vignette|Gants de laine.
Un gant (du vieux-francique *want) est un accessoire de mode, un équipement de sport, un élément de protection ou un élément d'hygiène recouvrant la main. Il est utilisé pour se protéger notamment du froid, ou encore pour le prestige (luxe, cérémonies).
L'hygiène des mains reste un problème contemporain, comme l'indique l'instauration en 2008 d'une journée mondiale du lavage des mains (le 15 octobre). La main est une partie du corps humain particulièrement exposée, fragile, utile, susceptible d'agression, blessure, coupure, infection. En désinfection, la solution hydroalcoolique (SHA/SHAL, 1975) paraît désormais reconnue (sinon appliquée) par tous. Le gant reste la protection générale la plus nécessaire dans les diverses manipulations, au détriment de l'agilité et de la mobilité des doigts.
Histoire L'histoire des gants remonte à l'Antiquité. Dans certaines traductions de lOdyssée d'Homère, Laërte est décrit marchant dans son jardin portant des gants afin de se prémunir contre les mûres sauvages (selon d'autres traductions, il avait tiré ses longues manches sur ses mains). Hérodote, dans son Enquête (440 av. J.-C.), raconte comment Léotychidas II a été incriminé par un gantelet rempli d'une somme d'argent qu'il avait reçue comme dessous-de-table. Xénophon rapporte, dans la Cyropédie, que les Perses portaient des moufles en hiver.
En Europe, au , certaines femmes ont commencé à porter des gants longs comme ornements. Ils étaient faits de lin et de soie et atteignaient parfois le coude. Au , la reine Élisabeth Ire d'Angleterre a lancé la mode de gants richement brodés et sertis de pierres précieuses. Henri II d'Angleterre a été enterré avec des gants sur les mains. On a également retrouvé des gants sur les mains du roi Jean d'Angleterre quand son tombeau a été ouvert en 1797, et sur celles du roi Édouard Ier d'Angleterre quand son tombeau a été ouvert en 1774.
Mensurations La largeur des gants se mesure habituellement en pouces anglais (1 pouce = 2,54 cm), mais elle peut aussi être exprimée en centimètres. Xavier Jouvin, gantier grenoblois et inventeur de la « main de fer », a établi des calibres pour 32 largeurs de main, dont les mesures étaient définies en centimètres et en millimètres dans le brevet qu’il a déposé en 1834. La quasi-totalité des fabricants de gants n'a pas adopté le système métrique, en raison notamment de l'importance des pays où les mesures anglaises ont cours. La largeur moyenne des gants est, pour une femme, d'environ 7,5 pouces, soit environ 19 centimètres et, pour un homme, de 9 pouces, soit près de 23 centimètres.
Pour la longueur, les références de fabrication sont aussi données en pouces mais il est possible de les exprimer en « boutons », ancienne mesure française, liée au " pied français " d'avant la Révolution française, le « bouton » correspondant à un douzième de ce qui était appelé aussi « pied de Charlemagne » (environ 32,66 cm), soit une longueur d' environ 2,72 cm pour un « bouton ». La mesure du pied français a été légèrement diminuée en 1668, par Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des Finances, afin d'atteindre une longueur qui correspondait à environ 32,48 centimètres. Ainsi, la longueur du « bouton » après 1668 est d'environ 2,70 centimètres. Cette mesure est restée inchangée jusqu'en 1795, année de l'apparition du système métrique en France. Celui-ci est devenu obligatoire en 1800. Ainsi, les gants courts pour femmes sont des « huit-boutons » et mesurent environ 22 centimètres ; quant aux gants pour femmes recouvrant l'avant-bras, allant jusqu'au coude, il s'agit de « seize-boutons », soit environ 44 centimètres. En ce qui concerne les gants allant jusqu'à l'épaule - soit les « gants d’opéra » les plus longs -, ce sont des « trente-boutons » (environ 81 centimètres). Toutefois, la longueur moyenne des gants d’opéra est d'environ 60 centimètres (22 boutons) car ces gants s'arrêtent au milieu du biceps .
