Marcel Dupré, né à RouenAu rue du Vert-Buisson. le et mort à Meudon (Hauts-de-Seine) le , est un organiste, improvisateur, pédagogue et compositeur français.
Biographie Son père, Aimable Albert Dupré, qui deviendra en 1911 titulaire des grandes orgues de l’église abbatiale Saint-Ouen à Rouen, commence très tôt la formation musicale de son fils. La famille est musicienne : son grand-père maternel, Étienne Pierre Chauvière, doué d’une magnifique voix de basse, fait une carrière théâtrale et devient maître de chapelle de Saint-Patrice de Rouen. Sa mère, Marie-Alice Dupré-Chauvière, est pianiste et violoncelliste de talent. L’enfant bénéficie ainsi d’une influence familiale sur sa vocation. À l’âge de quatre ans, il est atteint d’ostéomyélite et doit subir l’ablation de la clavicule droite et garder le lit pendant plus de six mois.
En 1894, à huit ans, Marcel Dupré joue en public, pour l’inauguration d’un orgue de chœur à Elbeuf, le Prélude en mi mineur de Jean-Sébastien Bach. Il commence à travailler avec Alexandre Guilmant en 1897 à Meudon et l’année suivante, à onze ans, il devient titulaire du grand orgue de Saint-Vivien à Rouen. En 1902, il entre au Conservatoire de Paris dans la classe de piano de Louis Diémer et, en 1905, il obtient un premier prix de piano.
En 1906, Charles-Marie Widor le désigne comme son suppléant au grand orgue de l’église Saint-Sulpice. Dès son premier concours en 1907, il décroche le premier prix d’orgue dans la classe d’Alexandre Guilmant. En 1909, il obtient un premier prix de fugue dans la classe de Charles-Marie Widor, et enfin, le , la cantate Psyché Op. 4 lui vaut le Premier Grand Prix de Rome. La guerre l’empêche cependant d’aller séjourner à la Villa Médicis.
En 1907, à la suite d’un accident (il a planté sa main dans une porte vitrée), sa main droite est immobilisée pendant plus d’un mois. Avec beaucoup d’imagination, il s’exerce à perfectionner son jeu de pieds par des exercices très complexes. Étant inapte au service militaire, il reste à Paris et écrit Quatre motets Op. 9 dont la première audition est donnée à Rouen en 1917 ; il compose cette même année, un De profundis pour soli, chœurs et orchestre Op. 17 qui ne sera exécuté qu’en 1924 à Paris sous la direction de Paul Paray. vignette|left|Marcel Dupré devant son orgue à Meudon en 1938 Dès 1920, il présente au Conservatoire de Paris l’audition intégrale de mémoire, des œuvres pour orgue de Bach en dix récitals ; cet exploit est renouvelé l’année suivante au palais du Trocadéro. En 1921, il fait ses débuts à New York. À Philadelphie, il joue 18 récitals sur les orgues monumentales de Wanamaker. Deux ans de suite, il revient aux États-Unis pour donner 94 récitals en 1922 et 110 en 1923. En 1929, il donne le récital dédicatoire du « Barton » du Chicago Stadium et déclare « ... Ce fut comme si le plus ardent amoureux de chocolat était jeté dans une piscine remplie de chocolat ... ». Sa renommée ne cesse de grandir jusqu’en 1939, il fait le tour du monde donnant 40 concerts en Australie et 60 aux États-Unis et au Canada, dont l’intégrale Bach à Montréal. En 1925, il s’installe à Meudon et l'année suivante, à la mort de Gigout, est nommé professeur d’orgue au Conservatoire de Paris où il enseignera jusqu’en 1954. Après de nombreuses années comme suppléant (depuis 1906), Dupré succède à Widor en 1934 comme titulaire du grand orgue de Saint-Sulpice, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort, le dimanche de la Pentecôte de 1971. En 1947, il assure les fonctions de directeur général du Conservatoire américain de Fontainebleau. Avez-vous été tenté par l'orgue, vous que l'orchestre inspirait tant au piano ?
Beaucoup. Je me suis lié d'amitié avec plusieurs organistes, comme Jean Guillou, ou Marcel Dupré qui m'acceptait à sa console tous les dimanches et m'invitait ensuite à déjeuner avec lui à Meudon. Dupré et moi avons prêté nos mains à Pierre Fresnay dans les scènes musicales du film d'André Haguet, Il est minuit docteur Schweitzer, où Jeanne Moreau tient le rôle féminin. Dupré m'a montré l'art des registrations. j'ai surtout admiré son travail de doigtés et de substitutions, qui sont fondamentaux pour la conduite de la ligne et le legato.
