Le de spahis marocains ( RSM) est un régiment français de cavalerie, de l'armée d'Afrique, en activité de 1923 à 1962.
Il s'illustre particulièrement en 1944-1945 en tant que régiment blindé au sein de la 2e division d'infanterie marocaine (2e DIM), d'abord commandé par le colonel Pique-Aubrun, au cours de la campagne d'Italie et de la libération de la France puis, commandé par le colonel Henri Navarre, au cours de la campagne d'Allemagne.
Création et différentes dénominations 1924 : création du de spahis marocains 1929 : devient le de spahis marocains () 1943 : prend le nom de de spahis marocains de reconnaissance 1946 : prend le nom de de dragons 1962 : dissous
Chefs de corps ... 1943 - mi Marcel Pique-Aubrun mi - Henri Navarre
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment de spahis algériens Entre-deux-guerres En 1920 est créé le de marche de spahis marocains, qui donne naissance en 1921 au de spahis marocains.
Par dédoublement, le donne naissance en 1924 au de spahis marocains dans la région de Meknès, qui participe à la guerre du Rif au Maroc, aux opérations de Grand-Atlas et à la pacification du Moyen-Atlas et de l'Anti-Atlas.
En 1929, le prend la dénomination de de spahis marocains ().
Seconde Guerre mondiale 1939 Le Groupement de Cavalerie est destiné à former à la mobilisation des Groupes de Reconnaissance. Aussi, dès la déclaration de guerre, le régiment de spahis marocains, disparaît-il, partiellement, en tant que tel pour se répartir et donner naissance à un Groupe de Reconnaissance, le groupe de reconnaissance de division d’infanterie ( GRDI).
1940 1941 1942 1943 Le , le de spahis marocains à cheval devient le de spahis marocains de reconnaissance, équipé de blindés. Ses effectifs sont composés d'environ un tiers de combattants « indigènes » (un quart lors de la campagne d'Allemagne en 1945), surtout marocains, et de deux tiers de combattants européens : réservistes français du Maroc, mais aussi de Français évadés de France via l'Espagne.
Le régiment est alors commandé par le colonel Marcel Pique-Aubrun.
Intégralement équipé en matériels américains, il rejoint le Corps expéditionnaire français (CEF) avec lequel il participe au sein de la Division d'Infanterie Marocaine à la campagne d'Italie. Débarqué en , il est en ligne dans les Abruzzes en décembre.
1944 Il participe à la campagne de l'hiver 1943-1944 dans ce secteur, puis en à la bataille du Garigliano. Avec le CEF, le régiment ouvre la route de Rome (mai-), puis de Sienne (juin-) et enfin de Florence ().
Regroupé à Naples, le régiment est transporté en bateaux et débarqué dans le Var au début de . Il participe à la Libération de la France (opérations notamment dans le Queyras, la Maurienne, le Briançonnais, Trouée de Belfort). Entré en Alsace, le de spahis marocains enlève Rammersmatt, puis ses chars légers entrent les premiers à Thann en . Ayant subi de fortes pertes, le régiment se voit adjoindre l'appui permanent du bataillon de chasseurs alpins (BCA), unité qui va unir son destin pour le reste de la guerre à celui du régiment avec lequel il forme le socle du "Groupement Pique-Aubrun", puis du "Groupement Navarre", d'après les noms des chefs de corps successifs du RSM.
1945 Le , le colonel Henri Navarre, futur commandant en chef des forces françaises en Indochine au moment de la bataille de Dien Bien Phu, succède à Pique-Aubrun au commandement du RSM.
Après avoir participé à la liquidation de la poche de Colmar, le régiment participe à la campagne d'Allemagne jusqu'au . Il franchit le Rhin de nuit et entre dans le Palatinat le , toujours accompagné du BCA. Après de durs combats à Hoschtetten et Linkerheim, le Groupement Navarre, renforcé d'un peloton du Chasseurs et d'une compagnie du Génie, se porte sur Karlsruhe. Le Groupement, emmené par le détachement de Castries (1er, 2e et 3e escadrons du RSM ainsi qu'une compagnie du BCA), enlève la ville les 3 et . Ce fait d'armes vaut au régiment et à son chef de corps d'être cités à l'ordre de l'armée : « malgré de violentes réactions ennemies, [le régiment] pénétrait le premier dans la capitale badoise, le au soir, en achevait le nettoyage et la conquête le 4 au matin »libellé de la citation du régiment à l'ordre de l'armée - JO du 6 janvier 1946. Le 1er escadron du capitaine de Castries, dans lequel on compte 26 citations individuelles, est cité à l'ordre du corps d'armée.
