Henri Lambert d'Herbigny, marquis de Thibouville, né le à Paris et mort le à Rouen, est un écrivain et un homme d'esprit français.

Biographie

Fils de Pierre-Charles (1659-1729), marquis de Thibouville, maître des requêtes et conseiller d'État, et de Louise d'Estrade (1684-1731), il avait un frère cadet, Pierre-Armand (1712-1737), qui mourut jeune, à 25 ans, de la varioleMichel Popoff, Prosopographie des gens du Parlement de Paris, 1996, N° 1515 (Lambert)., et quatre sœurs aînées.

Il suit d'abord la voie des armes, où il obtient le grade de mestre de camp dans le régiment des dragons de la Reine. Il délaisse ensuite cette carrière pour celle des lettres.

Il se lie durablement à Voltaire avec lequel il entretint une correspondance assidue : on a plus de cinquante lettres adressées par Voltaire à Thibouville. Son goût pour le théâtre et la déclamation le poussa à servir auprès de Voltaire le rôle d'intermédiaire auprès des acteurs qui jouaient les pièces du maître, et quelquefois avec les éditeurs pour leur publication.

Œuvres

La réputation de Thibouville reposa plus sur son esprit que sur son talent et ses œuvres ont été peu estimées. Il a néanmoins laissé : Thélamine, tragédie, 1739 ; L'École de l'Amitié, roman, 1757 ; Le Danger des passions, ou anecdotes syriennes et égyptiennes, 1758 ; Réponses d'Abeilard à Héloïse, 1758 ; Namir, tragédie, 1759Cette pièce fut représentée le . Grimm, qui la qualifie d’« insipide », raconte que la représentation fut inachevée : au quatrième acte, Le Kain, qui avait le rôle principal, fut obligé de s'avancer sur le devant de la scène et de dire « Messieurs, si vous le trouvez bien, nous aurons l'honneur de vous donner la petite pièce », et que le parterre ne se fit point presser. Fréron remarqua toutefois, dans L'Année littéraire, qu'il avait vu de plus mauvaises pièces accueillies avec plus d'indulgence. ; Qui ne risque rien n'a rien, 1772 ; Plus heureux, 1772.

Sexualité Grimm le décrit comme Voltaire lui-même, dans les premières éditions de La Pucelle d'Orléans, a accolé son nom à celui du duc de Villars, homosexuel notoire lui-aussi, dans les vers suivants :

Il nie dans une lettre adressée à Thibouville être l'auteur véritable de ces vers« Ma pauvre Pucelle devient une p..... infâme, à qui on fait dire des grossièretés insupportables. On y mêle encore de la satire ; on glisse, pour la commodité de la rime, des vers scandaleux contre les personnes à qui je suis le plus attaché. » (Voltaire, Lettre à M. le marquis de Thibouville datée du )., mais Voltaire nous a habitués à ces désaveux obligés. Marmontel, dans ses Mémoires, ne l’appelle pas autrement que Son homosexualité notoire ne l'empêche pas de se marier en avec Louise-Élisabeth de Rochechouart, sœur de Mgr de Rochechouart, évêque d'Evreux puis de Bayeux. Il prend même une maîtresse, Mélanie de LaballeElle débuta à la Comédie-Française en 1746 dans le rôle d'Agnès de l’École des femmes et mourut de la petite vérole en , âgée de seize ans., ce qui ne laisse pas dupes les plaisants qui répandent l'épigramme suivant :

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Roland Virolle, « Un noble normand dramaturge et romancier : le marquis de Thibouville (1710-1784) », Études Normandes [numéro thématique : "La Vie Littéraire à Rouen au XVIIIe siècle"], 46-1, 1997, p. 85-104. Numérisé sur Persée.

Liens externes

Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Écrivain français du XVIIIe siècle Catégorie:Histoire des LGBT en France Catégorie:Naissance en décembre 1710 Catégorie:Décès en juin 1784 Catégorie:Décès à Rouen Catégorie:Décès dans la province de Normandie Catégorie:Décès à 73 ans