Earvin Ngapeth, né le à Saint-Raphaël, est un joueur international français de volley-ball évoluant au poste de réceptionneur-attaquant au Fenerbahçe SK. Son père est Éric Ngapeth, ancien joueur international français de volley-ball. Son frère cadet, Swan, est également joueur de volley-ball. Earvin s’est également lancé dans le Rap sous le nom de Earvin.
Formé à Poitiers, Earvin Ngapeth commence sa carrière à Tours, avec son père comme entraîneur, alors qu'il a 17 ans. Il y remporte deux titres de champion de France et trois Coupes nationales. En 2011, il part à l'étranger, à Coni en Italie, où il connaît une première finale de Ligue des champions en 2013. Il retrouve alors son père entraîneur à Kemerovo en Russie, où il ne reste que quatre mois, rentrant à Poitiers pour assister à la naissance de son premier fils. Il part ensuite pour quatre saisons au Modène Volley une équipe d'Italie, remportant un titre de champion et deux Coupes. À l'été 2018, il retourne en Russie, au Zenit Kazan alors considéré comme le meilleur club du monde mais avec qui il perd plusieurs finales et ne gagne qu'une Supercoupe et une Coupe. En 2021, il revient à Modène.
Il remporte la médaille d’or avec l’équipe de France aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 et Paris 2024. Il est désigné meilleur joueur de ce tournoi par la FIVB et MVP de la finale pour la médaille d’or face au comité olympique russe. La FIVB le désigne meilleur joueur du monde au début de la saison suivante.
Biographie Enfance et formation Fils d'Éric Ngapeth, ancien joueur international camerounais et français de volley-ball, Earvin Ngapeth naît en à Saint-Raphaël au gré des transferts de son père alors joueur à l'AS Cannes. Il est baptisé en hommage au basketteur Earvin « Magic » Johnson, basketteur des Los Angeles Lakers et de la Dream Team américaine.
Earvin commence le sport en jouant au football et joue avec le futur international Layvin Kurzawa à Fréjus. La famille déménage ensuite à Poitiers, où son père Eric est nommé entraîneur. Un été, sa mère l'inscrit avec son frère Swan à un stage multisports où il y a du volley-ball. Ayant déjà joué avec son père, Earvin est repéré par un conseiller régional, qui le convainc avec sa mère de prendre une licence en club.
Quelques mois plus tard, débutant en cadet, il est champion de France avec Saint-Benoît, près de Poitiers où il habite, tout en continuant le football. Ses parents se séparent alors et Earvin redouble à l'école, se retrouvant dans la classe de son frère Swan, de dix mois son cadet. De 2002 à 2007, il évolue avec le club Cercle d’éducation physique (CEP) de Poitiers avant de s’aligner avec le Centre national de volley-ball pour ses deux dernières années chez les juniors. Avec des résultats scolaires et des problèmes d'attitude, on lui fait comprendre qu'il n'est plus le bienvenu au CNVB.
Carrière
Débuts professionnels à Tours puis l'Italie et la Russie (2008-2013) upright|vignette|gauche|Ngapeth avec Tours en mai 2009.
En 2008, âgé de 17 ans, Earvin arrive avec son père Éric Ngapeth, entraîneur, au Tours Volley-Ball. Dès sa première saison, il gagne son premier trophée : la Coupe de France.
Earvin et son équipe remporte trois Coupes nationales consécutives en 2009, 2010 et 2011, ainsi que le titre de champion de France 2010. Ces trois derniers titres sont remportés avec son petit frère Swan Ngapeth, que le père Éric lance également dans le monde professionnel un an après l’aîné.
Tours est finaliste du Championnat de France 2010-2011. Earvin connaît alors sa meilleure saison avec une moyenne de 17,6 points et est élu meilleur joueur et quitte le TVB.
À vingt ans et après trois saisons au TVB, Ngapeth passe du vice-champion de France au vice-champion d'Italie et le club de Coni. Earvin rejoint un autre Français, le libero Hubert Henno.
upright|vignette|gauche|Ngapeth en Ligue des champions en novembre 2012 sous le maillot du Piemonte Volley. upright|vignette|droite|Ngapeth en février 2013 avec Piemonte Volley.
