alt=|vignette|Représentation de Pierre (roi d'Aragon); conjoint de Constance de Hohenstaufen (1248-1302). vignette|Illustration sur bois de Constance de Sicile, son mari Henry VI et son fils, Frederick II - Penn Provenance Project vignette|Image de Constance I de Sicile retournant en Allemagne après avoir été libérée de prison à Palerme, du XIIe siècle "Liber ad honorem Augusti". vignette|Constance de Sicile Constance de Hohenstaufen ou de Souabe, Constance d'Aragon. ou encore , née en 1248 à Catane (Sicile) et morte le à Barcelone, est une princesse issue de la maison de Hohenstaufen, petite-fille de l'empereur et fille légitimement héritière de Manfred de Hohenstaufen et de Béatrice de Savoie. Le début de la vie de Constance de Hohenstaufen fut influencé par des enjeux dynastiques et des manœuvres politiques. Elle se marie avec , souverain de la couronne d'Aragon, puis de Sicile. Constance est la mère de six enfants, dont quatre garçons et deux filles. Tous, à l'exception du plus jeune, Pierre, furent couronnés : Alphonse, surnommé le roi libéral d'Aragon, Jacques, dit le Juste, roi de Sicile puis d'Aragon, Frédéric, roi de Sicile, Élisabeth, reine du Portugal, et Yolande, reine de Naples. Après la mort de son mari, en 1285, elle décida de se retirer de la vie publique pour rejoindre un ordre monastique et y passa le restant de ses jours. À la suite de sa mort, elle est proclamée bienheureuse par l'Église catholique.
Biographie Fille de Manfred de Hohenstaufen, prince de Tarente et plus tard roi de Sicile, et de Béatrice de Savoie., Constance naît en 1248, probablement à Catane. L’historiographie médiévale propose plusieurs dates quant à l’année de sa naissance, variant de l’année 1247 à 1250. D'après l'historien Filippo Rotolo, elle serait née entre 1249 et 1250, mais sans aucun doute avant le décès de son grand-père, Frédéric II. Elle est donc l'unique héritière du royaume de Sicile.
En 1261, Constance, âgée de 12 ans fut envoyée à Barcelone dans un environnement très religieux, avec sa nourrice, Bella d’Amico qui resta toujours fidèle à ses côtés. Elle épouse, à l'âge de 14 ans, le , à Montpellier, dans la basilique Notre-Dame des Tables., l'infant Pierre, fils du roi d'Aragon, . Le mariage est célébré par l'évêque de Maguelone. Pierre, héritier légitime du trône d'Aragon, de Catalogne et de Valence, était résolu à revendiquer ses droits royaux. L'événement suscita une vive inquiétude au sein des cercles pontificaux angevins et déclencha un mouvement favorable aux Catalans en Provence.
Pierre succède à son père, en 1276, sous le nom de . En 1282, à la suite de la révolte des Vêpres siciliennes, Constance et Pierre obtiennent la couronne de Sicile.. Constance Hohenstaufen, en tant qu'héritière de son père Manfredi, incarnait la légitimité dynastique sur laquelle reposaient les ambitions de la Maison d'Aragon en Sicile. Cet ajout de territoire, à la Couronne d’Aragon, permis à Pierre de consolider son empire en formation et ramena Constance sur l'île de sa naissance, mais cette fois en tant que reine. Elle soutint son mari dans l'administration des régions intérieures pendant qu'il poursuivait son avancée à travers l'île et le long de la côte italienne. Après les Vêpres, la Sicile entra dans la sphère politique espagnole pour les cinq siècles à venir, en grande partie grâce à la place clé de Constance dans la succession dynastique.
Pierre meurt le . Constance de Hohenstaufen se retire au monastère franciscain de Santa Clara de Barcelone.. Elle meurt dans la même ville, probablement le , et sa sépulture se trouve à la cathédrale Sainte-Croix de Barcelone. Deux de ses fils, Alphonse et Jacques, deviennent rois d'Aragon et le dernier, Frédéric, roi de Sicile.
