de Porhoët, également appelé Éon ou Eudes de Porhoët, est né au début du et est mort vers 1180Frédéric Morvan Les Chevaliers bretons. Entre Plantagenets et Capétiens du milieu du au milieu du , COOP Breizh, 2014, . « Généalogie des Porhoët » 282 . Il est le fils de Geoffroi, vicomte de Porhoët, et de son épouse Hadvise. L'ancienne vicomté du Porhoët est situé au centre de la Bretagne dans la région de Pontivy-Josselin-Ploërmel et de La Trinité-Porhoët.

Vicomte de Porhoët

Eudon en 1130 il apparaît sous le nom de « Eudone filio Goffredi », succède à son père Geoffroi de Porhoët (Gaufredus vicecomes filius Eudonis) vers 1130 lorsque ce dernier prend l'habit monastique et donne aux moines de Saint-Martin de Josselin sa part de dîmes de la paroisse de Guillac Louis Rosenzweig Cartulaire du Morbihan Librairie Lafolye, Vannes, 1895, acte 136 . Il avait un frère cadet Étienne qui se nomme lui-même « Stephanus de Castro Gosceline ». Vers 1147, il épouse Berthe de Bretagne veuve d'Alain le Noir Comte de Richmond.

Comte de Bretagne

Second époux de sa fille Berthe et donc gendre du duc de Bretagne qui a déshérité son fils unique Hoël, il reçoit de celui-ci le tutorat de son petit-fils, .

Un conflit de plusieurs années l'oppose à partir de 1148/1149 à , qui, vaincu le près de Rezé, doit se cantonner dans le comté de Nantes qu'il contrôlait. Pendant six années Eudon, maître du Porhoët une des plus vastes seigneuries de Bretagne qui a reçu de , à titre viager, des domaines dans le Vannetais et en Cornouaille, administre aussi les biens laissés par Alain le Noir et étend l'autorité ducale jusque dans le nord de la péninsuleAndré Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale . Ouest-France Université Rennes (1987) 85. Il ne veut pas restituer le trône ducal à Conan son titulaire désigné qui est devenu majeur ce qui rend un conflit inévitable.

En 1154, s'allie à son oncle Hoël, mais il est battu par son tuteur, le jeune duc doit se réfugier en Angleterre auprès d' qui lui confirme la possession de l'Honneur de Richmond qu'il a hérité de son père. Cet honneur consistait en un ensemble de terres et de revenus dans le Yorkshire. Conan reçoit aussi une aide militaire anglaise qui lui permet de revenir en Bretagne et de rallier plusieurs féodaux et d'enlever à son adversaire ses principales positions. Après avoir été brièvement prisonnier Eudon renonce à la lutte et se réfugie hors de Bretagne et se met au service de .

est proclamé duc en 1156, mais cette même année, les Nantais chassent son oncle Hoël et choisissent pour comte le frère cadet d', Geoffroy Plantagenêt, déjà comte du Maine et d'Anjou depuis 1156. Le comté de Nantes sort du duché. À la mort de Geoffroy, en 1158, croit pouvoir reprendre le Nantais, mais doit se soumettre à et le lui restituer.

Révoltes

L'occupation par d'Angleterre du donjon de Dol-de-Bretagne après la mort de de Dol, seigneur de Combourg, en 1162, est l'occasion, en 1163, d'une vaste révolte féodale menée par , Eudon de Porhoët revenu en Bretagne, et . Les barons commencent les hostilités au début de l' et, malgré la prise de Combourg par Richard du Hommet, connétable de Normandie, pour le compte d', ils lui interdisent de progresser en Bretagne. arrive alors sur le continent. de Fougères, vaincu, voit le donjon de son château rasé en 1166André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre 88. abdique la même année et est reconnu gardien du duché par les barons, en attendant que son fils , fiancé à Constance de Bretagne, la fille de , atteigne la majorité.

Au mois d', après avoir négocié une trêve avec le roi de France, d'Angleterre attaque , devenu le nouveau beau-père d'Eudon. La campagne est rapide et brutale, et se soumet. Eudon cesse aussi le combat et donne Alix de Porhoët, une fille née de la duchesse Berthe de Bretagne, comme otage au roi anglaisStéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du Presses Universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor, Rennes, 2010 , 141.

