Larchidiocèse de Gênes (en latin : Archidioecesis Ianuensis ; en italien : Arcidiocesi di Genova) est un archidiocèse métropolitain de l'Église catholique en Italie appartenant à la région ecclésiastique de Ligurie.

Territoire

Il est situé sur deux provinces : la plus grande partie est dans la Ville métropolitaine de Gênes, le reste de cette ville métropolitaine est géré par les diocèses de Plaisance-Bobbio, Savone-Noli, Tortone, Chiavari, ces trois derniers étant suffragants de Gênes tout comme les diocèses d'Albenga-Imperia, de La Spezia-Sarzana-Brugnato et de Vintimille-San Remo. Une autre parcelle de l'archidiocèse est sur une partie de la province d'Alexandrie, dont le reste est géré par les diocèses d'Asti, d'Acqui, d'Alexandrie et de Casale Monferrato.

Son territoire est de divisé en 278 paroisses regroupées en 27 archidiaconés. L'archevêché est à Gênes avec la cathédrale saint Laurent ; dans la même ville, l' garde les reliques de sainte Catherine de Gênes ; l'église Santa Maria di Castello possède le corps du bienheureux Sébastien Maggi.; l' des capucins conserve la châsse de saint François-Marie de Camporosso ; les sœurs de Notre Dame du refuge du Mont Calvaire ont dans leur chapelle le corps de sainte Virginie Centurione Bracelli, qui est leur fondatrice, ainsi que celui de la bienheureuse Marie Repetto, une sœur de la congrégation ; les restes de la bienheureuse Eugénie Ravasco sont dans la chapelle des Filles des Sacrés Cœurs ; le bienheureux Thomas Reggio, archevêque de Gênes, est dans un tombeau de marbre dans la chapelle des sœurs de Sainte Marthe dont il est le fondateur ; enfin, saint Augustin Roscelli, fondateur des sœurs de l'Immaculée Conception de Gênes est dans l'.

La ville de Gênes a cinq basiliques mineures : (consulté le 12 avril 2013), qui surplombe la ville (consulté le 12 avril 2013), Sainte Marie de la vigne (consulté le 12 avril 2013), Sainte-Marie-Immaculée et Notre-Dame-de-Assomption (consulté le 12 avril 2013). Trois autres basiliques se trouvent dans l'archidiocèse : l'Enfant-Jésus à Arenzano qui est un lieu de culte à l'Enfant Jésus de Prague (consulté le 12 avril 2013), à Camogli (consulté le 12 avril 2013) et la basilique Notre-Dame de la Garde à Ceranesi (consulté le 12 avril 2013)construite à la suite d'une apparition de la Vierge.

Histoire

Les origines du christianisme à Gênes et dans son arrière-pays sont incertaines. Une tradition tardive attribue l'évangélisation de la ville à saint qui, à son retour des Gaulois où le pape Lin (67-76) l'avait envoyé, s'arrête avec saint Celse à Gênes et y annonce l'évangile. Il est plausible qu'une communauté chrétienne est présente dans la ville avant même l'époque de Constantin Ier en raison des contacts maritimes et terrestres avec les Gaulois et avec Milan. En fait, le diocèse est attesté pour la première fois en 381, lorsque l'évêque Diogène participe au concile d'Aquilée avec saint Ambroise, archevêque de Milan, dont le diocèse génois est suffragant. Pascasio, deuxième évêque génois historiquement documenté, participe au synode de Milan en 451.

En 568, les Lombards, qui pratiquent l'arianisme, occupent Milan. L'archevêque , accompagné de prêtres et de laïcs les plus influents de la ville, s'enfuit et se réfugie à Gênes, qui devient le siège des métropolites milanais jusqu'en 643, lorsque la zone côtière ligure est également occupée par les Lombards. Pendant cette période, qui dure plus de sept ans, les archevêques milanais sont également évêques de Gênes. Le premier évêque génois, après le retour de l'archevêque de Milan sur son siège, est Jean qui prend part au concile de Rome de 680 organisé par le pape Agathon contre le monothélisme.