Les vêpres siciliennes En Italie, cette période était marquée par une opposition entre les guelfes, partisans du pape, et les gibelins, partisans du Saint-Empire romain germanique. L'empereur Frédéric II de Hohenstaufen était roi de Sicile, de 1198 jusqu’à sa mort en 1250. Son fils Conrad IV lui succède à l’âge de 22 ans, mais meurt quatre ans plus tard, en 1254. Conradin, le fils légitime de Conrad IV devient roi de Sicile à l’âge de deux ans et voulant profiter de cette situation, le pape Innocent IV, essaya d’écarter les Hohenstaufen d'Italie. Toutefois, Manfred de Hohenstaufen usurpa le titre de son neveu, en 1258. Il est immédiatement excommunié par le nouveau pape Alexandre IV, qui tente également de réduire le pouvoir de la famille Hohenstaufen.
En 1266, le comte Charles d'Anjou, frère du roi de France Louis IX, avec la bénédiction du pape Clément IV, envahit le Sud de la péninsule italienne et Manfred est tué lors de la bataille de Bénévent. Charles Ier devient, dorénavant, le roi de Sicile et dut affronter Conradin, qui était désormais en âge de revendiquer son titre. Toutefois, ce dernier est fait prisonnier à la bataille de Tagliacozzo et décapité à Naples pour trahison en 1268. Charles d’Anjou gouverne son nouveau royaume avec austérité, au cours des années suivantes, entraînant le méprit de la part de la population sicilienne.
Le 30 ou le , le soulèvement des « Vêpres siciliennes » débute à Palerme, avant de progresser dans toute la Sicile, jusqu’à Messine le . Le soulèvement aurait débuté par l'atteinte à l'honneur d'une sicilienne par un soldat français lors d’un pèlerinage à l’église du Saint-Esprit. Le soldat est poignardé à mort, déclenchant la colère des Siciliens. En une nuit, environ deux mille Français et Provençaux furent tués. Le mouvement se propagea sur tout le reste de l’île jusqu’à Messine.
Charles d’Anjou essaya, à plusieurs reprises, de prendre possession de Messine avec sa puissante flotte et sa grande armée, mais fut repoussée à chaque fois. Puisque la reine, Constance d’Aragon, était la représentante des Hohenstaufen et dernière héritière des rois de Sicile, les Siciliens décidèrent de demander de l’aide à son mari, Pierre III d’Aragon, qui se trouvait à Tunis avec sa flotte. Le , Pierre III d’Aragon débarque à Trapani, afin de revendiquer le trône de Constance et est, ainsi proclamé roi, le .
Traité d'Anagni et le conflit entre les deux frères Jacques II et Frédéric II Sous l’influence du pape Boniface VIII, le traité d'Anagni, conclu le , est un accord de paix entre la maison d'Anjou-Sicile et le roi d'Aragon, qui avait repris possession du royaume de Sicile après les Vêpres siciliennes. Ce traité, conçu par le pape Boniface VIII, Jacques II d’Aragon, Charles II d’Anjou et Philippe de France, reposait sur un ensemble de concessions et d'alliances matrimoniales réciproques. L'une des conditions exigeait que Jacques II cède la Sicile à Boniface VIII, même si cela pouvait provoquer une guerre contre son frère Frédéric d'Aragon. De plus, conformément aux exigences du traité, Frédéric devait épouser Catherine de Courtenay, impératrice de Constantinople. Le pape rencontra Frédéric dans le but de le convaincre d'accepter la proposition. Au cours de cette rencontre, Frédéric insista pour que le mariage ait lieu avant . Cependant, Courtenay refusa non seulement la proposition de mariage, mais elle ne répondit qu'après le mois de septembre.
