Le K-19 (en ) est le deuxième sous-marin nucléaire lanceur d'engins de la (code OTAN / ) de la Marine soviétique. Entré en service fin 1960, il est le premier sous-marin soviétique à être équipé de missiles balistiques . La conception et la construction du sous-marin sont accélérées, les Soviétiques étant désireux de rattraper le retard accumulé vis-à-vis des sous-marins américains. En effet, contrairement aux SNLE américains, les sous-marins soviétiques ne pouvaient tirer de missile balistique en immersion. Le dispositif de lancement sera modernisé par la suite. Il aura sept navires jumeaux.
Dix ouvriers et marins meurent dans des accidents et incendies pendant sa construction. Après son entrée en service, il connaîtra un grand nombre d'accidents et dysfonctionnements, dont plusieurs menaceront de le faire couler. Lors de son premier voyage, le , il subit une fuite primaire de son réacteur. Ne disposant pas de système auxiliaire, le capitaine ordonne aux membres de l'équipe d'ingénieurs présents à bord de trouver une solution pour éviter la fusion du réacteur nucléaire. Au sacrifice de leur vie, vingt-deux membres d'équipage parviennent à bricoler un système de refroidissement secondaire de fortune et à éviter la fusion du cœur.
Le connaît plusieurs autres accidents, parmi lesquels deux incendies et une collision, ce qui lui vaudra le surnom d'« Hiroshima ». Il parcourra au total en de service opérationnel.
Historique Contexte À la fin des années 1950, les dirigeants soviétiques sont déterminés à rattraper le retard accumulé face aux États-Unis en matière de sous-marins et ordonnent la construction d'une flotte de sous-marins nucléaires. La conception des plans et la production de sous-marins se fait alors à un tel rythme que de nombreux officiers supérieurs de la Marine soviétique pensent que ces bâtiments ne seraient pas aptes au combat. L'équipage du premier sous-marin nucléaire de la flotte soviétique est choyé et embarque des mets de qualité (poisson fumé, saucisses, chocolats et fromages), bien meilleurs que ceux fournis aux équipages des sous-marins à propulsion diesel électrique.
Une construction endeuillée Le K-19 est commandé par la Marine soviétique le Historical overview. Sa quille est posée le au chantier naval de Severodvinsk.
Le sous-marin connut plusieurs accidents, dont les premiers eurent lieu dès la construction. Pendant la peinture des compartiments, un incendie tue deux ouvriers, puis une femme peintre meurt accidentellement. Plus tard, six femmes meurent asphyxiées par des fumées alors qu'elles collaient un revêtement en caoutchouc sur une citerne à eaux. À l’automne 1960, un marin a été tué par la fermeture du silo à missiles, un autre a été aspiré dans les mécanismes pendant le tournage de l’arbre principal.
Origine de la réputation de bâtiment « maudit » Le sous-marin est lancé et baptisé le . Contrairement à la tradition, le capitaine de V. V. Panov de la d'Urgence est choisi pour briser la bouteille de champagne sur la poupe du bâtiment, alors que ce geste est normalement effectué par une femme. La bouteille ne se brise pas, elle glisse et rebondit sur la coque recouverte de caoutchouc. Ce signe est traditionnellement perçu par les équipages comme un mauvais présage . Le capitaine de Nikolaï Vladimirovitch Zateïev est le premier commandant du sous-marin.
Premiers incidents En , une confusion parmi les membres d'équipage au moment d'un changement de quart conduit à une mauvaise manipulation du réacteur et une barre de contrôle du réacteur est tordue. Les dégâts occasionnés nécessitent que le réacteur soit démantelé pour réparations. Les officiers de garde sont renvoyés et le capitaine Panov est démis.