Ganterie vignette|Grenoble, les gantiers, carte postale, 1904. vignette|Main chauffante — outil de gantier grenoblois.
Le travail du cuir, dont maroquinerie et mégisserie, sont d'abord, depuis l'antiquité mais aussi la préhistoire (histoire du tannage), des métiers de l'artisanat, parfois de l'artisanat d'art.
En France, les corporations de gantiers (datant de 1342) s'installèrent surtout dans des régions où se pratiquait l'élevage intensif de chevreaux et d'agneaux, et où l'eau des rivières était pure et propice au tannage : dans le Massif central à Saint-Junien (voir ganterie de Saint-Junien) ou à Millau, dans le Dauphiné (voir ganterie Jouvin et ganterie Perrin, à Grenoble), le sud de la Champagne (voir ganterie Tréfousse), à Niort (chamoisage) ou à Caudebec-en-Caux. On trouve également une rue Ganterie à Rouen (rue des Gantiers au ) et à Caen, une rue [de la] Ganterie à Poitiers.
Aujourd'hui, les gants sont fabriqués dans le monde entier. La plupart des prototypes et des petites séries de gants de luxe pour femmes continuent à être fabriqués en France. Cependant, la production est le plus souvent assurée dans des usines en Asie, en Europe de l'Est, au Canada ou aux États-Unis à Gloversville (où des Français, venant du Sud-Ouest vers 1890/1900, ont produit les premières paires de gants) et qui est resté un centre de fabrication de gants aux États-Unis.
La fabrication des gants en cuir pour femmes a lieu dans les pays d'Asie de l'Est depuis les années 1980, notamment en raison du faible coût du travail local.
En 2021, selon les statistiques fournies par le Centre national du cuir et relatives à la ganterie en France, 350 personnes en France sont employées dans le secteur de la ganterie, au sein de 15 sociétés dont la majeure partie (8) fait uniquement des gants de travail, sur le territoire français. Les sept autres sociétés produisent des gants de ville, pour hommes ou pour femmes.
Les lieux de production, pour les gants de ville, sont principalement Millau, Saint-Junien et Grenoble, patrie de Xavier Jouvin, inventeur du premier calibre (soit la forme d'un emporte-pièces en fer ou " main de fer ") déposé en 1838 et des premiers modèles fabriqués ainsi au nombre de 32 et des 322 largeurs de gants, permettant ainsi la production de la découpe en série des paires de gants, alors toutes découpées à la main. Ainsi, il a permis de multiplier la production par cinq. La ganterie de peau à Saint-Junien et les savoir-faire liés à la ganterie en Pays de Millau sont classés à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France respectivement depuis 2008 et 2023.
La fédération de la ganterie française, fondée en 1930 sous un autre nom, regroupe en 2022, seulement sept sociétés ou artisans : gants Agnelle (fondés en 1937) situés à Saint-Junien, gants Causse à Millau (plus vieille maison de fabrication de gants en activité, fondée en 1892 et à présent propriété du groupe Chanel), Atelier du Gantier (maison artisanale fondée en 1989 à Millau), Georges Morand à Saint-Junien (société fondée en 1946 et notamment fournisseur des administrations), Lesdiguières-Barnier (très ancienne maison grenobloise, fondée pour la première en 1893 et la seconde en 1885), Ganterie Maroquinerie de Saint-Junien (ancienne société coopérative de production ouvrière, créée en 1919 et possédée vers l'an 2000 par le groupe Hermès), Lavabre-Cadet à Millau (fondé en 1946, devenu la propriété de la société Camille Fournet en 2013). Cette fédération indique sur son site (https//gantsdefrance.fr) que la production de gants de ville en France est d'environ 350 000 paires par an et qu'environ 300 personnes travaillent dans le secteur de la ganterie. En mars 2025, Lesdiguières-Barnier dont le propriétaire était Jean Statezzi, meilleur ouvrier de France et spécialiste de réalisation de gants en chevreau, a cessé son travail, ne disposant plus assez de peau pour travailler le chevreau, après également vu une baisse de sa clientèle. Le nombre des artisans a donc évolué à 6 artisans ou sociétés, au niveau de la fédération de la ganterie française.