Le Groupement Navarre poursuit la campagne d'Allemagne en passant par la Forêt-Noire (où il fait ), puis le Wurtemberg et enfin la "course au Danube". Lors de la course, il remplit des missions de cavalerie légère (reconnaissance, éclairage) en se portant en avant du corps d'armée principal. C'est ainsi, notamment, qu'un peloton de reconnaissance du régiment découvre le dans un chalet de montagne, non loin de Baad en Autriche, l'ex-Kronprinz Guillaume de Prusse. Il est officiellement arrêté le lendemain, en présence du colonel Navarre, sur ordre du général de Lattre de Tassigny.
De 1945 à nos jours Mis en garnison à Lunéville, le régiment prend en 1946 le nom de de dragons mais son étendard rejoint Rabat en 1948 sous la garde du de spahis marocains.
À partir du de spahis marocain, unité d'escorte du Résident Général, le de spahis marocains (RSM) est reconstitué à Rabat le .
Le , le est rebaptisé de spahis à cheval (RSC).
Le , l'effectif marocain du régiment est muté dans l'Armée Royale Chérifienne et le régiment change à nouveau d'appellation et devient le d'escadrons de spahis à cheval (GESC). Le est affecté en Algérie en , et s'installe dans le secteur de Saida.
Le , le devient le de spahis ().
Le , le fusionne avec le d'escadrons de spahis algériens (GESA) pour devenir le de spahis.
En , le quittera le secteur de Saida et sera positionné autour de Géryville.
Après le cessez-le-feu du en Algérie, le régiment de spahis créé, comme 91 autres régiments, les 114 unités de la Force Locale, conformément aux accords d'Evian du . Le régiment de spahis forme ainsi la UFL-UFO, composés de 10 % de militaires métropolitains et de 90 % de militaires musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.
Le est dissous à Géryville le .
Traditions Insigne L'insigne du régiment de spahis est une queue de cheval rouge, blanc, bleu.
Étendard Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie : Maroc 1912-1926-1929-1934 Garigliano 1944 Karlsruhe 1945 AFN 1952-1962
Décorations Croix de guerre 1939-1945 avec deux palmes. Le régiment est notamment cité à l'ordre de l'armée pour la prise de Karlsruhe (). Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918 avec olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945 Croix du Mérite Militaire Chérifien.
Citations collectives à l'ordre de l'Armée
Personnalités ayant servi au de spahis marocains Mbarek Bekkaï, président du conseil du Maroc en 1955, sous-lieutenant au / en 1928-1929 Gabriel de Galbert, général d'armée, capitaine en 1944, commande le 1er escadron du 3e régiment de spahis marocains en Italie. Grand-croix de la Légion d'honneur en 1991 et de l'ordre national du Mérite. Henri Navarre, général, commandant en chef des forces françaises en Indochine de à la chute de Dien Bien Phu. Christian de Castries, général, capitaine puis commandant pendant la campagne d'Allemagne sous les ordres de Navarre et à nouveau sous ses ordres en 1954 au commandement du camp retranché de Dien Bien Phu. Jean Pouget (1920-2007), au spahis lors de la campagne d'Allemagne, plus tard écrivain et grand reporter au Figaro. Michel Jobert (1921-2002), futur ministre des Affaires étrangères entre 1973 et 1974, participe à la campagne d'Italie, puis à la libération de la France. Vincent Serralda (1905-1998), engagé en 1944, il fut ensuite prêtre près d'Alger puis vicaire à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris de 1964 à 1968. El Mahdi el Glaoui, lieutenant, fils ainé du pacha de Marrakech, Thami El Glaoui, mortellement blessé en dans son char dans le village de Ceccano. Martin Touzeau (1919-2006), Compagnon de la Libération.
Sources et bibliographie Journal de marche et des opérations du 3e régiment de spahis marocains (1943-1945) Les unités et services d'après-guerre au Camp de Bockange Jean Pouget, Nous étions à Dien Bien Phu, Presses de la Cité, 1964. Henri Navarre, Le Temps des Vérités, Plon, 1979.
Notes et références
Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute Regiment