Vladimir Oskarovitch Kappel (en ) est né le dans le Gouvernement de Saint-Pétersbourg et mort le à Touloun, près de Nijnéoudinsk.

Ce chef militaire russe, général-major, est tout d’abord capitaine en 1915, puis major-général lieutenant-général trois ans plus tard. Il participe à la Première Guerre mondiale, puis à la Guerre civile russe. Il est l’un des dirigeants des armées blanches de Sibérie, puis le chef des armées du front de l'Ouest, puis commandant en chef et bras droit de son ami Alexandre Vassilievitch Koltchak. Il meurt en essayant de l’extirper des mains de ses bourreaux. Vladimir Kappel est décoré de l’Ordre impérial de Sainte-Anne, de l’Ordre de Saint-Georges, de l’Ordre de Saint-Vladimir et de l’Ordre de Saint-Stanislas.

Considéré du temps de l’Union soviétique comme un ennemi du peuple, il est même caricaturé par un film soviétique et sa tombe est profanée par les maoïstes. Mais depuis la chute du communisme en Russie il est réhabilité. Ses restes ont été transférés de Chine en Russie, après quatre années de négociations.

Biographie Avant la guerre

Vladimir Kappel est né dans une famille russe d'origine danoiseMosaic: A Child's Recollections of the Russian Revolution, Valentina Antonievna Seletzky, iUniverse, 2003, . Valentina Antonievna Seletzky est la nièce de Vladimir elle dit que son grand-père est danois et pas suédois..

Son père, Oscar Kappel (1843-1889) fait partie de la noblesse héréditaire du gouvernement de Kowno. Pour actes de bravoure au cours des combats contre les forces de l'émirat de Boukhara en 1866, il reçut la croix de l'Ordre de Saint-Georges. Pour le courage montré à la prise de la forteresse de Djizak, il fut fait officier et reçut l'Ordre de Sainte-Anne et celui de l'Ordre de Saint-Stanislas. En 1881, il servit dans un corps d'élite de la gendarmerie. À la fin de sa vie, il est un haut fonctionnaire des postes impériales.

Sa mère, Elena Petrovna, née Postolskaïa est la fille du lieutenant-général Pierre Ivanovitch Postolsky qui fit la guerre de Crimée et fut un héros de la défense de Sébastopol. Durant la guerre civile russe et la répression stalinienne, la mère de Vladimir Kappel survivra en remplaçant une lettre de son nom de famille, devenant ainsi Madame Koppel, résidant à Moscou. Âgée, elle écrira à sa petite-fille exilée, Valentina Antonievna Seletzky :

En 1894, Vladimir Kappel, à l'âge de 11 ans, entre au 2e corps de cadets de Saint-Pétersbourg et en 1901, il est admis comme Junker à l'école de cavalerie Nicolas. Il sert en 1903 comme au de dragons de Novomirgorodsky. De 1903 à 1906, le régiment est caserné dans la province de Varsovie, puis en 1906 - à Perm. Les évaluations de ses supérieurs sont excellentes.

Sa femme, Olga, née Strolman, est la fille d'un Français, directeur d'usine à canons. Le mariage a lieu en 1909 en secret, car il n'est qu'un jeune officier pauvre, même si en 1910, il reçoit l'Ordre de Saint-Stanislas

En 1913, Kappel est diplômé de l'Académie d'État-major-général Nicolas. Ses relations se normalisent avec sa belle-famille quand il est accepté à l'école d'État-major. Ils ont deux enfants : Tatiana et Cyrille. Le l'Ordre de Sainte-Anne lui est décerné. Il sert dans le district militaire de Moscou, puis est affecté à l'école, et étudie la théorie.

Pendant la Première Guerre mondiale Un brillant officier d'état-major

Au cours de la Première Guerre mondiale, il part combattre au d'armée.

Ensuite, Kappel est envoyé comme adjudant-major principal de la de cosaques du Don, le . Il est fait capitaine en et on le nomme adjudant-supérieur d'état-major dans la Armée.

Du au , il est Premier aide de camp de la de cavalerie. En , Vladimir exerce temporairement les fonctions de chef d'état-major de la division.

