est le cinquième album studio du groupe américain de rock The Byrds. Il est sorti en 1968 sur le label Columbia Records.
Ce disque se compose de chansons mélodieuses et expérimentales dans lesquelles les musiciens s'essaient à de nombreux genres, du folk rock à la musique électronique en passant par le jazz, la musique country ou le rock psychédélique. Avec l'aide du producteur Gary Usher, ils ont recours à de nombreuses techniques de studio et deviennent l'un des premiers groupes de rock à avoir recours au synthétiseur Moog.
Enregistré pendant la deuxième moitié de l'année 1967, cet album est conçu dans un contexte de fortes tensions entre les membres du groupe. Le batteur Michael Clarke quitte le groupe, tandis que le guitariste rythmique David Crosby est renvoyé, ce qui oblige les deux derniers Byrds, le guitariste Roger McGuinn et le bassiste Chris Hillman, à faire appel à de nombreux musiciens de studio.
À sa sortie, reçoit d'excellentes critiques, mais son succès commercial reste modéré. Avec le recul, il est considéré comme l'un des meilleurs albums des Byrds.
Histoire
Enregistrement
vignette|gauche| est enregistré aux studios Columbia de Hollywood, en Californie.|alt=Photo d'un immeuble aux murs écrus avec une enseigne CBS vignette|redresse|Les Byrds en 1967.|alt=Portrait au crayon de quatre jeunes hommes aux cheveux longs
Les Byrds commencent à enregistrer leur cinquième album au mois de . Le groupe se compose alors de quatre membres : Roger McGuinn (guitare solo et chant), David Crosby (guitare rythmique et chant), Chris Hillman (basse, mandoline et chant) et Michael Clarke (batterie). Les relations entre les musiciens sont tendues et les séances sont ponctuées de disputes si violentes qu'à la fin de l'année, le groupe est réduit au duo de McGuinn et Hillman. Clarke est le premier à quitter les Byrds au mois d'août, à la suite de disputes avec Crosby (l'une d'elles est incluse en piste cachée à la fin de la réédition CD de l'album). Par ailleurs, il n'apprécie pas les chansons écrites par les autres membres du groupe. Son départ oblige les Byrds à faire appel à des musiciens de studio en la personne des batteurs Jim Gordon et Hal Blaine. Clarke les rejoint brièvement à la toute fin de l'année, mais Hillman et McGuinn le congédient une fois l'enregistrement de l'album terminé.
Plusieurs facteurs contribuent à envenimer les relations entre David Crosby et les autres membres du groupe. Lors du passage des Byrds au festival international de musique pop de Monterey, ses longues diatribes politiques entre les chansons les ont agacés, et ils n'ont pas apprécié non plus de le voir jouer avec un groupe rival, Buffalo Springfield. De son côté, il est mécontent que les autres veuillent enregistrer une chanson de Carole King et Gerry Goffin, : à ses yeux, les Byrds n'ont pas besoin d'avoir recours à d'autres auteurs-compositeurs. L'une des chansons qu'il propose pour l'album, , est rejetée par Hillman et McGuinn qui trouvent son sujet (un ménage à trois) trop osé – il finit par l'offrir à Jefferson Airplane. L'échec commercial de sa composition , éditée en single au mois de juillet, fragilise aussi sa position au sein du groupe. En fin de compte, Crosby est renvoyé en , ses camarades étant excédés par ses absences répétées en studio. Il n'apparaît que sur la moitié des chansons de l'album final : les trois chansons dont il est l'auteur, plus et . L'une de ses compositions, , est abondamment retravaillée par Hillman et McGuinn sans qu'il puisse s'y opposer.
Gene Clark, qui a quitté les Byrds au début de l'année 1966, est invité à rejoindre le groupe à la suite du départ de Crosby. Son retour ne dure que trois semaines, le temps de donner quelques concerts dans le Midwest et d'apparaître en playback dans l'émission de télévision des Smothers Brothers. En fin de compte, son aviophobie, cause de son départ en 1966, l'amène à quitter de nouveau les Byrds. L'étendue exacte de son rôle dans l'enregistrement de reste incertaine. Il semble avoir participé aux chœurs sur les chansons et et pourrait avoir coécrit avec McGuinn la chanson , bien que cette dernière soit créditée à Hillman et McGuinn sur la pochette.
