, 1747 ; Pierre Guérin de Tencin.
Allemagne Bauernhausmuseum Hof Haina, Biebertal, une salle consacrée à Jean-Georges WilleBauernhausmuseum Hof Haina, présentation de la salle consacrée à Jean-Georges Wille. , Gießen, cent quatre-vingt dix gravres. Pays-Bas Rijksmuseum Amsterdam, Portrait de Johann Martin Preissler, 1743. Musée Teyler, Haarlem, Jeune joueur d'instrument, d'après Godfried SchalkenMusée Teyler, Jean-Georges Wille dans les collections.
Portugal , La liseuse, d'après Gérard Dou, 1761Musée de Lamego, douze gravures. République tchèque Galerie Morave de Brno, huit gravuresGalerie Morave de Brno, Jean-Georges Wille dans les collections. Royaume-Uni Berrington Hall, Herefordshire, Le Marquis de Marigny et Jean-Baptiste Massé, d'après Louis Tocqué, 1755.