Le , il est transféré au Bureau du chef-major général des armées du Sud-Ouest. À l'époque, le général en chef de la cavalerie Alexeï Broussilov commence à mettre au point la plus réussie de toutes les opérations de l'armée de guerre russes : l'offensive Broussilov. Avec d'autres officiers d'état-major, Kappel trace les plans qui vont mener à la victoire.

Après de juin au Vladimir est temporairement à la , où il conseille le général N.I. Boulatov, et est le Premier officier d'état-major du général-major, et puis chef de la division des opérations.

Le Vladimir Kappel est fait lieutenant-colonel et est affecté sur le front du Sud-Ouest, pour le poste de Chef adjoint du Bureau des opérations du quartier-général.

La révolution de Février

La révolution de Février affecte très sérieusement le moral de Kappel. Contrairement à son futur ami Koltchak, qui est le seul amiral qui la soutient, Vladimir, monarchiste convaincu, considère que cela signifie une atteinte grave au principe de la monarchie. Il voit un pays qui s'écroule et de mauvais officiers, professeurs et universitaires le diriger. Pour lui, il faut agir et appeler le peuple russe à exiger que la Russie soit de nouveau dirigée par les descendants de ceux qui, depuis trois cents années, ont dirigé le pays sans se tromper et sur les chemins de la gloire.

Le , la veille du discours du début de l'affaire Kornilov, Vladimir devient chef d'état-major des armées du Sud-Ouest. Dans une déclaration prononcée à Berdytchiv il est signalé que le lieutenant-colonel Vladimir Kappel, avec ses supérieurs immédiats, les généraux Anton Ivanovitch Dénikine, chef d'état-major général, et Sergueï Markov sont des adeptes de l'ancien régime monarchique, et des participants au complot contre-révolutionnaire auquel on fait face… qui doivent être immédiatement démis de leurs fonctions.

Toutefois, à la différence des généraux Dénikine et Markov, Vladimir Kappel n'est pas arrêté. Il est même temporairement autorisé à assumer le poste de chef du Bureau de l'état-major et a également le commandement d'un bataillon de choc.

Le Kappel démissionne et la gauche lui permet, du fait de son état de santé, d'aller à Perm voir sa famille. Vladimir ne combat plus au front. Son seul ennemi est la révolution qui se radicalise.

La Guerre civile russe Comité des membres de l'Assemblée constituante (1918) Premier semestre 1918

vignette|gauche|Ivan Brouchvit, Prokopi Klimouchkine, Boris Fortounatov, V.K. Volsky (président) et Ivan Nesterov du Comité des membres de l'Assemblée constituante.

Le lieutenant-colonel Vladimir Kappel, portant un ancien uniforme d'officier auquel tous les insignes de rang ont été enlevés, préside des réunions clandestinesThe End of the Romanovs, Translated from the French by William Sutcliffe, Victor Alexandrov, Hutchinson, 1966, ..

Au début de la Guerre civile russe, il vit avec sa famille à Perm.

Au printemps 1918, pendant un court laps de temps, il travaille au siège des autorités soviétiques dans le cadre du district militaire Volga à Samara. Mais il ne participe à aucune action, et n'est pas formé par les commissaires politiques. Certains historiens pensent que c'est la preuve que la femme de Kappel a été prise en otage. Il est également possible que Vladimir appartenait à une organisation espionnant les bolcheviks... Il refuse puis accepte une proposition des rouges du district de faire carrière au bureau de l'état-major général, selon un télégramme. Il saisit la première occasion, la tentative de désarmer la légion tchèque pour organiser un soulèvement local.

Kappel commande l'Armée populaire du Comité des membres de l'Assemblée constituante de à septembre. Le nombre de volontaires dans un premier temps est très faible : deux compagnies d'infanterie, un escadron de cavalerie et quelques autres petites unités, rien en comparaison avec les moyens des rouges. Tout cela est voué à l'échec, mais le lieutenant-colonel Kappel est fidèle à ses engagements et respecte les orientations politiques des membres du Comité. Il écrit : Je suis d'accord. Je vais essayer de lutter. Je suis de conviction monarchiste, mais dans le cadre de la lutte contre les bolcheviks, je demande aux volontaires d'être fidèles au Comité des membres de l'Assemblée constituante.

