Waroch (Waroc, Waroc'h) ou Guérech (en breton : ), mort vers 550, est le souverain supposé d'un royaume breton situé dans la région de Vannes (actuel département du Morbihan), nommé Bro Waroch (« pays de Waroch »), puis Broërec (avec plusieurs variantes).

Par convention, pour le différencier de Waroch, fils de Macliau (supposément son petit-fils), il est désigné comme Waroch I.

L'existence de Waroch est en fait une hypothèse récente, élaborée par Arthur de La Borderie au afin d'accorder les sources historiques et les sources hagiographiques. Elle est contestée ou ignorée par les historiens récents de la Bretagne : seul aurait existé Waroch, fils de Macliau.

Contexte Au cours de la première moitié du , alors que l'ancienne Gaule romaine est passée sous la domination des rois francs mérovingiensClovis, roi de Tournai, conquiert le royaume de Soissons en 486 puis le royaume wisigoth de Toulouse en 507. Ses successeurs conquièrent le royaume des Burgondes en 534. À cette époque, la domination franque inclut les diocèses de Nantes, de Rennes et de Vannes. Plus à l'Ouest (Cornouaille, Léon, Trégor), c'est la domination des Bretons. Le diocèse de Vannes va être le premier conquis par eux., sauf la partie Ouest de la péninsule armoricaine, tenue par différents chefs bretons, l'un d'eux, nommé Waroch, aurait régné sur la région de Vannes, « de l'Ellé à la presqu'île de Rhuys (sauf bien entendu la ville de Vannes) », qui devient une enclave gallo-franque autour de son évêque..

Mentions anciennes de Waroch Dans des Vies de saints Selon l'historien généalogiste Peter Bartrum « Weroc a été introduit par Arthur de La Borderie dans son Histoire de Bretagne en 1896, à partir de diverses mentions dans des Vies de Saints »:, notamment :

selon la très douteuse Vita de saint Gurthiern (né au ), Waroch est présenté comme un contemporain de Gradlon (roi légendaire daté du ou du ), et il aurait accordé des terres à GurthiernPeter Bartrum Op.cit 733. ; dans la Vita de saint Méen (né vers 540) il est dit que le saint est envoyé par Samson de Dol à Waroch afin d'obtenir de l'aide pour édifier sa basilique ; Gwenaël, qui succède en 532 à Guénolé comme abbé de Landévennec, reçoit des domaines de Waroch Peter Bartrum Op.cit 733.

Liste des variantes du nom de Waroch Formes anciennes Goeroc, dans la Vita de saint Gurthiern Gueroc, dans la Vita de saint Méen

Formes modernes Weroc : forme reprise par l'historien généalogiste Peter Bartrum à la suite d'Arthur de La Borderie Waroch : forme citée par La Borderie (infra) comme alternative à Weroc (qu'il préfère)

Waroch et saint Gildas Légende de sainte Tréphine Gildas le Sage, né vers 500 en Grande-Bretagne et mort en 565 dans l'île d'Houat (actuel département du Morbihan), est le fondateur de l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys. La Vita Gildae, composée au par Vitalis, moine de l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys, parle, entre autres, de ses démêlés avec le tyrannus, nomine Conomerus (« tyran du nom de Conomer ») et de ses relations avec un roi irlandais Ainmericus, deux personnages attestés historiquement, Conomor (actif jusqu'en 560), qui est mentionné par Grégoire de Tours comme un « comte breton » et Ainmere mac Sétnai, Haut Roi d'Irlande dans les années 560.

Selon ce texte, le saint s'établit après bien des pérégrinations sur l'île d'Houat. Il entre alors en relation avec « Waroch, comte de Vannes ». À la demande de ce dernier, Gildas accepte de jouer le rôle d'intermédiaire et de garant lorsque le roi Conomor, homme de réputation exécrable, demande sa fille Tréphine en mariage. Malgré la protection du saint, elle est tuée lorsque son époux découvre qu'elle est enceinte. Le saint fait s'effondrer la demeure de « l'horrible tyran » qui meurt enseveli, puis recueille et baptise le fils de la malheureuse, le futur saint Trémeur..