Entre-temps, Frédéric retourna à Milazzo auprès de sa mère, Constance et de sa sœur, Yolande pour les informer des événements, qui n’auguraient rien de rassurant pour l’avenir du royaume de Sicile. Par la suite, Frédéric fut proclamé pour la première fois roi de Sicile par une majorité au parlement de Milazzo le . Constance intervint pour empêcher la publication de la nouvelle, afin d’éviter une guerre entre ses deux fils. Frédéric suggéra d'envoyer une délégation à son frère pour connaître ses intentions. Jacques répondit en approuvant les termes du traité d’Anagni et demanda à Frédéric, sa mère et sa sœur de revenir dans leur patrie. Cette situation fut extrêmement difficile pour Constance, dont le cœur était déchiré par le conflit entre ses deux fils.
À la fin de l’année 1295, Jacques II prit la décision officielle de renoncer au royaume de Sicile et de rétrograder son frère Frédéric. Entre-temps, Frédéric, qui avait gagné la faveur des Siciliens grâce à une politique habile, convoqua le parlement général à Catane le , où il fut proclamé roi de Sicile à l’unanimité. Cette proclamation contrecarrait les plans du pape Boniface VIII, qui envoya deux émissaires en Sicile, au début de , pour exercer une pression sur Constance de Hohenstaufen afin qu’elle se rallie à sa volonté. Constance fut victime d’un chantage émotionnel qui faisant appel à son sens du devoir chrétien, en lui faisant comprendre que de rester aux côtés de Frédéric en Sicile, reviendrait à se rendre complice du péché de désobéissance envers l’Église et le pape.
Frédéric était retourné à Messine, auprès de sa mère et de sa sœur, après avoir reçu les honneurs du peuple sicilien. De son côté, Constance était partagée entre la joie de voir son fils couronné roi de Sicile et le sentiment de vivre dans le péché en restant sur l'île, contre la volonté du pape. Cependant, en , le pape Boniface VIII ordonne à Constance, Yolande et aux Clarisses de quitter sans délai le monastère de Sainte-Claire en Sicile. De plus, le pape annula le couronnement de Frédéric et l'obligea à se soumettre à l'autorité de l'Église avant le , sous peine d'excommunication.
Les monastères En 1265, sans doute pour rendre grâce à Dieu pour la naissance de son premier-né, Constance de Hohenstaufen fonda un monastère de Clarisses à Huesca, en Espagne, dans la ville que Pierre III lui avait offerte en cadeau de mariage. À plus de quarante ans, la reine entame un nouveau chapitre de sa vie. La mort de son fils aîné, Alphonse III, qu'elle aimait profondément, emporté avant d'atteindre ses vingt-sept ans et qu'elle n'avait pas revu depuis huit ans, depuis leur dernier adieu avant son départ pour la Sicile, l'a conduite à se retirer progressivement du monde.
Constance entreprit un profond cheminement spirituel qui la conduisit à renoncer à son statut de reine pour adopter la vie monastique. Dans un document daté de , le cardinal Matteo Rosso Orsini, recteur de l'hôpital romain de S. Spirito in Sassia et protecteur des franciscains, lui accorda un confesseur pour l'absoudre de ses péchés, bien que la Sicile fût alors sous interdite. L'étape finale de son parcours spirituel fut la fondation d’un monastère à Messine, en Sicile, probablement en 1294, sous le pontificat de Célestin V (pape du au ).
Constance n'a plus l'énergie qui l'animait quelques années auparavant, lorsqu'elle avait quitté la péninsule Ibérique, portée par l'espoir d'un avenir radieux en tant que reine de Sicile, et qu'elle avait retrouvé les souvenirs de son père à travers les récits de ceux qui l'avaient connue et aimée. Désormais, elle est une femme d'une cinquantaine d'années, marquée par la perte de deux enfants décédés en bas âge. De plus, son fils le plus proche, Frédéric, persiste dans son affrontement avec le pape, tandis que son frère Jacques II est prêt à tout pour préserver la Sicile. Menacée par Boniface VIII, qui la prévient qu’elle ne pourra plus assister à la messe si elle demeure dans cette île en rébellion, elle se retrouve en proie à de profonds tourments intérieurs.