Eudon, qui conservait sans doute à titre viager l'autorité sur des domaines situés dans le comté de Vannes et en Cornouaille, s'allie au seigneur de Dinan Roland et à plusieurs autres féodaux du centre de la Bretagne pour reprendre la lutte. Dans les premiers mois de 1168, mène une grande chevauchée et s'attaque au domaine patrimonial d'Eudon. Le château de Josselin est pris et détruit, avant qu'il ne s'empare de Vannes et du château d'Auray, et qu’il lui enlève également la moitié de Cornouaille qu'il contrôlait Stéphane Morin . Il se retourne ensuite contre Roland de Dinan-Bécherel, ravage les bords de la Rance, assiège le château de Léhon, investit Hédé, détruit celui de Tinténiac, et de là, il s'empare de Bécherel, le château le plus puissant de RolandAndré Chédeville et Noël-Yves Tonnerre 89.

Le , Henri le Jeune, fils aîné d', prête serment au roi de France pour l'Anjou et la Bretagne. Quant à Geoffroy, sur l'ordre de son père, il prête serment à son frère aîné pour la Bretagne. Il vient alors en Bretagne et reçoit la soumission des barons en présence des évêques de Rennes et de Saint-Malo. En 1171, après la mort de , intègre la totalité de la Bretagne, le comté d'Ipswich et l'Honneur de Richmond dans son domaine Stéphane Morin . pénètre une nouvelle fois en Bretagne. Eudon de Porhoët, qui tente de résister, est battu par les mercenaires brabançons du roi d'Angleterre, sa cité de Josselin est de nouveau brûlée, et Combourg et Dol-de-Bretagne prises. Eudon de Porhoët est une nouvelle fois chassé de BretagneAndré Chédeville et Noël-Yves Tonnerre 91.

En 1173, une nouvelle révolte éclate, menée par de Fougères. Eudon s'y associe, prend la cité ducale de Ploërmel et recouvre son patrimoine du Broërec et de CornouailleStéphane Morin 147 . Réfugié de nouveau en France après la prise de Dol par en et la soumission de de Fougères, il met à profit la révolte de 1173-1174 d'Henri le Jeune contre son père pour revenir en Bretagne et reprendre ses domaines. En 1175, entreprend de soumettre le duché à son autorité et Eudon fut sans doute encore privé de son apanage, mais il disparaît des sources à cette époqueArthur de La Borderie Histoire de Bretagne: Tome troisième. Réédition Joseph Floch Imprimeur Éditeur à Mayenne (1975), « Eudon de Porhoët et ducs de Bretagne» 279..

Fondations religieuses Eudon de Porhoët est comme ses contemporains un bienfaiteur de l'Église. Il est à l'origine de la fondation de l'Abbaye Notre-Dame de Lanthénac dans le diocèse de Saint-Brieuc en 1150Les Abbayes Bretonnes, ouvrage collectif publié par la Biennale des Abbayes Bretonnes B.A.B & Fayard 246

Unions et postérité

De son union en 1147 avec Berthe de Bretagne († vers 1158-1164), fille de seraient nésFrédéric Morvan Les Chevaliers bretons. Entre Plantagenets et Capétiens du milieu du au milieu du , éditions Coop Breizh, Spézet, 2014 , « Généalogie des Porhoët » 282 : Geoffroi de Porhoët († après 1155) ; Adélaïde, ou Alix, dite de Bretagne († ), abbesse de Fontevrault.

Eudon et sa seconde épouse Jeanne/Aliénor (?) fille d'André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale . Ouest-France Université Rennes (1987) 164 ou de son fils Patrick Kernévez, André-Yves Bourgès Généalogie des vicomtes de Léon (, ). Bulletin de la Société archéologique du Finistère, , 2007 ont quatre enfants : de Porhoët (vers 1165 † 1234) qui prend le titre de « Eudo filius Comitis » c'est-à-dire « Eudon fils du Comte » ; Henri/Hervé de Porhoët attesté en 1184 ; Éléonore († un après 1243) épouse de Conan fils d' ; Alice épouse Mauvoisin, seigneur de Rosny.

Ascendance

Articles connexes

Notes et références

Source partielle André Chédeville et Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale . Ouest-France Université Rennes (1987) . Étienne Gasche, Petite histoire des Rois et Ducs de Bretagne, éditions Yoran Embanner, 2006, . Réédition : Mayenne, Joseph Floch, 1975, « Eudon de Porhoët et ducs de Bretagne» 269-273. Frédéric Morvan Les Chevaliers bretons. Entre Plantagenets et Capétiens du milieu du au milieu du , COOP Breizh, 2014, .

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