Albert Rivaud, né le à Nice (Alpes-Maritimes) et mort le à Bourges (Cher), est un professeur de philosophie et homme politique français, ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Pétain, du au .

Biographie

Études et vie privée Albert Georges Emmanuel Rivaud naît le à Nice. Son père, Georges Rivaud (né en 1844) a été sous-préfet dans les Pyrénées (Hautes-Pyrénées puis Pyrénées-Orientales), de la Charente, du Calvados, et, enfin, du Rhône. Son grand-père paternel est chef de division à la préfecture de la Vienne.

Il suit ses études secondaires dans plusieurs lycées : de celui d'Angoulême, il passe à celui de Caen, de Nantes, et enfin de Lyon. Il obtient une licence de lettres en 1895 à l'université de Lyon, puis une licence de droit en 1896, et une licence de sciences en 1897.

Il est reçu premier à l'agrégation de philosophie (1900).. Il obtient ensuite un doctorat ès lettres en 1906.

Il se marie avec Gabrielle Solange Barilleau, fille du professeur de droit de l'université de Poitiers, Charles Barilleau. Ils n'ont pas d'enfant.

Parcours professoral Il commence sa carrière professorale comme professeur de philosophie au lycée de Laval en 1900. Il postule et obtient un poste de maître de conférences à la faculté de lettres de l'université de Rennes en 1902, puis de l’université de Poitiers en 1907. Il enseigne à l'École de guerre, où Philippe Pétain est l'un de ses étudiants.

Parallèlement à ces années d'enseignement, il signe de nombreuses éditions des philosophes classiques, particulièrement de Platon. En 1927 il succède à Léon Brunschvicg à la chaire de philosophie de la Sorbonne.

Durant l'entre-deux-guerres, il donne des cours à l'École libre des sciences politiques (à partir de 1920), où il prend la suite de Lucien Lévy-Bruhl. Il devient membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1939. Il publie de nombreux articles dans le quotidien Le Journal des débats, dans La Revue des deux mondes, et dans l'hebdomadaire financier Le Capital. Il collabore activement au Cercle Fustel de Coulanges contre l'école publique et son idéologie républicaine. Il y collabore jusqu'à sa mort.

Parcours politique Il est connu avant-guerre pour ses études sur l'Allemagne, qu'il perçoit très tôt comme un pays instable et menaçant pour la France. Il préconise alors un redressement et l'alliance franco-anglaise pour faire face aux AllemandsLe Journal des débats, 11 mai 1938, Ibid., 10 février 1938, A. Rivaud, "Nouvelle révolution allemande", Ibid. A. Rivaud, 25 février 1938, "L'armée allemande et la politique", Ibid., 23 mars 1938, "Un exposé de M. Albert Rivaud sur la politique extérieure de l'Allemagne", Ibid. 8 juillet 1938, A. Rivaud, "Logique des événements", Ibid., 12 novembre 1938, "Au cercle Fustel de Coulanges", Ibid., 16 février 1939, A. Rivaud, "L'avenir de la révolution allemande", Ibid., avril 1939, A. Rivaud, "La surprise comme méthode politique", Ibid., A. Rivaud, 3 mai 1939, "La diplomatie nouvelle", etc. Comme les maurrassiens, il accuse les "politiciens" français, qu'il ne goûte guère, d'avoir été incapables de prévoir la "renaissance allemande" et d'agir face à la menace venue d'outre-Rhin. Un compte-rendu de son livre, Le relèvement de l'Allemagne, dans une revue de gauche est très sévère pour son livre : . Rivaud est accusé de nazisme, or il dénonce à longueur d'articles le pangermanisme allemand et méprise les nazis, trop plébéiens à son goût (La Revue des deux mondes, A. Rivaud, « L'âme du nazi », mars 1940)..

Il accepte la charge de ministre de l'Éducation nationale après la défaite de 1940. Il prend son poste le , à la suite de la nomination de Philippe Pétain à la présidence du Conseil par Albert Lebrun. Il évoque une réforme scolaire, qui est la suite de ses prises de position au cercle Fustel de CoulangesJournal des débats, 7 juillet 1940, "La réforme scolaire". Cf. sa préface très pétainiste en décembre 1940 du n° 2 des Cahiers de politique nationale: citée dans Le Maréchal (revue de l'ADMP, qui rassemble les nostalgiques de Pétain), n° 209, 2003. Il est toutefois exclu du gouvernement dès le , à la demande des NazisD'après ; L'Écho d'Alger, 14 juillet 1940..

Il est démis de toutes ses fonctions officielles à la Libération fin 1944, mais en 1946, la Haute cour lui accorde un non-lieu et en 1947 le relève de l'indignité nationale D'après la biographie sur le site de l'INRP.Le Monde, 24 janvier 1947.. Son non-lieu est dû à son rôle dans la formation d'officiers de renseignement dans le but de reconstituer une armée française de libération nationale durant la guerre.

En 1944 l'historien et résistant Marc Bloch l'attaque dans un article de la revue clandestine Les Cahiers politiques à propos d'un de ses articles paru en 1943 dans la Revue universelle sur l'enseignement de la philosophieChap. 4 : « Un philosophe de bonne compagnie »: il l'accuse d'être un , ce qui renvoie effectivement à ses prises de position élitistes au Cercle Fustel de Coulanges et souligne son antisémitisme : il ..

Il continue à s'exprimer dans La Revue des deux mondes, fief de la droite académique. Il milite pour la libération de Charles MaurrasLe 10 décembre 1949, il est l'un des orateurs à un meeting organisé par Pierre Boutang pour réclamer sa libération, aux côtés d'intellectuels côtoyés au cercle Fustel de Coulanges comme Daniel Halévy ou Henri Massis: cf. Guillaume Gros, Philippe Ariès : un traditionaliste non-conformiste ; de l'Action française à l'École des hautes études en sciences sociales, 1914-1984, Presses universitaires du Septentrion, 2008, p. 106. et est membre en 1955-56 du comité du centenaire du maréchal Pétain, mis en place par l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain.

Il meurt le à Bourges..

Écrits

Études platoniciennes, J. Gamber, 26 pages, 1928

L'obsession de la guerre en Allemagne, S. A. P. E., 62 pages, 1933, Les Cahiers du Redressement Français, n° 10. L'Éducation et l'idée de patrie. Préface d'Abel Bonnard, Études de H. Carteron, Olivier Pozzo di Borgo, A. Rivaud, H. Boegner, S. Jeanneret, Librairie de l'Arc, 1936. , prix Antoine-Girard de l'Académie française. La France De L'Esprit, Broché – 1943, écrits d'Albert Rivaud, Gustave Thibon, Daniel Halévy, Marcel Arland, Charles Maurras.

Préfaces Le Maréchal Pétain. L'Éducation nationale : Avec une introduction sur L'esprit d'une éducation nouvelle par M. Albert Rivaud, Avant-propos par Gabriel Louis-Jaray, - 1941 Albert Ehm, Éducation et culture : Problèmes actuels. Préface de M. Albert Rivaud – 1942 Henry Lémery, De la paix de Briand à la guerre de Hitler, Préface de M. Albert Rivaud – 1949

Notes et références

Annexes Liens externes

Ouvrages en ligne de Rivaud

Bibliographie Christophe Charle, Les professeurs de la faculté des lettres de Paris. Dictionnaire biographique 1909-1939. – Paris : INRP / CNRS, 1986, 215 p. ; . / Yvert (B.), dir. – Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989. – Paris : Perrin, 1990, 1028 p., . / Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, Paris, Albin Michel, 2001.

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