Jean Sandherr, né le à Mulhouse et mort le à Paris, est un officier français mêlé à l'affaire Dreyfus.

Biographie Alsacien originaire du Haut-Rhin, Nicolas Jean Robert Conrad Auguste Sandherr est le fils d'un greffier du tribunal de commerce de Mulhouse, Nicolas Charles Louis Auguste Sandherr, et d'Anne Marie Madeleine Wulhelm. Sa sœur Anne épouse Paul Ferdinand Japy, membre de la célèbre famille Japy et de la haute société protestante locale, qui a pour cousin germain Édouard Japy, le père de Meg Steinheil, la maîtresse du président de la République Félix Faure, qui sera mêlé à l'affaire Dreyfus.

Jean Sandherr intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1864 (promotion d'Oajaca, 1864-1866). Il en sort sur en 1866 et intègre le de chasseurs à pied (BCP) en qualité de sous-lieutenant..

Il participe à la guerre franco-allemande de 1870 en tant que lieutenant au BCP et est blessé au combat. Le , il est fait prisonnier de guerre à la suite de la capitulation de l'armée Bazaine à l'issue du siège de Metz. Il opte pour la nationalité française à la suite du traité de Francfort de 1871.

Capitaine en 1873, ce profil à haut potentiel est admis dans la première promotion (1876-1877) des élèves de l'École supérieure de Guerre et en sort breveté d'état-major. Servant en Tunisie au de tirailleurs algériens au moment de l'annexion de ce protectorat, le capitaine Sandherr est chargé de classer les tribus tunisiennes selon leur degré d'hostilité à la pénétration française . gauche|vignette|Sandherr, chef de bataillon des tirailleurs, au moment de la photo.

Sandherr et l'affaire Dreyfus Nommé chef de bataillon en 1885, il rejoint en qualité de chef-adjoint la Section de statistique de l'État-major de l'armée, dénomination anodine sous laquelle se dissimule le service d'espionnage et de contre-espionnage militaire françaisSite du CF2R, .. En 1887, il en prend le commandement. Chevalier de la Légion d’honneur depuis , il est promu officier de l'ordre le .. Promu lieutenant-colonel en 1891, il est sous les ordres directs du général Gonse lorsque débute l'affaire Dreyfus.

Sandherr est secondé dans ses fonctions par le commandant Henry, officier sorti du rang qui rend compte au général Gonse. En , grâce à une femme de ménage, le contre-espionnage français intercepte une note manuscrite trouvée dans une corbeille à papier de l'ambassade d'Allemagne à Paris. Le document établit que des secrets militaires français sont livrés à l'ennemi.

Sandherr se satisfait de l'enquête rigoureuse et méthodique menée au sujet du capitaine Dreyfus. Ce dernier est reconnu coupable de trahison par un tribunal militaireSur le rôle de Sandherr dans l'affaire, voir ..

Promu colonel le , Sandherr quitte ses fonctions le pour prendre le commandement du d'infanterie à Montauban. Son successeur à la tête de la Section de statistique est le lieutenant-colonel Picquart.

Le colonel Sandherr ne connaîtra pas le dénouement de l'affaire Dreyfus. Il quitte le service actif en frappé de paralysie générale, nom anciennement donné à la méningo-encéphalite de la neurosyphilis.

Jean Sandherr meurt à son domicile du de Paris le avant que le scandale ne vienne au grand jour.

Publications .

Au cinéma Dans le film J'accuse (2019) de Roman Polanski, son rôle est joué par Éric Ruf.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Sources Annuaires militaires. Biographie de Jean Sandherr sur le site non officiel de l'École supérieure de guerre. .

Bibliographie

Jean-Marie Schmitt, « Nicolas Jean Robert Conrad Auguste Sandherr », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, , .

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