La chronologie des évêques génois du au est incertaine. Parmi les évêques du haut Moyen Âge, on peut citer Pierre qui participe au synode milanais en 864 pour la réforme de la discipline ecclésiastique ; Sabbatin qui accueille le pape Jean VIII à Gênes ; Théodolphe, qui restaure de nombreuses églises dans la seconde moitié du après le pillage subi par les Arabes ; il crée aussi un groupe de clercs qui l'aide à prendre soin des âmes et dont dérive le chapitre, et fonde le premier monastère bénédictin génois. Au début du , l'évêque Landolf procède à la translation des reliques de saint Syr dans l'église saint Laurent, qui à l'époque de son prédécesseur est devenue la nouvelle cathédrale du diocèse, consacrée par le pape Gélase II en 1118.

Gênes est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain le par la bulle Iustus Dominus du pape Innocent II avec comme suffragants les diocèses Corse de Mariana, Nebbio et Accia ; et les diocèses continentaux de Bobbio et Brugnato. Entre le et le , le diocèse d'Albenga et le nouveau diocèse de Noli sont agrégés à la province ecclésiastique génoise. En 1163, l'archevêque Ugone della Volta reçoit le titre de légat transmarin du pape Alexandre III. Après le quatrième concile du Latran de 1215, on célèbre le premier synode à Gênes en présence des évêques suffragants. Le territoire diocésain est organisé en piève, dont dépendent de nombreuses chapelles rurales, puis organisées en paroisses. Entre 1200 et 1300, le désir de prévalence et d'autonomie du chapitre de la cathédrale conduit à des conflits avec les archevêques ; de plus, les désaccords internes du chapitre causent souvent l'intervention du Saint-Siège dans les nominations épiscopales.

Parmi les archevêques de cette période, on peut citer particulièrement Jacques de Voragine (1292-1298), érudit dominicain, écrivain ecclésiastique, vénéré comme bienheureux après sa mort. Guido Scetten (1358-1368), homme de culture, ami de Pétrarque, est responsable de la fondation de l'abbaye de la Cervara où le pape Grégoire XI est accueilli lors du retour de la curie ppontificale d'Avignon à Rome. La célébration d'un synode de réforme et de réorganisation de l'église génoise est due à l'archevêque Andrea della Torre (1368-1377), qui touche les sacrements, la liturgie, la moralité avec l'introduction de normes contre l'usure.

Au , les contrastes entre l'autorité civile et ecclésiastique génoise s'accentuent. Dans le schisme occidental, l'Église génoise reste fidèle à la papauté de Rome, mais cette fidélité est compromise par la soumission de Gênes à la France (1396-1409), fidèle au pape d'Avignon. L'antipape Benoît XIII reste dans la ville et l'archevêque Pileo de Marini (1400-1429) le rejoint. Il n'est pas rare que les autorités de la ville interviennent pour forcer la main à la nomination des prélats, ce qui a pour conséquence qu'ils ne sont souvent pas à la hauteur du poste.

L'étendue exacte de l'archidiocèse n'est pas claire. Au , le fleuve sépare Gênes du diocèse de Savone ; l'arrière-pays est probablement délimité par le bassin versant des Apennins. Du au , des modifications territoriales sont apportées, sanctionnées par les papes ; en 1133, certaines paroisses du et du haut sont cédées au diocèse de Brugnato ; en 1162, les paroisses de Porto Venere, auparavant dépendant de , et le monastère de l'île Gallinara qui était sous juridiction d'Albenga, passent à l'archidiocèse génois qui, à la fin du , a également le contrôle de Bonifacio et de quelques autres îles adjacentes, au sud de la Corse ; en 1248, Gênes s'agrandit avec cinq paroisses prises dans le diocèse de Tortone ; enfin, en 1430, l'île de Capraia est également attribuée à l'archidiocèse.

