Günther Schwab, né le à Prague et mort le à Salzbourg, est un écrivain, essayiste, scénariste, environnementaliste et conservateur autrichien.
Günther Schwab est surtout connu pour être le fondateur de l'ONG de l'Union mondiale pour la protection de la vie, et l'auteur de (La Danse avec le diable), roman visionnaire et engagé empreint des idées écologistes, vitalistes, hygiénistes, malthusiennes et spencéristes de son auteur, publié en 1958.
Biographie Günther Schwab grandit à Prague, dans une famille de marchands. Après la Première Guerre mondiale, en 1918, sa famille déménage à Vienne. Il obtient son diplôme d'une école de commerce, comme le voulait sa famille, puis travaille brièvement en tant que fonctionnaire bancaire. Grâce au Günther Schlesinger, référent autrichien sur la protection de la nature, Günther Schwab participe plus activement à cette cause. En raison de son amour pour la nature, il étudie ensuite la sylviculture et entre rapidement, en 1923, à l'Inspectorat des Eaux et Forêts. Il voyage ensuite à l'étranger pendant 7 ans (Italie, Espagne, France, Corse, Algérie, Maroc, Allemagne et Pologne).
En 1930, il revient en Autriche et travaille en tant que garde forestier en Basse-Autriche et en Styrie. Le , il devient membre du Parti nazi puis devient membre de la SA en 1931, dans laquelle il est lieutenant (« SA-Sturmführer »). En 1935, il publie son premier roman Aventures près du fleuve (Mensch ohne Volk) dans la série de livres de culture allemande puis est publié en 1939 par la maison centrale d'édition du NSDAP ().
Le , Schwab est appelé dans la Wehrmacht et combat jusqu'en 1945 comme lieutenant de réserve sur le front de l'Est. Il retournera en Autriche fin .
thumb|right|résidence de Günther Schwab, à Pusterwald (Styrie, Autriche)
À partir de 1951, il est invité à écrire un article pour l'office allemand de Protection de la Nature. Ce qu'il découvre en préparant cet article l'impressionne tellement qu'il décide d'y consacrer un livre. Il s'installe alors à Salzbourg et, pendant quatre ans, consulte plusieurs centaines d'ouvrages scientifiques et techniques et décide de rassembler les conclusions alarmantes des experts. Il prend conscience que la nouvelle société consumériste des années 1950 menace de détruire tout ce qu'il aime : la campagne avec tous ses habitants, la solitude des régions naturelles et la faune sauvage telle qu'il la connaissait jusqu'alors. Sa prise de conscience est telle qu'il craint une menace pour l'humanité elle-même. Il abandonne par la suite sa profession et dédie sa vie à l'écriture.
En 1958, Günther Schwab fonde l’Union Mondiale pour la Sauvegarde de la Vie (World Union for Saving of Life ou (WRL)) avec Linus Pauling (prix Nobel de chimie et prix Nobel de la paix) comme président d'honneur du conseil. En 1963, l'ONG sera renommée en Union Mondiale pour la Protection de la Vie (World Union for Protection of Life ou (WSL)) et dotée d'un conseil scientifique regroupant 400 savants de 53 pays, dont 40 prix Nobel. L'institution remettra notamment, le , la médaille « Hans Adalbert Schweigart » au zoologiste Konrad Lorenz (prix Nobel de physiologie ou médecine) pour ses travaux sur la biologie du comportement, ainsi qu'au docteur français André Gernez pour ses travaux sur la « théorie unifiée du cancer ». Günther Schwab écrira alors à André Gernez : « Cette médaille est destinée à reconnaître des travaux d’une importance particulière pour la protection de la vie. Il nous est apparu que c’est justement le cas pour vos travaux sur la prévention systématique et le traitement curatif séquentiel du cancer que vous avez proposés dans une série de communications en 1968 et 1970 ». Günther Schwab terminera également son allocution du en soulignant « l'importance exceptionnelle de [ses] travaux ». L'information ne sera que peu relayée par la presse française.
En 1968, Schwab publie, en Allemagne, Le Diable t'emportera demain (Morgen holt dich der Teufel) qui sera publié en France, en 1975, sous le nom Les Centrales Atomiques du Diable.
