Chronologie du Front de libération du Québec, de la fondation du FLQ au début des années 1960 au dernier felquiste de retour d'exil au début des années 1980. Sommaire :
1962 Le , Jacques Giroux, futur membre du Premier réseau, écrit a la peinture « Je suis séparatiste. » sur le monument de Sir John A. Macdonald au square Dominion à Montréal. Le , fondation du Comité de libération nationale par Jacques Désormauxcofondateur, ex-responsable du secrétariat et ex-président pour Montréal du RIN. Il militera ensuite dans le FLQ, Jacques Lucques, alias Jacques LatourUn des responsables des relations internationales du RIN d'origine franco-chilienne., Robert Aubinex-secrétaire de la section universitaire du RIN (provisoirement suspendu en 1962 pour ses idées marxistes) et Philippe Bernard. En , fondation du Réseau de résistance par du Rassemblement pour l'indépendance nationale (R.I.N.) lors d'une réunion au domicile du nouveau président de l'exécutif régional de Montréal Rodrigue Guité. Le dimanche suivant la première réunion, des membres du Réseau de résistance peinture des Québec libre sur des affiches unilingues anglaises et jettes à la poubelle plusieurs Red Ensign et drapeau du Royaume-Uni à Saint-Sauveur.
1963 Février Le , un cocktail Molotov est jeté dans une fenêtre du poste de radio de langue anglaise CKGM de Montréal. Le Réseau de résistance revendique l'attentat. Fin , fondation du Front de libération du Québec (FLQ) par Gabriel Hudon, Georges Schoeters et Raymond Villeneuve, qui se sont connus par l'intermédiaire du Réseau de résistance.
Mars Nuit du au , trois casernes militaires situées à Montréal et Westmount sont attaquées simultanément à la bombes incendiaires. Le Royal Montreal Regiment à Westmount, le Manège militaire des Victoria Rifles dans le centre de la ville, et le Bataillon de Châteauguay du régiment des Fusiliers Mont-Royal, dans Côte-des-Neiges. Mi-, premier vol de dynamite sur un chantier de construction du métro de Montréal suivie d'un autre sur l'emplacement de la future station Laurier.
Avril Le , explosion à l'édifice de l'Impôt fédéral, à la gare centrale de Montréal et sur une voie ferrée appartenant au CN. L'attentat sur cette voie ferrée est découvert avant le passage du train transportant à son bord le premier ministre du Canada John Diefenbaker. Le , sont posés au pied la tour de transmission de Radio-Canada située sur le mont Royal. Une défectuosité technique empêche l'explosion. Le , opération conjointe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la police de Montréal. Des dizaines de perquisitions sont effectuées contre des militants indépendantistes. Une vingtaine de personnes sont arrêtées, détenus et interrogées dont Raoul Roy, Édouard Cloutier et Jacques Lucques. L'événement est surnommé la « razzia du Vendredi saint ». Le , publication du premier manifeste du FLQ, intitulé Message du FLQ à la Nation. Le , le Rassemblement pour l'indépendance nationale et l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec (dont plusieurs membres ont été arrêtés le 12) manifestent devant le quartier général de la Gendarmerie royale du Canada à Westmount. La police charge la foule, il y a des blessés. Nuit du au , une bombe explose contre un mur du quartier général de la gendarmerie royale du Canada à Westmount. La Nuit du au , Wilfred O'Neil, gardien de nuit au Centre de recrutement de l'Armée canadienne à Montréal est tué par l'explosion d'une bombeSerge Gaudreau. « 21 avril 1963 - Explosion d'une bombe à Montréal », Bilan du Siècle, consulté le 22 mai 2009.
