vignette|Le roi Théodimir avec les évêques Lucrecio, André et Martiño. Le premier concile de Braga (ou Brague) eut lieu à Bracara Augusta (aujourd'hui Braga dans le nord du Portugal), capitale du royaume suève autorisé par Théodemir en 561 selon d'Aguirre, ou en 563 selon Baronius, ou 560 selon Carranza et le P. Pagi. Huit évêques y assistèrent à l'initiative de Lucrétius, archevêque de Brague soutenu par le pape Jean III. On y publia un total de 39 canons, les dix-sept premiers pour combattre les hérésies (notamment celles portées par Mani et Priscillien) et les vingt-deux suivants concernant l'organisation de l'ÉgliseEncyclopédie Théologique - Dictionnaire des Conciles - A-D Peltier - Abbé Migne - 1844 T1 pp 371/375Dictionnaire des Conciles - Sans auteur - Gauthier Frères - 1822.

Déroulement

ICI COMMENCENT LES ACTES DU SYNODE DE BRAGA DES SEPT ÉVÊQUES, SOUS LE RÈGNE DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, EN LA SIX CENT SOIXANTE-NEUVIÈME ANNÉE DE L'ÈRE [ESPAGNOLE], LA TROISIÈME ANNÉE DU ROI ARIAMIRE, LE JOUR DES CALENDES DE MARS.

Alors que les évêques de la province de Galice — Lucrèce, André, Martin, Cottus, Ildéric, Lucentius, Timothée, Maliosus —, sur les ordres dudit très glorieux roi Ariamire, se furent réunis dans l'église métropolitaine de cette même [province] pour la connaissance de la droite doctrine. Je crois cependant que la fraternité de votre Béatitude sait qu'à l'époque où les venins très impies de la secte de Priscillien se répandaient dans ces régions, le très bienheureux pape de la ville de Rome, Léon, qui fut presque le quarantième successeur de l'apôtre Pierre, par l'intermédiaire de Turibius, notaire de son siège, adressa au synode de Galice [des lettres] contre l'impiété de Priscillien. Lorsque [les évêques] de l'église de Brague se furent réunis, les évêques étant assis ensemble, les prêtres également présents et les ministres debout ainsi que tout le clergé, Lucrèce, évêque métropolitain de cette même église, dit : Il y a longtemps, très saints frères, que, selon les institutions des vénérables canons et les décrets de la discipline catholique et apostolique, nous désirions qu'un concile sacerdotal eût lieu entre nous, parce que [cette assemblée] procure non seulement aux règles et aux ordres ecclésiastiques ce qui leur est opportun, mais aussi une concorde stable et perpétuelle de la charité fraternelle, tandis que les prêtres, rassemblés ensemble au nom du Seigneur, recherchent entre eux, par cette conférence salutaire, ce qui, selon la doctrine apostolique, maintient l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix. Maintenant donc, puisque le très glorieux et très pieux fils que vous êtes, par l'inspiration du Seigneur, nous a utilement accordé le jour désiré de cette assemblée, conférons d'abord, comme il a été dit plus haut, sur l'état de la foi ; car bien que jadis déjà le contagion de l'hérésie de Priscillien ait été découvert et condamné dans les provinces d'Espagne, de peur cependant que quelqu'un, par ignorance ou trompé par quelques écrits apocryphes, comme il arrive, ne soit encore infecté de quelque pestilence de cette erreur, qu'il soit déclaré plus manifestement aux hommes ignorants ; [et] il [le pape Léon], qui résidait aux confins mêmes du monde et aux limites extrêmes de cette province, adressa ses écrits contre la secte de cette hérésie, soit peu nombreux, soit presque nuls. Dont aussi les préceptes, les évêques de Tarragone et de Carthagène, ainsi que ceux de Lusitanie et de Bétique, ayant tenu entre eux un concile, rédigèrent une règle de foi contre l'hérésie de Priscillien, avec certains chapitres, et l'envoyèrent à Balconius, alors évêque de cette église de Brague, en disant. C'est pourquoi, puisque nous avons sous la main ici même l'exemplaire de la foi susdit avec ses chapitres, pour l'instruction de l'ignorance, s'il plaît à votre Révérence, qu'il soit lu. Tous les évêques dirent : La lecture de ces chapitres est très nécessaire, afin que, tandis que les anciens statuts des saints Pères sont exposés aux plus simples d'entre tous, ils connaissent les inventions de l'hérésie de Priscillien, déjà jadis abhorrée par le siège du très bienheureux apôtre Pierre et condamnée. On lut en effet l'exemplaire de la foi avec ses chapitres, lesquels, pour ne pas faire de prolixité, n'ont pas été insérés dans ces actes. Après la lecture des chapitres, une lecture nécessaire a été récitée ; cependant, pour que [les choses] soient plus évidentes et plus simples, ce qui est exécrable soit déclaré, même maintenant, par des chapitres ainsi disposés, afin que celui qui est moins instruit comprenne, et qu'ainsi, sous le coup de la sentence d'anathème, les inventions déjà jadis réprouvées de l'erreur de Priscillien soient condamnées ; de sorte que tout clerc, moine ou laïc qui sera surpris à penser ou à défendre encore une telle chose, comme un membre vraiment pourri, soit aussitôt retranché du corps de l'Église catholique, de peur que, par sa souillure ou sa perversité, il ne soit imputé aux orthodoxes, parmi les croyants droits, quelque opprobre à cause du mélange avec de tels [hommes].

