Une batterie est un ensemble d'instruments de percussion (de type fûts et cymbales) disposé pour être joué par une seule personne, la plupart du temps à l'aide de baguettes et de pédales. Une batterie est généralement composée d'une grosse caisse, d'une caisse claire, d'une charleston, de toms et de cymbales.

Le terme de « batterie » peut aussi désigner un groupe constitué de plusieurs musiciens jouant de ces instruments, notamment dans les ensembles dit « orchestres de batterie-fanfare ».

Une batterie est un instrument de musique qui, la plupart du temps, est utilisé comme base rythmique (en conjonction avec la guitare basse, on parle de section rythmique). Elle peut être jouée pour tous types de musiques, du jazz au metal en passant par la soul, les musiques funky, le disco, la pop...

La composition d'un set de batterie et de ses accessoires varie selon le type de musique joué : pour le metal, beaucoup de toms sont souvent utilisés ainsi qu'une double pédale pour une plus grande vélocité avec la grosse caisse. Le choix du diamètre et du matériau des baguettes ou autres types de percuteurs joue aussi un rôle important : par exemple, certains styles de jazz privilégient l'utilisation de balais.

Il existe deux types de batteries : la batterie acoustique, composée de fûts formant des caisses de résonance non amplifiées, est le type le plus ancien et le plus utilisé pour les concerts, les enregistrements en studio, etc. Le second type est la batterie électronique, qui fonctionne en frappant des capteurs déclenchant des sons générés par un synthétiseur ou échantillonnés. Analogiques ou numériques, ces batteries nécessitent un système d'amplification ou un casque audio et permettent de jouer sans déranger l'entourage.

Historique

vignette|redresse|Batterie en 1935.

La batterie a vu le jour au début du en Amérique du Nord. Les principaux éléments qui la composent (grosse caisse, caisse claire, cymbales…) existaient déjà au sein des orchestres classiques et des fanfares militaires. Leur regroupement en batterie est directement liée à la naissance du jazz, ainsi qu'aux différentes évolutions technologiques du début du . Aussi en France, les premières batteries portaient-elles le nom de « jazz ».

Son origine profonde est pluriculturelle et ancienne : la caisse claire (vers 1850) et la grosse caisse () sont d'origine européenne. Les cymbales sont issues d'Orient et sont probablement un des instruments les plus anciens du monde. Ainsi les premières traces d'objets s'apparentant à des cymbales remontent au , en Inde. Les toms, quant à eux, trouvent leurs racines dans les percussions amérindiennes et africaines et furent probablement inventés à la même période que les vases en terre cuite. La charleston, bien que travaillé jusqu'à sa forme actuelle par le jazz dans les années 1920, provient d'un instrument de percussion romaine datant de l'Antiquité : le scabellum.

À la fin du à La Nouvelle-Orléans, des tournois (cutting contests) ont lieu, opposant des fanfares (brass bands) entre elles. Le terme de batteur dans un orchestre apparait à cette époque.

Avec l'évolution du style de La Nouvelle-Orléans, la batterie, qui n'était à l'époque que l'assemblage d'une grosse caisse, d'une caisse claire et d'une cymbale, s'est beaucoup complexifiée au fil du temps, connaissant son véritable développement, surtout à l'âge d'or du jazz, la période bop et hard bop (1945-1969) grâce à des batteurs comme Roy Haynes, Elvin Jones, Max Roach, Kenny Clarke, Louis Hayes ou Art Blakey.

L'évolution de la batterie est liée à l'enrichissement de ce qu'on appelle le « set » : la composition de l'instrument propre à chaque batteur, en fonction d'une époque et d'un style. Les batteurs et batteuses n'ont jamais cessé d'étendre les possibilités techniques de cet instrument selon leur domaine musical, par exemple indienne (Trilok Gurtu), afro-cubaine (Airto Moreira, Alex Acuna), africaine Paco Séry, Mokhtar Samba), ou moyen-orientale (Anouar Brahem).