Günther Schwab a également participé à l'écriture du scénario de L'Écho des montagnes centré sur les paysages autrichiens et le besoin de protection des biotopes contre l'industrialisation moderne. Réalisé en 1954 en collaboration avec Friedrich Schreyvogl et , le film réunit un casting constitué de Erik Frey, , , et . Avec 22 millions de spectateurs, le film est devenu l'un des plus gros succès du box office de l'Allemagne de l'Est Astrid Mignon Kirchhof, Contemporary Ideas in a Traditional Mind-Set: The Nature Conservation Movement in Post War West-Germany (1945-1960), (Ecozon@ Vol.2, No.1), Institute of Modern and Contemporary History, Humboldt University Berlin, 2011. ISSN 2171-9594. .
Il écrit également le scénario du film (ou Das Heilige Erbe), également coréalisé avec Fred Solm. Sorti en 1957, avec des rôles principaux occupés par Hermann Erhardt, , et , ce film est également engagé pour la protection de la nature et des animaux et met en garde contre la destruction irréfléchie de la flore et de la faune.
En 2004, à l'occasion de son anniversaire, Schwab se voit remettre la par la dirigeante du Länder de Salzbourg, Gabi Burgstaller (SPÖ), pour célébrer son dévouement et son amour pour la Nature.
Günther Schwab décède le , à Salzbourg (Autriche), à l'âge de 101 ans.
Travail littéraire La Danse avec le Diable Afin de faire connaître ses craintes auprès d'un large public, Günther Schwab écrit La Danse avec le Diable, qu'il terminera en 1958. Il est composé de quatre volumes : La danse avec le diable, La cuisine du diable, Les dernières cartes du diable, Les centrales atomiques du diable. Le livre se présente comme un roman policier, étayé par des documents et de faits richement documentés, percutants, fiables et exhaustifs, qui font référence à des éléments qui remontent principalement aux années 1954 à 1958La bibliographie de La Danse avec le Diable, en fin d'ouvrage, présente des documents scientifiques, articles et ouvrages publiés entre 1933 et 1957.. L'ouvrage, visionnaire et précurseur dans le courant de l'écologie politiqueDans leur ouvrage L'écologie inachevée, Michel et Bertrand Remy évoquent La Danse avec le Diable comme « le premier livre de vulgarisation écologique publié en Europe »., aborde les facteurs de décadence et les dommages environnementaux causés par l'homme et l'industrie moderne aux dépens de la Nature et des valeurs morales. Il évoque également l'explosion démographique et prédit que cette dernière mènera, à terme, l'homme à sa perte. Cette théorie illustre l'idéologie de l'auteur issue du malthusianisme, du néomalthusianisme voire du darwinisme social.
Le récit se base sur le mythe de Faust (popularisé par Goethe). Un journaliste américain (Bob Harding), un technicien allemand (Alfred Groot), une jeune docteur française (Françoise Duclarc) et un poète suédois (Sten Stolpe) rencontrent Belzébuth, le diable en personne qui apparaît sous la forme d'un homme d'affaires devenu le « Prince de ce Monde »Cette appellation de « Satan, Prince de ce monde » renvoie directement à un vocable biblique (Jean XII : 30 ; Jean XIV : 30 ; Jean XVI : 11) (voir Satan, Prince de ce monde (page 90) de William Guy Carr et Figures du démoniaque, hier et aujourd'hui (Chapitre III : Le prince de ce monde - La fonction christologique du diable dans le quatrième évangile) (page 63) de Michel Lagrée, Henri Crouzel, Jean-Marie Sevrin, Antoine Vergote et al.).. Ce dernier présente ses différents collaborateurs, dont chacun est responsable d'un domaine spécifique. On a ainsi :
« Le manuscrit original [de La Danse avec le Diable] comportait plus de 1000 pages. Devant cet énorme ouvrage, l'éditeur allemand demanda à l'auteur de condenser et de couper, pour réduire son livre de moitié. C'est ce livre, déjà réduit à 500 pages, à la demande de l'éditeur allemand, qui parvint un jour sur le bureau d'un éditeur parisien. Devant les frais à engager, l'éditeur français demanda à son tour au traducteur de le réduire à 300 pages seulement. L'ouvrage ainsi réduit parut en France, en , également sous le titre de La Danse avec le Diable. Cependant, l'accueil fait à cet ouvrage, tant à l'étranger qu'en France (il est [...] traduit en sept langues) et la gravité sans cesse croissante de la situation dénoncée par l'auteur, ont incité les éditeurs à publier ce qui ne l'avait pas encore été jusqu'alors. En 1959, l'éditeur allemand fit donc paraitre en un deuxième volume une importante partie des 500 pages du manuscrit original qui n'avait pu être publiée. Cet ouvrage fut intitulé : La Cuisine du Diable [...].Devant l'accueil du public français, les Éditions de la Colombe ont décidé de publier ultérieurement en un troisième volume les 200 pages de l'édition allemande de la Danse avec le Diable qui furent exclues de l'édition française - augmentées d'un texte dénonçant certains trafics, texte que l'éditeur allemand craignit de publier, à cause des révélations qu'il contient. Ce troisième ouvrage sera intitulé : Les Dernières Cartes du Diable. ».