En 2012-2013, le Français atteint la finale de la Ligue des champions, perdue face à Novossibirsk (2-3).
À l'été 2013, Ngapeth rejoint son père, entraîneur du VK Kouzbass Kemerovo, en Sibérie. Il signe un contrat de 600 000 euros par saison.
En , Ngapeth ne revient pas dans son club russe après un tournoi à Paris avec l’équipe de France, afin de rester à Poitiers auprès de sa compagne et de leur tout jeune fils. Le Français rompt ensuite son contrat avec Kemerovo.
Quatre ans à Modène (2014-2018) Le , jour de son anniversaire, Ngapeth signe un contrat de deux ans et demi avec le club de Pallavolo Modène.
Le Français remporte la Coupe d’Italie avec Modène Volley en 2015.
upright|vignette|gauche|Earvin Ngapeth en octobre 2016 avec Modène.
En 2016, Ngapeth remporte d'abord la Coupe d'Italie en février.. Il est désigné meilleur joueur des finales du championnat italien qu'il remporte avec Casa Modena... Omniprésent en finale, et notamment lors du match décisif lors duquel il marque 29 points (24 attaques réussies sur 42, 2 contres et 3 aces), il survole une finale remportée par son équipe trois rencontres à zéro..
Après la saison, et malgré le départ de l'entraîneur Angelo Lorenzetti, il prolonge de deux saisons dans le club de Modène où il est rejoint par son frère Swan et son compatriote Kévin Le Roux.
Ngapeth est adoré par les supporters de Modène qui le surnomment « Monsieur Magique ».
Un tournoi au Qatar (2018) Earvin Ngapeth participe en 2018 à la Coupe de l'Emir au Qatar avec Al-Rayyan, le club champion du Qatar.
Échecs à Kazan (2018-2021) Le , Earvin Ngapeth annonce, dans un entretien avec le journal L'Équipe, avoir choisi de rejoindre le club du Zenit Kazan pour la saison suivante. En Russie, le Français a la lourde tâche de succéder à Wilfredo Leon, meilleur joueur du monde, dans ce qui est alors considéré comme le plus grand club du monde. Kazan est alors quadruple champion d'Europe en titre et quintuple champion de Russie.
En , il remporte la Supercoupe de Russie contre Saint-Pétersbourg (3-1). En fin de mois, l'équipe dirigée par Vladimir Alekno est éliminée en phase de poule du Championnat du monde des clubs, malgré son statut de favori. En décembre, le Français et son club remportent la Coupe de Russie.
Début , champion en titre depuis 2014, Kazan abandonne son trophée à Kemerovo, ancien club de Ngapeth, battu en finale à la surprise générale. Dix jours plus tard, Ngapeth et son équipe sont battus en finale de la Ligue des champions par les Italiens de Lube Civitanova (1-3). Aux côtés de vedettes comme l'Américain Matt Anderson et le Russe Maksim Mikhailov, Ngapeth échoue alors à devenir le premier Français vainqueur de la compétition depuis 2010.
Mi-, après avoir joué avec Kazan à Berlin en Ligue des champions, Earvin Ngapeth ne revient pas en Russie avec ses coéquipiers. L'ancien Tourangeau, alors performant depuis le début de la saison et pilier indispensable de son équipe dans tous les secteurs du jeu, rentre en France sans l'autorisation de son club. Kazan et son Français sont éliminés en demi-finale de Coupe d'Europe par les Polonais de Kedzierzyn-Kozle.
En Russie, Ngapeth ne réussit pas complètement son aventure, échouant à remporter la Super Ligue russe ainsi que la Ligue des champions, battu en finale en 2019. Le Français repart tout de même avec deux Supercoupes russes et autant de Coupes nationales.
Retour à Modène (2021-2024) En , après trois ans en Russie, Earvin Ngapeth est de retour à Modène, après un passage entre 2014 et 2018. À trente ans, la star du volley français s'engage à partir de la rentrée suivante pour trois saisons, jusqu'en . Son frère cadet Swan s'engage aussi avec le club deux mois plus tard.
