Ahmed Cherkaoui, né le à Bejaâd et mort le à Casablanca, est l’un des piliers de la peinture contemporaine et des premiers plasticiens qui ont exercé les beaux-arts au Maroc.
Son enfance Ahmed Cherkaoui est né le dans la ville de Bejaâd. Sa mère est d’origine berbère du Moyen Atlas, descendant de la tribu des Zayanes, réputée pour son art du tissage. Son père est conservateur, issu de la grande famille Cherkaoui dont le grand-père, Mohamed Cherki, est un soufi célèbre. Ahmed Cherkaoui quitte sa ville natale dès son jeune âge avec sa famille pour la ville de Béni Mellal. L’été 1941, Ahmed Cherkaoui, âgé de , perd sa mère à cause de la typhoïdeLIANE série de 12 essais sur les vétérans de la création plastique marocaine contemporaine - livre de poche, texte de Ahmed Fassi Édition Karim Bennani – mars 2016. Avec le soutien du ministère de la culture - Maroc..
Parcours scolaire et professionnel Ahmed Cherkaoui apprend le Coran au Msid, son père décide de l’inscrire à l’école des fils des notables à Casablanca. L’art est inné chez Ahmed Cherkaoui, son parcours artistique a commencé depuis son jeune âge. « Il dessinait des arbres, des cigognes ou des minarets sur ses cahiers pendant les cours », raconte Mohamed Cherkaoui, son frère aîné.
Ahmed Cherkaoui s’engage comme chef de groupe au Scoutisme Hassania Marocaine. Il travaille comme calligraphe au journal Al Alam et au journal Al Ray Alaam. Il conçoit des affiches et des banderoles pour la droguerie Atlas à Casablanca (Atlas est un producteur de peinture au Maroc).
Grâce à l’aide financière de son frère aîné, Mohamed Cherkaoui, il peut poursuivre à partir de 1956 ses études en France à l'École des Métiers d'Art de Paris, dans la section Arts graphiques, dont il reçoit le diplôme en 1959. C’est ainsi qu’il perfectionne son savoir-faire en calligraphie et création d'affiches. Juste après l’obtention de son diplôme, il travaille comme concepteur de maquettes pour les pochettes de disques du département oriental de la maison de production Pathé-Marconi. Pendant ses trois années ses premières peintures, figuratives, sont des paysages marocains. Encouragé par Monique de Gouvenain, alors responsable du Foyer des Étudiants Maghrébins et par la suite directrice de la Galerie Solstice, il réalise en 1959 sa première exposition à l’atelier de l'imprimerie Lucienne Thalheimer à Paris.
Ahmed Cherkaoui s’inscrit en 1960 à l'École des Beaux Arts de Paris dans l'atelier de Jean Aujame et découvre en avril les travaux de Roger Bissière à l'occasion de la rétrospective qui leur est consacrée au Musée d'Art moderne de Paris. Ayant reçu en 1961 une bourse d'un an pour étudier à l'Académie des Beaux-Arts de Varsovie et fréquentant l’atelier de Henryk Stazewski, figure de l’avant-garde artistique, sa peinture évolue au contact des recherches graphiques polonaises et de la découverte de l'œuvre de Paul Klee. En juin, à la fin de son séjour, il expose ses nouvelles œuvres à Varsovie. Parallèlement à ses études, il enseigne la langue française à un groupe d'étudiants.
Au Maroc à partir d', Ahmed Cherkaoui traverse une période de doute et d'interrogations. Il s'intéresse alors au graphisme des tatouages et des poteries marocaines. Bientôt, il brise la structure de ces signes en les intégrant, en marge de toute allusion figurative, à ses compositions et se constitue son langage personnel. Participant à plusieurs expositions collectives, à Paris comme à Casablanca, il est encouragé par Gaston Diehl, président fondateur du Salon de Mai et alors attaché culturel auprès de l'Ambassade de France au Maroc. Il fait également connaissance d'Abdelkébir Khatibi qui écrira à partir de 1976 plusieurs textes sur sa peinture.
