thumb|upright=1.2|Demi-finale Iehl-Richard, lors des Internationaux de France de match racing 2008 à Pornichet - APCC

Le match racing (ou match race) est une forme particulière de régate. Il s’agit d’un affrontement à armes égales sur l’eau sous forme de duel (un bateau contre un autre), par opposition à la régate en flotte.

Le Match Racing s'est inspiré initialement de la Coupe de l'America, avant de devenir une discipline sportive à part entière. Il s’agit d'une forme alternative au team racing et au fleet racing.

Histoire du Match Racing De l'origine à 1930 : les débuts Vers la fin du , la voile devient peu à peu un sport, et les riches armateurs se lancent alors des défis sous forme de duels.

Les règles de priorités entre voiliers deviennent alors les règles d'un nouveau jeu qui deviendra plus tard le Match Racing.

C'est ensuite à travers la Coupe de l'America que le Match Racing va se développer, lorsque pour la première fois en 1871, la Coupe se déroule sous forme de duels (Livonia contre Columbia et Sappho) mais alors sur des bateaux résolument différents et en temps compensé. Le départ se donne alors encore à l'ancre, voiles ferlées.

De 1930 à 1987 : la modernisation Le Match Racing prend une forme moderne lorsqu'en 1930, la course se déroule sur des bateaux de formes proches : les Class J, et en temps réel. Enfin, une innovation va transformer la course : ce sont les pré-départs. Un nouveau jeu apparaît avant le départ, le but étant de partir mieux que l'autre et lancé au coup de canon.

Si jusqu'en 1934 le bateau le plus rapide a toujours gagné, cette année pour la première fois la Coupe est remportée grâce à la qualité sportive plutôt qu'au design des bateaux (Rainbow 4 - 2 Endeavour). C'est alors qu'il a paru nécessaire d'entraîner les équipages de l'America aux manœuvres et aux schémas tactiques propres du Match Racing : la première épreuve de Match Racing à proprement parler est alors créée, avec des bateaux identiques et en rencontre à un contre un : c'est la Bermuda Gold Cup aux Bermudes, qui fut courue dès 1937. Des bateaux spécifiques, les IOD, proches en forme des class J mais beaucoup plus petits, ont été dessinés pour l'épreuve. Cette épreuve se court encore aujourd'hui sur ces mêmes bateaux, et c'est une épreuve majeure du circuit Match Racing.

Mais il faut attendre la fin des années 1960 pour que le Match Racing se développe un peu avec la Congressionnal Cup aux États-Unis en 1965, puis en Angleterre, à Lymington la Royal Lymington Cup. Ces épreuves sont alors réservées à l’élite de la voile proche de la Coupe de l'America.

En 1977, durant le Grand Pavois de La Rochelle, la Coupe des Skippers est organisée en France mais elle ne durera pas.

À partir de 1987 : l'explosion La véritable naissance du Match Racing se déroule après la « Cup 87 » en Australie, la discipline explose un peu partout dans le monde et le premier Championnat de France est organisé en 1987 et le premier Championnat du Monde en 1988. Cependant, les réclamations continuent d’être jugées le soir comme pour une course en flotte. La victoire d'un match peut alors être décidée par le jury après la fin de la course, parfois au terme d'heures de plaidoyer et de délibérations. Cette même année, la Congressionnal Cup va essayer un nouveau type d'arbitrage sous l'influence de Tom Ehman qui va révolutionner le Match Racing : l'arbitrage direct sur l'eau. tel qu’il existe à l’heure actuelle, à quelques améliorations près.

Dès l'année suivante, cette innovation sera reprise au championnat du monde de Match Race Sailing (comme écrit sur le trophée : le terme Match Racing n'est pas encore utilisé) de 1989 à Lymington. Cette même année, à Londres, le système de classement des barreurs est créé et administré par l'International Yacht Racing Union (IYRU) (qui sera renommée ISAF en 1996, puis World Sailing vers 2015).

En 1992, l'arbitrage direct s'étend à l'ensemble des compétitions de match racing dont la Coupe de l'America.

Le Women's International Match Racing Association (WIMRA) est formé en 1996 par des compétitrices de tous pays, dans le but de développer le Match Racing féminin et inclure un évènement féminin aux Jeux olympiques. Ainsi en 1999, apparait le premier ISAF Women’s Match Racing World Championship.

En 2000, est créé le Swedish Match Tour, un circuit d'épreuves internationales, qui deviendra en 2006 le World Match Racing Tour, l'épreuve reine du Match Racing qui couronne le champion du monde.

Mais c'est seulement à partir de 2008 qu'une épreuve de Match Racing féminin, sur Elliott 6m, est inscrite au programme des Jeux olympiques de 2012.

Organisation d'une épreuve Les grades Les épreuves de Match Racing sont classées selon leurs grades.

Plus l'épreuve est importante, plus les contraintes à respecter par l'organisateur sont fortes (nombre de bateaux, de jours de régate et d'entraînement, niveau de l'équipe d'arbitrage, taille du bateau, prize money...), notamment celles concernant le classement des coureurs qui se doit d'être suffisamment élevé pour que le grade soit accordé Calcul des points« Match Racing - Rankings » sur le site officiel de l'ISAF.

Bien évidemment, plus le grade est important, plus l'épreuve rapporte de points aux coureurs, via un système de coefficients alloués aux épreuves. Grade TypeCoefficientWEtapes du Championnat du Monde World Sailing3,51Epreuves internationales les plus importantes32 Epreuves internationales2,53Epreuves internationales mineures, ou championnats nationaux (Open ou Espoirs)24 Epreuves nationales autres1,55 Epreuves régionales1 Des points de bonus (jusque 0,4) peuvent également être ajoutés aux coefficients des épreuves, en fonction de la concentration des barreurs "bien classés" pour chaque épreuve (par exemple la concentration des barreurs du top 100 pour un grade 2).