Parution et accueil
sort en aux États-Unis. Il passe dix-neuf semaines dans le classement , avec une pointe à la . Au Royaume-Uni, où il sort au mois d'avril, l'album réalise une meilleure performance en se classant des ventes. L'unique single qui en est tiré, , est sorti quelques mois auparavant, en , sans dépasser la du .
La critique réserve un excellent accueil à . Dans , Jon Landau applaudit l'éclectisme du groupe, tandis que Sandy Pearlman décrit le disque comme « d'une beauté enchanteresse » dans . Pour Robert Christgau dans Esquire, il s'agit « tout simplement du meilleur album jamais enregistré par les Byrds ». La presse musicale britannique se montre tout aussi élogieuse.
Caractéristiques artistiques
Paroles et musique
vignette|Un synthétiseur Moog est utilisé sur plusieurs chansons de l'album.|alt=Photo d'un clavier surplombé d'un panneau de contrôle muni de nombreux boutons et prises
est à la fois un album très mélodieux et très expérimental. Ses paroles abordent des thèmes à la mode : la paix, l'écologie, la liberté, la drogue, l'aliénation et la place de l'humanité dans l'univers. Il mêle folk rock, musique country, psychédélisme et jazz, parfois au sein d'une seule chanson. Le producteur Gary Usher a recours à des méthodes de studio novatrices telles que le phasing, le flanging, la spatalisation et l'amplification par rotation.
est l'un des premiers albums de rock à utiliser le Moog. Féru de technologie, McGuinn découvre ce synthétiseur modulaire au festival de Monterey, où Robert Moog tenait un stand pour présenter aux artistes cet instrument de sa création. McGuinn et Usher jouent eux-mêmes du Moog sur , mais ils laissent le musicien de studio , pionnier de la musique électronique, en jouer sur les autres chansons.
Un autre instrument apparaît pour la première fois sur un album des Byrds : c'est la guitare pedal steel de . Avec le son de guitare de Clarence White, sa présence annonce le virage country rock que prend le groupe sur son album suivant, .
Pochette et photographie
La pochette de est une photographie de , qui a déjà travaillé avec les Byrds pour leur deuxième disque, , en 1965. Elle montre Chris Hillman, Roger McGuinn et Michael Clarke aux fenêtres d'une maison en pierre. Un cheval noir apparaît à droite, dans une quatrième fenêtre. Bien que la présence de ce cheval ait souvent été interprétée comme une pique adressée à Crosby (y compris par l'intéressé), le photographe se défend d'avoir eu cette intention. McGuinn remarque ironiquement : « si nous avions vraiment voulu faire ça, le cheval aurait été tourné dans l'autre sens. ».
Fiche technique
Titres
La réédition CD de 1997 inclut six titres supplémentaires :
Musiciens
The Byrds
Roger McGuinn : chant, guitare solo, Moog sur David Crosby : chant et guitare rythmique sur , , , et la version alternative de ; guitare rythmique sur , et ; chant et basse sur Chris Hillman : chant, basse, guitare sur , mandoline sur Michael Clarke : batterie sur , , , , et Gene Clark : chœurs sur (sur le master tape) et
Musiciens supplémentaires
James Burton, Clarence White : guitares : guitare pedal steel : piano, synthétiseur Moog Terry Trotter : piano Gary Usher : Moog sur , percussions, chœurs Barry Goldberg : orgue Dennis McCarthy : célesta Jim Gordon : batterie sur , , , et Hal Blaine : batterie sur et : chœurs William Armstrong, Victor Sazer, Carl West : violons Paul Bergstrom, Lester Harris, , Jacqueline Lustgarten : violoncelles Alfred McKibbon : contrebasse Ann Stockton : harpe : trombone , Virgil Fums, Gary Weber : cuivres : saxophone Dennis Faust : percussions The Firesign Theatre : effets sonores sur musiciens inconnus : trompette sur , quatuor à cordes sur
Équipe de production
Gary Usher : production Tom May, Don Thompson : ingénieurs du son : photographie
Classements et certifications
+ Classements hebdomadaires Classement Meilleureposition (Billboard 200). 47 (UK Albums Chart). 12
Références
Bibliographie
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Liens externes
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