Donc, selon cette légende, Waroch aurait été comte de Vannes et aurait eu une fille, connue comme sainte Tréphine. Le titre de comte (comes, comitis en latin) existe dès la fin de l'Empire romain et perdure sous les rois mérovingiens puis carolingiens (et au-delà) ; et les comtes de cette époque sont généralement affectés à une ville épiscopale, comme l'est Vannes.

La donation de Waroch à Gildas Selon une autre légende relative à saint Gildas, l'ermite, qui vit au large des terres du comte Waroch (sur l'île de Houat), vient un jour le voir à Vannes afin d'obtenir un lopin de terre près de la côte afin de s'adonner à la prière. Selon ce texte, Waroch « était un homme juste et craignant Dieu, qui révérait aussi ses ministres, quand ils étaient fidèles à leurs promesses, c'est-à-dire s'ils se montraient pieux, humbles, détachés, consolateurs des malheureux et défenseurs des petites gens » (il s'agit d'un texte hagiographique, parlant d'un ami du saint).

Waroch lui offre un château et des terres dans la presqu'île de Rhuys, où Gildas fonde ensuite une abbaye.

Problème de l'historicité de Waroch Il n'existe aucun document historique non hagiographique concernant Waroch I.

Arthur de La Borderie et ses disciples Arthur de La Borderie, dans une tentative pour concilier sources historiques (Histoire des Francs) et hagiographiques (Vie de saint Gunthiern Arthur de La Borderie, ouvrage cité, 381 : « L'époque initiale de ce règne est déterminée par les rapports de Weroc avec Saint Gunthiern contemporain de Gradlon »., Vie de saint Méen, Vie de saint Gwenaël), a été obligé de couper en deux le règne de Waroch, introduisant un « Weroc  » régnant de 500 à 550 environ « pour le distinguer d'un second Weroc ou Waroch célèbre dans notre histoire », ce dernier correspondant au roi ou comte Waroch, fils de Macliau (mort en 594), évoqué par Grégoire de Tours . L'hypothèse d'un premier Waroch est popularisée par les disciples de La BorderieNotamment : Abbé Henri Poisson, Histoire de Bretagne, Rennes, Imprimerie Centrale de Bretagne, 1948. Préface d'Alexis Presse, bois gravés hors-texte par Xavier de Langlais, carte par Xavier Haas rééditée plusieurs fois. Encore dans la réédition de 1975 44 Au commencement du VIe siècle , le Vannetais avait à sa tête le comte Waroc père de sainte Trifine. Il dut mourir vers 550 ,

Réfutation de l'hypothèse de La Borderie Cette hypothèse a été très vite réfutée, notamment par Ferdinand Lot et par Charles de la Lande de Calan dans ses « Éclaircissements observations et notes sur les Cronicques & Ystoires des Bretons de Pierre Le Baud » lors de leur publication en 1910Société des Bibliophiles Bretons, Tome IV : observations sur les 82 premiers chapitres du Livre III 115 : Caradoc .... et Gueroc I dont l'existence est une hypothèse moderne, n'ont aucun droit à figurer sur la liste des rois du Vannetais .

Elle n’a jamais été reprise par la suite.

Notamment dans deux ouvrages de référence : Histoire de Vannes et de sa région sous la direction de Jean-Pierre LeguayToulouse, Privat, Collection « Pays et Villes de France », 1988 et Histoire de la Bretagne sous la direction de Jean DelumeauToulouse, Privat; 1969, chapitre IV p.117-152 « De l'Armorique à la Bretagne () ».

Descendance de Waroch Waroch aurait eu plusieurs enfants d'une épouse inconnue :

Canao I, qui lui succéde à sa mort ; Macliau, évêque de Vannes, qui succéde à son frère ; Trois autres fils, tués par leur frère Canao.

Et selon la Vita de Saint Gildas Sainte Tréphine, qui épouse Conomor, comte du Poher.

Arbre généalogique

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Jean Baptiste F. Delaporte,Recherches sur la Bretagne, Tome Premier, 1819

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