La même année, Cherkaoui s'installe à Paris où il travaille à une série de gouaches et de grandes toiles sur lesquelles apparaissent les caractéristiques de son style. En 1962, il présente en mars une exposition personnelle à la galerie d'Ursula Girardon sur la recommandation de Jean-Clarence Lambert dont il a fait la connaissance l'été précédent et participe à l'exposition « Peintres de l'École de Paris et Peintres Marocains » organisée par Gaston Diehl au Théâtre National Mohammed V de Rabat. Invité au Salon de Mai, il y rencontre Ludmilla Pereiaslavtzeff Zalewskihttps://cherkaouifoundation.com/ découvrir le rôle de la Fondation Cherkaoui ainsi que la biographie complète de l'artiste et un aperçu sur son travail exceptionnel de 1954 à 1967.
redécouvrir Cherkaoui (Cinquante ans après, redécouvrir Cherkaoui, à l'occasion de l'exposition au musée Mohammed VI, dossier réalisé par Fatima zahra lakrissa, Bruno Nassim Aboudrar, Hélène Le Corre, Toni Maraini, Meryem Sebri et Kenza Sefrioui, Diptyk , avril-mai 2018, ) qu'il épouse le . De cette union est né un fils, Nourdine, le Cinquante ans après, redécouvrir Cherkaoui, à l'occasion de l'exposition au musée Mohammed VI, dossier réalisé par Brahim Alaoui, Bruno Nassim Aboudrar, Hélène Le Corre, Toni Maraini, Meryem Sebri et Kenza Sefrioui, Diptyk , avril-mai 2018, ..
Une bourse de recherches de l’UNESCO permet à Cherkaoui d'approfondir sa connaissance des signes et symboles de l’art amazigh et de la calligraphie arabeAhmed Cherkaoui, Encyclopédie Mathaf d'art moderne et monde arabe. Il fait partie de l'exposition « École de Paris 1962 » à la Galerie Charpentier.
Cherkaoui est dans les années suivantes présent dans de nombreuses expositions collectives en France et au Maroc. Sur l’initiative de Gaston Diehl, qui fait paraître une plaquette préfacée par Georges Boudaille, il expose à partir de aux Centres culturels français de Rabat, puis de Tanger et Casablanca. En mars, il figure parmi les « Vingt Peintres Étrangers » au Musée d'Art moderne de Paris et en 1964 parmi les « Dix peintres du Maghreb », présentés par Pierre Gaudibert à la galerie Le Gouvernail, avec Benanteur, Bouqueton, Guermaz et Khadda. En , il occupe un poste de professeur de dessin d'art au collège d'enseignement technique de Beaumont-sur-Oise. Cherkaoui participe en 1966 au Festival mondial des arts nègres de Dakar et à l'exposition « Six Peintres du Maghreb » à Paris, présentée en 1967 à Tunis, avec notamment Benanteur et Guermaz.
L'été 1967, Ahmed Cherkaoui décide de revenir s’installer définitivement au Maroc : « Je cherchais à Paris la célébrité, j'y renonce, je rentre au Maroc, je veux former les enfants de chez nous ; si nous voulons sortir du sous-développement, il nous faut tous mettre la main à la pâte ». À moins de trente-trois ans, il meurt le à Casablanca en salle d’opération à cause d'une crise d'appendicite.
Dans les années suivantes, son œuvre est exposée dans plusieurs musées à travers le monde. En 1991, une exposition « Peintres du Maroc : Belkahia, Bellamine, Cherkaoui, Kacimi », avec la collection de son frère Mohamed Cherkaoui et des institutions internationales, il est présenté à l'Institut du monde arabe de Paris, qui réalise en 1996 une rétrospective « Cherkaoui ou la passion du signe », en 2008, son frère Mohamed Cherkaoui lui rend hommage avec une exposition à la galerie Delacroix, Tanger. Ahmed Cherkaoui est ainsi reconnu pour son style abstrait et symbolique. Son recours aux signes relève de l’impact de la culture Amazigh et de la calligraphie arabe sur sa personnalité. Il a réussi à développer un style personnel où il a associé tradition et modernité.