Bateaux utilisés Afin d'assurer l'équité entre les concurrents, les bateaux doivent être le plus identiques possibles. Ce sont donc des monotypes, qui sont prêtés par les organisateurs, tirés au sort au début de l'épreuve et re-tirés au sort plusieurs fois pendant l'épreuve afin de garantir une équité maximale. Les réglages de mât, l'usure des voiles et l'état des coques doivent être équivalents.

Les bateaux utilisés sont généralement des monocoques habitables d'une longueur comprise entre cinq et douze mètres. En France, il s'agit principalement des bateaux suivants : J80, First class 7.5, Bénéteau 25 et Open 5.70 qui font tous entre cinq mètres et demi et huit mètres de long. Des COD 25 (catamarans) ont également récemment été utilisés par l'APCC à Pornichet pour les Internationaux de France de Match Racing, mais depuis 2018 les organisateurs sont repassés au J80, bien plus intéressants pour les phases de match racing.

Une des particularités du Match Racing est donc l'adaptation à des bateaux différents.

On notera également qu'en Match Racing, les chandeliers et les filières de rappel sont systématiquement enlevés, le rappel se faisant généralement sur des écoutes ou autre "working sheet". De même, le charriot de grand-voile est souvent bloqué au centre, afin que le GV/tacticien puisse se concentrer plus sur la tactique que sur les réglages.

Encadrement des matchs Les matchs nécessitent un encadrement important : le comité de course, composé de trois personnes, place le parcours à l'aide des mouilleurs. Il envoie la pavillonnerie qui rythme les départs, vérifie le respect du départ et désigne le vainqueur du match. Il peut décider d'annuler un match ou de modifier le parcours en fonction du vent. les mouilleurs placent les bouées. le PRO supervise toute l'organisation. les umpires sont les arbitres. Au nombre de deux, ils partagent le bateau d'arbitrage. Chaque arbitre est l'observateur d'un bateau et commente les actions de l'équipage. Ce sont les arbitres qui décident quand il y a faute, en temps réel. les wings (optionnels) aident les umpires à observer les bateaux. En effet, il est souvent nécessaire d'avoir deux points de vue afin de bien apprécier les distances entre bateaux.

Déroulement d'une épreuve Format classique d'une épreuve Une épreuve de Match Racing débute généralement par un ou plusieurs s (avec éventuellement un repêchage), suivis de phases finales avec des matchs à élimination directe.

Lors d'un , chacun des équipages rencontre la totalité des autres équipages. Il marque un point à chaque victoire, zéro sinon.

Les équipages ayant le plus de points à l'issue de la phase de accèdent aux phases finales (du type quarts de finale, demi-finales, finales), avec élimination directe. L'équipage qui a le plus de points choisit généralement son adversaire parmi les autres qualifiés, puis le second mieux classé choisit son adversaire parmi les qualifiés restants, et ainsi de suite jusqu'à ce que le programme soit établi. Les matchs se jouent alors souvent en deux ou trois points gagnants, lorsque c'est possible.

Ce même processus de choix des équipages se produit à chaque étape des phases finales (quart de finale, demi-finales et finales).

En parallèle, des matchs de classement sont souvent courus pour départager les équipages éliminés précocement, sous forme de round-robin, de play-off ou de "King of Castle", qui est un format typique rencontré en Match-Racing. Dans ce dernier cas, le dernier affronte l'avant-dernier en un point : le perdant prend la dernière place et le vainqueur obtient le droit de défier l'avant-avant-dernier. Ce processus se réitère, par exemple jusqu'au de l'épreuve (premier non qualifié pour les demi-finales). Ainsi, le dernier peut espérer remonter jusqu'à la place s'il gagne tous ses matchs de King of Castle ; un équipage qui perd son premier et seul match de King of Castle peut perdre maximum une place par rapport à son classement à l'issue de la phase précédente.

Flights et pairing list L'ordre des matchs est défini dans une "pairing list", qui est distribuée à tous les équipages en début de journée.

La pairing list contient plus précisément une série de "flights", qui eux-mêmes représentent une série de matchs au sein d'une procédure commune.

Par exemple, si 12 équipages sont présents sur une épreuve, pour 8 bateaux disponibles, chaque flight sera défini par une séquence de 4 départs consécutifs, ce qui concerne 8 équipages au total. Les 4 autres équipages seront donc en attente, jusqu'au prochain flight où ils seront concernés, et où une rotation d'équipage aura lieu.

Il y aura autant de flights qu'il est nécessaire afin que tous les équipages puissent se rencontrer en round-robin.

Déroulement d'un match Parcours Un match se déroule classiquement sur deux tours d'un parcours dit "banane" mouillé dans l'axe du vent : une phase de pré-départ qui dure quatre minutes, avant le top départ une remontée au vent, en tirant des bords une descente vent arrière durant laquelle le spi est généralement hissé une deuxième remontée une deuxième descente pour enfin passer la ligne d'arrivée.

À noter que les marques de parcours doivent être laissées à droite, contrairement à la course en flotte.

Un match seul dure classiquement quinze à vingt minutes.

Le pré-départ Cette phase particulière débute quatre minutes avant le top départ. À ce moment, les deux bateaux entrent dans la zone de départ. Il s'ensuit une bataille entre ces bateaux dont l'objectif est soit de prendre un avantage certain sur l'adversaire dès la phase de départ, soit de partir du côté du plan d'eau choisi. La connaissance des schémas tactiques de départ, la capacité à accélérer ou à manœuvrer de l'ensemble de l'équipage et la gestion du timing sont des éléments clés lors de cette phase.

Il est possible de séparer les pré-départ en cinq phases :