Un témoin rappellera que, lors de la séance du 9 ou réunissant des officiers de l'état-major général, situé à Samara, la question du jour a été de savoir qui sera à la tête des volontaires. Un officier, récemment arrivé à Samara, s'est levé et a demandé à prendre la parole : S'il n'y a personne de prêt à le faire, temporairement jusqu'à ce que vous trouviez un officier supérieur, permettez-moi de diriger le combat contre les bolcheviks. À ce moment, l'histoire voit apparaître un nouveau visage de la lutte contre les rouges: le lieutenant-major général Vladimir Kappel...

Kappel conduit avec de la chance, de juin à août, ses bataillons et son nom résonne comme le tonnerre dans le bassin de la Volga, l'Oural et en Sibérie.

Vladimir Kappel est convaincu que la tâche principale du moment est la lutte contre le bolchévisme. Il juge secondaire les orientions politiques et les slogans du Comité des membres de l'Assemblée constituante socialiste. Il faut tout d'abord détruire le pouvoir soviétique, puis régénérer la Russie sur la base de l'expérience millénaire des Tsars qui ont bâti l'Empire. Il veut aussi punir les traîtres qui ont trahi les alliés et signé le traité de Brest-LitovskThe End of the Romanovs, Translated from the French by William Sutcliffe, Victor Alexandrov, Hutchinson, 1966, ..

Au début, Vladimir dirige des volontaires dont 350 hommes d'un bataillon d'infanterie et 2 compagnies: 90 baïonnettes en tout. Il commande un escadron de cavalerie réduit à 45 épées, une canonnière avec 2 pièces d'artillerie, 150 auxiliaires civils, une unité de cavalerie qui se charge des reconnaissances et de sabotage économique. S'ajoutent à cela des miliciens à Samara. Selon Shambarova, le noyau de la nouvelle armée du peuple est constitué d'anciens partisans de Kornilov qui n'ont pas gagné la Russie du Sud et se sont installés dans le bassin de la Volga.

Le premier ordre de bataille de Vladimir Oskarovitch Kappel date du . Son objectif est, comme il le sera presque à chaque fois par la suite, d'encercler l'ennemi ce qui donne d'excellents résultats. Kappel stupéfie ses supérieurs par ses connaissances dans l'emploi de la cavalerie et son travail d'officier d'état-major dès les premières batailles. Au cœur de son succès, se trouve d'abord la possibilité d'appréhender les spécificités de la guerre civile, en évaluant de façon équilibrée ses propres forces et celles de l'ennemi. Il pèse soigneusement le degré de risque acceptable sur le champ de bataille, et c'est pourquoi ses actions se terminent par la victoire.

Le , les détachements de volontaires Kappel prennent une partie du bassin inférieur de la Volga, en remportant plusieurs victoires. Bientôt, le jeune lieutenant-colonel Vladimir Oskarovitch devient l'un des généraux blancs les plus célèbres du Front de l'Est et est considéré comme un excellent officier de cavalerieVictors Dilemma: Allied Intervention in the Russian Civil War, John Silverlight, Weybright and Talley, 1971, .. Kappel inspire beaucoup de respect à ses ennemis : le journal bolchévique L'étoile rouge, en 1918, le compare à Napoléon. Sa tête est mise à prix : , ce qui fait rire KappelArticle sur Kappel, Wikipedia russe.. D'ailleurs, si Kappel représente ce que la Russie tsariste a produit de mieux comme soldat, il n'a pas l'ambition de Napoléon, mais veut être juste un militaire et un patrioteThe Modern Encyclopedia of Russian and Soviet History, Joseph L. Wieczynski, George N. Rhyne, Academic International Press, 1976, v.15, ..

Prise de Kazan (Deuxième semestre 1918)

vignette|gauche|Kappel et le personnel de son wagon en 1918.