Œuvres dans les musées et collections publiques
Maroc Fondation Cherkaoui pour l'Art et la Culture
La jeune berbère, 1960, pastel sur toile de jute, Composition en mauve, 1961, huile sur toile de jute, 53 x 61 cm Le petit masque, 1961, huile sur toile de jute, 33,5 x 56,5 cm Bleu, 1962, huile sur toile, Le Mont des oliviers, 1964, huile sur toile, le Roi sage, 1964, huile sur toile, Porte Bleue, 1964 , huile sur toile, Le vent tourne en Afrique, 1965, huile sur toile, L'animal, 1965, huile sur toile, Le masque noir, 1965 , huile sur toile collée sur contreplaqué, 28 x 28,5 cm Les miroirs noirs V, 1965, huile sur toile, collée sur contreplaqué, 23 x 28 cm Les étoiles ensorcelées, 1966, huile sur toile, Talisman bleu, 1967, huile sur toile, Tifinagh, 1967, huile sur toile,
Émirats arabes Charjah, Barjeel Art Foundationhttps://www.barjeelartfoundation.org/?s=Ahmed+Cherkaoui Notices de la Barjeel Art Foundation sur les œuvres de Cherkaoui Les Miroirs rouges (Red Mirrors), 1965, huile sur toile de jute sur panneau, 44.5 x 49 cm Alea, huile sur toile, 1965,
France Musée d'Art moderne de Parishttps://www.mam.paris.fr/fr/collections-en-ligne#/artworks?filters=authors%3ACHERKAOUI%20Ahmed%E2%86%B9CHERKAOUI%20Ahmed&page=1&layout=grid&sort=by_author Notices du musée d'Art moderne de Paris sur les œuvres de Cherkaoui : La Prière, 1963-1964, huile sur toile, 115 x 88 cm, Inv. AMVP 1528 Source II, vers 1965, peinture sur carton, 25,2 x 33,5 cm, Inv. AMD 644 Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris : Le Couronnement, 1964, huile sur toile, 91 x 119 cm, Inv. FNAC 28551, AM 2013-DEP 35 Institut du monde arabe, Paris : Talisman , huile sur toile, , numéro d'inventaire : AC 86-40https://altair.imarabe.org//notice.php?q=id:124470&lang=fr Notice de L'Institut du monde arabe
Liban Beyrouth, Dalloul Art Foundatio (DAF)https://dafbeirut.org/en/ahmed-cherkaoui Notices de la Dalloul Art Foundation sur les œuvres de Cherkaoui Sans titre, huile sur toile de jute marouflée sur panneau, 27 x 23 cm Sans titre, huile sur toile de jute marouflée sur panneau, 53 x 38 cm Sans titre, huile sur toile de jute marouflée sur panneau, 27 x 23 cm Sans titre, huile sur toile de jute marouflée sur panneau, 22 x 27 cm Miroirs, huile sur toile de jute marouflée sur panneau, 23 x 27 cm Clair de lune, huile sur toile de jute marouflée sur panneau, 32,5 x 50 cm
Qatar Doha, Mathaf Arab Museum of Modern Arthttps://mathaf.org.qa/en/visit/galleries/ Gallery 10: New Vocabularies in Post-Independence Contexts Notices du Mathaf Arab Museum of Modern Art sur les œuvres de Cherkaoui Les Points (Points), 1961, huile sur toile, 99,8 x 40,8 cm, Mathaf : Arab Museum of Modern Art, Doha Signes (Signs), 1962, technique mixte sur papier, 23,8 x 29,6 cm Les trois sœurs (The Three Sisters), 1963, huile sur toile, 152 x 130 cm MAT.2015.22.5 La Danse du serpent, 1964, huile sur toile, Linda, 1965, huile sur jute, 73,2 x 92,5 cm Les humbles commencements de la pensée et du langage (The humble beginning of thought and language), 1967, huile sur toile, MAT.2007.1.1696 Talisman rouge, 1967, huile sur toile, MAT.2013.13.25
Prix 1962 : médaille de bronze au 10e Salon Interministériel, Paris, France
Expositions (liste non exhaustive)
1959 : Première exposition personnelle à l’atelier de l'imprimerie Lucienne Thalheimer, Paris. 1960: Exposition personnelle à la Maison de l'Union, Casablanca. 1960 : Salon de la jeune Peinture, Rabat. 1961 : Exposition personnelle galerie Krzywe-Koło, Varsovie - Salon d’automne, Casablanca - IIe Biennale des jeunes, Paris - Exposition personnelle, Goethe Institut, Casablanca. 1962 : Exposition personnelle, galerie Ursula Girardon, Paris - Peintres de l’école de Paris et peintres Marocains, exposition présentée par Gaston Diehl, Théâtre National Mohammed V, Rabat - Salon de Mai, Paris - Options, galerie Ursula Girardon, Paris - Galerie La Hune, Paris – École de Paris 1962, galerie Charpentier, Paris - Xe salon interministériel, Paris. 1963 : Exposition personnelle, centres culturels français de Rabat, Casablanca et Tanger - Vingt Peintres étrangers, Musée d'Art moderne de Paris - Exposition internationale, Musée national des Beaux-Arts d'Alger - 2000 Ans d’Art au Maroc, Galerie Charpentier, Paris - Exposition personnelle, Galerie Rue de Seine, Casablanca - Ille Biennale des jeunes, Paris - Autour du jeu, Galerie Ursula Girardon, Paris - Rencontre Internationale, Rabat.