Le pavillon du sous-marin est hissé pour la première fois le . Il effectue des essais en mer du au puis à nouveau du au , parcourant . En , le K-19 réussit son premier tir de missile. Son armement principal est constitué de trois missiles R-13 (code OTAN : SS-N-4 Sark) d'une masse de au lancement emportant une ogive d'une puissance d'une mégatonne à . Le bâtiment est considéré comme étant apte au service le . Alors qu'il faisait surface pour recharger ses batteries électriques, l'équipage découvre qu'une grande partie du caoutchouc recouvrant la coque s'était détachée et que celle-ci devait être entièrement recouverte.
Pendant un test de plongée à une profondeur maximale de , une fuite d'eau de mer est décelée dans le compartiment du réacteur et le capitaine Zateïev ordonne au sous-marin de refaire surface immédiatement, le bâtiment penche alors à bâbord en raison de l'eau qui s'était infiltrée. L'enquête déterminera que, pendant la construction, les ouvriers avaient oublié de remplacer un joint d'étanchéité. En , les marins responsables des repas obstruent le système d'évacuation des déchets de la cambuse en y introduisant des bouts de caisse en bois. Une voie d'eau se déclare et le neuvième compartiment est rempli d'eau à un tiers. En , une fuite de liquide de refroidissement provoque l'arrêt de la pompe du circuit principal. Des spécialistes envoyés depuis Severodvinsk parviennent à la réparer en mer en une semaine.
Le sous-marin est mis en service le . L'équipage est alors composé de , comprenant des officiers artilleurs, des torpilleurs, des officiers responsables du réacteur, des docteurs, des cuisiniers, des commissaires et plusieurs observateurs ne faisant pas partie de l'équipage habituel.
L'accident nucléaire En , le est affecté à la Flotte du Nord. Avec les et , il forme une brigade indépendante, base de la future de sous-marins nucléaires. Pendant l'été 1961, il est en préparation opérationnelle, il effectue trois sorties, parcourt en plongée et en surface.
Le , sous le commandement du capitaine de premier rang Nikolaï Vladimirovitch Zateïev, le K-19 opère au large de la côte Sud-Est du Groenland. Alors que le sous-marin se trouve en plongée, une fuite sur le circuit primaire du réacteur tribord fait craindre une explosion thermique. La pression relative de l'eau dans le réacteur tombe à zéro et provoque une panne de la pompe primaire.
Un accident distinct ayant désactivé le système radio à longue portée, le sous-marin ne pouvait pas avertir Moscou de l'avarie. Bien que les barres de contrôle aient été descendues automatiquement grâce au mécanisme de SCRAM, la température du réacteur continue à augmenter de manière incontrôlée en raison de la puissance résiduelle, atteignant . La température du réacteur continue à augmenter, un système d'alimentation en eau de secours n'ayant pas été prévu lors de la conception du sous-marin.
Prenant une décision drastique, le commandant Zateïev ordonne aux équipes d'ingénieurs de fabriquer un nouveau système de refroidissement en dérivant par le circuit d'aération une partie de l'eau douce stockée à bord, ce qui permet de refroidir les réacteurs. Une équipe de soudeurs se relaie, au prix de leur vie, pour réaliser cette tâche en étant exposés à de fortes radiations. La rupture du collecteur primaire entraîne une importante libération d'effluents contaminés et fortement irradiants, contamination (irradiante) qui se propage dans l'ensemble du bâtiment à travers le système de ventilation. Le circuit d'eau dérivé parvient finalement à faire baisser la température du réacteur et l'accident nucléaire est évité de justesse.
vignette|droite| Comparaison de la radioactivité mesurée à Fukushima, reportée sur un graphe, avec celles relevées au cours d'autres accidents ou incidents de l'histoire de l'industrie nucléaire, ainsi qu'avec les normes ou doses admissiblesMain gate = Entrée principale. Les autres relevés (MP-1, MP-2, MP-3, MP-4) proviennent d'autres points de mesure en limite de site.L'image a plusieurs niveaux de zoom, pour y accéder, cliquer dessusRelevé non exhaustif de toutes les données radiologiques provenant de Fukushima Daiichi. L'ensemble de l'équipage, la totalité du sous-marin et certains missiles balistiques à bord sont irradiés. Les sept membres de l'équipe d'ingénieurs et leur officier divisionnaire meurent de l'exposition aux radiations dans le mois qui suit. Quinze marins mourront eux aussi des radiations dans les deux ans..
