thumb|Fumigènes au stade d'Ornano, en 2009.

Les supporters du Stade Malherbe Caen encouragent et soutiennent le club de football français du Stade Malherbe Caen. Ce club étant un des principaux clubs de football de Normandie, les supporters du club sont originaires de toute la région.

Le premier groupe de supporters organisés naît à l'époque où le club passe professionnel dans les années 1930. Celui-ci ne survit pas à la perte du statut professionnel en 1938. À la sortie de la guerre, un nouveau groupe se crée et il accompagne le club dans ses épopées en coupe de France. Le mouvement des supporters du club se développe fortement avec les bons résultats de l'équipe au cours des années 1980 notamment avec la montée en division 1 et au début des années 1990, dans la chaleur du stade de Venoix. Le déménagement au stade Michel-d'Ornano en 1993, le creux sportif qui s'ensuivit et les normes imposées par la Ligue nationale de football conduit à la réduction des différents mouvements et leur fusion au sein du Malherbe Normandy Kop, fondé en 1996. Après plusieurs années difficiles, celui-ci parvient à gagner en importance au cours des années 2000 et reste en 2011 le groupe de supporters très largement majoritaire malgré la création de nouveaux groupes sur la même période. Naissance des groupes de supporters À l'époque de Venoix thumb|Vue intérieure de Venoix. Le Stade Malherbe évolue de sa fondation jusqu'en 1993 au stade de Venoix, décrit comme un en référence à sa capacité relativement réduite et aux ambiances parfois chaudes les soirs de match, facilitée par la configuration du stade (virages couverts, tribune latérale couverte).

La période d'avant guerre Le club ayant été créé à la veille de la première Guerre mondiale, il ne dispute des matchs régulièrement qu'à la sortie de la guerre. Il participe à la coupe de France et réalise parfois des parcours qui attirent les spectateurs au stade de Venoix. Le , le SM Caen reçoit l'Olympique de Paris pour le compte des de finale de la coupe de France devant spectateurs « enthousiastes venus de la région bas normande »A. Douville, D. Fleutot, J. Guesdon, Malherbe d'hier et d'aujourd'hui : 75 ans de football au SM Caen, 1988, . Un chant, inventé par le joueur Eugène Maës, se propage parmi les générations de supporters à partir du milieu des années 1920 : « non, non, non, non, l'stade Malherbe n'est pas mort (bis) car il gagne encore (bis) »ce chant est encore présent dans les tribunes en 2011.

À partir des années 1930, le club joue aussi des matchs amicaux contre des clubs professionnels. Le , le Football Club de Sète se déplace à Venoix devant spectateurs. Lors de cette même saison, d'autres clubs viennent jouer des matchs amicaux. Les dirigeants du club effectuent un sondage auprès des spectateurs pour savoir quelle équipe ils désiraient voir évoluer à Venoix. C'est ainsi que l'Olympique lillois vient le car elle était deuxième au classement des équipes préférées des supporters du Stade Malherbe. On commence alors à parler de « pelousards » pour désigner les « supporters passionnés et fidèles amassés en face du pesage ».

