Jonas Kaufmann est un ténor allemand né le à Munich.

Reconnu à ses débuts pour ses interprétations mozartiennes, ses rôles chez le jeune Verdi ou dans le répertoire de l'opéra français, il se distingue simultanément par son art du Lied. Son évolution vocale l'a ensuite conduit vers le répertoire lirico-spinto italien des XIX et XX siècles, tout en s'affirmant comme l'un des principaux Heldentenor wagnériens de sa génération. Parallèlement à la scène lyrique, il s'illustre dans l'opérette des années 1920-1930, la chanson populaire italienne ainsi que la musique de film.

Il se produit sur toutes les scènes d'opéra et les salles de concert en Europe mais aussi aux États-Unis, en Amérique latine en Chine, au Japon, en Australie.

Biographie Débuts Jonas Kaufmann est né à Munich en 1969 dans une famille de musiciens amateurs. Il prend des leçons de piano et chante avec la chorale de son école.

Il démarre ses études supérieures en étudiant les mathématiques, tout en intégrant la . Il en est diplômé comme chanteur de concert et d'opéra en 1994. Il participe également aux master-classes de James King, Hans Hotter et Josef Metternich.

En 1994, il est engagé comme ténor soliste dans la troupe du Théâtre national de la Sarre et expérimente toute sorte de rôles différents de Gonzalve (l'Heure espagnole, 1994) à Nemorino (Elisir d'amore, 1995), en langue allemande, en passant par de nombreux rôles d'opérettes, avant de donner un nouveau cours à sa carrière au bout de deux ans après avoir pris des cours auprès de Michael Rhodes, il devient soliste indépendant.

Dès ses débuts il a la chance de travailler avec de grands metteurs en scène tels que Martin Kušej pour sa prise de rôle en Jacquino dans Fidelio en 1998 à l'Opéra de Stuttgart, puis Olivier Py pour La Damnation de Faust en 2002, à Genève, où la mise en scène est très controversée mais où Jonas Kaufmann s'impose. note le journal suisse Le Temps qui en rend compte. Il travaille également ce Faust de la Damnation de Faust de Berlioz avec le chef d'orchestre Antonio Pappano, alors directeur musical du théâtre de la Monnaie à Bruxelles aux côtés de Suzanne Graham et de José van Dam dans une production de Roland Aeschlimann, captée par Pierre Barré en 2002. Encore jeune ténor, Jonas Kaufmann multiplie les rôles, se produisant parfois dans des opéras rares comme Die drei Wünsche de Carl Loewe (1996), Ekkehard de Johann Joseph Abert (1999), Der Vampyr de Marschner où il tient le rôle d'Aubry (1999), Die Jakobsleiter de Arnold Schönberg (2003), qui bénéficient d'un enregistrement, parfois avec des grands chefs d'orchestre comme John Eliot Gardiner pour un enregistrement de lObéron de Weber (2005)., ou Amin Jordan pour Die Königskinder de Humperdinck (2005).

Il interprète tour à tour de nombreux rôles mozartiens, Tamino dans la Flûte enchantée, Don Ottavo dans Don Giovanni, Ferrando dans Cosi Fan Tutte, Tito dans La clemenza di Tito, Belmonte dans Die Entführung aus dem Serail, le rôle-titre dans Idoménéo. Il se réfère souvent dans les entretiens à son Ferrando dans le Cosi Fan Tutte mis en scène par Giorgio Strehler au Piccolo Teatro de Milan en 1998, le metteur en scène lui ayant fait confiance, après l'avoir trouvé « trop vieux » pour le rôle et lui ayant appris à se tenir sur scène.

Au début des années 2000, Jonas Kaufmann est engagé par l'Opéra de Zurich. Il y chante de nombreux rôles de premier plan, étant l'un des ténors solistes de la maison, comme le duc de Mantoue dans Rigoletto, Rodolfo dans la Bohème de Puccini, ou encore le Faust de Charles Gounod en 2004 et le plus rare, Nina O Sia La Pazza Per Amore de Paisiello en 2002 avec Cecilia Bartoli, Florestan dans Fidelio de Beethoven en 2004 sous la direction de Nikolaus Harnoncourt et aux côtés de la Leonora de Camilla Nylund, et le Fils du Roi dans Les Enfants du roi (Königskinder) d'Humperdinck en 2010.