10 jours en Iran (2022) Earvin Ngapeth a joué en Iran pour participer à la Coupe des Clubs d’Asie qu'il remporte avec le club de Paykan Tehéran.
Retour à Poitiers (2024-2025) Le 25 mai 2024, il participe au relais de la flamme olympique 2024 de passage dans la Vienne en allumant le chaudron olympique à l’Arena Futuroscope.
Treize ans après son départ pour l'Italie, Earvin Ngapeth, figure emblématique du volley français et champion olympique, a fait son retour dans le Championnat de France en s'engageant avec l'Alterna Stade poitevin pour la saison 2024-2025. Jeudi , lors de la présentation officielle de l'équipe à Poitiers, Ngapeth est apparu, vêtu du maillot numéro 86, en hommage au département de la Vienne. Ce retour marque un moment symbolique pour le joueur de 33 ans, dont le père a entraîné le club entre 1998 et 2000. Ngapeth a exprimé sa volonté de contribuer au renouveau du club de sa ville natale, où sa famille est désormais installée, soulignant que son objectif est avant tout de participer au développement du projet sportif local plutôt que de se concentrer sur des gains financiers.
Fenerbahçe SK (2025) En , il annonce son départ vers Fenerbahçe
En équipe nationale Sélections jeunes et débuts A contrastés En 2007, surclassé de deux ans, Earvin Ngapeth est champion d’Europe cadets et troisième du championnat du monde cadets.
L'année suivante, le même groupe est sacré champion d'Europe juniors.
En 2009, avec sa génération 1991 cette fois-ci, Earvin permet aux cadets français de conserver le titre de champion d'Europe et est élu meilleur joueur du tournoi.
Joueur majeur du Tours VB, Earvin Ngapeth débute en équipe de France A et participe au Championnat mondial de 2010. À 19 ans, il est exclu du groupe en cours de tournoi après une altercation avec le sélectionneur Philippe Blain« Ngapeth exclu ! », Eurosport, 6 octobre 2010.. La France conclut le tournoi au onzième rang à la suite d’une victoire face à l’Espagne.
Ngapeth est recontacté par le sélectionneur pour réintégrer le groupe bleu en Earvin N'Gapeth de retour en bleu site de la FFVB, 18 juillet 2011. et finalement réintégré en .
upright|vignette|droite|Ngapeth avec les Bleus en juin 2013.
Premiers titres de l'histoire de la France upright|vignette|gauche|Ngapeth au Championnat du monde 2014.
En 2014, les Bleus réalisent leur premier fait d'armes depuis 2009 en étant demi-finalistes du Championnat du monde.
En été 2015, il gagne la Ligue mondiale avec l'équipe de France et est élu MVP du tournoi en plus d'être le meilleur R4. En , il remporte un deuxième titre important avec l'équipe de France : le Championnat d'Europe 2015. Ngapeth conclut le tournoi par un smash renversé.. Ces victoires internationales projettent ce joueur charismatique et spectaculaire sous les lumières et lui donnent un statut de vedette nationale..
upright|vignette|droite|Ngapeth contre le Brésil en août 2016 aux JO.
À l'occasion de la Ligue mondiale 2016, Earvin obtient la médaille de bronze avec les Bleus et le titre individuel de deuxième meilleur réceptionneur-attaquant de la compétition. La Team Yavbou se qualifie pour les Jeux olympiques de Rio mais l'élimination dès la phase de groupe est logiquement décevante. D'autres échecs suivent : ceux de l’Euro 2017, du Championnat du monde 2018, mais également la quatrième place à l'EuroVolley 2019 en France. Entre-temps, en 2017, les Bleus remportent pour la seconde fois la Ligue mondiale et Earvin est de nouveau élu meilleur joueur. L'année suivante, les Bleus obtiennent la médaille d'argent de la Volleyball Nations League.
En , Ngapeth et les Bleus se qualifient pour les JO de Tokyo. Earvin signe un ace sur le dernier point de la finale contre l'Allemagne (3-0). L'année suivante, après avoir obtenu la médaille de bronze en Ligue des nations, Earvin prend part aux Jeux olympiques.