Environ 2,7 % des gants de ville diffusés en France en 2021 étaient fabriqués en France alors qu'environ 18 % des gants de travail vendus en France étaient aussi des produits faits en France.
La totalité des gants bon marché ou très bon marché qui sont diffusés en France est fabriquée en Chine, en Inde, au Pakistan, aux Philippines , au Vietnam et au Bangladesh.
Certains gants de bonne qualité ou de qualité moyenne sont fabriqués dans des pays d'Europe de l'Est comme la Hongrie et la Roumanie, à des coûts de production inférieurs à ceux des pays d'Europe de l'Ouest, en raison notamment des salaires horaires moins élevés.
La ganterie française de qualité est concurrencée par celle du Portugal, de l'Espagne et de l'Italie.
Coutumes Au Moyen Âge, les gants blancs étaient utilisés par les évêques, les archevêques et le pape : il s'agissait des gants épiscopaux. C’est à partir de la fin du et au cours du que ces gants prirent d’autres fonctions. Les Britanniques commencèrent à demander à leurs domestiques de porter des gants blancs pour cacher leurs mains abîmées par le travail. Pour les Francs Maçons, cet accessoire est une caractéristique d’appartenance au groupe représentant honneur et pureté. Quant aux mariées, le but était d’être en accord avec leur robe blanche tout en étant distinguée.
Au le gant, symbole de pureté et de noblesse, incarne une marque de soumission et de respect envers la couronne. Pour ne pas offenser le roi et lui montrer sa loyauté, retirer ses gants devant lui ainsi que dans ses écuries était de coutume. Les juges royaux lors de leur exercice les ôtaient également, comme les hommes devant les femmes en gage d’élégance, ou au moment d’abattre l'animal lors de la chasse à courre.
Gantelet Le gantelet (Panzerhandschuh, gauntlet), sorte de gant couvert de lames de fer sur le dos de la main, fait partie de l'armure d'un combattant médiéval (800-1400). Généralement porté sur des gants de peau, il protège main, poignet et avant-bras.
Les gantelets modernes, gants de protection moderne, ne participent d'aucune armure, mais, réalisés en cuir (peau retournée, lainée ou non) assurent une bonne isolation thermique. Ils sont utilisés dans de nombreux sports, surtout en cavalerie et fauconnerie.
Les gantelets d'apparat sont simplement des gants longs.
Un brassard et un bracelet sont des objets de décoration et/ou d'information. Le brassard peut également désigner une protection de bras, de l'époque romaine (manica) pour légionnaires et gladiateurs, de l'époque médiévale (canon d'avant-bras, cubitière, canon d'arrière-bras), ou de la période moderne, entant que gaine ou sangle (en cuir, pierre ou plastique) en tir à l'arc (archerie) : .
Le bracelet de force (ou poignet de force) est un équipement de renforcement du poignet (travail manuel intense, sport, esthétique).
Moufle ou mitaine Une moufle est un gant sans séparation entre les doigts (sauf pour le pouce) le plus souvent en laine ou en fibre synthétique, portée au ski ou en plein air. Il permet une meilleure protection des mains contre le froid, au prix d'une moins bonne mobilité. Elles sont fabriquées au Moyen Âge en fourrure pour les membres du clergé ou en peau de cerf, de chien pour les fauconniers, les chasseurs. Des moufles médiévales en laine sont également connues.. Le terme remonte peut-être au vieux bas francique *molfëll « peau molle » (Kluge, s.v. Muff 1) ou plus vraisemblablement à deux éléments du vieux bas francique *muff- et -vël, sur la base du radical muffel « museau rebondi » (cf. l'allemand muffeln « mâchonner ; envelopper », et le français camouflet) qui aurait signifié aussi « enveloppe » par analogie de forme et de vël « peau d'animal »FEW t.16, p.576b.. (cf. allemand Fell « peau d'animal », apparenté par l'indo-européen au latin pellis « peau »).