Entretien rentre Frédéric Gaussin et Raymond Trouard, réalisé en 2008 Pendant deux ans, de 1954 à 1956, Marcel Dupré dirige le Conservatoire national de musique à Paris.. En 1954, il est également élu à l'Académie des beaux-arts, où il succède à Marcel Samuel-Rousseau.
L'épouse de Marcel Dupré, Jeanne Claire Marguerite (née Pascouau), meurt en 1978. Les deux époux reposent ensemble au cimetière des Longs Réages à Meudon (section D/0814).
Œuvre Marcel Dupré a beaucoup écrit pour l’orgue seul. Pour orgue et orchestre, on trouve une Symphonie en sol mineur (1927-1928) Op. 25 et un Concerto en mi mineur (1934) Op. 31. Pour jouer avec sa fille Marguerite Tollet, excellente pianiste, il compose Une Ballade (1932) Op. 30 et une Sinfonia (1946) Op. 42 pour piano et orgue. Dans le domaine de la musique de chambre, on lui doit : Sonate pour violon et piano, Op. 5 (1909) ; Cantilène et Légende pour violoncelle et piano (1916) Op. 13 ; Berceuse enfantine pour les mêmes instruments (1916) ; deux recueils de mélodies À l’amie perdue Op. 11 ; sept mélodies orchestrales (1911) ; Marquise, Les Deux Sœurs et Deux Chansons de Bilitis (1943). Un grand oratorio, La France au Calvaire pour soli, chœurs, orchestre et orgue, Op. 49, sur un poème de René Herval, exécuté le pour l’inauguration de la réouverture de la cathédrale de Rouen.
Il publie également de nombreux ouvrages didactiques : un Traité d’improvisation à l’orgue (1924), une Méthode d’orgue (1927), un Cours d’harmonie, contrepoint et fugue (1938) et de monumentales éditions minutieusement doigtées et commentées de l’œuvre pour orgue de Bach en 12 volumes (1938), des seize concertos de Haendel, des œuvres pour orgue de Mendelssohn, Schumann, Liszt et César Franck. vignette|Marcel Dupré au grand orgue de l'église Saint-Sulpice à Paris vignette|Marcel Dupré au grand Wanamaker Grand Court Organ de Philadelphie René Dumesnil écrit : « Son œuvre est considérable, mais ce n’est pas seulement aux ouvrages publics qu’il doit une réputation universelle : son talent d’improvisateur fut reconnu en tous lieux du monde, pour l’un des plus extraordinaires dont un musicien ait été doué, et l’on a souvent regretté que cette musique édifiée sur un thème donné se soit évanouie à mesure qu’elle naissait. »
Décorations
, officier en 1935, chevalier en 1923. (Belgique)Accordée à l'occasion de la réception de la Reine Élisabeth de Belgique en qualité de membre étranger de l'Institut de France.
Médaille Vermeil de la Ville de Paris.
Honneurs Docteur Honoris Causa de l'Institut Pontifical Grégorien de Rome (1953). Fauteuil II, Section V de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France (1954).
Compositions Toutes les œuvres avec numéro d’opus Op. 1 – Les Normands pour chœur et orchestre (1911) Op. 2 – Élévation en si bémol majeur pour orgue ou harmonium (1912) Op. 3 – Le Glaive pour soprano et orchestre (1914) Op. 4 – Psyché pour voix et orchestre (1914) - cantate du Prix de Rome Op. 5 – Sonate en sol mineur pour violon et piano (1909) Op. 6 – Quatre Mélodies pour voix et piano (1913) Op. 7 – Trois Préludes et Fugues pour orgue (1912) : no. 1 en si majeur, no. 2 en fa mineur, no. 3 en sol mineur Op. 8 – Fantaisie en si mineur pour piano et orchestre (1912) Op. 9 – Quatre Motets pour voix et deux orgues (1916) : O salutaris hostia – Ave Maria – Tantum ergo – Laudate Op. 10 – Deux Pièces pour clarinette et piano (1917) Op. 11 – À l’amie perdue, sept mélodies sur des poèmes de A. Angellier, pour voix et piano (1911) Op. 12 – Six Préludes pour piano (1916) Op. 13 – Deux Pièces pour violoncelle et piano (1916) Op. 14 – Marche militaire pour piano (1915) ; version pour orchestre Op. 15 – Orientale pour orchestre (1916) Op. 16 – Scherzo pour orgue (1919) Op. 17 – De Profundis pour solistes, chœur et orchestre (1917) Op. 18 – Fifteen Pieces Founded on Antiphons (15 Versets