Participants Huit évêques assistent au premier concile de Braga :

Lucretius, métropolitain de Braga Ilderic Andreas d'Iria Sauncius de Lamego Martinus de Dume Timothy d'Astorga Chotus d'Empúries Malilus de Tui

Principaux canons Canon 1 «Si quelqu'un, au lieu de confesser avec l’Église catholique trois personnes consubstantielles, prétend avec Sabellius et Priscillien qu'il y a qu'une personne en Dieu, en sorte que le Père, soit le Fils, et que le Fils soit la même personne que le Saint-Esprit ; qu'il soit anathème.»

Canon 2 «Si quelqu'un, en dehors de la sainte Trinité, introduit je ne sais quels mauvais noms de divinité, disant que la divinité elle-même est la Trinité, comme les Gnostiques et Priscillien l'ont dit, qu'il soit anathème.»

Canon 3 «Si quelqu'un dit que le Fils de Dieu, notre Seigneur, n'était pas avant de naître de la Vierge, comme Paul de Samosate, Photin et Priscillien l'ont dit, qu'il soit anathème.»

Canon 4 «Si quelqu'un n'honore qu'hypocritement la naissance du Christ selon la chair, en jeûnant ce jour-là, aussi bien que le dimanche, comme s'il était faux que le Christ a pris notre nature, comme l'ont nié Cerdon, Marcion, Mani et Priscillien ; qu'il soit anathème.»En clair, il est interdit de jeûner le dimanche et le jour de Noël.

Canon 5 «Si quelqu'un a cru que les âmes humaines ou les anges ont existé à partir de la substance de Dieu, comme Mani et Priscillien l'ont dit, qu'il soit anathème.»

Canon 6 «Si quelqu'un dit que les âmes humaines ont péché auparavant dans la demeure céleste et qu'à cause de cela elles ont été précipitées dans les corps humains sur la terre, comme Priscillien l'a dit, qu'il soit anathème.»

Canon 7Aucune liste de démons n'est associée à ce canon - voir la rubrique discussion. «Si quelqu'un prétend que le diable n'a pas été d'abord un (bon) ange fait par Dieu, et que sa nature n'a pas été l'œuvre de Dieu, mais (s'il) prétend qu'il est sorti du chaos et des ténèbres et qu'il n'a personne pour auteur de son être, mais qu'il est lui-même le principe et la substance du mal, comme le disent Mani et Priscillien, qu'il soit anathème.»