Mai Le , une bombe explose à l'édifice des anciens combattants de la Légion royale canadienne à Saint-Jean-sur-Richelieu. Une autre est trouvée et désamorcée au bureau central des postes à Montréal. Une bombe, qui n'est pas amorcée, est déposée, a l'initiative de François Mario Bachand, au siège social de l'entreprise d'exploitation minière Solbec Copper. Le , la ville de Montréal offre à quiconque fournira des renseignements menant à la capture de felquistes. La Nuit du au , une charge de dynamite explose contre un mur de la caserne du régiment des BlackWatch à Montréal. Le , une bombe explose à l'Unité des services techniques de l'Aviation royale canadienne située à Mont-Royal. Le , un engin explosif saute à proximité des réservoirs de la raffinerie Golden Eagle situés à Pointe-aux-Trembles. La Nuit du au , le FLQ place dix bombes, de quatre bâtons de dynamite, dans dix boîtes aux lettres résidentielles du quartier huppé de Westmount. Cinq des dix bombes explosent vers 3h00. Walter Leja, sergent-major de l'Armée canadienne perd un bras en essayant de désamorcer un des engins explosifs. Le , le gouvernement du Québec offre à quiconque sera en mesure de fournir des renseignements menant à la capture de membres du FLQ. Le , jour de célébration du Victoria Day, 75 bâtons de dynamite explosent contre un mur de la salle d'armes du des services techniques de l'Armée canadienne à Montréal (surnommé « opération Chénier » en l'honneur de Jean-Olivier Chénier).
Juin Le , huit principaux leader du FLQ se réunissent à l'appartement de , le responsable de la propagande, afin de discuter réorganisation et expansion. On planifie la création d'un comité central et de diviser le mouvement en deux sections : une section politique, le FLQ, et une section militaire, l'Armée de libération du Québec (ALQ). Un participant à la réunion, Jean-Jacques Lanciault, travaille pour la police et touchera la prime de de la ville de Montréal pour sa dénonciation. Grâce aux informations de Jean-Jacques Lanciault, les forces policières arrêtent Gabriel Hudon, Raymond Villeneuve, Georges Schoeters, Jeanne Pépin-Schœters, , Jacques Giroux, François Gagnon, Pierre Schneider, François Mario Bachand, Gilles Pruneau, Roger Tétreault, André Garand, Richard Bizier, Eugénio Pilote, Yves Labonté, François Giroux, Alain Gabriel, Alain Brouillard, Claude Savoie, Jean Cloutier, Alain Brunelle, Réjean Lachapelle, Michel Massicotte, début juin et démantèlent le premier réseau du FLQ. Le xx juin, Bernard Smith, Jean-Marc Léger, Pierre de Bellefeuille, André Morel, Marcel Rioux, Michel Chartrand, Jean-Victor Dufresne, Réginald Boisvert, Marcel Dubé et René Chaloult fondent le Comité Chénier, un comité d'aide aux felquistes détenus. Le , les détenus comparaissent à l'enquête du coroner sur la mort de Wilfred O'Neil et 21 d'entre eux sont tenus criminellement responsables de sa mort.
Juillet-août En , Jean Lasalle, Jean Gagnon, Jules Duchastel, André Wattier et Robert Hudon mettent sur pied l'Armée de libération du Québec (ALQ). Le , explosion d'une charge de dynamite au monument de la reine Victoria à Québec. Le , une bombe explose sous le pont ferroviaire du Canadien Pacifique près de Kahnawake. Le , vol de 700 bâtons de dynamites au chantier de construction de l'autoroute 15, près de Saint-Sauveur. Le , Jacques Lanctôt, Guy De Grasse et Richard Bros sont arrêtés pour avoir allumés des incendies sur les sites de deux casernes militaires de Montréal, à l'édifice de la Légion canadienne à Laval-Ouest et dans un abri des Chemins de fer nationaux à l'île Bigras.
Septembre à décembre Le , cinq membres de l'Armée de libération du Québec effectuent un vol à main armée dans une succursale de la Banque royale du Canada et partent avec . Jules Duchastel et Claude Soulières sont arrêtées. En , parution du premier numéro de La Cognée, l'organe officiel du FLQ(66 numéros paraîtront de 1963 à 1967). Le , Gabriel Hudon, Raymond Villeneuve, Jacques Giroux et Yves Labonté plaident coupables d'homicide involontaire. Le , deux bombes sont découvertes et désamorcées dans des bureaux de poste à Longueuil et à Saint-Lambert. Le , François Mario Bachand, Roger Tétreault et Pierre Schneider sont arrêtés près de Boston par le FBI alors qu'il tentait de se rendre à Cuba en passant par New York et le Mexique. Nuit du au , l'Armée de libération du Québec opère un vol d'un émetteur d'une demi-tonne et d'équipement de radiodiffusion à la station CHEF de Granby.