Le protestantisme n'a aucun effet à Gênes, bien que la nécessité de réformer la vie et les structures ecclésiales est forte. Les évêques du début du ne sont intéressés par aucun changement ; parmi ceux-ci en particulier le cardinal Innocent Cybo, archevêque pendant trente ans (1520-1550) qui se distingue par son absence et son manque d'intérêt. Dans la seconde moitié du , des réformes commencent, voulues et établies par le concile de Trente. En 1574, Cipriano Pallavicino organise un synode provincial, où la superstition et la corruption sont principalement combattues ; en 1582, une visite apostolique, demandée par le pape Grégoire XIII, met en évidence les carences et les dysfonctionnements de l'organisation diocésaine ; entre 1588 et 1619, trois synodes diocésains sont célébrés pour la réforme de la vie ecclésiastique ; la réforme des anciens instituts religieux présents dans l'archidiocèse et l'introduction de nouveaux ordres et congrégations, y compris les carmes déchaux de sainte Thérèse d'Avila et les jésuites, sont importantes.

Une grande figure au est celle de Stefano Durazzo (1635-1664) dont le travail se concentre essentiellement sur quatre points: l'évangélisation de la ville, des villages côtiers et de l'arrière-pays ; réforme du clergé et du séminaire ; action de bienfaisance, en particulier pendant la période de peste ; l'accroissement et l'éducation de la piété populaire avec la tentative de réguler l'activité des confréries. Les œuvres qu'il met en place sont nombreuses, il fait deux fois une visite pastorale de l'archidiocèse ; fonde l'institut des missionnaires urbains ; célèbre un synode en 1643 ; fonde un nouveau séminaire en 1656 et 34 nouvelles paroisses ; institue des missions populaires et confie la formation des clercs à la congrégation de la Mission.

Au début du , l'archidiocèse compte environ trois cents paroisses dont trois sont situés en dehors du territoire diocésain : Portovenere, Bonifacio en Corse et Tabarka en Tunisie. Parmi les archevêques du , Giuseppe Maria Saporiti (1746-1767) est particulièrement connue, il est le premier à écrire des lettres pastorales ; il voit la formation des prêtres de son archidiocèse à travers une spiritualité d'inspiration française plus attentive et publie le premier catéchisme de l'Église génoise. À la fin du , les diocèses de Savone, Albenga, Vintimille et Tortone sont affectés à la province ecclésiastique génoise. Pendant une certaine période, au début du , le diocèse de Nice fait également partie de la métropole de Gênes. Enfin, à la fin du siècle, le diocèse de Chiavari devient suffragant du siège génois. Lors de la période d'occupation française de la république de Gênes, l'archevêque Giovanni Lercari est exilé ; son successeur est Giuseppe Spina, qui prend part au régime concordataire français de 1801. À la suite de sa politique pro-bonapartiste, il fait amende honorable dans la cathédrale le .

Au , les archevêques génois s'engagent principalement dans la revitalisation du diocèse, avec la convocation de synodes et de visites pastorales, tout en recherchant une conciliation entre les catholiques intransigeants, qui à Gênes avaient leur propre quotidien, "Le catholique" , et les catholiques plus ouvertement libéraux ; et essayent d'atténuer la controverse entre les mouvements cléricaux et anticléricaux. Sous l'épiscopat d'André Charvaz, les œuvres caritatives s'intensifient, la fondation d'écoles catholiques d'enseignement primaire et professionnel, la création d'un séminaire diocésain pour les missions étrangères. La fin du siècle voit deux grands évêques à Gênes. Salvatore Magnasco, qui participe au Concile Vatican I, fait reconstruire le sanctuaire de la Madone de la Garde, favorise grandement la presse catholique, et publie un catéchisme pour les enfants. Il est remplacé par le bienheureux Tommaso Reggio, politiquement plus conciliant et en faveur d'un rapprochement entre l'État et l'Église, qui se distingue par la création de nombreuses paroisses, par la célébration d'un synode diocésain (1896) et visite deux fois son archidiocèse.