Canon 8 «Si quelqu'un prétend, comme Priscillien, que le diable a fait certaines créatures immondes, et qu'il crée par sa propre vertu les tonnerres, les foudres, les tempêtes et les sécheresses ; qu'il soit anathème.»

Canon 9 «Si quelqu'un croit, avec les païens et Priscillien, que l'âme et le corps sont fatalement assujettis au cours des astres ; qu'il soit anathème.»

Canon 11 «Si quelqu’un condamne le mariage humain et abhorre la procréation des enfants, comme Mani et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème.»

Canon 12 «Si quelqu’un dit que la formation du corps humain est l’œuvre du diable et que la conception dans le sein maternel est le travail des démons, et si, pour ce motif, il ne croit pas à la résurrection de la chair, comme Mani et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème.»

Canon 13 «Si quelqu'un au lieu de rapporter à Dieu la création de la chair, l'attribue aux mauvais anges, qu'il soit anathème.»

Canon 14 «Si quelqu'un, partageant la doctrine de Mani et de Priscillien regarde comme impures les viandes que Dieu a créées pour notre nourriture et qu'aussi il n'ose gouter des légumes mêmes cuits avec de la viande, qu'il soit anathème.»

Canon 15 «Si quelque clerc, en dehors de sa mère, de sa sœur germaine, ou de celles qui lui sont unies par une proximité de consanguinité, retient avec lui d'autres femmes comme adoptives et habite avec elles, comme la secte de Priscillien l'a enseigné, qu'il soit anathème.»

Canon 16 «Si quelqu'un, le cinquième jour de la semaine pascale, qui est appelé le repas du Seigneur, à l'heure légitime après la none, ne tient pas les messes à jeun dans l'église, mais, selon la secte de Priscillien, célèbre la fête de ce jour même à partir de la troisième heure par des messes pour les défunts, le jeûne étant rompu, qu'il soit anathème.»

Canon 17 Si quelqu'un lit les Écritures que Priscillien a corrompues selon son erreur, ou les traités de Dictinius, que ce même Dictinius, avant sa conversion, a écrits sous le nom des patriarches, des prophètes ou des apôtres, et qu'il a fabriqués en accord avec son erreur, et s'il suit ou défend leurs impies inventions, qu'il soit anathème.»

Ces chapitres ayant été proposés et relus, l'évêque Lucrèce dit : Puisque ce que [l'Église] a reçu des cathédrales catholiques... L'évêque Lucrèce dit : Il est juste que votre fraternité, en vertu de l'autorité du siège apostolique, se soit souvenue [que ces choses] ont été abhorrées et condamnées, et qu'elles ont été déclarées plus manifestement et plus ouvertement même à ceux qui les ignorent. Je juge nécessaire après cela, s'il semble bon à votre fraternité, que les institutions des saints Pères, par la récitation des anciens canons, soient portées à notre connaissance ; lesquels, même si ce ne sont pas tous, que du moins quelques-uns, ceux qui concernent l'instruction de la discipline cléricale, soient relus. Tous les évêques dirent : Cette proposition nous plaît, et la chose est convenable : que ceux à qui, par négligence, les constitutions ecclésiastiques ont peut-être été abolies, entendent la règle des saints canons et l'observent. Ayant été relus du codex devant le concile tant les canons des synodes généraux que ceux des synodes locaux, après la lecture desquels l'évêque Lucrèce dit : Voici que, par la lecture même des canons, votre sainte fraternité reconnaît que, non seulement dans les conciles généraux, mais aussi dans les conciles locaux, les prêtres rassemblés ensemble ont statué d'un commun accord sur ce qui convenait à l'ordre ecclésiastique, et, selon que la raison de chaque chose l'exigeait, ils ont pourvu, suivant la sentence de la doctrine apostolique, disant : « Éprouvez ce qui est bon, et retenez-le. »