Un premier groupe de supporters du Stade Malherbe Caennais se crée en Ouest Éclair, 10 janvier 1936 alors que le club est passé professionnel et joue en deuxième division. Il s'appelle « Allez Malherbe » et compte alors une centaine de membres. À l'époque, les associations de supporters Nicolas HOURCADE, Ludovic LESTRELIN, Patrick MIGNON, Livre vert du supportérisme, État des lieux et propositions d’actions pour le développement du volet préventif de la politique de gestion du supportérisme, Ministère de la jeunesse et des sports, octobre 2010 . Dès la fin du mois de , « Allez Malherbe » se fait remarquer en se déplaçant à Rouen pour le match de coupe de France contre le RacingOuest Éclair, 31 janvier 1936. Le groupe s'occupe aussi de fournir un programme des matchs à domicile. Le groupe organise quelques déplacements à l'extérieur pour soutenir les rouges et bleus comme contre le rival havrais en Ouest Éclair, 22 septembre 1937. Il n'y a pas que par les encouragements qu'« Allez Malherbe » soutient le club, il participe financièrement à combler son déficit lorsque celui-ci connaît des difficultés financières ( francs versés en Ouest Éclair, 4 mars 1937). Le groupe organise notamment un gala le Ouest Éclair, 13 mars 1937 afin d'y récolter de l'argent. Mais cette initiative n'a pas eu l'audience escomptéeOuest Éclair, 25 mars 1937. Pour la saison 1936-1937, c'est au total francs qui sont apportés par les supportersOuest Éclair, 23 septembre 1937. Cela permet au club de rester professionnel une saison supplémentaireOuest Éclair, 2 juin 1937. Mais tous ces efforts répétés n'empêchent pas le club de renoncer au statut professionnel faute de moyens lors de la saison 1937-1938. Le club organise une réunion publique le sur la situation du professionnalisme à Caen en présence du comité directeur du clubOuest Éclair, 6 juin 1938. Le club se retrouve division d'Honneur de Normandie. « Allez Malherbe » se dissout lors de son assemblée générale du Ouest Éclair, 3 février 1939. Mais les supporters restent dans les tribunes de Venoix et continuent d'encourager son club préféré au cri de « allez Malherbe ! Malherbe champion » lors de la rencontre contre Quevilly en . Les joueurs remercient leurs supporters en effectuant un tour d'honneurOuest Éclair, 27 mars 1939.

La période d'après guerre Au temps de l'amateurisme et des coupes de France À partir de 1948, le club joue dans le championnat amateur. C'est à ce moment qu'un club de supporters est de nouveau créé afin de supporter le Stade Malherbe ; il reprend le nom d'"Allez Malherbe"M. Le Néel, Les plus belles pages du Stade Malherbe Caen, 1913-1993 : 80 ans de passions, 1994. Les supporters ne soutiennent pas uniquement le club lors des matchs, ils participent pleinement à la vie du club car celui-ci dispose de très peu de moyens et les joueurs sont amateurs. C'est ainsi que les supporters sont aussi chargés « d'aller chercher les joueurs au travail et de les ramener sitôt la séance d'entraînement terminée ».

Il n'y a pas foule lors des matchs au stade de Venoix néanmoins, certains matchs contre le « rival local » l'US Quevilly voit le nombre de spectateurs dépasser les comme en 1956 ou en 1959 avec spectateurs.

Il faut attendre les exploits en coupe de France dès le début des années 1950 pour que les Caennais s'intéressent de nouveau au ballon rond. Ils sont à aller voir Caen battre le stade de Reims en 1953 à Rouen puis 500 à descendre à Bordeaux pour le tour suivant contre Nice. Lors de l'épopée de coupe de France de 1955-1956, il y a 500 supporters malherbistes à Tours pour le match contre Alès. Près de spectateurs sont présents au stade pour voir le Racing Paris en de finale de la coupe de France le . Après ces épopées, le club traverse une crise qui le relègue dans le championnat de division d’Honneur de Normandie. Il faut attendre la réforme du championnat amateur en 1971 pour que le public revienne timidement au stade avec l'accession du club en division 2 ; le club y est repêché grâce « à la moyenne de spectateurs » : . Ce qui passionne les Caennais, ce sont les derbys caennais contre l'US Normande. Lors de la saison 1974-1975, il y a par exemple spectateurs à Venoix pour ce match; le match aller s'étant déroulé devant près de spectateurs.

