Les élections générales québécoises de 2008 ont lieu le La aurait pu s'étendre jusqu'au . Pour l'ensemble des provinces canadiennes et pour la Chambre des communes, le parlement peut adopter une loi pour reporter la tenue d'élections, . Cette prolongation ne doit pas faire l'objet de l'opposition de plus du tiers des députés de la Chambre des communes ou de l'assemblée législative. Voir Loi constitutionnelle de 1982, article 4.. Elles sont déclenchées le lorsque le premier ministre du Québec Jean Charest a demandé au lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne de dissoudre le parlement et de convoquer des élections générales..
Ce scrutin a permis d'élire les députés de la et de confier une majorité de députés au Parti libéral, qui était devenu minoritaire depuis la dernière élection. Après cinq ans et demi au pouvoir, le gouvernement Charest a donc vu son mandat renouvelé, avec 66 députés. Le Parti québécois forme l'opposition officielle, avec 51 députés, et l'Action démocratique recule, à 7 députés. L'élection a aussi permis l'élection du premier député de Québec solidaire, Amir Khadir, dans la circonscription de Mercier.
Lors de la dissolution de l'Assemblée, celle-ci était composée de 48 députés libéraux, 39 adéquistes et 36 péquistes. Deux sièges étaient vacants.
Contexte
La a été marquée par le premier gouvernement minoritaire au Québec depuis l'élection de 1878.. Le gouvernement Charest a voulu entreprendre les travaux parlementaires avec un geste chargé de symbolisme : nommer autant de ministres femmes que d'hommes au conseil des ministres. Il s'agit de la première fois dans l'histoire du Québec que cette égalité était atteinte.
Le premier ministre parlait de « gouvernement de cohabitation ». Cette expression renvoie à la France des années 1980 et 1990, alors que le président de la République et le Premier ministre n'étaient pas issus de la même formation politique. On peut aussi parler de cohabitation aux États-Unis lorsque le président et le Congrès sont contrôlés par des partis différents. L'expression peut difficilement s'appliquer au Québec, puisque le Parti libéral détient à la fois la majorité relative à l'Assemblée nationale et le contrôle du gouvernement..
La législature a été marquée par la tenue de la commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement raisonnable. Les quatre mois d'audiences ont été hautement médiatisés. Le reste de la législature n'a pas soulevé de projets de loi majeurs. Notons simplement l'adoption de la loi Anastasia sur le contrôle des armes à feuTitre complet: Loi visant à favoriser la protection des personnes à l'égard d'une activité impliquant des armes à feu, L.R.Q., chapitre P-38.0001. . et la loi garantissant l'égalité entre les hommes et les femmes dans la Charte des droits et libertés de la personne.
Rapidement après sa réélection (le ), le gouvernement Charest a annoncé son abandon de son projet de privatisation du Mont-Orford, projet qui avait occupé les groupes opposés au gouvernement lors de la législature précédente. En abandonnant le projet, le gouvernement évitait ainsi une première confrontation avec les deux partis d'opposition maintenant majoritaire à l'Assemblée nationale.. Le gouvernement a aussi créé la Commission Johnson, chargée d'enquêter sur l'effondrement du viaduc de la Concorde qui avait causé 5 morts en .
Quelques élections partielles ont été tenues durant la législature, mais aucune n'a occasionné de gain ou de perte à un parti, l'ensemble de celles-ci ayant eu lieu dans des circonscriptions acquises à un parti. Le seul changement majeur au sein de l'Assemblée nationale a eu lieu le , lorsque les députés adéquistes André Riedl et Pierre-Michel Auger décidèrent de changer d'allégeance en se joignant au Parti libéral.
Déclenchement des élections thumb|left|152px|Jean Charest, chef du Parti libéral. Au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale, le Québec était doté d'un gouvernement minoritaire formé par le Parti libéral du Québec (PLQ). L'opposition officielle était formée par l'Action démocratique du Québec (ADQ), alors que le Parti québécois (PQ) représentait le deuxième groupe de l'opposition. Les trois partis comptaient alors respectivement 48, 39 et 36 députés. Deux sièges étaient vacants (Jeanne-Mance—Viger et Notre-Dame-de-Grâce).