Plutôt que de poursuivre la mission, le commandant décide de faire route au sud afin de rejoindre des sous-marins diesel-électriques censés être dans cette zone. Craignant une possible mutinerie de l'équipage, Zateïev ordonne que toutes les armes à feu soient jetées à la mer à l'exception de cinq pistolets distribués à des officiers de confiance. Un sous-marin diesel, , parvient à capter le signal de détresse du et à le rejoindre.
Des navires de guerre américains situés à proximité captent la transmission et offrent leur assistance, mais Zateïev, craignant de divulguer des secrets militaires soviétiques à l'Ouest, refuse et fait route en direction du . Il évacue l'équipage et le sous-marin est remorqué vers sa base. Le , il arrive au chantier naval de Sevmash où, par décision du conseil des ministres de l'URSS du , débute la réparation avec le remplacement de la tranche réacteur.
Après son retour au port, le bâtiment contamine une zone de autour de lui. Pendant les deux ans que dure sa réparation, des ouvriers retirent et remplacent les réacteurs endommagés. Le processus de décontamination fait de nombreuses victimes supplémentaires parmi les ouvriers, souvent mortellement atteints par l'irradiation. La Marine soviétique dépose les compartiments irradiés en mer de Kara..
D'après les explications officielles du gouvernement soviétique, les équipes de réparation ont découvert que la catastrophe avait été causée par une soudure défectueuse pendant la construction initiale. Ils découvrent une goutte provenant d'une électrode de soudage à l'intérieur du circuit primaire de refroidissement du réacteur. Certains remettront en doute ces conclusions. Le contre-amiral en retraite Nikolaï Mormoul affirme que lorsque le réacteur a été mis en marche pour la première fois à terre, les ouvriers n'avaient pas attaché une jauge de pression au circuit de refroidissement primaire. Avant que quiconque ne réalise qu'il y avait un problème, les tuyaux du système de refroidissement avaient été exposés à une pression de , le double de la limite acceptable. Remplacer les tuyaux aurait été coûteux et mentionner cette négligence aurait pu être préjudiciable à la carrière du capitaine Zateïev, ce qui explique que l'incident ait été passé sous silence. L'accident du est gardé secret jusqu'à la fin de l'ère soviétique, mais il semble qu'un escorteur de la marine américaine ait suivi le sous-marin lors de celui-ci.
Le , l'ancien président de l'Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev propose dans une lettre envoyée au Comité Nobel norvégien que l'équipage du soit nommé pour le Prix Nobel de la paix pour son action du .. Fin , Nikolaï Vladimirovitch Zateïev est proposé formellement pour ce prix.
Liste des victimes de l'accident Plusieurs membres d'équipage reçoivent des doses mortelles de radiation pendant l'opération de dérivation du système de refroidissement du réacteur . Tous mourront entre une et huit semaines après l'accident de syndrome d'irradiation aiguë. Une dose de 4 à 5 Sv (Sievert) a 50 % de risques d'être mortelleUnited States Nuclear Regulatory Commission "Lethal Dose" definition.
NomRangDose d'irradiationDate de décèsJours survécus Sv (Sievert)Convert from Roentgen (R) to rad or from Roentgen (R) to rem? = 5400 rem СУБМАРИНА, СБЕРЕГШАЯ МИР TPYд. 21 novembre 20026 Sv = 990 röntgen21 Sv = 845 röntgen6Marin Sv = 890 röntgen6Marin Sv = 930 röntgen14Marin Sv = 935 röntgen9,Commandant du compartiment de propulsion Sv = 629 röntgen11 Sv = 720 röntgen18