Les années D2/D3 À partir de 1976, le club des supporters établit son quartier général au club-house, nouvellement construit, tenu par Yvette. Les supporters savent répondre présent quand il le faut, c'est le cas à la fin de la saison 1976-1977 où le club lutte pour ne pas descendre en troisième division. Le match contre Lorient se déroule dans « une ambiance folle. Rarement les joueurs malherbistes n'auront été plus encouragés que cet après-midi-là. Le public caennais réclamait un tour d'honneur aux joueurs pour avoir assuré le maintien ». Mais la saison suivante, les supporters expriment leur mécontentement après une saison catastrophique : il n'y a que 369 spectateurs lors du match contre Nœux les mines. Lors de la saison 1979-1980, pour la match de la remontée en deuxième division, "Allez Malherbe" organise un déplacement à Saint-Brieuc et de nombreux supporters caennais sont présents. Le club naviguant entre les deuxième et troisième divisions, l'affluence au stade de Venoix ne dépasse guère les personnes au début des années 1980L'affluence moyenne officielle est de spectateurs en 1981-1982, en 1982-1983.

Il faut attendre la saison 1983-1984 pour que le public revienne à Venoix. Une nouvelle épopée en coupe de France permet d'établir un record d'affluence en avec la venue de Laval. Près de spectateurs sont présents pour le match aller qui voit la victoire de Caen. Le match retour au stade Francis Le Basser permet aux supporters caennais de se déplacer en nombre. Deux mois plus tard, Venoix connaît de nouveau un engouement avec le match crucial pour la montée en deuxième division contre le voisin du CA Lisieux le . Plus de spectateurs entrées payantes sont présents pour ce match dont lexoviens. Le club des supporters Allez Malherbe a prévu des grandes banderoles et fait venir une fanfare d'une quinzaine de musiciens pour animer le stadeOuest France, 7-8 mai 1984. Un journaliste de Ouest-France décrit l'ambiance comme une « grande messe autour du terrain, des gamins à foison et des chœurs tantôt caennais, parfois lexoviens timides au départ, fournis à l'arrivée ». Après ce match, un groupe d'amis décide de suivre le Stade Malherbe aussi bien à domicile qu'à l'extérieur. Ils se situent d'abord dans la tribune populaire (dite les tôles). Lors du dernier match de la saison 1983-1984 contre la réserve de Nantes, deux cars sont affrétés par le club des supporters au stade Marcel-Saupin. L'affluence est maigre, à peine 161 entrées payantes mais ce sont les supporters caennais qu'on entend. Après le match nul, Caen est assuré de retrouver la deuxième division et joueurs et supporters font la fête ensemble à NantesOuest France, 28 mai 1984.

Avec la couverture des virages peu avant le début de la saison 86-87, les supporters les plus actifs décident d'y migrer. Ils se placent dans le virage Venoix et se surnomment alors les « Vikings » et se placent en marge du groupe Allez Malherbe. On parle alors du « virage Vikings ». Ils viennent au stade avec leurs tambours, drapeaux et mégaphone.

Les premières années D1 La montée en première division, en 1988, provoque l'arrivée de nombreux nouveaux supporters. C'est dans le virage Venoix que se regroupent les fans les plus jeunes et les plus actifs ; un groupe de tam-tam antillais rythme les chantsOuest France, 23 septembre 1988. Dans l'autre virage, c'est la fanfare municipale de Blainville-sur-Orne qui met de l'animationOuest France, 19 août 1988. Mais la cohabitation entre le groupe officiel, Allez Malherbe, et les jeunes du virage Venoix n'est pas toujours facile. Après le match contre Lille en , le président Jean-Jacques Fiolet est obligé d'intervenir entre les deux groupes avant que la situation ne s'envenimeBulletin Allez Malherbe, 10 septembre 1988. Cette rivalité entre les deux clubs de supporters prend fin en avec la création d'un seul et unique club de supportersOuest France, 20 janvier 1989. Ce nouveau club unique est ensuite intégré dans l'organigramme du clubBulletin Allez Malherbe, mai 1989 est devient de fait le club officiel des supporters. Il a la gestion de la boutique des supporters (située à l'entrée du stade de Venoix), l'édition du journal Allez Malherbe et l'organisation des déplacements. Le club des supporters organise aussi des animations en ville lors des matchs comme c'est le cas pour la réception de l'OM an avril 89Allez Malherbe , 15 avril 1989. Dès 14h30, la fanfare déambule dans les rues piétonnes de Caen pour présenter le match et les articles vendus à la boutique des supporters.