Les premières rumeurs d'élection sont rapportées le par Radio-Canada. La société rapporte que le premier ministre Jean Charest songerait à déclencher des élections le afin qu'elles aient lieu le .. Jean Charest ne démentira pas la rumeur, bien qu'il prétende qu'il ..
Les deux partis d'opposition protestent alors contre un déclenchement de l'élection en pleine crise financière. Le , le Parti québécois, appuyé par l'Action démocratique, présente à l'Assemblée nationale une motion demandant . Cette motion est adoptée, mais n'a qu'une portée symbolique.. Le Parti libéral souhaite obtenir une majorité, le PQ souhaite redevenir l'opposition officielle, alors que l'ADQ veut éviter de perdre de nombreux sièges..
C'est le que les médias annoncent officiellement qu'une rencontre aura lieu entre le premier ministre Jean Charest et le lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne le mercredi à , laissant entendre que les élections seront déclenchées à ce moment..
Le coïncide avec le lendemain de la date prévue de la lecture par la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget de la mise à jour économique du gouvernement. Le est aussi le lendemain de l'élection présidentielle américaine de 2008.
La campagne sera d'une durée de 33 jours et devrait coûter environ 83 millions de dollars.
Partis politiques Parti libéral du Québec Chef Jean CharestDéputés avant 49Candidats 125Slogan « L'économie d'abord, Oui »Site Web www.plq.orgRésultatsDéputés élus 66Voix Pourcentage 42,08 %
Le Parti libéral du Québec formait un gouvernement minoritaire lors de la dissolution de l'Assemblée nationale. Son chef, le premier ministre Jean Charest, a décidé de convoquer des élections prématurément, malgré l'absence de vote de confiance négatif à l'Assemblée nationale et en dépit de l'échéance de son mandat qui aurait pu s'étendre jusqu'en 2012. Plusieurs analystes politiques ont souligné que le parti souhaitait profiter de la faiblesse des deux partis d'opposition pour tenter de former un gouvernement majoritaire.
Le Parti libéral base sa campagne sur sa crédibilité à gérer la crise économique qui s'annonce et sur l'irresponsabilité des partis d'opposition. Jean Charest a en effet souligné à plus d'une reprise sa position de prioriser l'économie au profit des discussions constitutionnellesLe Parti libéral du Québec a notamment critiqué la volonté de l'Action démocratique de vouloir relancer des négociations constitutionnelles, de même, que le projet de souveraineté du Québec entretenu par le Parti québécois.. À cet effet, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a déposé une mise à jour budgétaire tout juste avant le déclenchement des élections, afin de démontrer l'aptitude du gouvernement à répondre à la crise.
Au niveau de l'organisation, le Parti libéral semble être le parti le plus en selle pour affronter les élections. Les derniers sondages avant le lancement de la campagne lui donnent un avantage sur le Parti québécois. Deux députés à l'Assemblée nationale ont passé de l'Action démocratique au Parti libéral, moins de deux semaines avant le déclenchement des élections. À l'aube du lancement de la campagne électorale, le parti est en bonne santé financière. Il possède d'actifs et, contrairement aux autres partis, il est propriétaire de l'édifice où siège sa permanence.
Le Parti libéral a choisi un slogan audacieux pour sa campagne. fait appel au thème principal que veut donner le PLQ à la campagne, mais aussi est une reprise douce du slogan du Parti québécois lors des deux référendums sur la souveraineté du Québec.
Parti québécois Chef Pauline MaroisDéputés avant 36Candidats 125Slogan « Québec gagnant avec Pauline »Site Web www.pq.orgRésultatsDéputés élus 51Voix Pourcentage 35,17 %
Le Parti québécois avait obtenu, lors des dernières élections, son pire résultat électoral depuis l'élection de 1973. Il formait ainsi le deuxième groupe d'opposition à l'Assemblée nationale durant la .