Fabrication Matériaux courants Les fûts d'une batterie peuvent être constitués de plusieurs matériaux. Pour les toms et la grosse caisse, sont couramment utilisés : du lamibois, pour les modèles d'entrée de gamme (toutes grandes marques) ; du bois recyclé, mêlé de matières synthétiques ou de plasticine ; de l’Acousticon, carton imbibé de résine, qui rend la matière aussi solide que du bois (procédé déposé par l'Américain Remo) ; du plexiglas, mis brièvement à la mode par Zickos dans les années 1970 ; de multiples couches de bois de même essence ou d'essences diverses collées les unes sur les autres (toutes grandes marques) ; de multiples « gouges », lattes de bois de même ou différentes essences, collées bord à bord comme sur la plupart des congas ( Reig Drum (France), initiateur du procédé, puis Tamburo et Le Soprano en Italie) ; une seule feuille de bois noble, pour le haut de gamme ( Noble & Cooley et Craviotto aux États-Unis) ; une pièce de bois taillée dans la masse, chez certains fabricants très haut de gamme (ex. : Canopus au Japon ou Capelle en France) ou pour certains modèles de fabrication artisanale, comme les batteries d'inspiration amérindienne utilisées par Jerry Marotta et fabriquées par Taos Drums ; une feuille de métal, généralement en acier inoxydable chromé, collée ou emboutie sur plusieurs feuilles de bois (cette technique de fabrication marginale tend à disparaître depuis le milieu des années 1970, ASBA, France) ; de la résine acrylique, utilisée chez Ludwig ou Sonor ; de la fibre de carbone mêlée à de l’érable pour la marque japonaise Pearl ; divers composites comme fibre de carbone pure, Kevlar, fibre de verre et fibre de verre-fibre de carbone-Kevlar chez la marque taïwanaise Ming Drum.

La qualité des modèles en feuilles de bois varie, toutes les essences n'ayant pas les mêmes qualités acoustiques. On peut citer, parmi les bois les plus couramment employés, l'érable, le peuplier, le chêne, l'acajou, le bouleau

Il existe des modèles de toms tout en acier, fabriqués sur le même principe que des caisses claires de différentes tailles auxquelles on aurait retiré les timbres de résonance. La fabrication de ce genre de matériel a été abandonnée par l'immense majorité des fabricants à la fin des années 1970. Le but de leur conception était de fournir une puissance sonore élevée que le bois ne permettait alors pas d'obtenir. Depuis, les améliorations constantes apportées à la sélection du bois, à son collage et aux parties mécaniques des toms ont rendu l'utilisation d'acier obsolète dans la course à la puissance acoustique. De plus, l'acier présente des défauts assez gênants au nombre desquels un manque de et la présence d'harmoniques parasites difficiles à éliminer mécaniquement ou en sonorisation.

Parmi les matériaux employés pour la fabrication de caisses claires, outre ceux déjà cités, figurent divers alliages à base de cuivre (bronze), allant du jaune au « rouge » (qui ressemble plutôt à un rose « saumon ») selon la teneur en autres métaux. L'épaisseur de la « feuille » de métal est variable, là encore, allant d'un peu plus d'un millimètre à près d'un centimètre. Les modèles les plus profonds et employant une feuille de bronze épaisse peuvent atteindre la dizaine de kilogrammes. Les bronzes sont des alliages que l'on emploie également pour la fabrication des cymbales.

Finition Comme la grosse caisse et la caisse claire, les toms peuvent se voir appliquer diverses finitions à but esthétique ou acoustique. Généralement, ils sont laqués et vernis à la façon d'un piano, simplement cirés ou encore pourvus d'une couche supérieure faite d'un matériau différent : feuille de Rhodoïd pour le bas de gamme, autre revêtement synthétique à motifs peints ou sérigraphiés, tissu (notamment chez Remo), fine feuille d'acier inoxydable, voire liège (anciennes batteries ASBA).