pour les Vêpres du Commun des Fêtes de la Sainte Vierge - Magnificat) pour orgue (1919) Op. 19 – No. 1 Quatre pièces pour piano (1921) Op. 19 – No. 2 Cortège et Litanie pour orgue et orchestre (1925) ; version pour orgue seul (1923) Op. 20 – Variations sur un noël pour orgue (1922) Op. 21 – Suite Bretonne pour orgue (1923) : Berceuse – Fileuse – Les Cloches de Perros-Guirec Op. 22 – Variations en do dièse mineur pour piano (1924) Op. 23 – Symphonie-Passion pour orgue (1924) : Le monde dans l’attente du Sauveur – Nativité – Crucifixion – Résurrection Op. 24 – Lamento pour orgue (1926) Op. 25 – Symphonie en sol mineur pour orgue et orchestre (1927) Op. 26 – Deuxième Symphonie pour orgue (1929) : Preludio – Intermezzo – Toccata Op. 27 – Sept Pièces pour orgue (1931) : Souvenir – Marche – Pastorale – Carillon – Canon – Légende – Final Op. 28 – Seventy-Nine Chorales pour orgue (1931) Op. 29 – Le Chemin de la Croix pour orgue (1932) accompagné d'un texte de Paul Claudel Op. 30 – Ballade pour orgue et piano (1932) Op. 31 – Concerto en mi mineur pour orgue et orchestre (1934) Op. 32 – Trois Élévations pour orgue (1935) : no 1. en mi majeur, no. 2 en la mineur, no 3. en sol majeur Op. 33 – Poème héroïque pour orgue, cuivres et percussion (1935) ; version pour orgue seul Op. 34 – No. 1 Ave verum pour solistes, chœur, orgue et orchestre (1917) Op. 34 – No. 2 Angélus pour orgue (1936) Op. 35 – Variations sur deux thèmes pour orgue et piano (1937) Op. 36 – Trois Préludes et Fugues pour orgue (1938) : no. 1 en mi mineur, no. 2 en la bémol majeur, no. 3 en do majeur Op. 37 – Évocation, poème symphonique pour orgue (1941) : I. Moderato – II. Adagio con tenerezza – III. Allegro deciso Op. 38 – Le Tombeau de Titelouze pour orgue (1942) : 16 pièces sur des thèmes grégoriens Op. 39 – Suite pour orgue (1944) : Allegro agitato – Cantabile – Scherzando – Final Op. 40 – Offrande à la Vierge pour orgue (1944) : Virgo mater – Mater dolorosa – Virgo mediatrix Op. 41 – Trois Esquisses pour orgue (1945) : no.1 en do majeur, no. 2 en mi mineur, no. 3 en si bémol mineur Op. 42 – Sinfonia pour orgue et piano (1946) Op. 43 – Paraphrase on the Te Deum pour orgue (1945) Op. 44 – Vision, poème symphonique pour orgue (1947) Op. 45 – Eight Short Preludes on Gregorian Themes pour orgue (1948) Op. 46 – Miserere Mei pour orgue (1948) Op. 47 – Psaume XVIII, poème symphonique pour orgue (1949) Op. 48 – Six Antiennes pour le Temps de Noël pour orgue (1952) : Ecce Dominus veniet – Omnipotens sermo tuus – Tecum principium – Germinavit radix Jesse – Stella ista – Lumen ad revelationem Op. 49 – La France au Calvaire, oratorio pour solistes, chœur, orgue et orchestre (1953) Op. 50 – Vingt-Quatre Inventions pour orgue (1956) Op. 51 – Triptyque pour orgue (1957) : Chaconne – Musette – Dithyrambe Op. 52 – Quatuor pour violon, alto, violoncelle et orgue (1958) Op. 53 – Deux motets pour soprano et chœur (1958) : Memorare, o piissima Virgo – Alma Redemptoris Mater Op. 54 – Nymphéas pour orgue (1959) : Rayons – Brumes – Les Fleurs – Temps Lourds – Brises – Nocturne – Aube – Vapeurs Dorées (inédit, composé pour l’orgue de Meudon) Op. 55 – Trio pour violon, violoncelle et orgue (1960) Op. 56 – Annonciation, deux méditations pour orgue (1961) Op. 57 – Choral et Fugue pour orgue (1962) Op. 58 – Trois Hymnes pour orgue (1963) : Matines – Vêpres – Laudes Op. 59 – Two Chorales pour orgue (1963) : Freu dich sehr, o meine Seele – Liebster Immanuel, Herzog der Frommen Op. 60 – Sonate en la mineur pour violoncelle et orgue (1964) Op. 61 – In Memoriam, six pièces pour orgue «à ma fille» (Marguerite) (1965) : Prélude – Allegretto – Méditation – Quodlibet – Ricercare – Postlude Op. 62 – Entrée, Canzona et Sortie pour orgue (1967) Op. 63 – Quatre Fugues Modales pour orgue (1968) : Dorien – Phrygien – Locrien - Ionien Op. 64 – Regina Cœli pour orgue (1969)