Contrairement au Parti libéral, le Parti québécois débute la campagne avec de graves problèmes financiers. De la dette de 1,6 million héritée de l'élection de 2007, il restait à payer au déclenchement des élections. Le parti prévoit donc de financer la campagne par des emprunts..
Action démocratique du Québec Chef Mario DumontDéputés avant 39Candidats 125Slogan « Donnez-vous le pouvoir »Site Web www.adq.qc.caRésultatsDéputés élus 7Voix Pourcentage 16,37 %
L'Action démocratique du Québec formait pour la première fois de son histoire l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale. Le résultat du parti avait provoqué la surprise lors de l'élection de 2007. L'ADQ ne souhaitait pas d'élection à brève échéance, demandant plutôt au gouvernement de se préoccuper de la crise financière. Cette prise de position n'était pas étrangère non plus aux résultats décevants que le parti recueillait dans les sondages de l'automne.
Québec solidaire Chef Amir Khadir etFrançoise DavidAmir Khadir et Françoise David sont en fait les porte-parole de Québec solidaire. Le chef du parti, au sens de la Loi électorale, est Benoît Renaud.Députés avant 0Candidats 122Slogan (cinq slogans différents)Pour un système de santé public. Pour des salaires décents. Pour une souveraineté solidaire. Pour une économie verte et locale. Pour Éole Québec.Site Web www.quebecsolidaire.netRésultatsDéputés élus 1Voix Pourcentage 3,78 %
Québec solidaire a présenté 122 candidats lors de l'électionLes trois circonscriptions sans candidats étaient Abitibi-Ouest, Gatineau et Notre-Dame-de-Grâce.. Pour la première fois, la raison pour laquelle Québec solidaire ne présentait pas de candidats dans une circonscription (Notre-Dame-de-Grâce), était de laisser toute la place au candidat du Parti vert.. Ce dernier avait alors obtenu 15,73 % des voix, arrivant deuxième derrière le candidat du Parti libéralÉlections générales du 26 mars 2007 : Notre-Dame-de-Grâce.
Diverses personnalités publiques ont donné leur appui à Québec solidaire. Parmi celles-ci, on compte Michel Chartrand, Raymond Lévesque, Laure Waridel, Richard Desjardins, Dany Laferrière, Julius Grey, Claude Béland, Yvon Deschamps et Judi Richards.. Par ailleurs, l'ex-ministre péquiste et ancien député de Mercier, Robert Perreault, a donné son appui à Amir Khadir, candidat dans la circonscription de Mercier..
À quelques jours du vote, Radio-Canada affirmait que la lutte était « féroce » dans la circonscription de Mercier entre le péquiste Daniel Turp et le porte-parole masculin de Québec solidaire Amir Khadir. Lors des élections de 2007, environ avaient séparé les deux candidats. Selon Amir Khadir, .. thumb|Amir Khadir prenant la parole devant ses partisans après son élection, le soir du Le , Amir Khadir est devenu le premier député solidaire à l'Assemblée nationale en remportant circonscription de Mercier par 872 voix d'avance sur le député péquiste sortant Daniel Turp. Il a obtenu (38,06 %), contre (34,32 %) pour M. Turp. La libérale Catherine Émond est arrivée troisième avec (21,22 %). Le Parti vert du Québec, l'ADQ et le Parti indépendantiste sont arrivés respectivement en quatrième, cinquième et sixième places« Directeur Général des Élections du Québec : Résultats préliminaires dans Mercier ».. À l'échelle nationale, Québec solidaire a reçu 3,78 % des votes ()« Directeur Général des Élections du Québec : Sommaire provincial »., ce qui est une légère baisse, en nombre de voix, par rapport aux élections de 2007, mais une hausse en termes de pourcentage en raison du faible taux de participation. vignette|gauche|Françoise David acclamée par ses partisans, le soir de l'élection du 8 décembre 2008