est le septième album studio du groupe américain de rock The Byrds. Il est sorti en 1969 sur le label Columbia Records.

Produit par Bob Johnston, ce disque fait cohabiter le country rock du précédent album du groupe, , avec le rock psychédélique de leurs albums antérieurs. Son titre, qui fait directement référence à L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, évoque clairement cette dichotomie. C'est le seul album des Byrds sur lequel Roger McGuinn chante toutes les chansons. McGuinn est le dernier membre fondateur du groupe encore présent ; il est accompagné du guitariste Clarence White, du bassiste John York et du batteur Gene Parsons.

Malgré un accueil favorable de la critique, se vend très mal à sa sortie, de même que l'unique single qui en est tiré, .

Histoire

Contexte

vignette|gauche|Clarence White et Roger McGuinn sur scène en 1972.|alt=Photo en noir et blanc de deux hommes en train de jouer de la guitare et de chanter dans le même micro

Après le départ de Gram Parsons, le guitariste Roger McGuinn et le bassiste Chris Hillman doivent engager un remplaçant pour que les Byrds puissent assurer leurs engagements sur scène, notamment au le . Leur choix se porte Clarence White, musicien de studio très demandé qui a déjà joué sur les trois derniers albums des Byrds. Ils l'invitent à rejoindre le groupe comme membre à part entière au mois de juillet. Après le concert de Newport, White convainc McGuinn et Hillman de renvoyer le batteur et de le remplacer par Gene Parsons, un ami avec qui il a joué au sein du groupe .

Moins d'un mois après l'arrivée de Parsons, Chris Hillman quitte à son tour les Byrds pour fonder les Flying Burrito Brothers avec Gram Parsons. Pour le remplacer à la basse, le groupe fait appel à John York, musicien de studio qui a travaillé avec Johnny Rivers, Sir Douglas Quintet et les Mamas & the Papas. Cette nouvelle incarnation des Byrds, caractérisée par le duo de guitares de McGuinn et White, apparaît aux yeux des critiques et du public comme la plus compétente sur scène de l'histoire du groupe.

Le producteur des Byrds, Gary Usher, est renvoyé par Columbia Records pour avoir dépensé trop d'argent pendant la conception de l'album du duo Chad & Jeremy. Contraint de lui trouver un remplaçant, le groupe se tourne vers Bob Johnston, producteur de Bob Dylan depuis 1965.

Enregistrement

Les Byrds commencent à travailler sur leur septième album le aux studios Columbia de Hollywood, en Californie. Ils y enregistrent neuf chansons au cours du mois d'octobre, parmi lesquelles deux compositions de White et Parsons ( et ), des reprises de la chanson traditionnelle et de de Bob Dylan, ainsi qu'une série de morceaux écrits ou coécrits par McGuinn : , , et .

Il existe une version acétate de datée du . Sur cette version de travail, l'album se compose de sept chansons : , , et sur la première face et , et sur la deuxième face.

Les Byrds retournent en studio le pour réenregistrer . Le même jour, ils retravaillent également deux chansons écrites pour la bande originale du film Candy : , coécrite par McGuinn et Dave Grusin, et , coécrite par McGuinn et John York. Cette séance débouche enfin sur un pot-pourri de de Dylan et de Jimmy Reed, reliées par un instrumental improvisé, , qui sert de morceau final à l'album.

Parution et accueil

est publié le aux États-Unis et le au Royaume-Uni par Columbia Records. Comme le précédent album des Byrds, , il n'est édité qu'en stéréo aux États-Unis, mais une version en mono est également éditée au Royaume-Uni. Bien que la presse musicale lui réserve un bon accueil, le disque connaît des ventes médiocres dans le pays d'origine des Byrds où il ne dépasse pas la du , ce qui en fait le plus mal classé de tous les albums studio du groupe. En revanche, le public britannique lui réserve un accueil plus favorable et il se classe dans le Top 15 des ventes au Royaume-Uni. L'unique single qui en est extrait, , sort quelques semaines avant l'album, le , mais il n'entre ni dans le hit-parade américain, ni dans le britannique.

est le seul album des Byrds produit par Bob Johnston, le groupe n'étant pas satisfait du résultat. Ils travaillent une dernière fois avec lui pour un single, , sorti en . Il décide, apparemment à l'insu des membres du groupe, d'ajouter des chœurs féminins à ce morceau. Furieux, les Byrds décident de ne plus jamais faire appel à lui, surtout quand le single réalise une piètre performance au hit-parade.

Caractéristiques artistiques

vignette|Schéma du B-Bender breveté par Gene Parsons et Clarence White en 1968.

Le titre de fait référence à L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. Il reflète le grand écart stylistique auquel se livrent les Byrds sur ce disque : alors que des chansons comme ou la reprise de s'inscrivent clairement dans le courant psychédélique, d'autres, comme ou , relèvent du country rock et du Bakersfield sound. La pochette arrière l'illustre de manière humoristique en montrant les membres du groupe en combinaisons d'astronautes, dont ils se défont pour endosser des déguisements de cow-boys.

Les Byrds venant de connaître toute une série de départs et d'arrivées, McGuinn décide rapidement d'assurer toutes les parties de chant principal afin de donner une certaine unité à l'album et de ne pas décontenancer les fans du groupe. Clarence White, Gene Parsons et John York sont ainsi cantonnés aux chœurs. est le seul album des Byrds sur lequel McGuinn chante toutes les chansons. Il est également l'auteur ou le coauteur de la moitié des morceaux, parmi lesquels , qui doit son titre à un concert décevant du groupe au Whisky a Go Go, ou , une collaboration entre McGuinn et Gram Parsons qui dépeint à mots couverts l'animateur de radio comme le dernier des ploucs. Emery s'était montré particulièrement hostile à l'encontre des Byrds lorsqu'ils étaient passés dans son émission à Nashville.

Parmi les morceaux non écrits par McGuinn, Gene Parsons et Clarence White apportent l'instrumental , qu'ils ont composé à l'époque où ils étaient membres du groupe éponyme, tandis que est une reprise d'un single sorti sous les noms de Gene Parsons et en 1967. L'album comprend également deux reprises de Bob Dylan, et , ainsi que de la chanson traditionnelle , que McGuinn a découverte dès 1961 en regardant le duo composé de Bob Gibson et Bob Camp la jouer. Ce morceau marque la première apparition sur un disque des Byrds du StringBender, un mécanisme conçu par Parsons et White qui permet à ce dernier d'imiter le son d'une pedal steel guitar sur sa Fender Telecaster.

Fiche technique

Titres

La réédition CD de 1997 inclut cinq titres supplémentaires :

Musiciens

The Byrds

Roger McGuinn : chant, guitare Clarence White : guitare, chœurs John York : basse, chœurs Gene Parsons : batterie, harmonica, banjo, chœurs

Musicien supplémentaire

Lloyd Green : pedal steel guitar sur

Équipe de production

Bob Johnston : production

Classements et certifications

+ Classements hebdomadaires Classement Meilleureposition (Billboard 200). 153 (UK Albums Chart). 15

Références

Bibliographie

. .

Liens externes

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