Il dénonce, dans cet ouvrage, de manière documentée et factuelle les lobbies, conflits d'intérêts et délits d'ingérences entre politiques, industries et organismes financiers. Il y dénonce notamment les entreprises DuPont, Vickers, Krupp, Imperial Chemical Industries, Hotchkiss, Dynamit-Nobel, Schneider-Creusot, Armstrong, Škoda, l'organisme financier Dillon, Read & Co. ainsi que les personnalités publiques de Basil Zaharoff, J. P. Morgan, Cassel, Rothschild, les lords Balfour, Sandhurst, Kitchener, etc.
Curieusement, bien que La Danse avec le Diable soit sur le marché, . Le livre a été traduit en sept langues ; la version allemande a été publiée en 1958, la version anglaise en 1963, la première version française en 1963 également, puis a été rééditée en 1969, 1975 et 2010.
« Sollicité d'écrire une préface pour La Cuisine du Diable, le Albert Schweitzer qui avait déjà lu La Danse avec le Diable avec un grand intérêt répondit : "Ces deux livres n'ont pas besoin de préface. Ils nous disent une vérité avec laquelle nous devons faire connaissance." ».
Désambiguations homonymiques L'ouvrage La Danse avec le Diable ne doit pas être confondu avec les ouvrages homonymes de Kirk Douglas et de Pierre Salva, ni avec les ouvrages de Daniel Lacotte, Valerie Wilson Wesley ou encore Christophe Sémont.
Aussi, La Danse avec le Diable - Der Tanz mit dem Teufel en allemand - ne doit pas être confondu avec le téléfilm Der Tanz mit dem Teufel sorti en 2001 et réalisé par Peter Keglevic (voir enlèvement de Richard Oetker).
Par ailleurs, La Cuisine du Diable ne doit pas être confondu avec la bande dessinée La Cuisine du Diable, de la série Mélusine, réalisée par Clarke et François Gilson, ni avec la série de bande dessinée du même nom, réalisée par Karl T. et Damien Marie. L'ouvrage ne doit pas non plus être confondu avec les œuvres homonymes de François-Albert Viallet, Don Smith, Frédérique Ganzl ou encore Christian Desplat, ni avec les ouvrages d'Alain Germain ou de Poppy Z. Brite.
Aussi, l'ouvrage Grimoire seitanique de Brian Manowitz (), parfois surnommé La Cuisine du Diable.., n'a aucun lien avec l'ouvrage de Günther Schwab.
Enfin, l'ouvrage La Cuisine du Diable n'a aucun rapport avec le quartier New-Yorkais Hell's Kitchen, ni avec des grottes françaises ou américaines dont le nom fait référence au diable.
Travail avec Jean Choisel En 1963, La Danse avec le Diable sera traduit par Jean Choisel (1921-2001) et publié par les Éditions de la Colombe / Éditions du Vieux Colombier (5 rue Rousselet, Paris ).