Ascension internationale C'est son succès au Met dans La Traviata en 2006, avec Angela Gheorghiu, qui est le moteur de son accession à un rang mondial. souligne par exemple l'article du New York Times et les engagements internationaux se multiplient alors. Jonas Kaufmann lui-même date de cette Traviata au Met son ascension en tant que star internationale : confie-t-il au Devoir lors d'un entretien en 2014.

Il interprète plusieurs rôles sur toutes les places internationales dont Don José dans Carmen (Bizet), d'abord à Londres puis à la Scala de Milan en 2009 pour l'ouverture de la saison. En 2010, sa prise de rôle en Werther à Paris est saluée par la critique, spécialement au sein du public français, qui l'avait assez peu remarqué jusque-là et sa performance de la saison 2010 à Paris avec Sophie Koch fait date.

La même année 2010, il est Florestan dans la nouvelle production de Fidelio, mise en scène par Calixto Bieito aux côtés d'Anja Kampe, souvent reprise à l'Opéra de Munich par la suite, et en particulier en 2019 avec les mêmes interprètes, sous la direction du directeur musical Kiril Petrenko.

Jonas Kaufmann ouvre à nouveau la saison de la Scala en avec Lohengrin dirigé par Daniel Barenboïm, et fête l'année Wagner avec Parsifal au Met. Il aborde d'ailleurs Lohengrin dès 2009 à l'Opéra de Munich puis en 2010 au festival de Bayreuth où il fait ses débuts

Pendant l'année 2013, il ajoute à son répertoire trois des rôles verdiens plus spinto marquant l'évolution de sa voix : Don Carlos à l'opéra de Munich, au Royal Opera House de Londres puis à Salzbourg lors du festival de l'été 2013, Manrico dans Il Trovatore dans une mise en scène d'Olivier Py et Alvaro dans La Forza del destino à l'Opéra de Munich dans une mise en scène de Martin Kuzej. Ces trois séries de représentations le voient associé à la soprano Anja Harteros.

Durant l'année 2014, Jonas Kaufmann aborde un nouveau rôle, celui de Des Grieux dans Manon Lescaut à Londres sous la direction d'Antonio Pappano, avec Kristine Opolais dans le rôle-titre. Le couple se formera à nouveau en novembre 2015 cette fois sous la baguette d'Alain Altinoglu à l'Opéra de Munich. Entretemps c'est à l'Opéra de Vienne et avec Nina Stemme, que Kaufmann devient le bandit au grand coeur de la Fanciulla del West de Puccini.

En 2015, Jonas Kaufmann commence par son premier Andrea Chénier (Giordano) au Royal Opéra House en janvier, puis il interprète Aida, à l'Académie Santa-Cecilia de Rome en version concertante, sous la direction d'Antonio Pappano, avec Anja Harteros, mais aussi avec Ludovic Tézier, Erwin Schrott et Ekaterina Semenchuk, Le CD sort chez Warner Classics en et se voit salué. Puis il interprète un double rôle (Cavalleria rusticana et Pagliacci) avant de se lancer dans une tournée Opérettes, où il rend hommage aux grands compositeurs et interprètes d'opérettes autrichiennes et allemandes, de Vienne à Berlin, de l'entre-deux-guerres.

Il réalise sa première tournée au Japon et en Corée puis donne un concert Puccini à La Scala de Milan, où il aborde son premier Nessun dorma. Il participe aux Chorégies d'Orange avec son Don José dans Carmen, avant d'aborder une nouvelle mise en scène (de son ami Claus Guth) pour Fidelio au festival d'été 2015 de Salzbourg.

Richard Wagner n'est pas en reste dans les interprétations du ténor, qui aborde Siegmund au Met dans La Walkyrie en 2011 dont il sortira un coffret DVD du cycle mis en scène par Robert Lepage, rôle qu'il reprendra à Munich durant le festival d'été de 2018, au cours d'un cycle complet du Ring et Walter des Maîtres Chanteurs de Nuremberg à l'Opéra de Munich sous la baguette de Kiril Petrenko en 2016.

L'Opéra de Paris sous la direction de Stéphane Lissner lui offre deux rôles importants, une nouvelle Damnation de Faust en décembre 2015 sous la direction de Philippe Jordan, dont la mise en scène de Alvis Hermanis est huée dès le premier soir et une prise de rôle dans Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach à laquelle il doit finalement renoncer, il s'adresse au public par un message où il explique sa situation et ses regrets. En effet un hématome sur les cordes vocales le conduit à annuler nombre de ses engagements de à . Après avoir plusieurs fois annoncé son retour Jonas Kaufmann remonte sur scène en , à l'Opéra de Paris, dans le rôle-titre de Lohengrin.