En ce qui concerne les modèles mélangeant plusieurs essences de bois, celle présentant à la fois l'apparence la plus attrayante et les meilleures qualités acoustiques est généralement collée sur les autres : on parle alors de pli de finition - un pli de finition en érable collé sur quatre, cinq ou six feuilles d'acajou.

Fabricants En général, les éléments d'une batterie de gamme moyenne ou haute proviennent de différentes marques. Parmi les plus grands fabricants de batterie, on trouve :

fûts : Pearl Drums, Sonor Drums, Yamaha Drums, Tama Drums, DW Drums, Premier Percussion Limited ; peaux : Remo, Evans Drumheads, Aquarian Drumheads ; Cymbales : Zildjian, Sabian, Paiste, Meinl, Istanbul Mehmet, Istanbul Agop ; (pieds, sièges et tenants) : Gibraltar Hardware, DW Drums, Tama Drums ; baguettes, balais, fagots, mailloches : Vic Firth, Promark.

Il arrive qu'un fabricant propose un kit complet : il s'agit en général d'une batterie bas de gamme car chaque équipementier est spécialisé dans un domaine propre.

Composition La composition d'une batterie peut totalement varier en fonction du musicien ou des sonorités voulues, un même batteur peut ajouter ou retirer des percussions en fonction des occasions.

Certains batteurs ont fait de la complexité de leur batterie une vraie marque de fabrique, à l'image de Mike Portnoy (de Dream Theater) ou Simon Phillips (du groupe Toto). Eric Craven (des groupes et A Silver Mt. Zion) ajoutait toutes sortes d'éléments, qu'il fabriquait généralement lui-même, sur sa batterie.

Pour d'autres batteurs, l'ensemble peut être au contraire minimaliste (voir par exemple les ). Une petite batterie est appréciée pour son faible encombrement et sa facilité de transport. Les percussions de taille réduite produisant un son moins puissant, ce choix est adapté aux petits espaces.

Composition courante

Non montrés

Voir également

Autres percussions acoustiques

Au nombre des éléments que l'on peut régulièrement retrouver sur les batteries, on peut citer en outre les chimes, Wood Block, tambourin (parfois fixé sur la tige de la charleston), tam-tam, gongs, cencerro, ou cloche.

Un set de batterie peut être très riche en cymbales, il en existe d'ailleurs d'autres types (splash, china, etc.).

Une seconde caisse claire (ou plus) peut être ajoutée, le plus souvent à la gauche du stand de charleston pour les droitiers, et inversement pour les gauchers. Lorsqu'elle est moins épaisse, avec un fût d'une profondeur inférieure à 4", elle est appelée caisse claire piccolo. Lorsqu'elle est de faible diamètre, généralement 10" ou 12", c'est une caisse claire soprano ou sopranino.

D'autres types de tom existent : comme pour la caisse claire, il existe des toms piccolo (petits et fins), mais également des rocket toms (petits et très profonds, appelés aussi octobans) ou encore des rototoms, accordables pendant le jeu, au son très sec.

La grosse caisse est parfois doublée, afin d'effectuer des roulements avec les deux pieds ou tout autre figure syncopée. Cette technique est très utilisée dans le hard rock, dans les styles de heavy metal, et dans certains styles de punk rock, mais se contente souvent d'une seule grosse caisse avec une double pédale.

Accessoires Les accessoires sont généralement constitués d'un siège de batterie, une pédale de grosse caisse, une pédale de charleston, un pied de caisse claire et des pieds de cymbale.

Certaines batteries très complexes peuvent comporter de nombreux toms et cymbales supplémentaires ainsi que plusieurs grosses caisses. Pour soutenir le tout, une armature tubulaire (rack) peut être employée. Cette armature minutieusement inventée par le batteur Jeff Porcaro peut être particulièrement impressionnante, comme celle de Terry Bozzio. Le "rack" procure en outre un son plus riche, du fait que les instruments sont solidaires et sonnent par sympathie.