1964
En , hold-up de dans un établissement militaire. Le , entre et , l'Opération Casernes de l'Armée de libération du Québec résulte en un important vol d'armes et d'équipement à la caserne du régiment des Fusiliers Mont-Royal à Montréal. Le butin semi-automatiques belges FN 7,62, , , 4 mortiers , 3 lance-roquettes anti-chars bazooka, des grenades, 5 pistolets automatiques Browning, calibre 22, 2000 calibre 7,62 et de calibre 303, en plus de 15 émetteurs-récepteurs, deux téléphones portatifs, des lampes-têtes, du fil électrique, une polycopieuse du fabricant Gestetner, des couvertures, etc vaut environ . Le , des gardes militaires sont postés devant toutes les casernes de la région métropolitaine 24 heures sur 24. Le , l'arsenal du 91 Escadron du Royal Canadian Engineers à Rouyn-Noranda reçoit la visite de felquistes qui s’emparent de quatre fusils-mitrailleurs, de cinq mitraillettes et de quarante rondes de munitions. Trois jeunes gens, sans liens avec l'ALQ sont rapidement appréhendés. Miche Dumont, , écope de trois ans de prison et ses deux camarades, âgés de , d'un sursis de sentence de deux ans. Le , de à , l'Armée de libération du Québec vole des armes et de l'équipement33 fusils-mitrailleurs FN 7,62, des pistolets, des balles en quantité, 12 émetteurs-récepteurs, une polycopieuse, des uniformes de combat et des casques bleus de l'ONU à la caserne du Régiment d'artillerie de campagne à Shawinigan pour une valeur de plus de . Le , des membres de l'ALQ cambriolent une caisse populaire Desjardins à Shawinigan et repartent avec . Le , une bombe composée de , enveloppée dans l'Union Jack britannique, est désamorcée sur les plaines d'Abraham. Le , un incendie criminel occasionne des dommages de à l'arrière de la résidence du capitaine Henri Francoeur, assistant de l'inspecteur Russell Senécal de la Combined Antiterrorist Squad (CATS). Le , La Cognée sort une édition qui fait le point sur les activités du F.L.Q.-A.L.Q. « Les structures du Mouvement s'améliorent. Nous avons déjà quelques armes et du matériel. Bientôt, nous serons en mesure de diffuser des émissions clandestines à la radio et à la télévision. Nous nous sommes infiltrés partout, y compris à la Canadian Army et à la RCMP. ». Le , la police arrête, interroge et relâche faute de preuve Jacques Désormeaux ainsi que les frères André et Roger Normand. Jean Goulet, membres fondateurs du RIN, subit un interrogatoire. Une petite cellule étudiante composée de Jean CloutierArrêté et relâché sans accusations durant la vague d’arrestation de juin 1963, Louis-Philippe Aubert et Bernard Mataigne, tous membres du Parti socialiste, est capturée. Une dizaine de bâtons de dynamite, des détonateurs et des exemplaires de La Cognée sont trouvés dans leur appartement. Fin , l'Armée de libération du Québec procède à deux hold-up de financement ; dans une Caisse populaire de l'est de Montréal () et à la Banque Provinciale de Rosemère (). Le , à la suite d'un hold-up de à la mitraillette dans une succursale de la Banque nationale située à Mont-Rolland, la police capture Jean Lasalle, Jean Gagnon et René Dion de l'Armée de libération du Québec. Le , un convoi des chemins de fer nationaux est immobilisé à Sainte-Madeleine, près de Saint-Hyacinthe car la voie ferrée a été dynamitée. Le même jour, une bombe est déposée près du manège militaire de la rue Craig dans le Vieux-Montréal, malgré la surveillance des casernes par l'Armée. Le , de la reine Élisabeth II, une bombe composée de est trouvée et désamorcée au monument de la reine Victoria situé sur le campus de l'université McGill. Le week-end du et , les membres de la cellule responsable du dynamitage de la voie ferrée à Sainte-Madeleine sont arrêtés au lendemain d'un vol de sur un chantier de construction du métro de Montréal.