Otello et Tristan Jonas Kaufmann participe ensuite à la nouvelle mise en scène de Warlikowski, toujours à l'Opéra de Paris, pour un Don Carlos, version française de l'opéra de Verdi, avec Sonya Yoncheva, Ildar Abdrazakov, Elina Garanča et Ludovic Tézier. Fêté alors sur toutes les scènes, Jonas Kaufmann s'exprime ainsi sur son propre art dans un portrait-interview réalisé à cette occasion par le journal Les Échos :

Il aborde enfin le rôle très attendu d'''Otello, souvent considéré comme l'Everest des ténors, à Londres en juin 2017 sous la direction d'Antonio Pappano, directeur musical du Royal Opera House. Le Monde, dans son article intitulé , souligne : , pour ajouter .

En 2018, Jonas Kaufmann réalise d'abord une tournée de quatorze concerts avec Diana Damrau autour de l‘ Italianisches Liederbuch de Hugo Wolf et entre quelques représentations d'Andrea Chenier au Liceu puis à Vienne, il entreprend de donner l'acte 2 seul de Tristan und Isolde, en version concert, à Boston puis à Carnegie Hall à New York. Durant l'été, au festival de Munich, il est Parsifal dans une nouvelle production de Pierre Audi dont les décors sont réalisés par l'artiste peintre Georg Baselitz, sous la direction de Kiril Petrenko et aux côtés de Nina Stemme en Kundry puis Siegmund dans la Walkyrie, première journée du Ring complet dirigé par Kiril Petrenko. Entre les deux, il donne un concert gala à la Waldbühne de Berlin, avec la mezzo-soprano Anita Rachvelishvili, autour d'airs italiens.

En 2019, il part en tournée de cinq concerts pour le cycle Das Lied von der Erde de Gustav Mahler.

Il chante également au Rolex Ambassadors Gala à la Scala de Milan avec Placido Domingo, Sonya Yoncheva et Juan Diego Florez le avant de se rendre en Australie, en , pour trois prestations en version-concert d'Andrea Chénier (Umberto Giordano), à Sydney puis à Melbourne avec Eva-Marie Westbroek et Ludovic Tézier.

Fin 2019, Jonas Kaufmann réalise sa prise de rôle en Paul dans Die tote Stadt de Erich Korngold à l'Opéra de Munich, sous la direction de Kirill Petrenko.

Durant les restrictions sanitaires liées à la pandémie, les activités du ténor se poursuivent dans le cadre du confinement en 2020 et 2021.

Un CD d'un enregistrement studio de Otello de Verdi sort en chez Sony, et Antonio Pappano et Jonas Kaufmann en assurent la promotion par une série d'entretien filmés et diffusés.

Un autre enregistrement réalisé par Jonas Kaufmann et le pianiste Helmut Deutsch durant le confinement, sort début septembre : c'est un récital de Lieder allemands de la période romantique, qui faisaient partie de leurs « bis » de concert.

Début 2021, à Madrid, à l'occasion d'une conférence de presse, Jonas Kaufmann lance un appel à la réouverture des salles de concert.

Mais celles-ci restent fermées de longs mois et les artistes se produisent le plus souvent sans public mais avec retransmission vidéo. Ainsi Kaufmann est-il sur scène dans Aida, nouvelle production de Lotte de Beer à l'Opéra de Paris aux côtés de Sondra Radvanovsky et Ludovic Tézier en février, puis dans Parsifal à l'Opéra d'État de Vienne le 11 avril lors d'une représentation unique sans public, avec Elina Garanča, Ludovic Tézier, Georg Zeppenfeld, sous la direction de Philippe Jordan et dans une mise en scène de Kirill Serebrennikov. En mai 2021, le public est autorisé à revenir en salle et Jonas Kaufmann peut alors faire sa prise de rôle en Tristan (l'autre Everest des ténors) dans Tristan und Isolde de Richard Wagner, avec Anja Harteros sous la direction de Kirill Petrenko dans une mise en scène de Warlikowski à l'opéra de Munich, ouvrant le festival d'été 2021. Les représentations sont très attendues après des mois de fermeture des salles.

Suites de la carrière